jeudi 5 novembre 2009

-C’est quoi ce temps de merde ?

-C’est quoi ce temps de merde ?
-Ben, c’est novembre…
-A ouais, coool !


Hé oui c’est novembre, c’est la crise, et me voilà réduit à écrire des articles de blogueur normal que les lecteurs voudront bien lire. C’est dire si la dépression de novembre ™ est puissante cette année, bien plus que la grippe A, qui n’est rien qu’une invention pour médiatiser mahame Bachelot qu’on aime bien quand même, surtout parce qu’elle est idiote mais qu’elle rigole.
Après avoir passé les 5 premiers jours de novembre caché entre les coussins du canapé à mordiller un Doudou (question à 100 balles : comment s’appelle mon doudou, ou plutôt le doudou de Karine qui traîne chez moi ? répondez à cette question et rendez-vous sur le blog de Sonia pour savoir comment gagner une visite gratuite des instituts Ménard), j’ai décidé de reprendre ma vie sociale en main et je sollicite pour ce faire le rassemblement de vos lumineuses énergies d’amour virtuel, qui vont se déchaîner sur ce blog, matérialisées sous forme de commentaires élogieux, voire dithyrambiques si j’arrive à l’orthographier (le correcteur orthographique n’a pas bronché, vous pouvez dithyramber votre race).

Pour être honnête (ce qui est un signe de plus de la dépression de novembre ™) ma première idée pour lutter contre la dépression de novembre ™ fut l’invention d’un merveilleux cocktail qui j’ai baptisé fort modestement (car fort à propos) le « Thomthom royal » (remarquez l’extrême modestie, puisque j’ai résisté à la tentation de le baptiser le Thomthom impérial, ou le « orgasmic sublime Thomthom », qui reconnaissons le sont les locutions qui viennent le plus naturellement à l’esprit lorsqu’on cherche à baptiser un cocktail d’après ma personne).
Bref le Thomthom royal, c’est 1/5 Gin, 1/5 Vodka et 4/5 Champagne. Oui je sais ça déborde, c’est fait exprès pour pouvoir lécher le champagne sur la table basse… Bref autant dire que le Thomthom royal ™ ça te fait tituber la Maïté en moins de deux. C’est rien de cochon t’emballe pas, c’est juste pour dire que ça saoulerait un troupeau de caribous assez facilement. Et pauvre caribou tout seul que je suis, ça m’a torché vite fait et assez profondément pour être honnête.
Problème : après deux bouteilles de gin (et donc 8 de champagne), et un coma éthylique, je me suis rendu compte que le verni des tables basses Ikea était soluble dans le champagne. Or il n’était pas question de laisser la dépression de novembre ™ s’acharner sur mon mobilier à 15 euros. J’ai donc du laisser très temporairement tomber le Thomthom royal ™, au moins jusqu’à ce que je trouve une table basse résistante aux alcools pétillants et aux actions répétées d’une langue habile.

Voilà pourquoi la réunion Tupperware d’aujourd’hui sera exceptionnellement consacrée à la dépression de novembre ™ et aura exceptionnellement lieu. Je vous propose donc de tous nous asseoir en rond autour de nos écrans en nous tenant la main (oui tout seul, c’est moins bien, mais faut être autonome des fois un peu). Ayant formé cet émouvant cercle d’amour hypocrite, je vous invite à cracher tous ensemble sur l’abjecte dépression de novembre ™ en partageant toutes les crasses que cette garce nous fait subir et qui, tel un ivrogne couché sur une fille de joie thaïlandaise, nous empêche de quitter le lit.
Comme c’est mon article, c’est moi qui commence. Na.




Commençons par une anecdote particulièrement personnelle : en novembre il fait un temps de merde. Ca c’est vraiment très personnel comme confession. Il tombe des pluies horizontales chargées de feuilles mortes et de sacs plastiques qui viennent se coller sur nos visages… Je viens d’ailleurs de lancer mes mercenaires les plus vaillants aux trousses de Véronique Sanson, qui a eu le malheur d’affirmer que « les jours de pluie ça n’existe pas ». Typique des gens qui passent tous leurs mois de novembre à Bahia. Avec mes mercenaires à ses trousses, l’ignoble sorcière blasphématrice sera avant longtemps dans mon donjon condamnée à me chanter des chansons de Michel Berger pour l’éternité. Sous la pluie.
Bref du coup pour résister aux attaques répétées des rhumes et autres bronchites dont les bourrasques sont gorgées, je suis obligé de boire un litre de jus d’orange pressé par jour. Je ne vous parlerai pas des dégâts sur mon système digestif… a ben si, c’est fait. C’est ça aussi la dépression de novembre ™ !

Autre révélation choc concernant la partie la plus inavouablement intime de ma vie privée : en novembre, il n’y a pas noël. Hé non, Noël n’arrive en général qu’en décembre, et encore, presque à la fin. Parfois même c’est au mois d’avril. En général l’instinct de survie nous pousse tout de même à manger des clémentines et du pain d’épice en novembre, histoire d’oublier les citrouilles en plastique qu’on a vu dans les vitrines avant Halloween. Mais voilà, moi pas très futé, dès le 20 octobre j’avais fini d’écrire un recueil de chansons de Noël. Donc maintenant blasé je suis. Et je fais quoi maintenant, des chansons de pâques ? D’épiphanie ? Annick Goutal a déjà très bien traité le thème… d’ailleurs grâce à elle j’ai pris un bain d’encens samedi… J’étais en odeur de sainteté. C’est pour pallier à la pénurie de dithyrambes, je m’encense moi-même…
En attendant j’écoute la compagnie créole… C’est un peu comme si Amy Winehouse avait fini sa bouteille de whisky avant l’entracte et qu’elle buvait de la tisane pendant la deuxième partie…

Pour couronner le tout, certains êtres de petite taille parlant des langages exotiques semblent ligués contre moi pour me faire perdre mon temps. Et s’il y a quelque chose que je n’aime pas perdre, c’est mon temps (après mes cheveux et mes dents bien sûr). Je ne parle pas de l’armée de Farfadays polyglottes qui avaient pourri mon novembre 2003, ou encore des gnomes tchétchènes qui m’avaient harcelé (quoi qu’amusé aussi) l’an dernier. Il s’agit plutôt d’une sorte de vieux jedi qui se contente en général de me faire perdre mon poids… Et comme nous répétons Faust et que je suis Méphisto, je sens les cornes me pousser… c’est lequel déjà le Guignol avec la face peinte en rouge et noir qui joue les Jeanne Mas dans la guerre des étoiles ? Celui-là qu’a la tige qui brille dans les deux sens…

Voilà pour les doléances du mois de moi. Je vous épargne les lamentations éternellement valables sur le fait que je ne suis toujours pas Maharaja, que mon poney qui vole est cloué au sol par une colique (jus d’orange…) et que l’accordeur d’arc-en-ciel qui chante est perpétuellement indisponible…

Vous pouvez maintenant vous plaindre allègrement en commentaire.

Pour ma part je vais tâcher d’échapper au suicide en énumérant quelques points positifs qui fleurissent tels de jolies pervenches dans les gravas infectes de ce mois putride.



Tout d’abord je n’ai regardé que trois saisons des « golden girls » sur environ 40 disponibles. Et ça, c’est tout de même rassurant. Ca signifie que je vais avoir une raison de vivre au moins pour les 15 prochains jours. En suite je pourrai finir « Allo allo » et « murder she wrote ». Moi qui émettais des réserves au mois de mai sur l’achat d’un écran plat… Je suis en train d’essayer de me faire rembourser cet achat par la sécu. Ca et mes eaux de toilette Annick Goutal. Ce n’est pas beaucoup plus cher que le prozac…
Revenons à GG, qui pour moi ne veut plus dire Gossip Girl mais Golden Girls. Finalement c’est un peu pareil. Des histoires de sexe (blanche), de drogue (cheesecake), de manipulation (Sofia) et surtout de mode (ralala les blouses des années 80…). Et pour ceux qui ne connaissent vraiment pas, c’est l’histoire de trois vieilles qui sont colocataires, qui parlent de ménopause (ce qui est nettement plus subversif à mon goût que de parler de chirurgie esthétique), des perruques de leurs ex, et qui cherchent avant tout de l’argent et des partenaires sexuels. C’est dire si Gossip Girl n’a rien inventé. Par ailleurs elles vivent avec la mère d’une des vieilles, qui est mais alors vraiment super vieille pour le coup, d’autant plus qu’elle est sicilienne, ce qui n’a pas grand-chose à voir mais si quand même étant donnée la recette de sa sauce à tortellinis (et voilà, l’académie française vient encore de me fermer la porte au nez). J’ajouterai finalement que je me surprends souvent fouillant dans le frigo en pleine nuit à relever dans GG des situations qui ont été reprises dans Friends (ex : le gâteau en forme de bite…) comme quoi GG est bien la grand-mère de toutes les séries à succès.
Bref je suis complètement devenu un Golden Boy (sans aucun fétiche uro, c’est promis).



J’écoute non stop dans mon baladeur des chansons de peste, et je déambule nonchalamment dans les rues, casquette à l’envers, mon jogging kappa rentré dans mes socks blanches. A commencer par la merveilleuse BO de « St trinians », film culte s’il en est, qui prouve qu’on peut être méchant, glamour et populaire (comme quoi Blair n’a vraiment rien inventé). J’alterne avec « Beat it » et « they don’t really care about us ». C’est un peu le mode “fatal bazooka” cher à Concile. Ainsi en novembre mon principal moyen de sociabilisation est le street fighting. Et c’est drôlement fun. Tout le monde me déteste, et c’est quand même vachement mieux que de passer inaperçu (ce qui est quand même souvent le cas en novembre, on y voit pas à 2m sous cette putain de pluie). Et puis comme ça je peux rentrer plus vite chez moi le soir pour regarder les Golden Girls. Avec deux ou trois poignards dans le dos et un doberman accroché à mon mollet, mais on va pas faire le douillet non plus. C’est bien plus simple à enlever qu’une tique, au moins on ne se fatigue pas les yeux. L’autre jour encore j’avais une étoile de ninja dans le front, ben figurez vous que ça enlève super bien les comédons.
Pour résumer, et comme le disent si bien ces adolescentes maquillées comme des …, « i do as i darn well please ». Et ça c’est comme les massages des pieds, les soins de peau en institut et la photo moche d’un ami d’enfance sur facebook : ca fait du bien.



Enfin en novembre, même si c’est pas du tout Noël, ni Copa Cabana d’ailleurs, on commence quand même à lister du cadal assez sérieusement. Et c’est toujours assez satisfaisant d’imaginer comment on pourrait utiliser l’argent des autres pour se faire plaisir. En ce qui me concerne, je vous signale qu’il reste quelques articles de la collection Paul Smith que je ne possède pas encore. Je vous rappelle également que je n’ai toujours pas de bébé panda. Celui qu’on m’a offert l’an dernier n’était plus si mignon en grandissant. En revanche je n’ai plus besoin d’une écharpe en peau de bébé panda, merci. Mon désir d’émeu reste malheureusement insatisfait. Je crois que c’est là une des sources principales de mon agressivité. Je vous rappelle que pour emballer proprement un émeu, il faut faire un nœud et une boucle avec les pattes au dessus du dos, et coincer le cou dedans. Et n’oubliez pas de remplir le paquet de pop corn pour que l’émeu survive jusqu’au soir de noël. Les émeus affamés, ça m’émeut (ça vous pendait au nez ça). Voilà pour les considérations cadalistiques.

Dernier point de réjouissance (zone érotique si vous voulez), Noël chez les Bettinelli sera russe cette année. Voilà, c’est comme ça, on avait tous envie de fourrure, de vodka, de caviar, de balalaïka, de saumon fumé, de blinis, de patates, de chocolat de chez Pouchkine, du tombeau de Lénine, c’était loin tout ça. La place rouge était vide, devant moi marchait Nathalie, il avait des cheveux blonds mon guide, mais là je m’égare (c’est ce qui arrive avec une guide blonde). Message à destination des érudits qui brûlent d’envie de nous rappeler qu’en Russie Noël se fête plus tard : BOTHER OFF this is none of ur business.

Pour conclure je vous rappelle que toute offrande de fonds ou de matière première pouvant servir à l’élaboration du ThomThom Royal est le bienvenu. Votre générosité sera récompensée par une participation à la consommation de ce succulent breuvage. Mes amis proches savent que toute participation à ma déchéance est toujours largement récompensée. Rapport à ceux qui m’ont pris en photo à poil dans une cabine téléphonique avenue de l’opéra…

lundi 19 octobre 2009

24.12 suite et fin

Il m'en restait 2 à vous soumettre... les voici!
Et tout ça sera joué le 20 décembre place de la mairie à Saint-Aubin du Cormier. A bon entendeur...

22h : Au cœur de l’attente

Les dames et les vins aux robes éblouissantes
Scintillent jusqu’à l’aube dans la lumière tremblante.
On éclate de rire dans un monde argenté,
La vie pour un repas semble transfigurée.

Les enfants survoltés courent autour de la table
Ils créent à chaque instant des jeux invraisemblables
Un sucre d’orge en main, de la joie plein les yeux
Ils sont les rois d’un soir qui n’appartient qu’à eux



Refrain
Enfants de tous âges,
Des anges de passage
Emplissent le vent
De rires et de chants.
La magie d’un soir
Gravée dans les mémoires
Traverse le temps
Dans les cœurs innocents.

Un calme religieux se répand sur le soir,
Quand le compte à rebours démarre dans le silence.
Les enfants silencieux suffoquant d’impatience
Guettent le père noël en espérant le voir.

Dans le salon éteint le miracle est en cours.
Le temps d’une prière des paquets prodigieux
Ornés de papier d’or, de rubans de velours
Ont été déposés sous le sapin précieux.

Refrain
Enfants de tous âges,
Des anges de passage
Emplissent le vent
De rires et de chants.
La magie d’un soir
Gravée dans les mémoires
Traverse le temps
Dans les cœurs innocents.

Les petits et les grands découvrent leur trésor
Les rêves d’une année se réalisent alors.
Des paquets rutilants mille jouets surgissent
Et de larges sourires sur les lèvres fleurissent

Et le sapin frétille au son des rires purs
Il a pour ornement des visages joyeux.
Il s’illumine alors de cierges merveilleux
Et des ombres magiques s’animent sur les murs.


Refrain
Enfants de tous âges,
Des anges de passage
Emplissent le vent
De rires et de chants.
La magie d’un soir
Gravée dans les mémoires
Traverse le temps
Dans les cœurs innocents.

02h : rêve de nuit


La maison
Dans la maison calme flotte une brume claire
Le parfum des bougies embaume encore l’air
Dans la cheminée ronfle une buche placide
Vautrée dans la rougeur de quelques braises timides
L’horloge fatiguée soupire de temps en temps
Le sapin endormi scintille doucement
Une boite à musique égraine quelques notes
Les poupées, les peluches discrètement chuchotent.
Des papiers sur le sol frémissent dans le noir
Un livre encore ouvert nous raconte une histoire.

Refrain instrumental

Dans les chambres bleutées, de tendres édredons
Se soulèvent au gré de nos respirations.
Des bulles colorées s’élèvent de nos lits
Des planètes rêvées qui flottent dans la nuit.
Des lucioles fragiles naissent dans les recoins
Une constellation de songes vogue jusqu’au matin.
Des mélodies s’échappent de ces astres énormes
Balancées par le souffle des enfants qui dorment
Un carillon gracieux berce les angelots
Et calme les ardeurs de l’hiver aux carreaux

Refrain instrumental

La terre dans le noir reprend sa valse lente
Mais aujourd’hui sa course semble plus dansante.
Son sillage brillant est chargé de joyaux
D’innombrables diamants lui forment des anneaux.
Dans l’univers profond et recouvert de neige
Des chants joyeux résonnent en harmonieux arpèges.
Et dans la solitude d’un hiver éternel
La lune s’est coiffée d’un bonnet de noël
Des anges amoureux dansent autour du monde
Et la planète bleue rit dans la nuit profonde.

jeudi 15 octobre 2009

24.12

Allez je vous en colle tout une fournée cette fois ci!
24.12 c'est notre projet de conte de Naël avec Alain, et même que ça sera joué le 20 décembre à 16h à St Aubin. Évènement planétaire s'il en est, puis qu'on en parle sur facebook.
Donc comme vous ne pouvez plus attendre, je vous colle les paroles des chansons que je suis en train d'écrire. Le principe: faire des cartes postales (ou des pola, comme vous le sentez) de différents moments de la journée du 24.12. Il me reste deux photos à prendre, vous les aurez bientôt!
Joyeux Naël!

Vous apprécierez par ailleurs l'absence totale de mise en page...

24.12-06h:

La planète bleue est blanche,
Un monde doux couleur d’ivoire,
Le monde froid dans le silence.
Vogue sans bruit dans la nuit noire,

Sous un épais manteau d’hermine
La vie au chaud, s’est repliée.
On sent la ville respirer,
Blottie dans la nuit cristalline.

En son cœur dorment des enfants
De petits anges impatients.
Sur leurs lèvres sont dessinés
Des sourires émerveillés

Des cheminées montent des rêves
Encore tout chauds sortis du lit.
La fumée bleue monte sans trêve
De la nuit noire au paradis.

La haut les tièdes fumerolles
Serpentent autour d’astres d’argent.
Et les rêves forment l’étole
Qui couvre l’hiver élégant.

Du ciel glacé tombent des perles,
Des étoiles blanches et nacrées
Des larmes d’or, des étincelles
Qui valsent dans l’immensité

Durant la nuit l’hiver se pare
De doux murmures et de lueurs
Le silence de la nuit noire
S’emplit d’espoir et de candeur.

On voit déjà sur l’horizon
L’aube timide qui s’éveille
Et sur la neige le doux rayon
Rose et doré du soleil.

Le long traineau du jour s’avance
Et un doux parfum de cannelle,
De délicieuses odeurs d’enfance
Au matin tendre et frais se mêlent.

La lumière orangée caresse
Les angelots dans leur sommeil
Et les enfants d’un bond se dressent :
Ce jour qui vient s’appelle Noël.


24.12-10h
La valse des intentions

Comme de légers flocons, dans l’air ils virevoltent,
Ils nous semblent fébriles, ballotés par le vent
Quelle douce tempête souffle sur les passants
Et fait valser dans l’air ces curieux qui grelottent

La ville est une ruche et les badauds butinent
Le ciel tout blanc, dissout dans l’air, sent bon le miel
Des bulles d’or s’illuminent dans les vitrines
Les abeilles aux joues roses s’affairent vers noël!

Refrain1
C’est l’intention qui compte !
Mais quand on aime on ne compte pas,
On ne compte pas ses pas
Et on arpente pas à pas
Les longs boulevards d’apparat
Au parfum délicat
De praline et de nougat.

On reluque des breloques
Peu importe si c’est du toc,
On fourre en vrac
Un bric à brac
Dans son sac
On est fauché mais on s’en moque
Peu nous importe en cette époque !
On est pressé, on a le trac
Alors on plonge dans les bacs.


Nos rêves prennent vie derrière les devantures
Une poupée me fixe de ses yeux d’azur
Elle veut danser, regardez-la, elle vient vers moi !
Je voudrais l’adopter, elle me tend les bras.

Chacun traine avec lui un cortège d’amis
Et cherche pour chacun ce qui n’a pas de prix
On emballe on enrubanne, on empaquette et l’on trimballe
Un peu de joie, un peu de soi, un peu de bonheur amical

Refrain 2
C’est l’intention qui compte !
Mais quand on aime on ne compte pas,
On ne compte pas ses pas
Et on arpente pas à pas
Les longs boulevards d’apparat
Au parfum délicat
De praline et de nougat.

On reluque des breloques
Peu importe si c’est du toc,
On fourre en vrac
Un bric à brac
Dans son sac
On est fauché mais on s’en moque
Peu nous importe en cette époque !
On est pressé, on a le trac
Alors on plonge dans les bacs.


La ville est un palais aux galeries glacées
Où l’on valse joyeux, brillants comme des rois
Dentelles et dorures font oublier le froid
Les glaçons font office de lustres argentés

Et les enfants piétinent ils ont les pieds gelés,
Blottis dans leur fourrure, ils sont ivres de joie
Ils tirent par la main leurs mères épuisées
Qui affrontent le froid, des présents plein les bras


Refrain 3
C’est l’intention qui compte !
Mais quand on aime on ne compte pas,
On ne compte pas ses pas
Et on arpente pas à pas
Les longs boulevards d’apparat
Au parfum délicat
De praline et de nougat.

On reluque des breloques
Peu importe si c’est du toc,
On fourre en vrac
Un bric à brac
Dans son sac
On est fauché mais on s’en moque
Peu nous importe en cette époque !
On est pressé, on a le trac
Alors on plonge dans les bacs.

15h : Au coin du feu

Dans l’âtre crépitant de longues flammes rêvent
De danses orientales aux parfums épicés
Le long serpent doré qui lentement s’élève
Captive le regard d’enfants hypnotisés

Oranges et pralines empilées en trésor
S’allument dans les braises et leur jus s’évapore
Laissant des joies sucrées sur les doigts des gourmands
Elles offrent les délices d’un parfum enivrant

Refrain
Au cœur de l’hiver
Un parfum dans l’air
Fait naitre des heures de douce chaleur
L’attente pieuse
D’une nuit joyeuse
Rêvant au manège des flocons de neige
Dans la cheminée
Les flammes dorées
Éclairent les visages des enfants sages
Un chocolat chaud
Un temps de repos
Prélude aux merveilles du soir de Noël

Sur le tapis moelleux, près du feu fascinant,
Les enfants s’évertuent à faire passer les heures
Un conte qu’on relit et qu’on connait par cœur
Des jouets familiers et usés par le temps

La grande horloge en bois les regarde tranquille
Elle est indifférente à leurs supplications
Et égraine le temps d’une lenteur fragile
Qui semble avoir figé l’hiver à l’horizon

Refrain
Au cœur de l’hiver
Un parfum dans l’air
Fait naitre des heures de douce chaleur
L’attente pieuse
D’une nuit joyeuse
Rêvant au manège des flocons de neige
Dans la cheminée
Les flammes dorées
Éclairent les visages des enfants sages
Un chocolat chaud
Un temps de repos
Prélude aux merveilles du soir de Noël


Alléché par l’odeur d’orange et de cannelle
L’hiver à nos carreaux s’étire et nous appelle
Il change les fenêtres en vitraux translucides
Et fait danser dans l’air une neige limpide

Sur le miroir bleuté d’un étang pétrifié
Des patineurs habiles tracent des cœurs givrés
Leurs écharpes s’envolent parmi les sapins blancs
Leurs longues arabesques se perdent dans le vent

Refrain
Au cœur de l’hiver
Un parfum dans l’air
Fait naitre des heures de douce chaleur
L’attente pieuse
D’une nuit joyeuse
Rêvant au manège des flocons de neige
Dans la cheminée
Les flammes dorées
Éclairent les visages des enfants sages
Un chocolat chaud
Un temps de repos
Prélude aux merveilles du soir de Noël


18h
Coulisses des délices

Des fumets gracieux dansent dans l’air du soir
Les lourds fourneaux de fonte sont en éruption
Les volailles dodues farcies de pruneaux noirs
Les homards rougeauds sont en ébullition
Le foie gras qui se poêle ajoute à l’allégresse
Et les babas au rhum baignent dans leur ivresse.


On émince et on effeuille,
On décongèle le chevreuil.
On épluche et on tartine,
Et on se lèche les babines.
On crépite et on saisit,
On fait brûler et on rôtit.
Mais surtout on boue d’impatience,
De satisfaire tous ses sens.

Refrain

C’est la tempête avant le calme
Qui souffle en un joyeux vacarme.
Quel chaos, quelle indécence
Que cette folle effervescence !
Le grand orchestre de Noël
Reprend en chœur sa ritournelle
Et ses interprètes candides
Sont en chemin vers le splendide
Dans les coulisses
Du délice
Dans l’antichambre
Du vingt-quatre décembre

Une armée de couverts rutile sur la table
Parée à affronter les convives insatiables
Des rangées de bougies s’allument dans le noir
Des halos vacillants fleurissent dans le soir
Et la lumière joue dans les flutes à champagne
Des mélodies venues d’un pays de cocagne.

On astique on époussette
On manie la balayette
On arrange des napperons
On laisse échapper des jurons
Quand on doit ramasser par terre
Le service de la grand-mère
On décore, on met en scène
Comme si on recevait la reine

Refrain

C’est la tempête avant le calme
Qui souffle en un joyeux vacarme.
Quel chaos, quelle indécence
Que cette folle effervescence !
Le grand orchestre de Noël
Reprend en chœur sa ritournelle
Et ses interprètes candides
Sont en chemin vers le splendide
Dans les coulisses
Du délice
Dans l’antichambre
Du vingt-quatre décembre

Collées à un miroir, cernées de projecteurs
Des divas de tous âges retouchent leur candeur
Maniant avec art les crayons et pinceaux
Elles rivalisent de grâce dans leurs oripeaux
Des demoiselles roses se prennent pour des dames
Chevauchent leurs talons, et alors c’est le drame


On s’enrubanne, on s’embaume
Des crèmes plein les paumes
On se frise les anglaises
On se crêpe le chignon
On fait bouffer le taffetas
On s’enveloppe dans la soie
Et puis enfin on se poudre
On viendrait presqu’à en découdre


Refrain

C’est la tempête avant le calme
Qui souffle en un joyeux vacarme.
Quel chaos, quelle indécence
Que cette folle effervescence !
Le grand orchestre de Noël
Reprend en chœur sa ritournelle
Et ses interprètes candides
Sont en chemin vers le splendide
Dans les coulisses
Du délice
Dans l’antichambre
Du vingt-quatre décembre

vendredi 25 septembre 2009

Les âmes blanches

Les voici alanguies dans leur traîneau d’argent,
Elles arrivent en glissant et remontent le temps.
Un parfum de passé embaumant leur sillage,
Les longues âmes blanches poursuivent leur voyage.

De fiers chevaux sauvages tirent ces souvenirs.
Indomptables, fougueux, ils mènent ce cortège,
Vers les steppes brumeuses où meurent les soupirs,
Le chant des âmes blanches étouffé par la neige.

Nous sommes les compagnons de ces maigres chimères,
Qui inlassablement volent vers la lumière.
Placides et patientes, elles flottent dans le vent
Vapeurs immaculées qui baignent leurs enfants.

Les tristes âmes blanches nous tournent le dos
Nous donnerions nos vies pour croiser leur regard,
Encore un jour, une heure, revenir au berceau
Repousser d’un instant le temps de l’au revoir.

Elles se tiennent droites dans le soleil d’été
Debout face à la mer, les âmes blanches prient.
Alors souffle le vent dans leur bras déployés,
Et gorgé de lumière il traverse la nuit.

Elles courent sur les vagues, déjà elles sont au large,
Les âmes blanches volent, et nous pleurons en vain.
Regardez les voguer, ces écumes sans âge,
Caressant nos visages où coulent les embruns.

Regardons la pousser, la forêt translucide,
Où se perdent trop tôt des journées embuées.
Le bois des âmes blanches, sous sa canopée,
Abrite l’arbre des anges, aux pâles fruits candides.

Les âmes qui voyagent, ces impressions troublantes,
Savent courir le monde sans nous lâcher la main.
Nous sommes leurs vaisseaux, flottant sur le chagrin,
Guidés dans le silence, dans les lumières changeantes.

Dans le calme matin, lueurs insaisissables,
Elles montent en vapeur et fondent dans le jour.
Alors les grands déserts, les noirs enfers de sable,
Voient fleurir sous les pierres des roses de velours.

mardi 15 septembre 2009

Le réveilleur

Le réveilleur parcourt les rues de pierres en chantant l’air de la misère. Un grand chapeau marron lui cache la lumière. Ses yeux –sait-on s’il en a- se sont noyés dans l’ombre et il marche la tête basse, fixant le sol qui défile sous ses pieds, entre moi et l’enfer. Ses pas sont prompts et secs, il sent ses pieds brûler, il n’apprécie rien de ce parcourt, de cette triste tâche qu’il reproduit machinalement. Le réveilleur allume sur son chemin de froides flammes, des lumières aveuglantes. Il glace les couleurs de son pas inhumain, le sillage du brise-rêves se relève en boitant, la nuit fanée repoussera-t-elle ?
Je suis cloué au lit, songeur paralytique, les yeux grands ouverts sur mon destin. Par les persiennes déjà pénètrent de froides lames. Ma fuite semble vaine, pourtant je me débats. Les couperets de lumière me tranchent, implacables, et je me terre dans un recoin de nuit pour ne pas avoir à ouvrir les yeux sur mes blessures à venir. Un repli de rêve me donne un court sursis. Désespéré je me saoule d’illusions, je sombre dans la folie d’un ultime délire, je sombre dans le déni. Je bâtis le long de mes paupières des murs opaques et denses, mais la lumière creuse mes yeux inexorablement. La mer monte. Le sable coule, les dunes sont rongées.
Le réveilleur est désormais dans ma rue. L’écho de ses pas rampe le long des immeubles. Ils arrivent à mon oreille, de moins en moins mourants, et leurs assauts incessants cognent à la paroi de mon cœur. Je sais qu’il vient pour moi, qu’il ne me ratera pas, qu’il ne m’oubliera pas cette fois.
Je tente de protéger ce qui compte encore. En laissant fuir ceux que j’aime, en leur épargnant un combat perdu d’avance, c’est une partie de moi que j’évapore, que j’ennuage, que je dissimule ou que j’enterre. Je m’allège de tout ce que j’aimais pour partir au combat vierge de craintes. J’y partirai seul et j’y partirai nu. Je me répète obstinément les noms, les lieux où j’ai laissé mes trésors, pour ne pas les oublier lorsque la fièvre montera, lorsqu’en vagues furieuses déferlera la folie. Dans ma prochaine peau, ces rêves auront-ils encore cours ? Les cicatrices qui fermeront mes blessures fermeront-elles mes yeux à ces mondes que je quitte ?
Le réveilleur à présent est au bas de l’immeuble. Il entre sans frapper, comme un brouillard brûlant, sans rien se demander, et sans rien ressentir. Il ne se déplace pas, il se répand, comme une armée d’innombrables flammes, d’innombrables lames. La marée d’armes blanches grignote une à une les marches de l’escalier. Je sens, encore très loin sous moi-même, monter ce flot acide. Le réveilleur est ponctuel, l’obstacle lui semble étranger. A chaque étage, dans chaque chambre, j’entends le son des batailles, j’entends la musique militaire, j’entends le glas résigné.
J’enveloppe dans un coin de drap blanc tout le temps qu’il me reste. Je le serre, je l’enlace, j’entasse dans ce tout petit temps ce qu’il me reste à faire. L’accélération des choses, leur chute libre, leur sacrifice, déforme tous les axes. Les valeurs fluctuent, des instants insignifiants sont étirés à l’infini, comme une note unique et obstinée capturée dans une musique. Des éternités sont guillotinées froidement, si simplement. Des poussières nous écrasent, poussant soudain comme des gratte-ciels.
Le réveilleur est sur le pallier de ma porte. Pour la première fois il semble marquer une pause. En moi l’horloge danse, les aiguilles du temps tricotent et s’entrechoquent. Je vois la lumière du réveilleur ramper sous ma porte, un long reptile qui flaire sa proie endormie. Je sens sa main peser sur la poignée de la porte. Elle pèse en même temps sur ma poitrine.
L’appui se relâche et la lumière faiblit.
Le réveilleur soupire et tourne les talons.
Je reste sur mon lit, le thorax affolé, et je sens sur mon cœur l’empreinte du réveilleur. Dans de sa main quelques lignes, tatouées sur ma peau. J’ai pu lire quelques mots. Le réveilleur m’a épargné. Le sang glacé, mes pieds bleus de peur machinalement suivent sa trace, et je parcours en somnambule le monde réveillé.