<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085</id><updated>2012-01-29T16:30:05.552+01:00</updated><category term='Grand reporter'/><category term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><category term='INSEE Lohan'/><category term='Groopisme (vous n&apos;avez pas d&apos;addiction? rassurez vous j&apos;en ai pour deux)'/><category term='Safari'/><category term='Hot news'/><category term='Tous en scène'/><category term='A la recherche du temps perdu'/><category term='Paradis blanc (et je ne parle toujours pas d&apos;héroïne)'/><category term='Ils m&apos;ont apprivoisé'/><category term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><category term='Once upon a time'/><category term='Family affair'/><category term='Ca se gâte...'/><title type='text'>De l'importance (très subjective) d'être Thomas B.</title><subtitle type='html'>"Yalla!" (Cindy Saunders)  
    "The eyes are the nipples of the face" (Soeur Emmanuelle, versets cosmétiques)</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>175</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-8924453289846301016</id><published>2012-01-29T16:29:00.000+01:00</published><updated>2012-01-29T16:30:05.557+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Le parfum de l'ombre</title><content type='html'>Le parfum de l'ombre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I.&lt;br /&gt;Je l'observais, du coin de l'oil, se maquiller,&lt;br /&gt;Sentant monter l'orgueil qu'atisait sa beauté.&lt;br /&gt;Je rodais autour d'elle, partageant son miroir, &lt;br /&gt;Comme rodent les chiens autour du désespoir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici un accessoire que je lui proposais, &lt;br /&gt;Là un regard plus noir que je lui suggérais...&lt;br /&gt;Je choisissais toujours, vicieux et paresseux, &lt;br /&gt;De la couvrir des voiles qui la montraient le mieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin la main fébrile choisissait dans l'armoire&lt;br /&gt;L'argument décisif qui scellait la victoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jus épais, sucré et capiteux, &lt;br /&gt;Dont j'habillais mon ombre d'un geste fiévreux. &lt;br /&gt;D'un vieux flacon doré jaillaient les vapeurs,&lt;br /&gt;Qui donnaient forme humaine à mon apesenteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II.&lt;br /&gt;Ainsi auréolée de mes vapeurs charnelles, &lt;br /&gt;L'ombre avançait alors, à pas lents, au dehors.&lt;br /&gt;Mon oeuvre sensuelle à la beauté fragile&lt;br /&gt;Traçait dans la nuit crue un sillage gracile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur son passage lent semblaient fleurir les roses, &lt;br /&gt;Et quelque poivre doux, et l'ambre à faible dose, &lt;br /&gt;S'envolaient de son cou et flottaient dans les rues, &lt;br /&gt;Où cent sourires béats accueillaient l'ombre nue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cependant ces regards, amicaux au dehors, &lt;br /&gt;La privaient un à un d'une arme de son corps.&lt;br /&gt;On lui prit son regard, on lui prit ses bijoux, &lt;br /&gt;Un amant inspiré prit l'odeur de son cou. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà ce qu'on sut d'elle, voilà ce qu'on voulut, &lt;br /&gt;Retenir de mon ombre, et de mon être imbu. &lt;br /&gt;Des roses et un peu d'ambre, quelque poivre qui sait, &lt;br /&gt;Un bijou en or jaune, un sourire esquissé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;III.&lt;br /&gt;Presque nue, épuisée, l'ombre arriva enfin, &lt;br /&gt;Dans le salon doré où buvaient les mondains.&lt;br /&gt;Toute ombre qu'elle était, elle fut remarquée, &lt;br /&gt;Les mondains accourraient pour mieux la respirer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que les roses séduirent, que le poivre étonna!&lt;br /&gt;Quelle audace subtile on tenait à son bras...&lt;br /&gt;On se flattait très haut d'avoir conquis mon ombre, &lt;br /&gt;On chantait ses louanges, on l'acclamait en nombre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s'étourdit bientôt, le parfum, les amants,&lt;br /&gt;Tous les admirateurs, elle sent que quelqu'un ment.&lt;br /&gt;Son regard vagabond se fixe tout à tour&lt;br /&gt;Sur les visages fardés des mondains alentours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors sous les couleurs, sous les roses et sous l'ambre, &lt;br /&gt;Sous ce tissus brillant qui recouvre la nuit, &lt;br /&gt;La lumière se perd et son regard se meurt, &lt;br /&gt;C'est le grand bal des ombres, qui hante la demeure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IV.&lt;br /&gt;Ainsi chacun, comme moi, avait fardé son ombre, &lt;br /&gt;L'avait jetée dehors, sous les regards glacés, &lt;br /&gt;S'était capitonné, dans une chambre sombre, &lt;br /&gt;Alors qu'au bal des morts, dansait l'infortunée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Où se cachaient-ils tous, les maîtres de ces masques, &lt;br /&gt;Et que savait-on d'eux, si ce n'est quelques frasques?&lt;br /&gt;Une rose et du poivre, de l'ambre à faible dose, &lt;br /&gt;Le portrait est baclé, et les sujets moroses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regardais danser celle qui porte mon nom, &lt;br /&gt;Ce résumé grossier, cette prémonition... &lt;br /&gt;Mais partout près de moi je me savais caché, &lt;br /&gt;Dans le moindre tableau par mes yeux dessiné.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant au parfum secret, qu'embaume ma pensée, &lt;br /&gt;Cet élixir muet à mon ombre arraché, &lt;br /&gt;Il se répand parfois, à l'aube partagée, &lt;br /&gt;En brume passagère sur ma peau caressée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Changeant, volatile et insaisissable, &lt;br /&gt;Inconstant, infidèle et impérissable, &lt;br /&gt;Reconnaissable entre mille et toujours éphémère, &lt;br /&gt;C'est le parfum de l'ombre, assoiffé de lumière.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-8924453289846301016?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/8924453289846301016/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=8924453289846301016' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8924453289846301016'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8924453289846301016'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2012/01/le-parfum-de-lombre.html' title='Le parfum de l&apos;ombre'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-9148603183159631768</id><published>2012-01-15T20:03:00.002+01:00</published><updated>2012-01-15T20:06:35.973+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='A la recherche du temps perdu'/><title type='text'>Tramway 58</title><content type='html'>Engourdi, désorienté, j'avais erré pour un temps inconnu, dans les rues où la nuit m'avaient rejeté. Comme le sable poussé par le vent s'entasse méthodiquement contre ce qu'il rencontre, je m'entassai contre la paroi vitrée d'un arrêt de tram, aléatoirement aligné près d' autres rescapés, tout aussi engourdis et désorientés que je l'étais. Dans les veines qui entourent mon crâne pulsait un sang épais et mélangé d'alcools variés. Les vaisseaux gonflés enserraient mes yeux et mon esprit, étranglant jusqu'à l'étouffement tout embryon de pensée. Les images parvenaient à mon cerveau, brutes, sans interprétation aucune, sans que la moindre mémoire puisse donner à leur enchaînement une suite logique. &lt;br /&gt;Ainsi dansaient devant moi, fiévreuses dans la nuit de janvier, les lignes floues qui dessinaient les rues de la banlieue praguoise. Mon amnésie me permettait, à chaque douloureux mouvement de mes yeux, de redécouvrir presque intégralement la ville, et entretenait en moi l'excitation d'un exotisme permanent. La brume, qui tombe sur la ville presque aussi sûrement que la nuit, faisait ressurgir en moi les vers d'un poème de Cocteau. Je l'entendais, de sa voix de vieil homme, et pourtant claire et à la diction exagérément parfaite, réciter les strophes de "Léonne". La Bretagne nacrée, suffoquant de douceur sous cette brume laiteuse, y mêlait en son sein les éléments les plus rudes. Buvant ses paroles comme j'avais bu la nuit durant des poèmes plus liquides, je m'attendais, les yeux mi-clos et presque renversés dans leur orbite, à voir paraître au loin les lumières d'un bateau chahuté par les vagues. J'attendais aussi le bruit des vagues, faisant taire mes pensées idiotes et cannibales, lorsque dramatiques et assourdissantes, elles mourraient éclatantes contre les rochers roses, volant au ciel en éclats argentés. &lt;br /&gt;Mais la Bretagne était bien loin, les vagues pouvaient claquer, seul le sifflement aigu d'une débauche mourante transperçait mes pensées. J'étais à Prague, il était trois heures du matin, une pluie légère et froide coulait sur mon visage endurci par le vent. J'étais le rocher rose, froid et indifférent, et triste sans ses vagues.&lt;br /&gt;La ville, anesthésiée par l'hiver et la fatigue, ne présentait aucune des caractéristiques de l'océan breton. Les façades hautaines m'ignoraient, je les oubliais également, tout vivait en autarcie, hibernant en soi même. &lt;br /&gt;Sur les rails noirs de la voie de tramways se propageait pourtant, de plus en plus stridant, un bruit métallique et plaintif. Dans l'horizon blanchâtre où se dissolvaient trop tôt quelques nobles immeubles, apparut lentement le regard jauni d'un étrange animal. Parcourant inconsciemment des kilomètres de nuit, il creusait le brouillard. Écartant lentement l'obscurité, le tramway 58 s'arrêta devant moi, épuisé, agité, embué. Sans aucune forme de négociation, il m'aspira. &lt;br /&gt;Mon visage, à la chaleur de son antre, se dissout rapidement. L'alcool à mes tempes battit avec plus d'insistance alors que je titubais vers un siège. Mes yeux cherchèrent une place, mon cerveau n'en trouva pas, le tram démarra, me précipitant violemment à l'arrière du wagon. Je heurtai la paroi de la voiture, soulagé d'être encore à bord. Adossé contre la vitre, je relevai la tête. La brume se leva sur mon regard, les tâches colorées et incertaines qui s'agitaient dans mon champ de vision prirent des formes humaines légèrement grossières. Chacun rayonnait comme un monde, expansif, explosif, comme ces étoiles vieilles qui meurent en éclatant. De chacun jaillait un étrange langage, unique et sans échos. Les conversations, pourtant, étaient nombreuses et passionnées. On déclamait avec une grande facilité, les raisonnements, comme des chevaux emballés, ruaient d'une idée à l'autre, désarçonnant toute logique. J'avais pris l'habitude de ne rien comprendre au brouhaha des tramways tchèques. Mais pour la première fois, j'avais la certitude qu'absolument personne ne comprenait rien. On comprenait, plutôt, les expressions abstraites d'une certaine forme de folie, très charnelle, chargée de vapeurs d'alcool, de mélodies grinçantes, ne retenant de la communication que ses éclats les plus vulgaires et les plus primitifs. Une certaine élégance, poussée trop près de son paroxysme, courait dans la nuit vers sa déchéance. Tout se voulait encore prestigieux, tout se noyait dans son épaisse caricature, inconsciemment pathétique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant quelle joie dans les derniers instants de ces beautés d'un soir! A l'avant du wagon, accompagné par les bruits sourds des roues sur les rails, un groupe jouait sur des instruments de troisième main. Oscillant sur son siège, un chanteur rouge régurgitait des onomatopées sur des airs de Luis Armstrong. Le tram entier l'acclamait, et son chant, aussi mélancolique que vulgaire, berçait doucement la dérive de ce petit peuple.&lt;br /&gt;A chaque arrêt montaient de nouveaux rescapés. Happés les un après les autres par cette faune tentaculaire et poisseuse, ils se fondaient dans la folie douce et rance de ce tramway de nuit. &lt;br /&gt;Puis un à un, ou par petits groupes, comme fanent les fleurs d'un bouquet, ils s'éteignaient. Les portes s'ouvraient, la nuit fière les reprenait, passait sur leurs visages rouges sa main froide, et ils marchaient à nouveau, désincarnés et amnésiques, vers l'anonymat de la brume hivernale. &lt;br /&gt;Je fus à mon tour restitué à la nuit. Les yeux rouges du tramway s’éloignèrent sans me voir, et le chant des ivrognes cessa de me bercer. Je heurtai violemment la froideur de la nuit en cherchant mon lit. Je me couchai mais ne dormis pas. Dès que je fermais les yeux, le regard jaune du tramways 58 apparaissait dans mes brumes. Des voix folles et joyeuses m'interpelaient sans cesse. Je parcourus ce soir là, dans le tramway 58, des kilomètres de nuit. Je m'éveillai, une éternité plus tard. Il me fallut une autre éternité pour savoir où j'étais.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-9148603183159631768?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/9148603183159631768/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=9148603183159631768' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/9148603183159631768'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/9148603183159631768'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2012/01/tramway-58.html' title='Tramway 58'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-6924370974757419929</id><published>2012-01-03T12:59:00.001+01:00</published><updated>2012-01-03T12:59:42.201+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Les yeux cairs</title><content type='html'>Les yeux clairs&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au ciel, la pierre noire des tours de l'église tranchait lentement dand le gris bleuté des nuages. Du dessous, les émois saisonniers de la ville les éclairaient d' une incertaine clarté. Au sol s'épandaient, telles des braises fraîches, les joies convenues, parfois sincères, d'une foule plus anonyme qu'abondante. &lt;br /&gt;Dieu, trop occupé semble-t-il à trancher dans le gris bleuté des nuages, avait négligemment guidé mon vagabondage vers cet exode improbable. Parti sans bagage ou presque, car tel était mon souhait, je goûtais, non sans délectation, aux morsures d'un embryon d'hiver sur ma peau presque nue. &lt;br /&gt;Qu'elles sont nombreuses, et qu'elles se parent bien, les nudités dont on peut se vêtir! Autant de naturismes, autant d'indécences que de morales peuplaient la place sombre où j'avais planifié de renaître.&lt;br /&gt;Dans un repli du temps, j'avais abandonné quelques encombrants. Hautement inflammables qu'ils étaient, l'abandon auquel je les avais confiés ne peina guère à les consummer. C'est donc léger et nu que j'essayais de me perdre parmi ces visages étranges. Simple et presque vierge, propre à s'en écorcher la peau, je tournais sans me retourner, écoutant se taire les sirènes familières qui avaient jusqu'alors accompagné mes marches. Qu'il était doux, le papier de cette page blanche. Je la tournais, la caressait, en respirais l'odeur, cherchant le meilleur moyen d'y inscrire mon empreinte sans y tracer de limite. &lt;br /&gt;J'y voyais une carte, quadrillée par les pavés noirs du centre ville. De toute part arrivaient avenues et ruelles, chacune unique et toutes méconnaissables du fait de leur grand nombre. A chacun de mes pas, il me semblait changer de pays. Un pas, un horizon, un langage, àà chaque minute j'organisais un nouveau baptème pour celui que je devenais. &lt;br /&gt;Moi l'inconnu, marchant sur Prague drappé de souvenirs, laissais tomber sur les pavés humides, par pans entiers, l'étoffe lourde des années. A pas précieux mais insouciants, je faisais la conquête démagogique de mon propre esprit. Je fixais crânement des inconnus joviaux, me flattant de leur indifférence, caressant avec fierté mon anonymat. Leurs yeux noircis par les lumières de la ville étaient aveugles à mon passé. Sur leurs pupilles rétractées ne valsaient que les mille lucioles tombées sur la ville pour la Noël. Il en eut fallu bien moins pour éclipser mes mon regard ce soir là. &lt;br /&gt;J'étais rentré en moi même, si profond et si petit, que je ne me soupçonnais plus. &lt;br /&gt;Quelle meilleure tannière pourtant, pour un loup affamé, qu'une forêt trop dense un hiver trop blanc?&lt;br /&gt;Alors que je fermais les yeux, il me semblait que la place sous mes pieds commençait à tourner. Alors j'imaginais devant moi le défilé des rues et de leurs embouchures, chacune m'appelant à les empreinter, faisant étalage de leurs charmes et de leurs mystères. Une loterie de choix où il me plaisait de parier mon futur. &lt;br /&gt;J'ouvris les yeux d'un coup. Le noir fut total. J'attendis un instant, me donnant une chance de retrouver mes esprit. Sans succès. Les flammes de la fête et leurs éclats sonores dansaient à présent dans mon dos. Devant moi, la nuit, l'hiver, des pierres humides au sol où coulait parfois quelque reflet blafard. La nuit très vite les épinglait, et ils agonisaient sous les semelles de mes chaussures humides. &lt;br /&gt;De cet horizon d'un noir intense provenaient les claquements froids d'une semelle dure sur le pavé. Ils résonnaient contre les murs dentelés de l'église comme dans un écrin nacré. Confiant, ivre de ma nudité nouvelle, mes pas assurés entamèrent la ruelle. Je progessai, le vent qui s'engouffrait dans la rue étroite accélérait ici. Je m'en protégeais, baissant la tête, couvrant mes oreilles et mon nez. Des jeunes filles allègres couraient à ma rencontre, vers la place. On eut dit quelques oiseaux légers portés par les bourrasques. Aveuglés par leurs chants hilares, ils ne compromirent pas mon anonymat. &lt;br /&gt;Je marchais avec la conviction du hasard, me souciant peu des intentions profondes de celui guidait mes pas. Trompant mes instincts, je quittai des yeux mes souliers et redressai la tête. Un vent froid et sec m'embrassa et fit naître à mes yeux quelques larmes. Les secousses de mes pas, les tremblements du liquide devant mes yeux, faisaient osciller doucement dans ma tête les contours des maisons noires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce décor flottant, un personnage immobile se dessinait à présent. De profil, le visage tourné vers moi, adossé contre le flanc de l'église, il semblait qu'il en soutenait les murs. J'oubliai que je marchai. Il s'approchait progressivement de moi, comme le reste du décor, porté par les bourrasques glacées. &lt;br /&gt;Sous une capuche lourde, il ouvrit sur moi de grand yeux clairs et vide. Ce regard sans expression et et sans jugement fut le premier à me voir. Au fond de moi je sentis une morsure. un grognement étouffé m'emplit. Du fond de sa tannière, un loup blessé hurlait, rampant penaud, toujours plus profond en moi. &lt;br /&gt;La lumière des yeux clairs le traquait , inlassablement, indifféremment, méthodiquement. &lt;br /&gt;Nulle cache ne pouvait plus le dissimuler à ce regard blanc. Acculé à la paroi sombre de mes tréfonds, dans un ultime élan il bondit hors de moi. Je tombai au sol. Au ras des pavés humides, je le vis disparaître aux confins mystérieux de la ruelle étroite. Sans même prendre mon souffle, je partis à sa poursuite. Je cours toujours. Je ne sais pas où mais je sais à présent pourquoi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-6924370974757419929?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/6924370974757419929/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=6924370974757419929' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6924370974757419929'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6924370974757419929'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2012/01/les-yeux-cairs.html' title='Les yeux cairs'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-4150764790938604136</id><published>2011-06-06T17:19:00.002+02:00</published><updated>2011-06-06T17:21:16.082+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>L'ombre d'un bruit</title><content type='html'>De loin je les entends, &lt;br /&gt;Ils rampent au galop sourd des cavaliers perdus&lt;br /&gt;Et des chevauchées vaines. &lt;br /&gt;Je sens leur trajectoire, ils approchent,&lt;br /&gt;Sous ma peau, &lt;br /&gt;Charognards et méthodiques.&lt;br /&gt;Des jours durant, je passe entre leurs griffes, &lt;br /&gt;Traçant des angles morts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit venue, je les confronte, &lt;br /&gt;Ils s'insinuent, persuasifs, séduisants, &lt;br /&gt;Dans les fêlures de mon esprit. &lt;br /&gt;J'ouvre grand les fenêtres.&lt;br /&gt;Pour les chasser,&lt;br /&gt;J'invite en moi le chant de deux ivrognes&lt;br /&gt;Qui coulait dans la rue. &lt;br /&gt;Mais la lame les frappe, eux aussi,&lt;br /&gt;Et les fait taire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ma chambre ils se posent alors. &lt;br /&gt;A mon chevet, sur mon lit, &lt;br /&gt;Alanguis contre mon corps, &lt;br /&gt;Derrière mon épaule&lt;br /&gt;Me regardant dormir, ou feindre le sommeil,&lt;br /&gt;Ils allument en me fixant une cigarette.&lt;br /&gt;Leur souffle muet et froid&lt;br /&gt;S'emplit de fumée grise rampant sur ma peau nue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au matin bleu encore, &lt;br /&gt;Lorsque  mes yeux dégèlent, leur présence perdure &lt;br /&gt;Et leurs regards vitreux&lt;br /&gt;Dorment sur mon épaule.&lt;br /&gt;J'agite les draps gris, et la fumée dans l'aube.&lt;br /&gt;Les brouillards s'en vont, moqueurs et blasés. &lt;br /&gt;Et ma peau est griffée,&lt;br /&gt;Par un sourire encore…&lt;br /&gt;En passant la fenêtre… " A demain mon ange...". &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux jours cuisants,&lt;br /&gt;Je les sais réfugiés dans leurs enfers secrets, &lt;br /&gt;Des jardins désertiques&lt;br /&gt;Où poussent des troncs creux et des murs de gravas. &lt;br /&gt;L'aridité trop blanche de ces jardins muets&lt;br /&gt;Distille les intrus, et les concentre trop,&lt;br /&gt;Asséchant les pensées et les voix dans leurs crânes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi qui fus cet intrus, encore je vois danser, &lt;br /&gt;les sables à mon cou,&lt;br /&gt;Là où dansaient aussi les fumées de la nuit.&lt;br /&gt;Les silences à venir s’étendaient devant moi. &lt;br /&gt;Je leur parlais jadis&lt;br /&gt;Avec obstination&lt;br /&gt;J’inondais de non sens ces silences secs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je m'évaporais, et comme les fleurs sèchent,&lt;br /&gt;Mon temps se craquelait.&lt;br /&gt;Désormais je me tais quand désert arrive,&lt;br /&gt;Je garde mes pensées &lt;br /&gt;Derrière mes lèvres closes, j’ignore les absents, &lt;br /&gt;Et je récite en moi ce que je n’entends pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux bordures du désert, &lt;br /&gt;Des violonistes gris agitent leurs poignets &lt;br /&gt;Sur des cordes usées. &lt;br /&gt;Des archets orphelins et des musiciens fous&lt;br /&gt;Arpentent les frontières du silence,&lt;br /&gt;Feuilles blanches en main&lt;br /&gt;Jetant à l’inconnu des accords suicidaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’oreille étanche à ce néant,&lt;br /&gt;Je laisse jouer en moi nos souvenirs communs&lt;br /&gt;Toi et moi, enfants,&lt;br /&gt;Le futur leur ressemble. &lt;br /&gt;Toi et moi, amoureux,&lt;br /&gt;Respirant calmement les chants du lendemain, &lt;br /&gt;Dormant, inconscients et rêveurs,&lt;br /&gt;A l'ombre d'un bruit familier.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-4150764790938604136?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/4150764790938604136/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=4150764790938604136' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/4150764790938604136'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/4150764790938604136'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2011/06/lombre-dun-bruit.html' title='L&apos;ombre d&apos;un bruit'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-8436751385952149615</id><published>2011-03-25T16:48:00.000+01:00</published><updated>2011-03-25T16:49:19.138+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Bleues et froides</title><content type='html'>Il n’y eut pas d’éclaboussure lorsque j’entrai dans l’eau. Je tombai sans bruit, au ralenti, comme happé par la surface lisse. Celle-ci se fendit à mon contact, lentement, pour m’accueillir, ou pour m’enfermer. Ses mouvements, semblables aux mouvements d’une foule, étaient amples, patauds et puissants. Si la chute sembla si longue, la peur, elle, fut brève. Je me revois, regardant l’horizon gris sombre, le vent dans les arbres dénudés, portant quelques oiseaux marins, le défilé fiévreux et palpitant des nuages qui pouvaient, eux, s’échapper. Puis je tournai la tête, mon regard transperça l’eau claire, juste dans l’infini profondeur du bleu sombre de l’océan. Je poussai légèrement sur mes pieds, au bord de la roche humide, et mon corps bascula. C’est à cet instant, où je réalisai qu’il m’était impossible de faire volte-face, que je ressentis une forme de peur. Un réflexe bien appris me poussa à tenter un rattrapage. Mon bref effort fut vain. J’avais choisi cet endroit pour me protéger de mon instinct de survie. En un instant l’eau m’avait tout à fait épousé, et la réalité s’y dissout entièrement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors qu’un après l’autre mes membres s’enfonçaient dans l’eau glacée, l’agitation du monde s’estompait doucement. Le vent offrit le repos aux squelettes noirs des arbres mourants. L’horizon, bouché de gris violacé, se mit à respirer calmement, et les nuages ralentirant leur course folle, n’étirant lentement dans le ciel bleu clair de l’hiver breton. &lt;br /&gt;Une dernière fois, l’air frais pénétra mes narines. Il avait le parfum familier des plantes littorales, et de cette terre sableuses que mes pieds nus chérissaient. J’emportai avec moi le parfum vieillissant des ajoncs, chauffés par le soleil d’été. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’eau froide vient doucement l’interposer entre mes yeux et le monde. Je ne clignai pas. Hypnotisé par cette réalité transfigurée, je fixais, de très loin, le soleil pâle qui se multipliait dans le jeu des vaguelettes. Sa lumière, d’un jaune très clair, striait de rayons fragiles l’océan verdâtre, et là où passaient ces rayons, tout se teintait d’un bleu léger. Je jouai à faire passer mes doigts entre ces rayons dansants. Sur ma main pâle, les poils se balançaient, laissant progressivement  échapper les bulles d’air qu’ils avaient emprisonnées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’expérience ludique de mon voyage subaquatique fut écourtée par un afflux torrentiel de sensations nouvelles. Ma peau, mes oreilles, criaient dans ma tête toutes les informations inconnues qu’elles recevaient. Par mes chevilles, et par les poignets et mon pull, l’eau froide entrait doucement dans les vêtements. Elle enserrait aussi mon cou, et sa caresse glissait, de mon col vers ma poitrine, et le long de ma colonne dans mon dos. Je me figeai, comme si quatre serpents aux corps glacés s’enroulaient doucement autour de mon corps. Mon esprit entier était occupé à analyser ces sensations nouvelles. Plus de voix, plus de questions, plus de décisions à prendre. Les délices d’une passivité totale, le plaisir de l’abandon sans une once de culpabilité. Pas de lendemain, j’étais hors de portée du passé, qui eut cru qu’il fallut s’enterrer de la sorte pour se sentir libre ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le froid me mord lentement, et mon corps s’endort. Le sang déserte mes extrémités qui s’engourdissent progressivement, comme on éteint chaque pièce d’une maison en la quittant. &lt;br /&gt;La morsure de l’eau glacée est brève, on la sent un instant, puis plus rien. Je me réfugie petit à petit au creux de moi, dans un recoin très familier qu’il me semble avoir habité auparavant. Je revois les appartements où j’ai grandi. Souvent j’ai rêvé de revoir ces lieux insignifiants et essentiels. Il y a des abandons qui vous construisent, et leurs deuils inachevés se font votre ossature. Je sens à présent au cœur de mon être une lumière douce et tiède, rayonnant doucement, oscillant comme les algues au gré des courants. Elle palpite sourdement sous les battements d’un cœur engourdi. Son chant s’évade, à l’unisson des mélodies graves des abysses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des bleus plus profonds me survolent à présent.  Par nappes lentes ils me recouvrent, de leur drapé solennel, chacun voilant un peu le soleil pâlissant. Des nuages d’encre sombre s’étalent dans la mer, et des glaciers hagards s’éloignent de moi. Il me semble reconnaître, en eux, des visages connus, des expressions, des sons contenus, figés dans les blocs blancs. Avec eux migre, au gré des courants froids, mon passé, très loin déjà. Le froid, de plus en plus intense, me semble pourtant plus doux, à mesure que la lumière décroît. Le calme est ma chaleur dans le désert marin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’éloigne des côtes, des animaux m’escortent. De grands poissons défilent, sur leurs flancs argentés scintillent quelques mots. Les poissons s’approchent, s’arrêtent un instant devant mes yeux immobiles, et les mots apparaissent. Mon esprit se souvient d’un langage ancien aux sonorités voisines. Je me concentre pour déchiffrer les mots, mais le poisson poursuit sa route. Un autre le remplace, avec un nouveau, et un nouveau challenge. Les mots ne veulent plus rien dire, ils ressemblent de moins aux langages connu.  Pourtant, chaque poisson, alors que je sombre, semble plus évident que son prédécesseur. Et mon esprit acquiesce, et non sans contentement, les syllabes improbables que les morues apportent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des formes tentaculaires s’approchent de moi. Menaçantes, elles m’entourent et leur regard perçant me paralyse. Nous sombrons tous ensembles, moi avec ces pieuvres affreuses, vers la nuit compète. Quelques mètres de plus, quelques degrés de moins, je me sens bien. &lt;br /&gt;Les peurs insaisissables, mes peurs de toujours, car je les reconnais, se figent enfin, congelées, cristallisées.  Elles sont là enfin définies, immobiles, définissables et inoffensives. En je parviens à sourire en leur présence, enfin je peux m’en saisir, les écarter un peu de moi, elles que j’ai fuies des années durant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Harponnées par des espadons blancs, ces méduses explosent comme des baudruches vaines. Leurs lambeaux translucides se perdent dans les abysses, et mon horizon, pourtant déjà bleu très foncé, s’éclaircit un peu plus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis partout autour de moi, dans les yeux des poissons, dans les mots sur leurs flancs, tout me ressemble ici. Je me parle avec mes reflets, j’apprends à me connaître, je m’observe, curieux et fasciné, puis je m’ennuie. Je me sens seul. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des forces étrangères se saisissent de moi. Je me sens entraîné par des courants violents. Le noir, devant mes yeux, s’agite, en mouvements fiévreux. Des mots inconnus troublent la plainte sourde de l’océan. Une lumière froide vient frapper ma rétine endormie. L’air à nouveau entre dans mes poumons. Mon évasion encore s’est échouée sur une plage, ma liberté y gît près des corps de mes peurs, et leurs yeux menaçants me promettent vengeance. &lt;br /&gt;Je me relève, foule de mes pieds nus le bitume qui borde la plage. Je croise  les regards vides d’autres naufragés. Ils m’ignorent totalement. Mon visage, encore anesthésié par le froid, ne sent plus l’air frais de la bretagne. Les coquilles cassées qui jonchent le chemin devraient couper ma peau. Il n’en est rien. &lt;br /&gt;Je me retourne, sur la plage, mon corps d’un blanc ivoire est parfaitement immobile. Les eaux froides et bleues lèchent paresseusement la peau de mes mollets.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-8436751385952149615?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/8436751385952149615/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=8436751385952149615' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8436751385952149615'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8436751385952149615'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2011/03/bleues-et-froides.html' title='Bleues et froides'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-7182493378960784373</id><published>2011-02-09T16:59:00.001+01:00</published><updated>2011-02-09T16:59:13.985+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>A la vie</title><content type='html'>A ces obus aigris&lt;br /&gt;Qui pleuvent sans répit&lt;br /&gt;Qu’avons-nous à répondre ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autres obus encore, &lt;br /&gt;Quelques plaies sur nos corps,&lt;br /&gt;Et nos mines amères&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils pleuvent bruyamment et nous osons nous taire, &lt;br /&gt;Les laissant réciter leurs sonnets militaires&lt;br /&gt;Et nos courages fuyants déjà se font la malle&lt;br /&gt;Remettant nos destins entre des mains plus sales. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A nos amours éteintes,&lt;br /&gt;A nos romances feintes,&lt;br /&gt;Qu’avons-nous répondu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand nos amants pleuraient&lt;br /&gt;Notre moralité,&lt;br /&gt;A nos noces trompeuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et encore le courage, riant de nos vœux pieux&lt;br /&gt;Faisant trembler le doigt qu’encerclait une bague, &lt;br /&gt;Et encore le destin dans un cynisme vague&lt;br /&gt;Qui au fond de l’église amusait les aïeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand la mort brûlante&lt;br /&gt;Evapore nos corps&lt;br /&gt;Qu’est-il à dire encore ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques larmes subtiles,&lt;br /&gt;Un peu moins volatiles&lt;br /&gt;Que nos amours pastel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous restons désarmés, conscients et périssables,&lt;br /&gt;Brièvement lucides, et pourtant pétrifiés, &lt;br /&gt;Quand nous devrions voir le hasard improbable&lt;br /&gt;Du destin bienveillant qui nous fait exister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De la vie qui s’érode,&lt;br /&gt;A chacun de nos pas, &lt;br /&gt;Que savons nous déjà ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que quelques soirs d’été&lt;br /&gt;Doivent faire oublier&lt;br /&gt;Des années de douleur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais nous restons aveugles aux crépuscules fauves, &lt;br /&gt;Aux floraisons tardives et aux nuages mauves.&lt;br /&gt;Et nous laissons couler au fond des jours plaintifs&lt;br /&gt;Ces bonheurs étouffés par des chagrins trop vifs.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-7182493378960784373?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/7182493378960784373/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=7182493378960784373' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7182493378960784373'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7182493378960784373'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2011/02/la-vie.html' title='A la vie'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-2812153601747022043</id><published>2011-02-04T17:15:00.000+01:00</published><updated>2011-02-04T17:16:06.849+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>L'autre strip tease</title><content type='html'>L’autre strip tease.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;I&lt;br /&gt;Je suis à côté de lui, étendue dans le lit, comme jamais je ne l’avais été auparavant. Je suis nue, complètement, aussi nue qu’on puisse l’être. Avons-nous fait l’amour? Nous sommes nous déchirés ? De ces deux violences, j’ignore laquelle dénude le plus. Il ne dit pas un mot. Je ne peux lui en vouloir, il ne me connaît pas après tout, et je le sais timide. Le silence me tue, mais quelle réponse pourrais-je apporter à ses paroles,  au moindre de ses mots ? Mourrons donc en silence, pour cette nuit au moins. L’aube sera peut être plus éloquente. &lt;br /&gt;Aux mouvements du matelas, je devine sa position. Il est assis sur le lit, depuis quelques minutes, depuis quelques heures, depuis un temps dilué. Il me tourne le dos, et je fais de même. Il pourrait être curieux, je viens de me dévoiler. Mais je n’existe pas encore à ses yeux. Je me bats dans son esprit contre un fantasme mourant. Je ne sais pas si ce combat connaîtra un vainqueur. Peut être disparaîtrons nous toutes deux de son esprit. Je le sens las de ces batailles. &lt;br /&gt;J’accepte difficilement la nudité, je n’ai jamais aimé mon corps, je ne l’ai jamais habité vraiment. Et je suis là, nue, sous les yeux d’un homme qui a par ailleurs toutes les raisons de me haïr. J’imagine ses pensées, un sentiment sans mots, certainement, qui boue indistinctement en lui. Un flot de colère, de mépris, de pitié mêlés. Rien de ce qu’on espère inspirer en se déshabillant. Je ne peux pas bouger. Dans mes veines, dans mes membres, coule un liquide froid. Je le sens, partant de la plante de mes pieds moites, remontant jusqu’à mon crâne, lourd, me clouant au lit, statufiée. &lt;br /&gt;J’avais passé presque un an comme un funambule. J’attendais la chute, en espérant qu’elle n’arriverait pas. Lorsque la lumière du matin pénétra enfin la chambre, il me sembla que j’avais enfin les pieds au sol. La chute était passée, atroce, mais à présent tout était calme, tout était stable. J’aurais frotté mon corps nu contre le sol, juste pour sentir la terre. Je n’avais plus rien à perdre, tout à construire. Une question cependant. Qu’allais-je faire de cette valise sombre, débordant de souvenirs blessés, prêts à sauter à mon visage… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II&lt;br /&gt;J’ai toujours aimé observer la vie. Il y a autant de mondes que d’individus. J’aime les explorer. Pour voir le monde de celui-ci, je me mets dans sa peau, je prends ses traits, j’absorbe son histoire, et je vois lentement sous mes yeux se métamorphoser la vie. Ce jour là donc, comme souvent,  j’étais assise au bar. Et ce jour là, comme parfois, j’avais choisi ce personnage un peu fatal de femme-enfant. Habilement, je laissais transparaître sous mes habits vénéneux ce qu’il faut d’innocence, de fragilité et de pureté. Je voulais comprendre la solitude des belles femmes. De celles qu’on ne voit pas. Et je commençais à la connaître. Depuis deux mois je campais régulièrement ce personnage. Pas un homme n’avait transpercé drap si fin de mon lamé, pas un homme n’avait regardé plus profond que ma peau. J’étais sur le point de ranger le costume.&lt;br /&gt;Et puis il est passé, devant la vitrine du café, pressé mais perdu. Il était très beau, je crois que je l’ai fixé un peu. Je ne sais pas si c’est pour ça, mais il a fait demi-tour, il est entré dans le café, et feignant quelques achats quotidiens, il s’est installé près de moi avec un expresso. Il fixait mon regard, s’en détournait brusquement, gêné, et revenait vers moi. Il balbutia un langage automatique, comme s’il se lançait un défi à lui-même. Il n’avait rien à perdre. Il m’émut beaucoup. J’usais des armes habituelles de mon personnage, je croisais mes jambes, cambrais subtilement mon dos. Mais rien ne semblait pouvoir le détourner de mon regard, et de notre conversation. Du fond de mon costume, j’entrai alors moi-même dans ce jeu. J’en oubliai pour un temps l’illusion où je m’étais enfermée, j’ignorai que je n’étais pas visible, cachée dans mon belvédère. &lt;br /&gt;Rien ne fut plus simple, plus enivrant. De temps en temps, un coup d’œil dans le miroir du café me rappelait ma supercherie. J’inventais un excuse pour partir, mais il me retenait. Je ne luttais pas avec beaucoup d’acharnement, certes. Mais quelque part, j’aurai essayé de l’épargner. Je lui aurai donné sa chance. Lui aussi a voulu jouer. Il me sembla d’abord avoir gagné. Ma supercherie triomphait, enfin j’étais aimée, de ces amours de romans photo où tout est scellé en trois bulles et deux clichés. L’ivresse de cette joie trop attendue anéantit tout à fait ma raison, et je me plongeai corps et âme dans cette idylle fantasmée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;III&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui avait commencé comme un doux rêve se changea subtilement, jour après jour, en un cauchemar amer. Pendant un temps je parvins à profiter pleinement de nos échanges. C’était le début, et au début de chaque relation, l’autre est caché derrière l’idée qu’on a de lui. Il y avait donc deux écrans entre nous. Son fantasme, et mon costume. Miraculeusement, le plaisir, et même l’amour je pense, parvenaient à traverser. L’illusion de la sincérité était troublante. Elle est normalement la raison du bonheur, elle en était ici la cause. Nos sentiments aveuglants nous empêchaient totalement d’envisager la présence d’un mensonge quelconque entre nous. Nous nous persuadions mutuellement du miracle de notre rencontre, et de la pureté de notre inclination mutuelle. J’en étais moi-même persuadée parfois. Lorsque j’enlevais mon costume le soir, il me semblait que je m’arrachais la peau. Je m’aimais de moins en moins, je veux dire mon vrai visage. Et je m’enfermais chaque jour un peu plus dans cette étouffante supercherie.&lt;br /&gt;Au fil des mois, je commençai cependant à sentir des ruades sous mes caresses. Je sentais que je relâchais ma vigilance, trop à l’aise dans mon personnage peut être. Des incohérences apparurent dans mes discours. D’abord inaperçues, elles déclenchèrent bientôt chez lui des questions de plus en plus insistantes. Je les éludais, par une pirouette, un mot d’amour, un baiser. Mais mon cœur s’emballait à chacun de ses doutes. Je le savais intelligent, et chacune de ces interrogations écorchaient mon costume. &lt;br /&gt;L’opium de mes charmes devenait moins sédatif. Je le soupçonnais de voir quelqu’un d’autre. Je ne pouvais lui en tenir rigueur. J’espérais quelque part qu’une autre prétendante tuerait mon personnage, et qu’il m’oublierait poliment, s’enivrant doucement à d’autres amours. &lt;br /&gt;Il était très seul. Très solitaire, mais pas assez pour se satisfaire de sa solitude. Il était un rêveur, le réveil eut tôt fait de l’achever. Pourtant il voulait absolument croire au miracle, et le miracle pour lui, c’était la réalité. C’est la seule chose qu’il n’avait jamais eue. Je mourais de ne pouvoir lui donner. &lt;br /&gt;Obstinément, commença sa quête, ou plutôt son enquête. Je le sentais fiévreux, tourmenté, frustré. Pourtant chaque soir, seul dans son lit, il se tournait vers moi encore, et il comptait sur moi pour tuer le silence. J’étouffais sous les exigences incommensurables de mon personnage, sous le pourpre lourd de cet amour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IV&lt;br /&gt;Un soir que nous devions nous voir, je fus prise d’une sorte de panique. Ce long rituel de préparation, d’incarnation, m’épuisait. Il me fallait changer mon intonation, repasser dans ma mémoire nos précédentes discussions, pour n’omettre aucun détail de la fiction que j’écrivais. Il était devenu si pointilleux, chaque incohérence faisait naître une remarque ou une dispute. Chacune de mes failles engendrait en lui une désillusion désolante. J’entrevoyais ma chute, je la sentais imminente. &lt;br /&gt;Je la retardais, j’avais peut de le laisser tomber. Il me tenait au bord de la falaise. Ses bras retenaient ma chute, mais c’est son corps qui me poussait vers le rebord. Il me baladait au dessus du vide comme je l’avais baladé auparavant. Et pendant tout ce temps, maîtresse de ce mensonge, quelle ignoble infidélité m’étais-je infligé… Je me trompais moi-même, plus que je l’avais trompé, je m’oubliais, me négligeais, me méprisais, me préférant ce double qu’il aimait. &lt;br /&gt;Ce soir là, dans mon miroir, alors que je commençais mon maquillage, mon reflet porta sur moi un regard effrayant. Le grief et la pitié s’y mêlaient. Je me sentis laide et misérable. Il me sembla soudain que je m’effondrerais si j’enlevais ce costume. Que restait-il de moi sous le personnage ? Une ruine sans doute. Un abandon. &lt;br /&gt;Je restai lasse devant le miroir, le pinceau entre les doigts, fixant mon reflet. La chambre, autour du miroir, semblait flotter, trouble et vibrante. Il me semblait que je m’éveillais d’un très long sommeil, et que ma vie n’était que les restes confus d’un rêve trop réaliste. &lt;br /&gt;L’heure tournait, il devait me rejoindre. Je savais qu’il serait parfaitement à l’heure. A la minute convenue, j’entendrai le moteur de sa voiture s’arrêter devant la maison, la porte claquer, et son pas pressé battre le pavé humide du trottoir. L’urgence ne m’affolait pas. Mon anesthésie résistait aux minutes alarmantes. Je vais me préparer, j’ai encore le temps. Ne jouant aucun jeu, ne faisant aucun effort, il me semblait que je dormais, enfin. Ma respiration était lente. L’aiguille tournait. Je regardais, insensible, le couteau s’enfoncer dans les chairs parfaites de mon personnage. &lt;br /&gt;Je pensai alors à lui, à sa colère, à son mépris s’il apprenait la vérité. Je me délectais pourtant en silence de la mort du mensonge. 5 minutes encore. Que faire ? Faible, je décidai de me ressaisir, de ramasser le costume agonisant au sol et de reprendre mes pinceaux, une fois de plus. En 5 minutes, je pouvais le faire. 5 minutes encore, je ne suis pas prête. Il n’a jamais été en retard, il n’a jamais non plus été en avance. Il viendra à 20h. 19h56, il sonne, je suis presque nue, pas maquillée, ma perruque dort entre deux oreillers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;V&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’avais pas entendu la voiture. Etait-il venu à pieds ? Je n’avais pas fermé les volets. Qu’avait-il pu voir par la fenêtre ? Il avait au moins remarqué a présence, vu la lumière au carreau. Peut être plus. Impossible donc de feindre l’absence, de l’échapper dans le silence. &lt;br /&gt;Je m’approchai de la porte, et jetai un regard par l’œil de bœuf. Je le vis haletant dans la pénombre du couloir, ses doigts se nouaient et se dénouaient tremblants, mus pas une sorte de spasme douloureux. Son regard était fuyant, affolé. Il savait. Il m’avait vue. C’était fini, il n’y avait plus rien à tenter. Impossible de faire marche arrière. Je me vidai d’une sorte de tension malsaine. Je soufflai longuement, et presque malgré moi ma main saisit la  poignée et ouvrit la porte. &lt;br /&gt;Je m’attendais à fondre sur moi toute la haine du monde. Je ne vis qu’un point d’interrogation. Tout son corps semblait me demander pourquoi. Il était là, tel un enfant perdu, n’ayant nulle part ailleurs où se réfugier. Il entra machinalement, je me sentis transparente, il me traversa. Je sentais dans sa gorge un chagrin noué. Il venait de perdre un être cher, il était seul au monde, il voulait en parler au premier inconnu. Je fus cette inconnue, mais il ne parla pas. Il s’assit sur le lit. Quand les enfers se turent en lui, je crois qu’il se plaignit, assez violemment, de toutes sortes de crimes dont il fut  victime. Il ne m’accusa pas vraiment, ne me connaissant pas. &lt;br /&gt;Je n’avais rien d’autre à montrer que ma personne. Je voulais expliquer quelque chose, mais tout semblait si trivial et si évident. Il savait déjà tout et toute explication l’eut fait passer pour un idiot. La fraîcheur de la nuit eut raison de ses fièvres, et il s’assit sur le lit, immobile. Il ne me regardait pas. Je sais ce qu’il faisait. Il projetait sur mon corps l’image de celle que j’ai prétendu être. &lt;br /&gt;Au fil des heures l’image se diluait, fantomatique, et s’évaporait lentement. Alors que je commençais à exister à ses yeux, je me sentis prises d’une pudeur folle. Je me recroquevillai de l’autre côté du lit, silencieuse. &lt;br /&gt;Je respirais avec prudence une réalité trop fraîche. Une partie de ma peau était partie avec mon costume, je me sentais comme écorchée. La légèreté du mensonge sortait par la fenêtre entrouverte. Dans la réalité, chaque geste devint pesant, presque insupportable, mais tellement plus significatif. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;VI&lt;br /&gt;Je cherchais en moi ce qu’il avait aimé, j’en cherchais les vestiges. Il aurait pu m’achever. Sa lame ne transperça que mon costume. Pourquoi m’a-t-il épargnée ? Si je m’écoutais, j’espèrerais son pardon. Peut être les bandages n’ont-ils pas tout arraché de ce qu’il avait aimé… Mais je ne suis pas assez stupide pour m’accrocher à mes délires. Je le laisserai partir s’il le souhaite. S’il y a quelqu’un que je dois encore séduire ici, ce n’est pas lui. C’est moi. Dans ma tête résonnent, sur de lancinants accords de piano, des mots qui longtemps m’ont hantée :&lt;br /&gt;« Je voudrais arriver, je reste, je me déteste. »&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-2812153601747022043?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/2812153601747022043/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=2812153601747022043' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2812153601747022043'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2812153601747022043'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2011/02/lautre-strip-tease.html' title='L&apos;autre strip tease'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-2127814313045325637</id><published>2011-01-21T16:57:00.002+01:00</published><updated>2011-01-21T18:40:48.278+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Strip tease</title><content type='html'>I&lt;br /&gt;Elle est à côté de moi, étendue dans mon lit, comme elle le fut si souvent auparavant. Inanimée, lasse et un peu honteuse, dans le silence gêné que la nudité fait parfois naître chez les étrangers. J’éteins la lumière, et mes yeux s’écarquillent, fixant le noir du plafond blanc. Y défilent les images de mes fantasmes, ou celles de mes souvenirs, qui se mêlent avec malice. Je les combats, les abats, une à une, à coup de paupière. &lt;br /&gt;Deux personnes nues, assommées par la pudeur, qui se retrouvent là un peu par hasard, avec la curiosité purement anatomique que certains enfants peuvent avoir face à un corps étranger. J’aimerais me blottir contre le fantôme qui partageait mes nuits, et qui lui ressemblaient tant. La nuit l’a effacé, comme les vapeurs d’alcool emportent avec elles la folie des nuits d’ivresse, et laissent au sol le parfum âpre de la réalité. Et ce cortège de questions concrètes qui attend à la porte du jour… &lt;br /&gt;La nuit a passé sur nos vies, très lente, très calme, comme une convalescence. Comme un deuil solitaire et apaisant. Il reste près de moi cette erreur nue. Et je baigne dans un mélange d’angoisse, de colère, de détresse… De compassion aussi, et de cette irrépressible envie de pardon, que j’essaie de faire taire. Je veux donner une chance à ma dignité. &lt;br /&gt;Le matin caresse les rideaux blancs, et la lumière filtrée s’enroule doucement sur son corps. Elle dort encore. Elle joue très bien l’endormie. Elle semble si fragile, désarmée. Je la plains d’avoir perdu ce jeu qu’elle a déclenché. Elle s’enferme, très petite, dans ce sommeil feint, où l’embarras semble l’épargner un peu. Que la nuit fut longue. La lumière du jour revient comme un souvenir très lointain, d’un temps où la réalité était encore accessible. &lt;br /&gt;Comme ces rêves très complexes, je sens déjà notre histoire qui s’évade de ma mémoire. Très vite j’attrape le fil qui court entre mes doigts, et je remonte le chemin tortueux de mes souvenirs. Je veux comprendre ce que j’ai traversé, entre ces deux états de la réalité, entre ces deux états de moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II&lt;br /&gt;Je l’avais aperçue, assise à un bar. Je ne faisais que passer, mais n’étais pas pressé. Je marchais avec empressement mais sans but. De ces errances délicieuses qui sont le luxe des oisifs. Son image se mêlait aux reflet des passants dans la vitre du café. Elle semblait être la seule beauté durable dans ce décor éphémère, et elle semblait attendre, pur fruit de mon imagination, protégée du regard des autres hommes. Je n’avais pas l’habitude d’aborder les inconnues. L’ivresse de son apparition ayant eu raison de mes inhibitions, je pris momentanément conscience du fait que je n’avais rien à perdre. Tout s’était ensuite passé très vite, et étonnamment bien. Je ne pouvais que tomber au piège de son innocence. Elle était de ces femmes fatales les plus dangereuses, je ne l’appris qu’après. Pas de ces lourdes pivoines, fardées de pourpres épais, et suffocant dans un nuage de parfum sirupeux. Elle était de ces fraîcheurs vivantes qui rendent plus faciles chaque geste de la vie. La parole, la respiration, le mouvement… tout menait au plaisir par la simplicité et l’évidence.   &lt;br /&gt;L’ivresse, les beaux discours, les fantasmes projetés, partagés au moins jusqu’à un certain point je pense, eurent tôt fait de m’arracher presque totalement à la réalité. Ma raison, quelques pieds sous mon corps en lévitation, avait la voix fatiguée, et c’est en vain qu’elle scandait d’alarmantes tirades. Je ne regrette rien de ces moments d’ivresse. Leur souvenir seul vaut la peine de les avoir vécus. Et peine il y eut. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;III&lt;br /&gt;A quel moment durant un songe prend-on conscience que l’on rêve ? Parfois on se réveille en sursaut, et du rêve il ne reste qu’une carcasse, qu’on abandonne sur le bas côté et qu’on aura vite oubliée. Parfois on note simplement quelques invraisemblances dans un scénario. On accepte alors la virtualité des opiums, et on laisse l’histoire se dérouler, curieux et défaitiste en même temps, une part de nous rigolant doucement de la naïveté de l’autre partie. Les histoires les plus parfaites, paradoxalement, sont le terreau le plus fertile au doute. Chaque imperfection y jure vulgairement. Que les amours blanches sont salissantes… &lt;br /&gt;Les jours passant, il me semblait qu’elle cherchait à m’enfermer dans mon rêve. Elle entretenait les fantasmes, les mystères, elle soufflait en permanence autour de moi un nuage délicieux et étourdissant. Mes questions étaient noyées dans son flot de tendresses excessives. Je voulais un lien entre ce fantasme délirant et mon quotidien. C’était pour moi la dernière étape vers le bonheur total. J’ai toujours trouvé ce qui existe plus merveilleux que ce qui est rêvé. Inlassablement, avec mille précautions qui forçaient le pardon, elle me refusait cette ultime faveur. C’était une torture infâme. A chacun de ses refus succédait une promesse, et je rongeais mon frein. Le bonbon promis, lorsque j’en sentais presque le sucre sur mes lèvres, m’était perpétuellement refusé. Ces frustrations, comme autant de coups de fouet, mutilèrent mon amour et le firent vieillir prématurément. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;IV&lt;br /&gt;J’étais en avance au rendez vous. J’étais joueur, un peu curieux, un peu voyeur, de ce voyeurisme enfantin toujours. Je voulais lui faire plaisir, entrer dans son jeu, dans son fantasme. Je savais qu’elle se préparait, je devais arriver quelques minutes plus tard. Elle était toujours d’une absolue ponctualité. Jamais je ne l’ai surprise, quelle que soit l’heure de nos rendez vous, elle était là, invariablement disponible. J’avais parfois le sentiment qu’elle passait sa vie à m’attendre, qu’elle n’existait que pour moi. &lt;br /&gt;Alors ce soir là je suis passé devant chez elle, quelque alcool fort dans mon sac, et de quoi satisfaire un certain nombre de nos sens. Par la fenêtre, à travers le rideau, comme au premier jour, j’aperçus sa silhouette. Ses courbes s’affairaient, dans une forme d’agitation que je ne leurs connaissais pas. Il me semblait tenir là le chaînon manquant de mon bonheur. Ce lien avec la réalité. L’humanité de mon insondable. Fasciné, je m’approchai, dissimulé par la nuit. &lt;br /&gt;Je découvris bien plus qu’une humanité. Je découvris Machiavel, je découvris Dalilah. Je découvris une actrice dans sa loge, derrière un décor de carton pâte, se préparant pour la représentation qu’elle me donnait chaque soir. Quelqu’un avait posé sur le corps que je pensais connaître si bien un visage étranger. Elle me tournait le dos, assise à sa coiffeuse. Etait-ce son miroir qui me mentait ? J’imaginais les combinaisons de reflets qui pouvaient expliquer l’invraisemblance de ma vision. Rien ne vint. Ce visage était le sien. Elle manipulait avec froideur et dextérité mille fards et pinceaux. Elle traçait à présent sur le visage étranger une ligne qui me parut enfin familière. Elle me rappelait vaguement son sourire. Cherchant d’autres indices, mes yeux parcourirent la pièce. Au pied du lit, un costume, un masque. Son personnage étendu et sans vie. Dans un album photo un répertoire d’expressions qu’elle interprétait en ma présence. Elle les répétait à présent face à son miroir. La voici qui parle. Peu à peu sa voix prend des intonations familières. Elle tient avec son personnage un dialogue improbable, se questionnant elle-même pour tester sa connaissance de son rôle.&lt;br /&gt;Je n’étais qu’un dupe de plus, un naïf, un excité ordinaire. Un insecte de plus s’agitant dans sa toile. Je restais hypnotisé devant la scène. Il me semblait que je contemplais un tableau, de ces toiles de maître qui vous envoûtent. Autour de l’image s’écroulait lentement un décor de carton. Le reste du monde se décomposa autour d’elle. J’étais debout et pétrifié, dans ce temple dont les colonnes, une à une, s’écroulaient lentement, en silence, entourant ce beau tableau d’une fumée brunâtre. Perdu, je retrouvai l’usage de mes jambes, courus vers la porte du temple, ou plutôt vers sa porte, que je frappai avec violence, les yeux humides et écarquillés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;V&lt;br /&gt;Lorsqu’elle ouvrit la porte, il me sembla que j’étais un bourreau, et qu’elle attendait son exécution. Grave, mais extrêmement calme, elle me faisait penser à une condamnée dont la peine avait été retardée, consciente de sa faute, et de l’indulgence dont elle avait profité. &lt;br /&gt;Face à mon flot de griefs et d’accusations, elle fut un roc fier. Elle ne bougea pas, mais s’éroda plutôt, diminuant lentement. Les heures passèrent, et la tempête se calma.&lt;br /&gt;Je ne la regardais plus, assis sur le lit, lui tournant le dos, elle n’avait plus d’existence. L’érosion était achevée, le démaquillage était complet. Je l’imaginais assise aussi, de l’autre côté du lit. Sur mon visage, peut être quelques larmes froides et translucides, de celles qui purgent vos narines et rendent la respiration plus facile. Dans son dos, sur son corps, une cire qui fond peu à peu et qui s’écoule. Cette pellicule superficielle et qui fond de honte sous la flamme, suintait le long de ses courbes révélées, teintée parfois du noir et des paillettes de sa parure à l’agonie. &lt;br /&gt;La fin des stratagèmes et des supercheries. Flottant dans l’air lourd de la chambre, les stratagèmes évaporés donnaient à l’instant la lourdeur marécageuse de l’éternité. Sa douceur aussi. Quand le mensonge prend forme, quand il se matérialise enfin, qu’on peut le traquer et l’inciser, comme une tumeur. Quand le voile glisse sur les chairs, et que se dessine enfin le privilège de la vérité, quand les fantasmes cèdent face au réel, quand les choses prennent leur nom, quand les gens se regardent et qu’ils se disent bonjour. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;VI&lt;br /&gt;J’eus pour ce strip tease la fascination la plus malsaine et la plus délicieuse. Jamais rien ne me sembla plus interdit, plus superficiel et plus nécessaire. Jamais le vice n’avait rendu la vérité plus délicieuse. Je sens encore glisser contre son corps chacun de ses artifices, comme autant de victoires qu’elle m’offrait. Je l’avais traquée, elle se rendait. &lt;br /&gt;Dans son silence complet, je crus entendre ce message personnel :&lt;br /&gt;« j’arrive, attendez moi, nous allons nous connaître ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-2127814313045325637?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/2127814313045325637/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=2127814313045325637' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2127814313045325637'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2127814313045325637'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2011/01/strip-tease.html' title='Strip tease'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-2657098043180743581</id><published>2010-12-28T15:50:00.000+01:00</published><updated>2010-12-28T15:51:11.131+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>En attendant...</title><content type='html'>En attendant il joue à des jeux qu’il invente, &lt;br /&gt;Il joue des rôles, il joue des scènes, il parle seul, &lt;br /&gt;Pour son miroir il joue le drame de ses écueils, &lt;br /&gt;Il tue des heures dans le couloir de son attente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant il fixe la fenêtre ou l’écran,&lt;br /&gt;A travers le nuage de son souffle mourant.&lt;br /&gt;Il ne voit que l’hiver inlassablement blanc&lt;br /&gt;Où rien ne vient, où rien ne vit, où tout est lent,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant il dort, ou il feint le silence,&lt;br /&gt;Figeant son apparence dans un corps étendu,&lt;br /&gt;Quand au cœur de sa chair dansent des lames nues :&lt;br /&gt;Les aiguilles d’un cadran gravé d’heures immenses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant il peint, des sourires sur des masques&lt;br /&gt;Qu’il exhibe le soir, ou quand on le visite, &lt;br /&gt;Alors le masque danse sur ses traits de granit,&lt;br /&gt;Mais l’impatient exècre la vanité des frasques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant il trace de sa main glacée&lt;br /&gt;Sur un papier froissé des lettres qu’il déchire. &lt;br /&gt;A ses longs monologues répondent ses soupirs,&lt;br /&gt;Et les heures détruisent les mots qu’il a couchés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant il meurt, lentement et sans bruit&lt;br /&gt;Dans le silence épais d’un manque omniprésent,&lt;br /&gt;Qui étouffe les voix des amis inconscients&lt;br /&gt;Lui rabâchant en vain des sentiments appris. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant l’aurore, parée de flammes roses, &lt;br /&gt;Il écrit sur les murs le prénom de l’absent, &lt;br /&gt;Il s’entoure de lui et se noie dans sa prose, &lt;br /&gt;Et suffoque d’amour sous des pleurs naissants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant il rêve d’avant ou de demain&lt;br /&gt;D’un autre jour mais quand ? Il ne sait plus très bien. &lt;br /&gt;De ces lèvres sauvages qui l’embrassaient hier, &lt;br /&gt;Que le temps déserté a changées en chimères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis la porte s’ouvre, et puis la voix résonne. &lt;br /&gt;La lumière, les parfums, reviennent en cortège, &lt;br /&gt;Et dans la chambre nue reprennent les arpèges,&lt;br /&gt;La chanson familière mais jamais monotone.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-2657098043180743581?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/2657098043180743581/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=2657098043180743581' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2657098043180743581'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2657098043180743581'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/12/en-attendant.html' title='En attendant...'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-368697199108778736</id><published>2010-11-30T16:24:00.001+01:00</published><updated>2010-11-30T16:24:22.534+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Papiers absorbants</title><content type='html'>Il est sur mon bureau des monceaux de papier&lt;br /&gt;Un encrier à sec, des plumes émoussées,&lt;br /&gt;Un candélabre mort et maculé de suie,&lt;br /&gt;Et des bouteilles vides éventrées par la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je erre dans ce décor naïf et affligeant,&lt;br /&gt;Maudissant la blancheur des feuilles empilées,&lt;br /&gt;Et la virginité de ma main timorée,&lt;br /&gt;Qui tremble en caressant l’idée d’un sentiment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et cette nuit pourtant j’ai rêvé de débauche, &lt;br /&gt;D’excès et d’opulence, de lettres passionnées.&lt;br /&gt;Mais cette nuit encore mon poignet fut gauche&lt;br /&gt;Et rien ne vint souiller ces innocents papiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est dans mon esprit tant de mots et d’idées&lt;br /&gt;Des sentiments aussi, et qui meurent étouffés.&lt;br /&gt;Comme tout y sonne bien ! J’aimerais te les dire…&lt;br /&gt;Mais je reste muet et je tremble d’écrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le délire niais de mes sommeils troublés,&lt;br /&gt;Je prends pourtant la plume et je noircis des pages,&lt;br /&gt;De sonnets merveilleux où ton nom vient rimer, &lt;br /&gt;Et d’épîtres brillants où je loue ton visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais au matin les lignes se sont effacées,&lt;br /&gt;Et la raison censure mes pauvres arabesques.&lt;br /&gt;Je vois le ridicule de mes idées grotesques, &lt;br /&gt;Et j’accouche à nouveau d’un chef d’œuvre mort-né.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme que je ne suis plus, dès que j’ouvre les yeux,&lt;br /&gt;Me juge, me condamne à un destin honteux.&lt;br /&gt;Ton regard devrait lire ces mots que j’ai rêvés,&lt;br /&gt;Mais mes doigts maladroits ne savent les tracer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque sur le papier, fiévreux, je m’aventure, &lt;br /&gt;S’accumulent bientôt lourdeurs et ratures.&lt;br /&gt;D’un sentiment gracieux je bâcle le portrait,&lt;br /&gt;Et mes banalités en corrompent les traits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors pour vous mon ange je me compromets, &lt;br /&gt;Je range au fond de moi mon honneur désuet, &lt;br /&gt;Et je publie ces vers dépourvus de hauteur,&lt;br /&gt;Car le silence me tue, bien plus que mes erreurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces amours légendaires, au matin avortées,&lt;br /&gt;Mes yeux, mes mains, mon corps, sauront te les conter,&lt;br /&gt;Et l’amant éloquent que je m’efforce d’être&lt;br /&gt;Te fera oublier l’absence de mes lettres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faudrait un génie pour honorer ma tâche,&lt;br /&gt;Et pour te mériter, mais mon talent est lâche.&lt;br /&gt;Je n’ai pas de génie pour te parler de nous, &lt;br /&gt;Je ne suis qu’amoureux, mais un amoureux fou.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-368697199108778736?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/368697199108778736/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=368697199108778736' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/368697199108778736'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/368697199108778736'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/11/papiers-absorbants.html' title='Papiers absorbants'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-8140358248801069766</id><published>2010-11-04T17:07:00.000+01:00</published><updated>2010-11-04T17:08:35.302+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Tous en scène'/><title type='text'>C’est à cette heure là que tu rentres ?</title><content type='html'>&lt;em&gt;Pour le petit Gregory, dont le papa est rentré un peu tard l’autre soir.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;23h30. Dans une maison vide, dans un fauteuil profond, un jeune homme suit des yeux les aiguilles de l’horloge. Il porte les chaussons de son père, et tient entre ses doigts un cigare éteint. Sur le guéridon, la carafe où dort un vieux whisky diffuse des reflets ambrés. A ses pieds son chien, endormi sous la table.&lt;br /&gt; Pour passer le temps il s’amuse à inverser la scène. Le chien fumant le cigare, charentaises aux pattes, et lui en boule sous la table, rongeant un os. Il essaiera peut être, plus tard, lorsque la carafe sera vide. En attendant il tortille nerveusement le cigare, respirant son odeur, la rejetant dans un soupir nerveux. Il grille parfois une allumette, l’approche du cigare et change d’avis, et regarde la flamme s’éteindre en lui brûlant les doigts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;23h45. La porte s’ouvre timidement. A ce faible bruit, les yeux du fils s’écarquillent. Il ne bouge pas du fauteuil pour autant. Le père entre discrètement, s’efforçant de ne pas se faire remarquer. Il passe derrière son fils, qui lui tourne le dos dans son fauteuil, espérant que celui-ci s’est assoupi. Il fixe le fauteuil du regard en traversant le salon, longeant le mur du fond. Quelques mètres encore le séparent de la porte de sa chambre. Alors qu’il tend le bras vers la poignée, une voix sévère retentit derrière le fauteuil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Papa ! &lt;br /&gt;- Heu… Oui ? &lt;br /&gt;- C’est à cette heure là que tu rentres ? Et tu pensais en plus que je ne m’en rendrais pas compte ? &lt;br /&gt;- Je fais ça souvent et la plus part du temps tu t’en rends pas compte…&lt;br /&gt;- Que tu crois Papa, que tu crois !&lt;br /&gt;- Qu’est-ce que ça change de toute façon ? Que tu dormes ou pas je serais rentré à la même heure.&lt;br /&gt;- C’est la valeur que tu donnes à mes nuits d’inquiétude ? C’est ma récompense? L’indifférence, l’ingratitude? Tu sais Papa, à vingt ans les nuits blanches ne sont pas plus agréables qu’à cinquante. &lt;br /&gt;- Tu es quand même plus entraîné que moi… t’es pas le dernier à faire la fête !&lt;br /&gt;- J’ai l’air de faire la bringue là ? Tu confonds les nuits blanches et les insomnies… à ton âge tu devrais faire la différence !&lt;br /&gt;- Ben alors désolé. Je vais aller me coucher je suis super crevé. Ces derniers jours étaient un peu déments.&lt;br /&gt;- Pas si vite mon cher ami. Prenez donc le temps de vous asseoir, je me ferai un plaisir de vous offrir un dernier verre. Une telle escapade mérite bien un petit after non ? &lt;br /&gt;- J’ai vraiment pas très envie maintenant… J’ai encore la tête qui tourne.&lt;br /&gt;- Je ne t’obligerai pas à boire Papa. Mais toi et moi il faut qu’on parle un peu.&lt;br /&gt;- Laisse moi aller dormir maintenant…&lt;br /&gt;- Tu ne penses qu’à ton confort ! Sous prétexte que tu as passé 50 ans tu te crois tout permis, tu penses que tu as le droit de partir comme ça sans prévenir ?&lt;br /&gt;- Je suis plus un gamin non plus…&lt;br /&gt;- T’es encore sous notre toit papa, et tu as des devoirs. Et je te rappelle que c’est encore moi qui paye ta retraite, et que ça va être comme ça pour les 40 prochaines années au moins. Alors à ta place je ne ferais pas de zèle. Et sans tes excès dans les années 70 on en serait peut être pas là financièrement. Alors la moindre des reconnaissances ce serait peut être d’être présent, pour nous. Un peu plus longtemps. &lt;br /&gt;- Mais le père du voisin, il est parti depuis longtemps, et il est plus jeune que moi!&lt;br /&gt;- Oui le père du voisin ! Tu parles d’un exemple. Si tu prends exemple sur des types comme lui tu vas pas aller loin !&lt;br /&gt;- C’est pas juste lui, dans le club de vélo il y en a plein qui passent leur temps en dehors de chez eux, et rien que cette année il y en a 2 qui sont partis encore. Et leur femme et leurs enfants ils les laissent tranquilles. &lt;br /&gt;- Une bande d’alcolos qui picolent encore plus que moi, tu parles d’un modèle ! C’est ça qui te fait rêver ? Faut changer de références Papa. Je vais te présenter des gens fréquentables moi. Et qui savent apprécier la vie.&lt;br /&gt;- Même mon père à mon âge il était déjà parti d’abord. &lt;br /&gt;- Ah oui ? C’était il y a 30 ans. Je crois bien que les temps ont changé depuis. &lt;br /&gt;- Les temps changent toujours dans le sens qui t’arrange…&lt;br /&gt;- Et ta mère ? &lt;br /&gt;- Le langage de djeuns j’y crois pas…&lt;br /&gt;- Ne réponds pas comme ça à ton fils ! Et ta mère, et toi-même, ça vous rendait heureux peut être quand il partait comme ça, si longtemps ? Et vous n’aviez pas de nouvelles… Et il a fini par se casser, et il est pas revenu… Tu ne te souviens pas des soirées de veillée à attendre des nouvelles ? C’est ça que tu souhaites pour ton fils maintenant? &lt;br /&gt;- C’est comme ça, c’est du passé, on y changera rien. Ca sert à quoi de resservir des vieilles histoires comme ça ? C’est pathétique.&lt;br /&gt;- Mais l’histoire se répète, sans cesse. La vie des hommes a toujours la même gueule. Le même début, la même fin… Mais pourquoi refaire les mêmes conneries ? &lt;br /&gt;- C’est pas des conn…&lt;br /&gt;- Et je vais dire quoi au fils du voisin moi ? Ca fait 15 ans que je lui balance que mon papa est un super héros, que le sien vaut rien à côté… Il va me faire passer pour un gros mytho dans le quartier si tu continues à te casser comme ça, et si tu disparais du jour au lendemain.&lt;br /&gt;- Ben oui ça c’est un vrai problème fiston… mais fallait pas y raconter des salades au morveux d’en face non plus.&lt;br /&gt;- Le pire c’est que j’ai presque pas eu à lui en raconter pour lui faire croire que tu étais un super héros…&lt;br /&gt;- Ben oui mais son père est un vaurien… forcément c’était plus facile&lt;br /&gt;- Son père était un vaurien, mais si tu continues comme ça tu vas pas tarder à lui faire de la compétition !&lt;br /&gt;- Oui ben ça va quand même là ! C’est la vie aussi ! C’est pas parcequ’on s’absente un peu qu’on est un looser. Ca arrive à tout le monde. &lt;br /&gt;- Personne n’est à l’abri d’une connerie. T’as le droit de planter, et j’ai le droit de t’engueuler aussi. Bon et c’est quoi ces papiers là, encore une convocation ?&lt;br /&gt;- Non fiston, c’est mes résultats&lt;br /&gt;- Tes résultats ? Fais voir. J’ai presque peur de regarder maintenant… Si c’était brillant tu serais pas resté si longtemps là bas.&lt;br /&gt;- Ben regarde, tu verras. De toute façon que tu regardes ou pas les résultats seront les mêmes.&lt;br /&gt;- Ah ouais ? Peut être que si je regarde l’enveloppe encore 20 minutes en grognant, les résultats vont s’améliorer non ? Tu faisais ça avec mes bulletins de note… &lt;br /&gt;- Oui… l’efficacité était en général limitée…&lt;br /&gt;- Bon alors j’y vais. De toute façon au point où on en est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le fils ouvre l’enveloppe en soupirant, la main sur le front, avec une intensité dramatique exagérée. Son il rend son expression caricaturale pour masquer son inquiétude réelle, et sa main essuie les gouttes qui coulent sur ses tempes. Ses yeux parcourent frénétiquement les lignes noires. Il pose le papier sur la table basse, soupire, lève les yeux vers son père. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bon, je m’attendais à pire Papa. Il y a du mieux par rapport à la dernière fois non ? &lt;br /&gt;- Ben on m’a dit de poursuivre mes efforts. C’est pas encore top mais bon…&lt;br /&gt;- Oui ça je peux le voir merci, tu seras pas encore au tableau d’honneur… t’es à nouveau convoqué la semaine prochaine ? &lt;br /&gt;- Oui j’y retourne avec le chef du département cette fois ci. &lt;br /&gt;- J’espère qu’il saura te prendre en main celui-ci… il y en a tellement qui ont essayé. T’es un terrible tu sais ! &lt;br /&gt;- Ben il a l’air d’avoir pas mal d’espoir pour mon cas…&lt;br /&gt;- Puissent ses espoirs se concrétiser… je suis plutôt fier de toi en tous cas Papa, tu as fait des efforts. &lt;br /&gt;Il referme l’enveloppe et la rend à son père.&lt;br /&gt;- Je te laisse la ranger avec le reste de ton dossier médical… J’espère que c’est un des derniers que je lis.&lt;br /&gt;- Ben j’espère aussi, mais tu sais bien qu’il y en aura d’autres. Et que je devrai repartir. Et plus longtemps, et plus souvent… &lt;br /&gt;- Oui enfin pour ce genre de conneries le plus tard sera le mieux. Qu’est-ce qui est si formidable là bas pour que tout le monde y finisse? Raconte moi ça m’intéresse ! J’espère au moins que tu prends ton pied pendant que je me fais ce sang d’encre dans mon fauteuil! Dis moi ce qu’on te donne là bas que t’as pas ici !&lt;br /&gt;- Ben pas grand…&lt;br /&gt;- C’est les produits qu’ils te filent ? J’espère que tu prends pas des trucs dangereux… qu’est-ce qu’ils te refilent les gens là bas ? Il y a tellement de saloperies qui circulent dans les hôpitaux… Tu regardes bien ce qu’ils te filent hein ?&lt;br /&gt;- Non fiston te bile pas ils savent ce qu’ils me donnent…&lt;br /&gt;- Ah oui ? Alors tu planes bien là bas ? Tu tripes c’est ça ? C’est pour ça que t’y retournes ?&lt;br /&gt;- Des fois c’est pas mal mais…&lt;br /&gt;- C’est les filles peut être ? Ils t’envoient des infirmières sexy c’est ça ? J’en étais sûr…C’est des infirmières en mini jupes qui te font des piqûres de morphines. Que veux-tu que je fasse contre ça moi…&lt;br /&gt;- Il n’y a pas que ça…&lt;br /&gt;- Remarque dit comme ça c’est plutôt sympa le cancer, je vais peut être m’en trouver un. Tu m’emmènes la prochaine fois ?&lt;br /&gt;- Nan mais n’importe quoi t’as pas du tout, du tout l’âge ! &lt;br /&gt;- Comment ça, il y a un âge pour être branché ? &lt;br /&gt;- Ben je crois oui. Et il y a cinq minutes tu me disais qu’il valait mieux pas refaire les  conneries ancestrales… Alors ça serait peut être mieux que tu restes un peu sage. Si tout le monde pète les plombs en même temps ici, Maman va peut être pas apprécier…&lt;br /&gt;- C’est sûr… d’un autre côté, c’est elle qui a montré l’exemple… C’est elle qui a déconné en premier. &lt;br /&gt;- Alors tu vois j’avais un bon exemple sous les yeux ! &lt;br /&gt;- Nan nan Papa tu vas pas t’en tirer comme ça. Tu sais très bien que quand maman est partie elle t’a dit gentiment de lui foutre la paix pour un très long moment, et de la rejoindre aussi tard que possible. Oui tu la suivais partout, mais là bas tu peux la laisser tranquille, elle a tout ce qu’elle veut sur place.&lt;br /&gt;- Ben oui mais elle me manque…&lt;br /&gt;- T’inquiète, elle va rester là bas super longtemps, même si t’attends 20 ans pour la rejoindre t’auras un beau bout d’éternité à partager avec elle. Relativise un peu quoi. T’es pas le centre du monde. Merde, pourquoi faut que vous soyez si impatients à votre âge ? &lt;br /&gt;- On fait ce qu’on peut fiston, chacun fait ce qu’il peut. Dans la vie faut savoir partir, et faut aussi savoir laisser partir.&lt;br /&gt;- Il faut aussi penser à ceux qui restent…&lt;br /&gt;- Tu crois que ça m’amuse de te laisser là ? Quand t’étais gamin ça me faisait mal au bide de te laisser le matin pour aller bosser. Faut se dire qu’on fait des choix, qu’on fait de son mieux, et que pour le reste, on a pas le choix. Alors quand on a pas le choix on a rien à regretter… On a pas de raison d’être en colère…&lt;br /&gt;- Oh si, il y a plein de raisons ! Enfin non, peut être qu’il n’y a pas de raison, mais j’en ai rien à cirer !  En novembre il fait un temps pourri, et la nuit tombe plus vite. C’est chaque année, c’est irrémédiable, c’est la vie. Et pourtant ça fait chier gravement, et on se plaint, et on se serre les coudes et on se tient chaud jusqu’au printemps… Alors oui, je me plains que ce soit l’automne, et j’ai le droit ! &lt;br /&gt;- C’est con, mais je suis plutôt heureux que ça te foute en rogne… ça veut dire qu’on a au moins passé un bel été ensemble. Ce serait triste si on pouvait laisser le passé derrière soi comme ça, sans qu’il nous manque un peu. &lt;br /&gt;- Facile à dire pour toi t’as encore le sang gorgé de psychotropes… Moi aussi si j’avais des infirmières en mini jupes pour prendre ma température, et des drogues en libre service, j’aurais des pensées positives sur la maladie ! &lt;br /&gt;- Patiente un peu fiston… Les antalgiques puissants sont un des rares privilèges des malades et des vieux ! Laisse leur donc ça encore quelques années. Contente toi du sexe. Je t’assure la morphine c’est pas beaucoup mieux. Tu as tout le reste. T’es beau, fort, intelligent, couillon comme pas deux…&lt;br /&gt;- J’ai un père qui fait les 400 coups à l’hôpital, qui s’en va sans prévenir, et qui rentre de plus en plus tard, et dont les résultats sont encore plus que médiocres…&lt;br /&gt;- Oui mais ce soir il est rentré. Alors pourquoi on passerait ce temps là à se prendre la tête ? &lt;br /&gt;- Tu as raison. On devrait plutôt fêter ça…&lt;br /&gt;- Voilà ! Allez partage un peu mon whisky veux-tu ? &lt;br /&gt;- Haha ! Non Papa, toi tu vas te coucher maintenant ! Tu as besoin de repos, tu es en pleine croissance. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le père soupire et tourne les talons, les épaules basses. Il retourne vers sa chambre en grommelant…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Couillon !&lt;br /&gt;- J’ai parfaitement entendu papa ! ».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-8140358248801069766?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/8140358248801069766/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=8140358248801069766' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8140358248801069766'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8140358248801069766'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/11/cest-cette-heure-la-que-tu-rentres.html' title='C’est à cette heure là que tu rentres ?'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-6453855111374972622</id><published>2010-10-30T17:33:00.000+02:00</published><updated>2010-10-30T17:34:28.089+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Les tendres visages d’un poison violent.</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Accumulation de névroses futiles, stupides et potentiellement dangereuses, mais absolument nécessaires à mon existence.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La gorge engoncée dans une cravate noire, étouffant sous un parfum discret et anonyme, transpirant un mauvais café, je parle avec une efficacité stoïque à une assemblée sans couleurs. Sur mon visage défilent des expressions apprises. Mon esprit assemble machinalement des mots et les envoie, à la chaîne, subtilement modulés par des intonations faussement humaines, vers cet auditoire ruminant. Je m’étonne de la pérennité de cette mécanique, qui jour après jour se met en branle, et ne se  grippe pas. J’appréhende  le dysfonctionnement attendu de cette improbable supercherie. Le masque tiendra-t-il une heure de plus ? Encore cinq minutes, et je pourrai sortir, respirer. Je m’imagine acteur, je m’invente des jeux pour tenir quelques instants de plus. La matinée entière peut être. Et puis parfois, subrepticement, le regard se trouble. Le temps d’aller chercher un document dans ma valise, une expression douloureuse déforme mon visage, je fais mine de ne pas retrouver le document recherché, je gagne vingt secondes sous la table, lâche un soupir, me mords les lèvres, et remonte à la table, impassible et souriant froidement. &lt;br /&gt;Et à la pause, dans les toilettes, je me dévisage, accroché au lavabo. Tremblant sous l’effet du café, j’observe mon visage et je n’ai pas changé. Le masque est transparent, les cernes sont réelles, et ma voix modulée n’avait rien d’humain. Je pense à ma respiration, ma poitrine semble ankylosée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’efforce d’orner le masque de quelques moues de rigueur. Je le quitte rarement ces derniers jours. Pour la crédibilité de la chose, je le décore. Des sourires et des attentions, des mots d’esprit, des politesses à la pelletée. Parfois même je feins la compassion devant quelque plaignant. Cet apaisement de surface finira peut être par imprégner un peu plus profondément mes chairs…&lt;br /&gt;Je parle de la pluie et du beau temps, et juste sous ma peau, je sens des lames qui tranchent lentement. Et sous mon discours désincarné, je me répète mille arguments pour me convaincre de l’absurdité de mes douleurs. Ils m’apaisent, dix minutes, et puis je les oublie et la lame tranche encore. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’avais pas dormi la nuit précédente. En moi tournait un typhon infatigable, glaçant mes veines, me secouant, éclairant ma chambre de lumières crues et froides. Je me suis retourné des heures durant dans mon lit, prisonnier de mon impuissance comme d‘une camisole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes ébullitions capricieuses n’y firent rien, au matin rien n’avait changé. Etrangler mon oreiller n’avait pas apporté d’amélioration particulière, pas plus d’ailleurs que les morsures répétées dans les draps éventrés. Toujours ce typhon dans mon ventre, et ses cris lancinants qui couvrait mes pensées. Des cris, du silence, quelle est la différence ? Le manque, toujours là, le sommeil en moins, et la rage d’avoir recommencé. La honte de m’être à nouveau infligé, stupidement, cette torture volontaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après quelques luttes, sauvé par l’inconscience et l‘abandon, je parviens à m’endormir paisiblement. Et puis dans la nuit j’ouvre un œil, et il est là au chevet du lit. Observant fixement mon sommeil illusoire, un sourire de dédain au coin des lèvres. Et il s’impose, chassant les rêves doux qui fuient à son approche. Silencieux, les yeux dans mes yeux, le poison est là. Il m’enserre le cœur et dans sa main froide le fait battre. D’abord lentement, puis de plus en plus vite, et sans jamais quitter mon regard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je me suis levé, automatiquement, hypnotisé par mon poison. J’ai pris mon typhon par la main et nous sommes allés travailler. La routine pour nous deux. Le poison, le typhon, la cravate noire, le masque poli, et le temps passera, trop lentement, distillé… Et dans chaque minute qui coule, ce poison concentré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois je reste éveillé, chez moi, à mon bureau, au petit matin, scrutant la lune d’un œil anxieux. D’un œil vide et fou sous lequel coulent des cernes profondes et sèches. D’un oeil et qui s ‘exorbite sur un écran qui éclaire mon visage d’une lumière livide.&lt;br /&gt;Je me divertis dans ces rêveries  d’une nuit passionnée avec un téléphone, l’allumant toutes les dix minutes, attendant qu’il crache enfin ces quelques mots que j’attends. Je le torture, grattant de mes ongles son écran lisse et mort, le secouant comme mes fièvres me secouent. Plus d’une fois j’ai failli l’exploser contre un mur… Mais il faut préserver la vie des otages dont on espère des aveux…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’était qu’un exemple, je pourrais en citer cent comme celui-ci. Cent choses dont j’ai besoin, cent choses qui me hantent à me rendre malade, chaque jour. Et chaque jour l’une d’entre elle est si forte qu’elle pénètre chaque cellule de mon organisme. Je la vaincs, au prix de quelques fièvres, et c’est sa sœur qui m’attaque, puis sa fille et puis son ombre. Ainsi passent les jours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis des années, je m’interdis strictement de grimacer sous la pluie. Chaque averse est prétexte à ce défi puérile. Je traverse, sans expression, et je reste insensible à l’eau qui coule sur mon visage. &lt;br /&gt;Que pourraient quelques rictus contre les éléments ? Un visage déformé est-il moins perméable ou moins sensible ? Je vois dans cette discipline l’embryon d’une victoire sur les douleurs que je subis. Je n’ai pas la même sagesse face aux intempéries qui sévissent sous ma peau.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces chemins de croix sont des sentiers cachés, des raccourcis ou des détours, peu importe, que j’empreinte vers le bonheur. Si j’ai tant de peine, est-ce à dire que je monte? Enfant je rêvais des heures durant devant les calvaires de pierre et de dentelle qui fleurissaient dans les landes bretonnes…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien de ruines sous le moindre château? Combien de guerres l’ont terrassé? Combien de fois à nouveau fut-il reconstruit, et avec cette obstination maladive et risible, à ce même endroit si vulnérable, où nécessairement l’ennemi reviendra, où il restera la proie facile des  boulets lourds et froids… &lt;br /&gt;Ainsi je me reconstruis, des même matériaux si fragiles, perpétuellement. Et sur ce même sol meuble et dans lequel s’enfoncent, lentement mais inexorablement, mes fondations. Je sens sous la plante de mes pieds monter la chaleur de l’enfer. Je garde le nez en l’air, m’étirant  comme une guimauve… Toujours les mêmes douleurs, les mêmes questions, les mêmes erreurs, les mêmes errances. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me persuade souvent, peut être pour me consoler, qu’il ne pourrait en être autrement. Sans ces névroses et sans ces addictions, qu’adviendrait-il de moi ? Sans ce typhon rugissant dans mes veines, quelle triste brise ferait tourner mon sang ? Là où flotte en général la fragrance étouffante de mes poisons chéris, saurais-je supporter un air pur et frais, aseptisé ?   &lt;br /&gt;Je diminuerais certainement, très lentement, tel une baudruche percée, sans consistance, sans tension, sans pression. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se dit qu’un jour on s’habituera à ces absences, au vide, au manque, à l’insatisfaction latente. On s’accroche à la conviction que la raison reviendra, qu‘elle croît avec le temps. Que l’adolescence  paresseuse ne fait que s’attarder en peu dans un recoin de nous. Un jour certainement, le corps se contentera de peu et l’âme heureuse se complaira dans ses rêves, autant que dans ses souvenirs, et restera sourde au chant de ces mille sirènes. &lt;br /&gt;Mais les jours passent. L’addiction s’amplifie, martelant ses revendications, se débattant, nous prenant en otage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce poison c’est moi et rien d‘autre que moi. C’est mon lot, la vie que j’ai reçue et je n‘en aurai d‘autre. Cette faiblesse, c’est moi aussi, cette douleur, c’est la preuve de cette vie.&lt;br /&gt;L’énergie de la chute, me propulse à travers les jours, d’abysses en amours, je tombe encore comme je tombai souvent, avec la plus grande des convictions, avec enthousiasme parfois, avec gourmandise. On me plaint, et surtout on me juge, on me prend en pitié, victime de mon immaturité. Mais jamais je ne me suis plaint de ces poisons là. &lt;br /&gt;J’ai craint oui, et je me suis plaint souvent, lorsque seul au matin, le ventre vide de typhon et le cou déserté par l’odeur des poisons, je me levais trop froid, et que la lune blême me laissait insensible. &lt;br /&gt;Car quand viennent les poisons s’envole aussi mon âme, et apparaissent autour de moi des bonheurs trop intenses pour les raisons trop sages. Alors je vole, dans mon typhon, loin très loin derrière la façade humaine du masque, vers des plaisirs divins que je paye en nuits blanches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ces plaisirs là, ce bonheur là, c’est la joie à laquelle j’ai droit. C’est le bonheur qui m’est alloué. Osez m‘apprendre, si votre temps ne vaut plus guère, à vivre autrement, à aimer autrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici la vie, cette matière embrasée. Je n’ose l’étouffer. Je m’endors encore dans la noirceur incandescente de mes amours, et à la douleur des nuits d’absence, &lt;br /&gt;Demain leur succèdera une aube souriante, elle aura le visage tendre d’un poison violent.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-6453855111374972622?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/6453855111374972622/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=6453855111374972622' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6453855111374972622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6453855111374972622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/10/les-tendres-visages-dun-poison-violent.html' title='Les tendres visages d’un poison violent.'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-6753363195023585879</id><published>2010-10-08T16:20:00.001+02:00</published><updated>2010-10-08T16:20:24.737+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Mémoires d'oreiller</title><content type='html'>Mémoires d’oreiller&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Couplet 1&lt;br /&gt;Au matin tu t’en vas et moi je reste seul&lt;br /&gt;Je regarde le lit que tu viens de quitter,&lt;br /&gt;J’écoute le silence, faisant taire mon orgueil&lt;br /&gt;Dans la tiédeur sans joie des draps ensoleillés.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Chaque nuit dans tes bras me laisse retourné&lt;br /&gt;Tu m’as serré, étreint, embrassé, rejeté.&lt;br /&gt;Ta chaleur doucement quitte la chambre lasse&lt;br /&gt;L’empreinte de ton corps déserte ma surface.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine réveillé tu m’as abandonné, &lt;br /&gt;Les yeux à demi clos, et sans rien expliquer&lt;br /&gt;En un juron ou deux, le sort était jeté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain 1&lt;br /&gt;J’ai pourtant partagé tes joies et tes douleurs,&lt;br /&gt;J’ai senti contre moi couler tes larmes chaudes,&lt;br /&gt;Je caressais tes joues agitées de sanglots !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai compté avec toi les heures des nuits d’angoisse,&lt;br /&gt;Et toi tu m’ignorais, contre moi, sans dormir,&lt;br /&gt;Les yeux fixant le vide et pensant à un autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai entendu aussi aux soirs de ton enfance,&lt;br /&gt;Mille contes et histoires et autant de voyages,&lt;br /&gt;Et que nous poursuivions, tous deux, toute la nuit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Couplet 2&lt;br /&gt;Chaque jour les jurons et le même abandon, &lt;br /&gt;Je hante un lit défait, drapé de souvenirs, &lt;br /&gt;Je attends là comme un con, et sans autre ambition&lt;br /&gt;Je ne t’en veux même pas, et je me fais sourire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans connaître mon crime j’accepte ma peine :&lt;br /&gt;Tes excès, tes départs, ton mépris, ton oubli, &lt;br /&gt;Tout ça m’est bien égal, je connais cette scène&lt;br /&gt;Je connais tes excuses et tes beaux alibis. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois des jours durant tu restais près de moi.&lt;br /&gt;Mais tu n’arrivais pas à feindre le bonheur. &lt;br /&gt;Ce n’était pas ta place, ce n’est pas mon rôle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain 2 :&lt;br /&gt;J’ai connu des outrages quand tu m’as partagé&lt;br /&gt;Sans un mot j’ai vécu des nuits inavouables&lt;br /&gt;Et puis ta solitude, si cruelle au matin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu revenais vers moi, j’acceptais en silence,&lt;br /&gt;Tu respirais très fort, la tête au creux de moi,&lt;br /&gt;Pour retrouver un peu du parfum de la nuit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai reçu tes secrets, tes belles confidences,&lt;br /&gt;Si cachées que toi-même tu les as oubliées.&lt;br /&gt;Des « je t’aime » étouffés, des rêves évaporés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Couplet 3 :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand tu n’as plus le choix tu reviens près de moi.&lt;br /&gt;Quand usé, épuisé, tu ne sais où dormir,&lt;br /&gt;Sur mon cœur tu t’effondres et si j’avais des bras,&lt;br /&gt;J’enlacerais ce corps qui ne veut plus souffrir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai trouvé là ma place parmi d’autres objets,&lt;br /&gt;Avec pour seul espoir des bonheurs éphémères.&lt;br /&gt;Alors secrètement je bénis les hivers&lt;br /&gt;Qui te ramènent au creux de ce grand lit défait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un jour enfin tu resteras&lt;br /&gt;Auprès de moi mais ce jour là&lt;br /&gt;Mes tendres soins ne sauront pas&lt;br /&gt;Ranimer ton corps trop froid.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain 3 :&lt;br /&gt;Je me souviens aussi des jours de fortes fièvres,&lt;br /&gt;Ton corps de tout son poids, bouillant et m’écrasant,&lt;br /&gt;Et ta respiration pénible et besogneuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’essayais de t’étreindre, mais toujours sans succès. &lt;br /&gt;A ma douce chaleur tu préférais les drogues,&lt;br /&gt;Tu repartais malade et revenais mourant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens des jeux, et des combats d’enfants&lt;br /&gt;De ton rire léger et qui ne changea pas&lt;br /&gt;De ces folies sans âge auxquelles tu me mêlais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Epilogue :&lt;br /&gt;Quelques fois nous partions, tu me mettais en boite,&lt;br /&gt;Et puis tu m’arrangeais, tu me voulais plus beau, &lt;br /&gt;Tu me rêvais plus jeune, rebondi comme antan. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bien sûr l’illusion très vite s’effaçait &lt;br /&gt;Mon pauvre vieux sourire venait orner ma face, &lt;br /&gt;De cet air débonnaire qu’ont les vieux oreillers. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais va-t-en mon ami, encore ce matin !&lt;br /&gt;Je ne t’en voudrai pas, je ne suis pas tout seul,&lt;br /&gt;Je fréquente en secret un très beau traversin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-6753363195023585879?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/6753363195023585879/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=6753363195023585879' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6753363195023585879'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6753363195023585879'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/10/memoires-doreiller.html' title='Mémoires d&apos;oreiller'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-4391029845960142271</id><published>2010-10-01T10:20:00.001+02:00</published><updated>2010-10-01T10:20:48.987+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='A la recherche du temps perdu'/><title type='text'>Les vies brèves</title><content type='html'>Les vies brèves&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il tortille entre ses doigts un briquet sans valeur. Observant d’un œil anxieux le large boulevard qui s’étale devant lui, son visage se crispe et ses mains s’agitent frénétiquement sur le briquet. Il a toujours détesté les terrasses des cafés parisiens, et ce matin son exaspération se nourrit des clichés réunis à sa table. Rien n’est à sa place. L’air est froid, chargé de quelques courants irrespirables émanant des radiateurs extérieurs. La lumière d’un soleil trop cru se reflète sur la table et l’agresse, ses yeux non plus ne sont pas à leur place dans leur orbite. Il aimerait pouvoir les retourner et regarder l’arrière de son crâne, sombre et tiède. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cigarette au bec, il soupire avec énervement devant ce café noir ridicule, ce verre d’eau dont il sait déjà qu’il haïra le goût, trop froid, trop fade. Un journal inintéressant déborde de la table, et ses pages tournent, plongeant dans le fond de café brûlant. Toute la frustration de la banalité consciente se mêle à la fraîcheur du matin, pour le saisir à la gorge. Il suit du regard les gens pressés, dont s’échappent quelques vapeurs aseptisées. Il remet puis ôte à nouveau des gants inutiles qui gardent au-dedans le froid de ses mains. Il a déjà fait ce geste quatre fois depuis qu’il s’est assis ce matin. La foule qui se densifie obstrue sa vision, il se contorsionne sur son siège pour observer l’autre côté du boulevard.  Rien à faire, l’irritation le baigne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le niveau des heures inutiles monte implacablement. Froides, verdâtres, troubles, elles s’infiltraient depuis quelques jours par le moindre interstice de son emploi du temps. Il avait jusqu’alors tenu bon. Mais la brèche semblait aujourd’hui trop largement ouverte, et l’ennui s’engouffrait en lui par vagues déferlantes. Devant ce mur de vide, il baissait les bras. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l’autre côté de la rue, derrière les caniveaux souillés, derrière les flaques, les bus bruyants et puants, derrière la poussette qui bloque le trottoir et les vieilles qui discutent avec leur caniche, il apercevait la vie. Dans le grand magasin aux vitrines colorées, les sons, les odeurs, les saveurs, les visages et les expressions dansent frénétiquement. Le chaos bien orchestré s’étale en devantures, et la vie vous regarde comme un chiot en cage. Chacun son but, sa mission, tout est aussi évident qu’imprévisible. Lui est là, figé dans les heures inutiles, hypnotisé par l’épilepsie ordinaire du monde. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a goûté, il s’en est gavé, il en est privé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la première fois il est arrêté, et mène ce matin le combat que ses cauchemars préparaient. Il pourfend le silence. Pas celui du monde, le sien. Bien sûr rien ne fait taire la voix de ses pensées. Mais quelques pensées, aussi révoltées soient-elles, peinent à trouver écho dans ce désert. L’écho pour la survie, le dialogue pour une raison de vivre. Mais lui est plus loin encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La journée passe, et il a combattu tout le jour un mal être latent. Certainement une sorte de pancréatite aigue, quelque chose de digestif. Ces douleurs que l’on ressent lorsqu’on a rien à manger, et que l’estomac broie douloureusement et consciencieusement du vide. Il met alors dans ces inflammations toute sa colère impuissante, sa révolte vaine. Si les estomacs vides ne sont guère éloquents, ils savent se faire entendre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au jour mourant, son errance le mène à nouveau sur le boulevard. Un dégoût le saisit lorsqu’il aperçoit à nouveau la terrasse du café. Il s’assoit juste à côté, sur le bord du trottoir. A ses pieds voyagent des mégots et des feuilles d’érable. Sur les tables, des journaux trop grands, des cafés trop chauds, des verres d’eau trop froids, des gants inutiles et des briquets de valeur. Il sourit dans son caniveau. &lt;br /&gt;Les couleurs du boulevard dégoulinent et meurent, d’une mort vulgaire, dans les égouts de paris. Elles sommeillent un temps sur le trottoir où la pluie les a charriées, et peu à peu s’éteignent dans la lumière orange et plastique du soleil couchant. La vie s’enfuit aussi, aspirée par la bouche du métro, qui la recrachera au matin. Le boulevard démaquillé reprend son vrai visage, discret et pathétique comme celui d’une grande femme triste, mêlant le gris de la pierre à celui de la nuit. &lt;br /&gt;Sur les vitrines s’abattent en fracas des rideaux de fer. Les visages des poupées se figent. De l’épilepsie joyeuse du matin ne restent que quelques bruits sourds sur le pavé humide. La lumière blafarde des phares des voitures traque les rôdeurs du soir. La vie, à l’aube toute puissante, s’enfuit comme un rat, misérable et honteux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des flaques reflètent les néons des enseignes, troublées par quelques pas pressés. Voilà ce qu’il reste de la grande entreprise. Des reflets, des vapeurs, des ombres grises, pas grand-chose de glorieux. Des vitrines, et puis plus rien, des stocks, des boites, des promesses et des souvenirs. Sur la vitre des devantures éteintes, son reflet, fixant la vie blessée sur le trottoir. Il voit passer dans son dos des silhouettes. Il croit reconnaître les acteurs qu’il admirait au matin. Ils vont se démaquiller, leur costume sous le bras, leur masque dans un sac. Mais sous le masque, rien du tout, pas de musique, pas de couleur, pas d’odeur. Une tonalité d’absence. La folie meurt proprement, sans laisser de trace. Et demain tout reprendra, pour des semaines, des mois des années, invariablement. Et les jours s’écouleront, faibles et indistincts, et des vies fatiguées, s’amenuisant au fur et à mesure, disparaîtront sans même qu’on s’en rende compte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelle différence, après tout, dans ces morts là ? Quelle différence entre ces vies ? Il y a les vies longues et diluées, un peu pâles et un peu tièdes, au goût discret, et les courtes et fortes comme ces cafés ridicules, qui se dilueront plus tard peut être dans le souvenir qu’elles laisseront. Sur ces flammes là, trop d’oxygène aura soufflé, et le bois passe trop vite du rouge sang de la passion au gris morne des cendres. Et le monde autour d’elles tiédit au ralenti, s’étouffant dans la fumée des vies brèves. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans tous les cas, qu’y a-t-il de plus que cette image dans sa tête et quelques mots pour la décrire ? La vie est un étrange état de délire perméable, de drogue alimentant un complexe mécanisme de représentation. Elle monte en neige, très vite dans nos esprits, et six milliards de centres du monde paradent au centre de six milliards de mondes imaginaires. Et au jour de la fin, la vie montée si haut s’échoue en vaguelette. A peine mouille-t-elle le sable un instant, puis la mort aride en efface les dernières traces. &lt;br /&gt;Et pourtant, cet état de parfaite fragilité, d’insignifiance presque totale, d’illusions violentes et de compréhension si bien feinte par quelques bons acteurs, est une chimère d’une vigueur, d’une force et d’un équilibre parfaitement improbables. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait choisi une vie brève, il voulait aller à l’essentiel et avait toujours été très impatient. Le trivial viendrait plus tard, il l’avait décidé très jeune. L’ennui, la routine, le sommeil, les conventions, il les avait entassés des années durant dans un recoin de la fin de sa vie. Sa raison passait des semaines menottée aux barreaux d’un radiateur, dans sa cave, et le repos tremblait à côté, sur une chaise électrique. Aujourd’hui malheureusement, il lui semblait qu’il avait entassé trop de choses triviales, et que le gros tas d’ennui qui s’élevait devant lui commençait à le submerger. Il n’était pas en colère, ni surpris d’ailleurs. Il savait que ce jour arriverait. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il entre dans la cave, la porte se referme. Que laisse-t-il derrière lui ? Que reste-t-il devant lui ? Une longue plage de fatigue et de désillusion. Il ignore encore s’il trouvera le courage de la traverser. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peu importe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a goûté, il s’en est gavé, il n’a plus faim.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-4391029845960142271?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/4391029845960142271/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=4391029845960142271' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/4391029845960142271'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/4391029845960142271'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/10/les-vies-breves.html' title='Les vies brèves'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-7127837059872156354</id><published>2010-08-27T11:18:00.001+02:00</published><updated>2010-08-27T11:18:44.878+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Train de nuit</title><content type='html'>I&lt;br /&gt;Sur un quai surpeuplé de visages esquissés,&lt;br /&gt;Quelques indifférences se dressent égarées. &lt;br /&gt;Scrutant la fin du monde sur tableaux lumineux,&lt;br /&gt;Les âmes démissionnaires hantent les quais brumeux.&lt;br /&gt;La vie déverse ici son flot de déserteurs.&lt;br /&gt;Ces foules marginales s’évaporent en douceur, &lt;br /&gt;Lorsque soufflent les trains sur ces êtres légers,&lt;br /&gt;Qu’ils envolent très loin de leurs vies périmées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je colle mon visage contre la vitre froide. La fatigue est un sifflement amer dans ma tête. Au travers de mes pupilles dilatées, le flot flou des gens s’écoule sans jamais fixer mon regard. Je m’enfonce doucement dans un silence grave. Le bourdonnement incohérent du quai se fait lointain, il résonne pourtant encore dans la carapace parfaitement vide de mon corps. Déjà je n’appartiens plus à ce jour. Pourtant à une vitre de moi, à deux millimètres de verre sale de mon corps, un monde encore survit. Vingt personnes se tiennent là et pourraient caresser mon visage. Mais je n’existe pas, déjà je m’en vais. &lt;br /&gt;Le train brise ses chaînes dans un bruyant effort, et lentement s’extirpe de ce quotidien sombre. Les visages comprimés défilent et se mélangent, ils se diluent en longues traînées sur la vitre. Le train accélère. Je ferme les yeux et j’imagine le monde qui passe et change à la fenêtre. L’ancre est levée, la vie s’ébranle. Quelques vains effets dans un sac, le reste à l’agonie dans un passé sédentaire. La gare rétrécit derrière moi, et le quotidien comprimé étouffe peu à peu dans la gare qui disparaît. &lt;br /&gt;Quelques vapeurs nostalgiques montent dans le crépuscule. Il me semble parfois qu’on appelle mon nom. Je me retourne alors et me penche à la fenêtre. Sur le quai la foule a repris son bourdonnement. La disparition ne sauve pas de l’oubli. &lt;br /&gt;Je m’engouffre avec délectation dans le noir de la nuit, et cri rauque du train étouffe mes pensées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le train de nuit roule, implacable, &lt;br /&gt;Ses roues de métal dans la nuit froide&lt;br /&gt;Broient inlassablement le noir des heures, &lt;br /&gt;Il avale, insatiable, la nuit désertique, &lt;br /&gt;Traversant le mur noir qui s’élève devant lui, &lt;br /&gt;Il brise une à une les chaînes du passé. &lt;br /&gt;Il s’élance dans le vide &lt;br /&gt;En chute libre vers des jours incertains&lt;br /&gt;Un vertige délicieux emplit mon corps. &lt;br /&gt;Prisonnier consentant de la fuite du temps, &lt;br /&gt;Je voyage en aveugle&lt;br /&gt;Et je suis l’impuissant témoin&lt;br /&gt;Du combat qui se joue à la frontière des jours.&lt;br /&gt;Des spectres tenaces s’accrochent aux roues du train,&lt;br /&gt;Nous accélérons encore…&lt;br /&gt;Le vent arrache aux spectres des lambeaux translucides&lt;br /&gt;Qui se posent aux branches nues des arbres endormis. &lt;br /&gt;Le long bras de fer pointe un doigt vers le futur.&lt;br /&gt;Un sifflement transperce la nuit&lt;br /&gt;« En route ». &lt;br /&gt;Je m’endors&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;II&lt;br /&gt;Je dors à la dérive sur le temps déchaîné, &lt;br /&gt;Parfois sur un îlot je joue les naufragés.&lt;br /&gt;Je s’éveille en sursaut, et cherche des repères, &lt;br /&gt;Le sol, le ciel, les murs que l’on heurtait naguère,&lt;br /&gt;Mais le décor s’enfuit, et la scène s’échappe &lt;br /&gt;Et on ouvre au hasard une nouvelle trappe,&lt;br /&gt;Vers de nouvelles fièvres et vers d’autres vertiges, &lt;br /&gt;Et le temps accélère, et le rêve nous fige. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des paupières craintives s’ouvrent sur des landes improbables. On se sent étranger, presque autant que chez soi. Encore quelques kilomètres de rêveries. Il finira par arriver, ce pays familier que l’on reconnaîtra. Reconnaître avant de connaître, croire en l’existence de ce lieu. Il doit forcément y avoir mieux, ailleurs, plus loin et plus tard.&lt;br /&gt;La bande des paysages se déroule toujours. Je cherche les yeux fermés ce passage gracieux, cet air connu que j’ai en tête sans pouvoir l’identifier. Alors je descendrai. Les décors successifs viennent les uns après les autres entourer mon reflet sur la vitre du wagon. Il se pare, sceptique et insatisfait, de forêts et de lacs, de friches industrielles, de villages superficiels et de cités dortoirs. &lt;br /&gt;Les tableaux qui se peignent autour de mes traits éveillent parfois en moi des chimères enterrées. Leurs visages déformés remontent du fond des âges. Parfois c’est une voix, une odeur, anonymes, qui sort de terre et surgit devant moi. Et puis elles retournent mourir dans ma mémoire écorchée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De port en port, de naufrage en chimère,&lt;br /&gt;Je flotte entre deux vies, porté par des courants oniriques. &lt;br /&gt;Quelques escales folles sur des îles improbables, &lt;br /&gt;Où des mondes impossibles m’assaillent et me saisissent. &lt;br /&gt;Le tremblement, le bercement, les ruades &lt;br /&gt;Les cabrioles, les soupirs, les altercations, &lt;br /&gt;Les langues nouvelles qui jaillissent, &lt;br /&gt;Quand je heurte de nouveaux quais…&lt;br /&gt;La vie froide et sauvage qui lèche les parois métalliques des wagons&lt;br /&gt;Quand nous longeons de trop près des rives habitées…&lt;br /&gt;Au chaud dans mon cocon je me métamorphose, indifférent. &lt;br /&gt;Rien ne rentre, rien ne sort, que quelques impressions éphémères. &lt;br /&gt;Dans la chaleur du train de nuit, un lourd bouillon m’emplit&lt;br /&gt;Et en son sein macère mon essence en renaissance. &lt;br /&gt;Le train de nuit accélère,&lt;br /&gt;D’autres fantômes encore pendent aux arbres noirs,&lt;br /&gt;Je les renie un par un, alors que mon passé s’éloigne,&lt;br /&gt;Et les jette par-dessus bord, découvrant ma peau nue. &lt;br /&gt;Le long bras de fer pointe un doigt vers le futur.&lt;br /&gt;Grognant et ruminant&lt;br /&gt;« Plus loin ! ». &lt;br /&gt;Je me rendors&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;III&lt;br /&gt;Réveil et arrivée&lt;br /&gt;Vers :&lt;br /&gt;Bientôt l’aube se lève sur l’horizon tremblant. &lt;br /&gt;Les vallons escarpés et leurs sommets tranchants &lt;br /&gt;Déchire le ciel noir qui saigne un sang livide.&lt;br /&gt;Dans ces plaies apparaissent des lumières timides, &lt;br /&gt;Des flèches orange et bleues, transpercent mes paupières.&lt;br /&gt;La lumière dévale le long des coteaux clairs&lt;br /&gt;Et rampant jusqu’à moi elle entrouvre mes yeux.&lt;br /&gt;Le train s’immobilise dans un silence pieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà donc enfin l’heure, voilà enfin le jour. Je n’ai pas le choix, il me faut descendre et affronter l’aube sauvage. Je pourrais crier, moi que le train accouche, mais en quelle langue dois-je crier ? Et qui pourrait m’entendre… Je n’existe pas encore ici, je n’existe plus là bas. Le monde sous mes yeux a cessé de tourner. La roulette s’arrête et la boule se fige. Voici le nombre gagnant du jour. Impossible de me rappeler ce que j’avais parié. &lt;br /&gt;Je pose un pied sur le quai, le sol ne se dérobe pas, je suis bien arrivé. L’air qui m’enveloppe en brise fraîche confirme la fin de la nuit. Je décroche mes yeux de mes chaussures, et lève la tête. Courageusement je me décide à regarder mon sort nouveau.&lt;br /&gt;Stupeur, quelqu’un sur le quai m’attend, son visage en face du mien apparaît quand je lève les yeux. Il me fixe. Je regarde à droite et à gauche, personne d’autre. Il me regarde bien. &lt;br /&gt;Il me reconnaît… Comment fait-il ? Je ne me connais plus moi-même... &lt;br /&gt;Il me parle à présent, il m’apprend mon nom, il me dit où je suis, il me dit allons y. Dans ses yeux je distingue mon nouveau visage. Je me plais ici, je semble beau et frais. De sa bouche j’entends des mots que j’aurais dit… Nous sommes nous déjà connus ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai du rêver de lui, son visage est en moi, &lt;br /&gt;Mais au matin je crois il s’enfuyait toujours. &lt;br /&gt;Le train de nuit jamais n’arrivait jusque là,&lt;br /&gt;Et il me ramenait, drogué, dans mon lit vide et froid.&lt;br /&gt;La foule me bouscule, je suis donc éveillé,&lt;br /&gt;On me tire par la main, on rigole on se moque, &lt;br /&gt;Je serre la main amie, endormi, incrédule,&lt;br /&gt;Dans les rues qui sont nées de ce sommeil trop lourd.&lt;br /&gt;Dois-je me forcer à croire que ces joies sont réelles? &lt;br /&gt;Ne lâche pas ma main, tu vas t’évaporer !&lt;br /&gt;Le train de nuit s’endort, épuisé et fumant,&lt;br /&gt;Et ses essieux rougis refroidissent lentement. &lt;br /&gt;Mes joues livides leur volent quelques chaudes couleurs&lt;br /&gt;L’enfance nouvelle me fait le teint joli.&lt;br /&gt;Sur le quai quelqu’un m’attendait.&lt;br /&gt;Faudra-il demain encore partir ? &lt;br /&gt;N’es tu qu’une autre escale ?&lt;br /&gt;Sur le quai retentit une voix métallique.&lt;br /&gt;« Terminus !!! »&lt;br /&gt;Rugit-elle dans un langage universel.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-7127837059872156354?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/7127837059872156354/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=7127837059872156354' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7127837059872156354'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7127837059872156354'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/08/train-de-nuit.html' title='Train de nuit'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-677351222513874852</id><published>2010-08-03T17:08:00.000+02:00</published><updated>2010-08-03T17:09:46.160+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='A la recherche du temps perdu'/><title type='text'>Les eaux troubles</title><content type='html'>Les eaux troubles&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’eau lisse du lac s’ouvre en silence sous la proue de la barque. Le bateau glisse sur la douceur veloutée d’un dimanche de mai. Le vert translucide de la surface se mue en bleu et blanc tremblants sous les rayons frais du soleil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autour de l’étang, les saules pleurent et les filles fleurissent. Les ombrelles et les marguerites colorent les berges d’auréoles blanches et rosées. Entre les lèvres d’amants alanguis s’envole doucement la fumée d’un cigare. Elle se fraie un chemin vers le ciel, serpentant un temps entre les branches des saules. Des rayons fauves apparaissent dans l’air trouble, colorant les visages pâles des adolescents. Au centre, le lac, indifférent aux ferveurs juvéniles qui l’entourent, conserve une immobilité froide et placide. Réfléchissant vaguement les amourettes qui se jouent sur ses rives, ses eaux troubles traversent le printemps avec une gravité accusatrice. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Engoncé dans son costume du dimanche, un galant maladroit s’aventure sur l’eau. Sous les ordres d’une intrigante colorée, il rame péniblement. Les yeux fixés sur l’eau sombre, il contemple avec fascination et effroi la rame qui disparaît dans l’onde noire. Son poignet frêle à l’autre bout tremble de trac. Un faux mouvement de sa part condamnerait la pauvre rame à des ténèbres incertaines.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Devant lui, sur l’autre banc, une femme bavarde. Les raisons de sa présence sont à ce jour obscures pour le rameur, dont l’esprit entier est occupé par l’étonnant miroir du lac. La lassitude de l’après midi aura engendré une faiblesse indulgente, la tentation du divertissement, le plaisir de se sentir agréable à une jeune fille… Sans doute un malheureux concours de circonstances dont la créature fardée aura eu le mérite de profiter. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tentant de se déposer aussi négligemment que joliment sur son frêle banc de bois, elle profite de la distraction de son galérien pour arranger sa désinvolture, froissant ses jupons avec stratégie. Elle ajuste à sa gorge pure un ruban de velours rouge, et sa jeune poitrine palpite sous un bijou nacré. Le fille froide et poudrée, sous les caresses de la lumière du lac, se met soudain à luire. Sa peau rutile et embaume une fraîcheur aussi animale que virginale. Son innocence semble se perdre dans la solitude de cette embarcation, et à ses lèvres rouges perlent déjà les premières gouttes d’un audacieux poison. En gonflant sa gorge elle fixe du regard le maladroit qui la promène. Furtivement leurs yeux se croisent. Pour faire la conversation, il bredouille une ou deux phrases sur le printemps. Elle n’y prête aucune attention. A peine les a-t-il prononcées que la jeune fille se répand en un rire sonore et opulent, rejetant ses anglaises par-dessus ses épaules. Un instant désenchanté par la réaction improbable provoquée par ses paroles, le rameur replonge son regard dans l’eau trouble du lac, et sa main, faisant trembler son bras dans son costume serré, se crispe à nouveau sur la rame. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’intrigante parle à présent sans discontinuité et avec beaucoup d’excès. Tantôt dramatique, tantôt comique, elle déverse dans la barque un torrent d’émotions artificielles. Ses envolées pathétiques se noient dans le silence environnant. Risquant un geste en dehors du bateau, le jeune homme, tournant presque le dos à sa passagère, se penche par-dessus bord pour observer de plus près l’étonnante surface. Il cale la rame, et alors que l’eau alentours s’immobilise, apparaît dans l’eau le reflet de son visage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ferme les yeux, les ouvre à nouveau. Quelque chose le dérange. Il ne se reconnaît pas, il lui semble qu’il a dix années de trop, le coup enserré dans cette lavallière. Une expression fausse se veut polie pour la jeune fille bavarde. Ce masque l’horripile. &lt;br /&gt;Il touche de son doigt la surface de l’eau pour retoucher son reflet. Aucune de ces expressions nouvelles ne lui convient. Il ne parvient pas à obtenir un visage honnête. Le sourire, le regard enjoué, tout disparaît lorsque l’eau retrouve son immobilité. &lt;br /&gt;La lame d’argent d’un poisson de rivière traverse sa joue et va se perdre dans la vase. Le flot continu des paroles de l’intrigante perturbe la clarté de l’image. Son agitation incessante trouble son regard dans l’eau. Un insecte flotte à présent sur son œil gauche. Machinalement il se frotte la paupière. L’insecte reprend sa route, l’œil tremble encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La barque à la dérive s’est immobilisée sur l’autre rive de l’étang. L’intrigante, stratège comme jamais, décrète avec entrain que l’endroit est parfait pour faire la sieste. Feignant de s’alanguir encore davantage, elle s’étend dans la barque alors qu’un concert de soupirs sensuels s’échappe de son corps en alerte. La déclaration de sieste, curieusement ne calme nullement son initiatrice, qui du fond de la barque fait avec tous ses membres d’immenses  gestes. Le jeune homme, épuisé par ses émotions récentes, et heureux de pouvoir enfin mêler galanterie et honnêteté, obéit et s’assoupit bientôt. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le bavardage de l’extasiée se fait indistinct. Elle parle certainement avec quelque voisine, plantée sur la berge ou sur une autre barque. Les yeux à demi clos, dissous vers le ciel, il se rend invisible aux yeux de sa passagère. Sous les ardeurs du sommeil il s’évapore. Au gré des balancements de la barque, les rayons du soleil jouent entre les branches des saules. Leur reflet dans l’eau illumine le dessous des feuilles. Le lac se projette au ciel, le ciel se projette à la surface du lac.  Il flotte quelque part entre les deux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre deux songes il ouvre une paupière. La barque est vide, il est seul.  La dame blanche sautille un peu plus loin sur des feuilles des nénuphars. Elle tient son jupon relevé au dessus de ses genoux, et son rire moqueur ricoche à la surface de l’étang. Il se fait plus léger, plus improbable à chaque pas. Des carpes cuivrées jaillissent de l’eau, et saisissent au vol les éclats de voix. La bouche pleine de mots, les carpes rassasiées s’en retournent discuter dans les roseaux. A la surface règne enfin le silence.  Le jeune homme referme les yeux, le vent qui souffle sur la lac emporte loin de lui toute forme d’agitation. Il imagine au loin dans les bourrasques les jeunes filles accrochées à leurs ombrelles, survolant les prairies dorées. Enfin un sourire se dessine sur ses lèvres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son sommeil est si profond qu’au réveil il lui semble que ses paupières sont collées l’une à l’autre. Un givre blanc étreint ses cils et scelle son regard. Frottant ses yeux du poing, il parvient à décoller ses paupières.  Autour de lui un brouillard blanchâtre enveloppe la campagne. L’air blanc et froid qu’il respire lui redonne ses esprits. La barque est encastrée dans l’étang couvert de glace, la fille a disparu.  Des pas dans la neige, s’éloignent de l’étang. Il ne reste d’elle qu’une bottine perdue, le talon planté dans la glace.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;« On doit être en février. Début mars peut être. Je ne pensais pas dormir aussi longtemps. Ces parties de campagne m’ont toujours épuisé. Cette fille a du parler pendant des mois. Je savais bien que ça ne finirait jamais. Heureusement elle a fini par attraper froid. Il aura fallu un automne et un hiver pour calmer ses fièvres… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accoudé au bord de la barque, il observe la glace sombre qui recouvre l’étang. Il y a une sieste à peine, la surface de l’eau était fragile et perturbée, inconstante. La voici paisible et immuable, lisse et forte. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous la glace apparaît progressivement un monde verdâtre. Calme et profond, ce théâtre s’anime en silence. Des algues lentes se balancent imperceptiblement. Des poissons contemplatifs rêvent les uns contre les autres. &lt;br /&gt;Il frotte de sa main le miroir pour mieux observer ce monde harmonieux. Il dépose sur la surface un souffle chaud pour tenter d’en enlever le givre. A quatre pattes sur la glace, il suit un poisson d’argent qui file entre les herbes. La glace est pure là bas, parfaitement transparente. Il lui semble qu’il marche sur l’eau, il lui semble qu’il flotte lui aussi entre les roseaux. La frontière entre l’eau et l’air est si fine que le silence a traversé la surface. Il emplit à présent toute la clairière où l’étang dort. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur la  glace apparaît son visage. Plus de grimace, il est lisse, et ses traits sont détendus. Du bout des doigts il saisit la pellicule de glace sur laquelle son visage est imprimé. Il la décolle délicatement, contemple un instant son bonheur immortalisé, et la pose  un peu plus loin dans la neige, sur la berge. &lt;br /&gt;Un autre portrait apparaît sous le premier, un peu plus jeune, un peu plus lisse. Il s’en saisit et le range à côté du premier. &lt;br /&gt;Une à une, il tourne les pages de papier glacé. Sous chaque image il en découvre une autre. Le voici enfant sur ce même lac avec ses parents, ici déjà jeune homme, torse nu dans les prés, ici beau comme une femme triste, songeur dans une foule d’anonymes. &lt;br /&gt;Il empile sur la berge tous ces portraits de lui. Dans son enthousiasme, il ne sent pas mourir le jour, il ne sent pas venir le vent. &lt;br /&gt;Pourtant les bourrasques déjà soufflent sur la glace, qu’elles emportent en flocons légers. &lt;br /&gt;Les photos s’envolent dans la tempête de neige, et vont se planter dans les branches noires des arbres nus de la clairière. Levant enfin les yeux du miroir qui l’avait hypnotisé, il voit au loin son bonheur s’empaler sur les arbres morts. Il se lève pour rattraper les icônes en péril. Mais la glace affinée par la tempête se rompt sous son premier pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’eau glacée le saisit à la gorge comme deux grandes mains très froides. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ouvre les yeux, saisit le bord de la barque, se hisse hors de l’eau et reprend sa respiration. Le mois de mai est encore là, dans toute son adolescence. Ce n’était qu’un rêve. Debout dans la barque, perché sur ses bottines ridicules, un rire trop familier éclate au dessus de lui. &lt;br /&gt;« Mon pauvre ami, si l’on ne vous aimait pas pour votre maladresse pour quoi vous aimerait-on ? Vraiment, même le sommeil ne suffit pas à vous protéger de votre gaucherie. Il faut donc qu’une femme vous veille jour et nuit ! Vous êtes la proie d’une gentille rêverie, et vous vous jetez à l’eau pour lui échapper… Où donc courrez vous quand il vous faudra affronter le grand monde ? Pas bien loin mon cher, car heureusement je serai là… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Accroché au rebord de la barque, il entend désolé, le regard vide, le discours triomphaliste de l’intrigante. Elle ne s’adresse pas à lui. Elle jette ses mots en direction de la foule des belles personnes, qui se dresse pour apprécier sa victoire. Elle ne le regarde pas. Les cheveux plaqués sur les tempes, une algue enroulée autour de son bras droit, il ne fut jamais plus grotesque. Son sang encore glacé par l’hiver de son rêve frappe dans son poing serré. Il sent sa main lâcher le bois humide de la barque. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lentement il plonge. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le silence emplit ses oreilles. Les rires moqueurs s’étouffent, la lumière qui le dénonçait s’éclipse derrière les nénuphars. Flottant dans l’eau tranquille de l’étang, il dénoue la lavallière qui lui enserre le cou. Heureux, il ouvre les bras et inspire tout e qu’il peut. &lt;br /&gt;Les eaux troubles s’engouffrent dans ses poumons. Des poissons d’argent le guident parmi les roseaux sauvages. Quelques bulles encore s’échappent de ses vêtements. Un sourire aux lèvres il s’endort.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-677351222513874852?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/677351222513874852/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=677351222513874852' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/677351222513874852'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/677351222513874852'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/08/les-eaux-troubles.html' title='Les eaux troubles'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-5997813434780929301</id><published>2010-07-29T16:22:00.001+02:00</published><updated>2010-07-29T16:22:22.605+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Délit d'existence</title><content type='html'>Délit d’existence&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des nuits entières je cours après ton illusion,&lt;br /&gt;Et contre mon visage torturé de bonheur&lt;br /&gt;Claquent de lourdes portes aux verrous de raison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant ces nuits sans toi où ton idée s’esquisse&lt;br /&gt;Glissent sur mon corps chaud en d’indécents délices&lt;br /&gt;Et laissent au creux de moi des parfums envoûtants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque le ruban froid des lueurs bleues de l’aube&lt;br /&gt;S’enroule autour de moi et étrangle mon corps,&lt;br /&gt;Tu es lâche, tu fuis, soudain tu fais le mort, &lt;br /&gt;Et moi idiot j’étreins la nuit qui se dérobe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors la terre frappe mes pieds, je me redresse.&lt;br /&gt;Je erre dans les rues d’un monde qui se dilue.&lt;br /&gt;Un monde qui ignore tout du bruit de ma détresse&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le jour achève les couleurs chaudes de ma nuit rêvée, &lt;br /&gt;Et mon songe suinte le long de façades insipides. &lt;br /&gt;Alors empli du noir de ton absence, je prends le deuil.&lt;br /&gt;Lentement je me résigne, mon réveil t’euthanasie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ton souvenir frappe encore contre les parois de mon crâne, &lt;br /&gt;Tu te débats, mais le monde veille dehors, &lt;br /&gt;Et tu ne sortiras plus de ta petite boite.&lt;br /&gt;Ma cervelle t’assiège, ton souvenir s’affame. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me saoule au bruit du monde et ta voix s’étouffe&lt;br /&gt;De plus en plus  faible, de plus en plus folle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le téléphone sonne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ta voix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu t’es échappé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu penses encore à moi, tu dis de belles choses,&lt;br /&gt;Tu attends mon appel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te manque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Blasphème !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sombre diable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je replonge dans la folie. &lt;br /&gt;Tu n’étais pas emprisonné, &lt;br /&gt;Les barreaux au travers desquels &lt;br /&gt;Je te voulais dépérissant&lt;br /&gt;Sont ceux de mon cachot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des heures de deuil, &lt;br /&gt;Le calvaire d’un matin, &lt;br /&gt;Que tu ridiculises&lt;br /&gt;Et réduis à néant &lt;br /&gt;Avec mots sur un répondeur. &lt;br /&gt;A nouveau tu hantes mes heures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu veux tout n’est-ce pas ?&lt;br /&gt;La liberté des ombres, la tendresse des vivants. &lt;br /&gt;Tes mots effacent la frontière entre la nuit et le jour ;&lt;br /&gt;Dans les brèches que tu creuses&lt;br /&gt;Dans cette ligne blanche,&lt;br /&gt;S’engouffrent mes chimères. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu existes, c’est là ton crime. &lt;br /&gt;Quelle insolence, quel affront !&lt;br /&gt;Je te croyais mirage,&lt;br /&gt;Et de cette seule croyance je tirais ma consolation. &lt;br /&gt;Dans cette seule croyance je parvenais à te pardonner&lt;br /&gt;Cette absence injurieuse que m’infliges,&lt;br /&gt;Quotidiennement, &lt;br /&gt;Inlassablement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dois-je t’achever ?&lt;br /&gt;Comment t’enterrer ? &lt;br /&gt;Tu vis déjà dans un gouffre…&lt;br /&gt;Le gouffre profond et sombre de mes fantasmes. &lt;br /&gt;Ton rêve à ma cheville est une lourde chaîne&lt;br /&gt;Et sans cesse il me traîne vers une nuit humide. &lt;br /&gt;Si je tirais assez fort, comme ces chevaux déments,&lt;br /&gt;Parviendrais-je à t’extirper de ces ténèbres noirs?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lève mon glaive au dessus de ta nuque.&lt;br /&gt;Jamais pourtant mon bras ne s’abaisse, &lt;br /&gt;Je ne sais pas trancher.&lt;br /&gt;Le tourment fiévreux de ton existence,&lt;br /&gt;Ou le vide mortel de ta disparition.&lt;br /&gt;La drogue ou le néant, vois le choix que tu me laisses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu n’as pas le droit, &lt;br /&gt;On te jugera, et tu paieras pour cette existence, &lt;br /&gt;Ton sourire, tes mots tendres, circonstances aggravantes.&lt;br /&gt;Des jurys trop cléments me poussent à la vengeance. &lt;br /&gt;L’ampleur délicate de ma souffrance leur est insignifiante. &lt;br /&gt;Un jour aussi je t’enchaînerai, &lt;br /&gt;Un jour aussi j’existerai.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-5997813434780929301?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/5997813434780929301/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=5997813434780929301' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5997813434780929301'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5997813434780929301'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/07/delit-dexistence.html' title='Délit d&apos;existence'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-4163768763291468685</id><published>2010-07-09T15:02:00.000+02:00</published><updated>2010-07-09T15:03:46.702+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Palais royal, musée du Louvre (Théorème des bouts du monde)cha</title><content type='html'>Palais royal, musée du Louvre &lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Théorème des bouts du monde&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fouetté par un vent chargé de sel, assailli de bourrasques écumantes, assommé par d’infatigables lames, voici un bout du monde à l’agonie. Les éléments pourtant, violents et tyranniques, ne l’atteignent guère. Ce n’est pas qu’il craigne l’eau, ce n’est pas que le vent risque de le l’emporter. Ce bout du monde au crépuscule étouffe sous le fardeau des piétinements idiots des paumés de toutes sortes. Ils répandent ici au gré des pèlerinages des clichés sans fondement, et creusent le granit de leur bêtise sans fond. A coups de préjugés ils attaquent la roche. Les bouts du monde, muselés et rattachés à la terre par ces abjects liens,  se cabrent en vain sous le fouet des bourreaux.  Lentement vérolés par ces foules béates, ils se muent doucement en images dociles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On les traque, on obscurcit leurs perspectives, saturant l’horizon de nos regards opaques, on y viole des heures et des déserts adolescents. &lt;br /&gt;On veut trouver au bord de ces rochers abrupts une excuse pour enfin mettre un terme des courses trop vaines. Sur les horizons vierges, les rêves fainéants peuvent ramper tranquilles. Un grondement continu, quelques fois poignardé par les cris des oiseaux maritimes, font taire des consciences en manque d’éloquence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà ce qu’on recherche, voilà ce que l’on trouve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques roches brunes et grises frottées jusqu’à l’usure par des vagues obstinées. Au loin la brume des évadés, le chant des naufragés, ceux que les terres solides avaient rendus malades. Des visages plissés par la lumière crue, crispés par le vent battant, contemplent en grimaçant un miroir trop honnête. Et des sons indistincts sifflant dans des oreilles rougies par le froid, qui pénètrent les gouffres creusés par le silence. Et puis les oiseaux blancs qui transpercent le ciel, et y tracent de longues flèches, nous invitant à les suivre. Mais la foule dressée ne s’envole pas. Elle lève à peine les yeux au ciel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis dressé comme eux  sur la bordure d’un quai, et couvrant mon regard d’une main incertaine. Je scrute le bout du tunnel où s’échappent les lignes, attendant l’apparition de lumières salvatrices. L’horizon soudain se met à rugir, et la vie arrive en un violent orage. Les portes s’ouvrent et les vagues en crevant s’écoulent sur le quai. Je me baigne dans un flot agité de corps pressés. Flottant sur l’onde comme une écume maigre, une voix métallique esquisse quelques mots : « Palais-Royal, musée du Louvre. Palais-Royal, musée du Louvre ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le métro m’éclabousse encore de quelques vagues humaines. Tous leurs yeux me fixent, et leurs regards s’élèvent en murailles translucides, avant de fondre sur moi lorsque les portes s’ouvrent. La marée m’apporte son lot de visages défaits, de visages refaits, d’essences désespérées, d’odeurs exotiques et de reflets trompeurs. Quelques trésors perdus,  ressurgis des profondeurs, viennent s’échouer ici. Les oiseaux de proie, blancs et menteurs,  rodent en permanence au dessus du flot sans fin des naufragés. J’ancre encore quelques temps mes deux pieds sur le quai, jouant à résister à ces furieux courants. Le reflux déjà m’aspire vers le large, et par les portes béantes s’engouffrent mes voisins. Sur eux les portes se referment, et le train les emmène vers ces endroits curieux : le futur pour eux, le passé pour moi. Il fait de nous des  inconnus, à quelques vagues du souvenir, à quelques métros l’un de l’autre.  Mon reflet stoïque sur les vitres des voitures se mélange à cent visages. Les traits des étrangers, mêlés à mon image, partagent un instant mon immobilité. Pour un temps leur morphologie déforme un peu la mienne. Que restera-t-il de ces empreintes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le quai contre mon corps glisse la chaleur d’autres corps. C’est une huile douce qui recouvre ma peau, tiède et veloutée. On me touche rarement, mais la chaleur me caresse. Celle d’un souffle, celle d’un bras nu, elles irradient autour de moi. A chaque instant un monde perdu me frôle. Quelques déportés, d’autres en permission, et des déracinés, s’empressant tous de traverser ce désordre au plus vite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Je savoure le luxe d’être immobile quand chacun prend la fuite. Qu’il est bon d’être démissionnaire parmi tous ces soldats. Ici, la porte entre les mondes est toujours entrouverte, et la vie s’engouffre en courants d’air. Sur ce quai surpeuplé, je suis presque arrivé. Voilà mon bout du monde, en plein cœur de la ville. J’imagine déjà sa douce solitude, ses larges perspectives. Là où tant d’autres s’évadent, mon délice est de rester. Je laisse autour de moi couler la vie, et regarde s’éloigner le train où je ne suis plus. A son bord je remarque, assis et résigné, me suivant d’un regard envieux, celui que je devrais être. Mon armure orpheline disparaît dans un wagon bondé, et ma peau nue respire par tous ses pores le musc inhumain de la ville suffocante. Je me tiens les pieds joints sur un mouchoir de poche.  Je me sens libre, doucement caressé par un univers qui passe et me frôle, et me cajole enfin avec la douceur de l’indifférence. Je devrais étouffer, je me délecte et me grise à la pensée de cette infinité d’air qui s’élève au dessus de moi, cette blanche colonne où mon esprit s’étire, mon nouvel horizon qui enfin se dégage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma liberté en équilibre précaire au dessus de ma tête, je marche à pas lents vers les portes du palais, comme un ivrogne heureux baignant dans une liqueur douce, devient un funambule sur un long fil d’acier. C’est le fil qui se tord pour suivre ses pas de danse. Mais l’ivrogne heureusement n’en saura jamais rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La porte du palais est gardée par quelques violonistes. Me cambrant, j’évite les coups d’archets. Les soldats musiciens lancent à ma poursuite des chefs d’œuvres baroques. Mes oreilles se débattent et se défont péniblement de ces chants de sirènes. Combien d’otages envoûtés, alignés en rangées pétrifiées, ne franchiront jamais les portes du palais ? En moi je chante à tue tête quelque cacophonie. Me murant dans ces dissonances, je traverse la porte, à peine écorché par les archets des violonistes. Je reprends mon souffle, ajuste au dessus de ma tête ma liberté en colonne, et pose à terre mon armure de fausses notes. Ici résonne un silence mélodieux. J’ouvre les yeux et mon regard repeint les murailles du château.&lt;br /&gt;Je suis dans un asile, au cœur de ce jardin le monde des hommes a rendu les armes. Par la folie ils échappent ici au monde. La raison s’éloigne dans un métro, la morale agonise à l’entrée du palais, une corde de violon autour du cou. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des murailles épaisses compriment l’univers. Il s’élève en vain cherchant à déborder, mais les colonnes s’étirent sans fin dans les nuages. De sombres galeries entourent le jardin d’un ruban de nuit épaisse. Elles offrent aux bagnards de longues perspectives que le jour transperce parfois. Des dagues de lumière laissent des balafres blanches le long de ce cloître. Un peu de lumière entre dans le jardin, pas un regard n’en sort. Je tournerais des heures dans ces galeries, marchant en spirale, revenant vers moi-même. J’y passe quelques nuits, seul. Derrière quelques colonnes se cachent des orateurs, on les piétinerait si l’on n’y prenait garde. De leur froide demeure ils observent la ronde que je danse chaque nuit. L’un d’eux parfois m’aborde, me saisit au poignet ou à la cheville et chante à mon oreille :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Tu parcours la nuit les galeries glacées, &lt;br /&gt;Changeant autour de toi les hommes en étrangers.&lt;br /&gt;Effaces tu si vite les regards échangés ?&lt;br /&gt;Les colonnes sans nom ont pourtant un passé, &lt;br /&gt;Et la pierre rougit encore sous nos baisers… &lt;br /&gt;Qui suis-je ? &lt;br /&gt;Suis-je le corps froid d’un amant blessé ?&lt;br /&gt;Vois dans mon cou les traces que tu as laissées,&lt;br /&gt;Sur mon corps de marbre tes caresses ont gravé&lt;br /&gt;L’inhumain matricule des amours oubliées. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l’écoute sans le regarder. Quand je me retourne, il a disparu. Entre les colonnes alignées courent des bruits inquiétants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’assieds sur un banc un livre à la main. Le soleil cru blanchit les pages et les mots s’échappent vers quelque zone d’ombre. Les pages tournent, les mots s’échappent. Le livre est presque parfaitement blanc lorsque mon frère me rejoint. En silence il remplace les mots fugitifs par quelques regards bavards. Ses lèvres bougent sous l’éloquence de ses regards. Perdu encore dans l’opium cotonneux qui le fit apparaître, il me rassure :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; « Ici j’ai tout rangé, nos jeux, nos peurs sont en sécurité.&lt;br /&gt;Chaque chose est à sa place, tu retrouveras tout.&lt;br /&gt;Ici rien n’a changé, les années entre nous&lt;br /&gt;Emplissent la distance qui parfois nous sépare,&lt;br /&gt;Fleurissent les silences qui grimpent aux colonnes.&lt;br /&gt;Et le long de ces lierres, nous monterons ensemble&lt;br /&gt;Nous nous amuserons des chapeaux que ces gens&lt;br /&gt;Ont cloué sur leur tête pour garder leur esprit. &lt;br /&gt;Le nôtre s’évapore et depuis notre enfance&lt;br /&gt;Un été permanent distille nos raisons.  »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa voix douce et apaisée se perd dans la végétation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les tilleuls sous le soleil pleurent un parfum subtil. A leurs pieds se soulève parfois une poussière rose. Elle vient poudrer leurs feuilles, donnant à leur vert foncé une solennité grave. Des roses à la beauté carnivore affûtent leurs épines. Derrières de fins grillages, elles s’esclaffent, attirant leurs victimes en lançant à leur nez de capiteux effluves. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon pantalon levé en haut de mes mollets, je baigne mes pieds nus dans l’eau bleutée de la fontaine. Un jet d’eau joyeux s’envoie en l’air et chante fraîchement parmi les tourbillons de poussière fauve. Je presse contre le béton graveleux du fond la peau de ma plante, et je marche vers le jet d’eau, presque paralysé par le plaisir de l’eau qui caresse mes jambes. J’envoie mes yeux en l’air avec les gerbes d’eau, et ils scintillent aussi comme les gouttes folles, avant de retomber en un fracas allègre. Sur le bord du bassin, une vieille jeune fille montée sur sa fierté se prépare à plonger. Elle défait son chignon, perdant vingt centimètres et presque autant d’années, et disparaît dans l’onde. Elle reparaît plus loin, sous une autre apparence, surmontée de quelque nénuphar. &lt;br /&gt;« - C’est qu’elle n’est pas mauvaise aujourd’hui !&lt;br /&gt;- Pardon ? &lt;br /&gt;- La rime, jeune homme je la trouve plaisante.&lt;br /&gt;-     Ne vous glace-t-elle pas Madame? Vous semblez frissonner.&lt;br /&gt;-     Je tremble mon ami car j’ai froid pour vous. Vous attrapez la mort, méfiez vous!&lt;br /&gt;-     C’est que je crains madame, surtout d’attraper froid.&lt;br /&gt;-     Plongez donc mon ami, mieux vaut vies en grelottant que mourir au chaud. Vous verrez la rime est bonne, on s’y fait bien vite!&lt;br /&gt;-     Mes pieds déjà y baignent, et mon corps se glace à chaque pas.&lt;br /&gt;-     Vous êtes si frileux, si fragile! Petit clown en vous protégeant de la sorte vous vous condamnez. La marée monte. Plongez donc avant qu’elle vous submerge. Vous apprendrez à nager. &lt;br /&gt;-     J’arrive Madame, laissez moi encore un instant.&lt;br /&gt;-     Hâtez vous jeune homme, le soir approche, et la rime est moins clémente au crépuscule. Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie, n’attendez à demain… »&lt;br /&gt;Et la rime submerge l’apparition. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La nuit est tombée, un air d’opéra danse entre les colonnes de la porte du fond. Je le suis quelques temps et m’abandonne à lui. Me voilà à nouveau en dehors du palais. Je sens dans mon dos le souffle chaud du cheval de la place des Victoires. Il me reconduit jusque chez moi, j’entends ses sabots sur les trottoirs parisiens. Je lui raconte ma journée, il m’abandonne au pas de ma porte, et je m’endors enfin, au bout du monde. Je suis seul, j’écrase d’un clin d’œil les anonymes qui violent mon rêve, et je peuple les rues de créatures poétiques.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-4163768763291468685?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/4163768763291468685/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=4163768763291468685' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/4163768763291468685'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/4163768763291468685'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/07/palais-royal-musee-du-louvre-theoreme.html' title='Palais royal, musée du Louvre (Théorème des bouts du monde)cha'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-6121444380191227469</id><published>2010-06-28T17:26:00.001+02:00</published><updated>2010-06-28T17:26:41.586+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='A la recherche du temps perdu'/><title type='text'>La roseraie</title><content type='html'>Mon ange,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a deux jours à peine, que je me promenais, sous un soleil de plomb et les arbres du parc. Venu faire prendre l’air et quelques belles couleurs à ma mélancolie, je transpirais sans vous des sentiments sucrés, et gorgeais mes poumons de jeunesse et d’été. Une chaleur ardente tabassait mon hiver, et après quelques heures de ce combat inégal, je rendis les armes. Me vint alors l’idée de marcher à la roseraie. Plus qu’une idée, il s’agissait en fait d’une obligation, d’un besoin impératif, de marcher à la roseraie. Ainsi mon jour s’était il levé. Il fallait se laver, s’habiller, manger, et aller à la roseraie. Je compris bientôt les raisons de cette imprévisible impulsion. &lt;br /&gt;Alors que la brise de juin portait doucement à mes narines les premiers parfums fleuris, il me sembla démêler de ces douceurs enchevêtrées le son de votre voix. Mon ange, une fois de plus, vous m’aviez donné rendez vous. Vous ne le saviez pas, et moi non plus, et c’est de cette manière-ci que nos retrouvailles ont toujours été les plus certaines. Au premier de mes pas le long des parterres fleuris, j’entamai avec vous une délicieuse conversation. Je vais essayer de vous en rendre compte. Je serais bien égoïste de garder pour moi-même tant de délices donc vous fûtes la source. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, bien sûr mon ange, comme souvent votre peau fraîche était bien loin de la portée de ma main, et vos boucles brunes s’ébattaient dans des bourrasques que d’autres respiraient. Mais mon amie, je jure  que rarement je vous sentis à mes côtés avec autant de force et de certitude. Vous ne fûtes jamais moins vaporeuse. &lt;br /&gt;Sur ces roses vos yeux, ombragés par d’élégants soucis, se posaient avec complaisance. Vous n’êtes pas du genre à dénigrer les fleurs fanées, heureusement. Vous vous penchiez à leur chevet, prenant tant de souci pour ces fragiles pétales, bien désarmés face à un soleil de juin. Au passage un parfum vous faisait tressaillir. Je me penchais également, tout près de votre nuque, sentant la jeune fille qui sent si bien les roses, et prenait bien du souci également. Si le soleil seul vous menaçait, mes tourments seraient vite dissipés. &lt;br /&gt;Dans le silence de l’été, si lourd qu’il étouffait jusqu’au bruit de nos pas dans allées de gravillons, vous laissiez échapper quelques vers sur l’ironie meurtrière des étés…&lt;br /&gt;« Quel triste histoire- expliquiez vous aux jeunes fleurs- ; ce même soleil qui hier vous fit éclore et vous rendit si belle, aujourd’hui brûle vos ailes. Profitez bien de l’envolée du jour, le soir peut être serez vous à la terre ». &lt;br /&gt;Je restais silencieux. Je n’ai jamais rien su ajouter à vos belles évidences. Je courrais derrière elles, comme on chasse les papillons. &lt;br /&gt;En moi je m’émerveillais des miracles qui naissent certains jours d’été. Me voici à ma place dans ce grossier cliché. Une muse à mon bras, des roses plein les yeux, dont les parfums en moi faisaient naître des sonnets entiers. Il suffisait de respirer pour se sentir Rimbaud. Qu’advenait-il du monde sous ces chaleurs heureuses ? De toutes ses bêtises qui l’enlaidissent bien, de ce terreau abjecte où poussait ma révolte ? Rien sans doute. Je vous voyais en 1910, couverte de dentelles blanches, montée sur des bottines, surmontée d’une ombrelle. J’étais fier en habit, me sentant honoré, d’avoir conçu pour vous cet écrin délicat où vous étiez heureuse. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant au loin, derrière les vallons artificiels du jardin des plantes, montait en fumée jaune la fièvre de la ville. L’été s’englue là bas dans le bitume chaud, et le parfum des roses ne sent que dans les livres. Vous parlez des beautés que l’on trouve là bas, qui plongent leur racine dans la réalité. Vous riez de nos bulles, vous buvez à nos joies comme on boit du champagne, heureuse de l’ivresse de ces heures d’artifice, augmentée du savoir des réalités grises. Visitant la roseraie, vous étiez à mon bras une belle étrangère, fascinée par un monde intouchable que vous effleuriez du bout du rêve, souriant joliment pour dissimuler votre embarras face à tant d’exotisme.  &lt;br /&gt;Et pourtant chaque soir vos reveniez à moi croulant sous des brassées de fleurs des villes. Ces floraisons improbables qui colorent les pavés, vous seule avez ce talent rare pour les apprivoiser. Loin des drogues et des engrais de la belle roseraie, vous avez toujours su donner aux fleurs modestes assez d’estime pour que leur parfum ne quitte jamais notre quotidien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière ce buisson rouge monte à présent un ballon léger, suivi de quelques secondes par le cri déchirant d’un enfant désespéré. Le pauvre bambin, cloué à la terre par d’inhumaines sandalettes, regarde à travers un mur de larme sa fierté s’envoler dans le bleu saturé. Il lance à la poursuite du ballon fugitif des volées d’injures et des gerbes de pleurs. Mais les cris ne volent pas si haut que les ballons, et bientôt ils se fondent dans le bruit de la ville. Tant de cris prématurément lancés, tant de pleurs tombés du nid, pour un ballon perdu. Il faudrait plus que le vent de juin, même parfumé par quelques milliers de roses, pour apprendre à voler à certains désespoirs.&lt;br /&gt;Nous parlons depuis près d’une heure mon ange, et pourtant cette roseraie est un désert. Dans mon esprit joyeux ma plume vous écrit avec allégresse. Mais lorsque je lève mon regard du feuillet noirci, il n’y a parmi les roses que la poussière des allées desséchées, et ma solitude qui monte en bourrasques fauves. Je parcours les chemins avec une grande application, tâchant de relever au passage tous les détails qui pourraient vous intéresser. Je vous fais part de mon projet d’exercer prochainement cette activité de manière professionnelle. Je me sens devenir un excellent visiteur de roseraie. Amplement supérieur aux mille badauds qui traversent les fleurs sans vous, et posent machinalement leur nez sur des pétales au hasard. Certainement le gouvernement aimerait à rémunérer une telle activité. En effet, à quoi bon planter le cœur de nos villes de telles splendeurs fleuries, si aucun homme ne sait rendre hommage à la poésie de ces lieux. Dès mon retour je postulerai, voilà qui est dit. Voici une activité respectable pour un jeune homme sensible. Sans doute m’épouserez vous bientôt si j’obtiens cette situation.&lt;br /&gt;Déjà mes pas m’emportent loin des parfums élégants de la roseraie et de vos regards tendres. Je frémis en pensant à l’improbabilité des moments passés. Je pense, jalousement, à la beauté assurée et éternelle de ces bosquets. Qu’en est il de celle, autrement plus rare, autrement plus précieuse, et autrement plus fragile, de votre tendre cœur ? S’il en venait un, semblable au vôtre, chaque année au printemps, dans quelle belle harmonie baignerait alors la vie des hommes… &lt;br /&gt;Mais vous êtes loin déjà mon ange, et pour vous embrasser il me faut trop souvent rêver. Je marche dans les rues et vous vous dissipez. Au coin de chaque rue un trait de votre souvenir quitte mes yeux, des yeux qui s’ouvrent à nouveau sur une réalité sans vous. &lt;br /&gt;Je reviendrai à la roseraie, je vous y attendrai comme un amoureux sage, tortillant dans ses doigts sur un banc solitaire une lettre de vous lui donnant rendez vous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-6121444380191227469?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/6121444380191227469/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=6121444380191227469' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6121444380191227469'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6121444380191227469'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/06/la-roseraie.html' title='La roseraie'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-5326316437188324192</id><published>2010-06-08T14:54:00.000+02:00</published><updated>2010-06-08T14:55:26.867+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Bad Boy</title><content type='html'>Bad Boy&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Part 1 : Hell&lt;br /&gt;Au travers d’un nuage de vapeurs parfumées, &lt;br /&gt;Cachant son regard noir derrière ses verres fumés, &lt;br /&gt;Il massacre sans joie un auditoire en transe,&lt;br /&gt;A coups de lourds soupirs et de tranchants silences. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre ses lèvres filent en filets vaporeux &lt;br /&gt;L’épaisseur de son âme, la noirceur de ses vœux. &lt;br /&gt;Enfumant un donjon qu’il habite placide, &lt;br /&gt;Il en emplit les douves de ses regards acides.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pour eux ce bon à rien s’emmure dans sa niaiserie,&lt;br /&gt;Ces brumes obstinées font suffoquer sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils n’attirent que les mouches, leurs faux amours amers, &lt;br /&gt;Il leur préfère cent fois leur désaveu sincère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car les fumées opaques, les murs nauséabonds&lt;br /&gt;Qui s’élèvent autour de ce mauvais garçon, &lt;br /&gt;S’envolent du bûcher de ses rêves perdus.&lt;br /&gt;Condamnés à la flamme par ses désirs fiévreux,&lt;br /&gt;Et par le tribunal des conformes vertus,&lt;br /&gt;Ce sont ses idéaux qui flambent avec eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Part 2 : Escape.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Filant dans sa voiture, fumant des idées fixes,&lt;br /&gt;Des chapelets d’injure s’échappant de son disque,&lt;br /&gt;Il mêle aux rugissements de son moteur furieux&lt;br /&gt;Quelques sanglots ardents qui rougissent ses yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son torse en sueur s’écoulent des peurs bleues. &lt;br /&gt;Parcourant ses artères, battant à son poignet, &lt;br /&gt;Ecrasant la pédale en pesant dans son pied, &lt;br /&gt;La peur prend le volant des mains du malheureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Palpitant à ses tempes en tambours infernaux, &lt;br /&gt;Des essences de lui, en jus trop concentré,&lt;br /&gt;Nectar insoluble dans la réalité,&lt;br /&gt;S’écoule en torrent fier vers son prochain tombeau.&lt;br /&gt;. &lt;br /&gt;Derrière lui l’enfer et ses pattes velues&lt;br /&gt;Déchirent encore parfois la peau de son dos nu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est en équilibre à la surface d’un monde&lt;br /&gt;Qui ouvre sous ses pas des entrailles profondes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En route vers lui même, il est un funambule&lt;br /&gt;Titubant au hasard, fuyant à perdre haleine, &lt;br /&gt;Vers là où il n’est pas, où la vie est sereine,. &lt;br /&gt;Il se heurte parfois aux spectres somnambules,&lt;br /&gt;En filant au travers des plaines de son passé&lt;br /&gt;Il y planta jadis des heures parfumées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ce jardin planté de fleurs incorruptibles,&lt;br /&gt;Il posera sa vie, il dormira tranquille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Part3 : Life&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Désert de sable blanc, voici un bout du monde. &lt;br /&gt;Dans le bleu pur du ciel vole l’ange doré,&lt;br /&gt;Terrassant les démons des abysses profondes,&lt;br /&gt;Il veille sur mes songes et mes jeunes années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre mes jambes nues dansent des traînées blanches.&lt;br /&gt;Face à ce soleil seul qui enfin me défie, &lt;br /&gt;Je recule à pas lents dans un parfait silence,&lt;br /&gt;M’enivrant de lumière dans le jour qui finit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’y brûle mes rétines pour revoir mon enfance, &lt;br /&gt;Et sans me retourner, je marche doucement. &lt;br /&gt;Si je quittais des yeux, le soleil aveuglant,&lt;br /&gt;D’un geste foudroyant me frapperait l’absence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regarde mes pas effacer mes empreintes.&lt;br /&gt;J’arpente à reculons le cours des heures feintes&lt;br /&gt;Remontons encore un peu&lt;br /&gt;Quelques pas encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors contre ton corps s’achèvent marche et fièvre, &lt;br /&gt;Et dans mon cou s’écrivent les lettres de tes lèvres. &lt;br /&gt;Alors les yeux au ciel, guéris de leurs brûlures, &lt;br /&gt;Se baignent dans le bleu d’un ciel sans armure. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’ange trop seul se meurt dans un bleu infini, &lt;br /&gt;Comme cet instant trop court où j’ai croisé tes yeux&lt;br /&gt;Se meurt dans l’infini de ces jours nébuleux&lt;br /&gt;Où seuls mes songes vains me raccrochent à la vie.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-5326316437188324192?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/5326316437188324192/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=5326316437188324192' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5326316437188324192'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5326316437188324192'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/06/bad-boy.html' title='Bad Boy'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-5936881670636431644</id><published>2010-05-30T19:13:00.001+02:00</published><updated>2010-05-30T19:13:43.334+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Laisse dormir le monde</title><content type='html'>D’un monde flasque à l’inertie fainéante s’élève des nuits durant des ronronnements rauques. Il roule lentement dans une nuit pénible, comme roulent les ivrognes le long d’un caniveau. De ce sommeil besogneux montent des longues plaintes, des vapeurs de tortures soufrées et grasses qui expirent par les pores de ce monde fiévreux. Ce sommeil punitif est une thérapie, une peine infligée pour sa propre survie, comme on assommerait un homme dangereux, avant de le droguer pour le neutraliser. De ces sommeils que l’on subit, à quelques pilules de la douleur, ne restent en général que quelques hallucinations torturées, et sur les draps froissés quelques auréoles de sueurs froides. Ainsi glissait le monde, placide dans sa chute libre, s’abîmant avec délectation dans une déchéance douce, édulcorée de morphine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A sa surface s’agitent inutilement des funambules hagards. Leurs yeux vides sont pleins d’insolentes convictions, d’opulentes aberrations obstruant leur vision. En plein devant eux, vulgaire, la conviction d’être important, et la certitude d’avoir un rôle à jouer. La conviction d’exister par le sens du devoir, d’avoir un destin, de ne pas être insignifiant. Chaque matin ils font quelques pas, et le soir, quand la lumière décline, ils parcourent à nouveau à reculon ces quelques pauvres mètres. Ainsi leur vie oscille, inlassablement, au gré du flux et du reflux de leur ambition et de leur contentement. Lorsque la mort approche, ralentit ce pendule. Et puis elle le saisit, excédée par la vacuité de cette agitation, et le fige à jamais dans la glue l’oubli.&lt;br /&gt;Une main devant les yeux, ils décrivent, de leur voix bien trop forte, avec aplomb le monde qu’ils ne voient pas. Tapissant de miroirs les murs de leur vie, se croyant orateurs, ils sont analphabètes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais toi ne t’en fais pas, laisse dormir le monde. Je te croise souvent derrière le décor. tu y marches avec prudence, tu ne rêves pas. Nous partageons les heures sombres loin des projecteurs. Tu tires quelques ficelles parmi ces lourds pantins, une main se lève, une tête se tourne. Mais les yeux sont vitreux et la main est froide. Ton affection encore trébuche sur un mannequin, et depuis les coulisses tu écoutes parfois les déclarations que te font les souffleurs. Leur livret à la main, ils récitent des promesses qui vont mourir plus loin dans la salle endormie, et toi assise en tailleurs sur quelque haut parleur, tu t’enivres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les somnambules ce soir sont tous au cinéma, prisonniers des fauteuil et se gavant d’images. On projette sur leurs paupières des films caloriques qui peinent à combler leur famine d’idées. Bercés par les clichés ils plongent boulimiques dans leurs fantasmes gras. Condamnés sans clémence ils sont à perpétuité des spectateurs éteints.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais toi ne t’en fais pas, laisse dormir le monde, derrière la camera, tu peins la vie des autres. Tu cueilles le présent et l’arranges en bouquets. Tu découpes et tu colles les images du réel et soudain sur ta toile apparaît le futur. Des nuits durant tu inventes des aubes possibles, et j’attends chaque matin de découvrir fébrile celle qui fleurira ce jour. Tu caresses l’écran, où se cognent les sots, bernés par l’illusion, et tu les vois tomber, adossée à ce mur qu’ils prennent pour l’horizon. Alors de ta poche tu sors un crayon et sur l’écran tu traces des fenêtres et des portes. Les foules s’y engouffrent, ainsi va le monde, de gouffres en abysses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde au téléphone laisse des messages impersonnels. Des répondeurs égrainent des mots solitaires qui se noient dans un bruit vague. Ils se moquent des phrases, fiers d’avoir parlé, et se rendorment heureux. Des mots pris par poignées qu’on se jette à l’oreille, comme les enfants se jettent, sur la plage du sable. S’imaginent ils vraiment que des pierres, balancées au hasard s’arrangement harmonieusement en monuments grandioses ? Un à un ils se lèvent, frappés par une idée, et répètent très fort ce qu’ils viennent d’entendre. Les boites vocales affamées se taisent, murées dans le silence. D’autres encore se pendent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais toi ne t’en fais pas, laisse dormir le monde. Et tu tiens dans la main les bandes magnétiques, où viennent expirer ces mots avortés. A travers le plastique transparent de la cassette, tu scrutes les idées. Un à un tu les décolles, tu prends les sons, les mots, les notes, et tu couds lentement des histoires humaines. Seule dans le silence, tu perçois des accords, de lentes mélodies. Tu te balances lentement sur ces cordes sonores, funambule sur l’harmonie tu progresses à pas mesurés. Et peu à peu tu prends confiance, prenant conscience aussi de la fragilité de ton bonheur, de l’improbabilité de ta chance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la nuit dure encore et pour combien de temps ? Dans le silence, dans la pénombre des coulisses, nous nous regardons calmement, enveloppés par les odeurs douces des nuits d’été.&lt;br /&gt;Bientôt une lumière tranchante fendra les paupières de ce monde endormi. Regretterons nous alors ces instants irréels, où nous vivions ensemble dans un monde qui dort ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-5936881670636431644?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/5936881670636431644/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=5936881670636431644' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5936881670636431644'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5936881670636431644'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/05/laisse-dormir-le-monde.html' title='Laisse dormir le monde'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-1850811842794575090</id><published>2010-05-10T10:06:00.001+02:00</published><updated>2010-05-10T10:08:18.624+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Sur les cendres...</title><content type='html'>Sur les cendres…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques guerriers hagards marchent les yeux dissous&lt;br /&gt;Sur les ruines fumantes où meurent leurs combats.&lt;br /&gt;De corps inhabités s’échappent en souffles mous&lt;br /&gt;Les odeurs venimeuses de souvenirs ingrats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les brumes du passé capturent la lumière&lt;br /&gt;Et les guerriers sans but avancent dans le noir.&lt;br /&gt;Avec le dernier corps tombe aussi le soir,&lt;br /&gt;En un long crépuscule agonise la guerre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le corps en rédemption, tremblant de quelque fièvre,&lt;br /&gt;Semble avoir absorbé le chaos des batailles.&lt;br /&gt;De folles rébellions grondent dans les entailles&lt;br /&gt;Qui parcourent les peaux de ces soldats en trève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils marchent sans raison comme ces canards sans tête, &lt;br /&gt;Dans une obstination machinale et abstraite.&lt;br /&gt;La paix sans préavis s’est saisie sans pitié&lt;br /&gt;Des obscures promesses à la guerre chantées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les cendres doucement se déposent au sol.&lt;br /&gt;Au cœur des cuirasses tiédit la fièvre folle.&lt;br /&gt;Alors reprend en eux le tambour infernal,&lt;br /&gt;La danse des guerriers, la triste bacchanale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur un rêve achevé s’ouvrent quelques paupières,&lt;br /&gt;L’aube s’est libérée de son drap de poussière.&lt;br /&gt;L’horizon devant eux s’érode sous le vent,&lt;br /&gt;Le futur s’évapore sous le soleil ardent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les ruines les plus laides se cachent au fond d’eux&lt;br /&gt;Les vrais champs de bataille sont leurs cœurs balafrés.&lt;br /&gt;Sur les landes blessées, suintant un sang haineux,&lt;br /&gt;Le jour nouveau apporte des aubes délavées.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-1850811842794575090?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/1850811842794575090/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=1850811842794575090' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/1850811842794575090'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/1850811842794575090'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/05/sur-les-cendres.html' title='Sur les cendres...'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-3727343292986760760</id><published>2010-04-23T15:06:00.002+02:00</published><updated>2010-04-23T15:06:48.028+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Zoophilie</title><content type='html'>Zoophilie.&lt;br /&gt;Aujourd’hui, je suis saisi d’une virulente conscience journalistique (et d’une flemme assez spectaculaire). Ainsi, j’ai entrepris pour vous un étourdissant voyage aux sources mêmes de la composition écrite. Et de mon fabuleux périples au pays du CE2, j’ai ramené pour vous quelques uns des principes fondateurs de l’écriture, qui devraient garantir cette fois ci un article clair, structuré, et surtout passionnant. Comme je ne veux pas trop déstabiliser mon lectorat en me mettant d’un coup d’un seul à écrire des choses fulguramment intelligentes, je vais appliquer progressivement ces fameuses règles d’or de l’écriture que j’ai pêchées dans mon ancien cahier de composition. Première règle : choisir un thème. J’ouvre mon cahier à la première composition : « décris ta chambre ». Pas moyen, il y a peut être des mineurs parmi les lecteurs, je ne peux pas parler de ma chambre ici. Deuxième composition : « décris ton animal préféré »… Bingo ! &lt;br /&gt;Bon sang mais c’est bien sûr ! Après avoir joué la carte kiwi, je m’en vais te lister joyeusement tous les personnages du règne animal que j’aime et t’expliquer pourquoi ! Je savais bien que cette plongée dans l’école primaire rehausserait le niveau de ce blog… Toujours revenir à la base ! Et toujours bien fermer le blender avant de mixer des carottes. Parceque au bout de 3 ou 4 fois, c’est un peu lassant de passer ses soirées à lécher son repas sur les carreaux de la cuisine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon allez, c’est parti pour mes animaux préférés. Je te les mets pas forcément par ordre de préférence, sauf le premier qui est tellement mon préféré qu’il faut absolument qu’il soit le plus préféré de la liste de mes animaux préférés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors pour moi le roi des animaux, je te le donne en mille, c’est pas cette feignasse de lion jaunâtre qui dort à l’ombre des baobabs. Le roi des animaux c’est l’émeu. Il trône très haut sur mon olympe, et même sur un piédestal sur l’olympe ! Mais pas longtemps parce que l’émeu gigote beaucoup, donc il y a fort à parier qu’avant que j’aie fini d’écrire cette phrase, l’émeu sera tombé du piédestal et dévalera les pentes de l’olympe, les pattes emmêlées autour du cou. Peut être même chantera-t-il des chansons paillardes. L’émeu a la dégringolade musicale, et c’est pour ça qu’on l’aime. On aime aussi l’émeu pour son allure bonhomme, son œil vif et charmeur, et sa morphologie sensuelle à souhait : un gros coussin à plumes, avec trois tuyaux qui en sortent, j’aime le concept. Imagine comme ta vie serait belle si tu avais, comme l’émeu, une troisième jambe à la place tu cou ! &lt;br /&gt;Et puis l’émeu, comme toutes les nobles créatures de ce monde, tire sa splendeur de sa manière d’être, qu’il hisse au niveau d’art de vivre. Son credo : j’avale. J’avale les ananas entiers, j’avale le paquet de pop corn en entier avec le plastique, j’avale le sac à main avec la petite vieille qui y est accrochée (c’est pourquoi il n’est pas rare d’entendre un « tu veux mon doigt !! » sortir du ventre d’un émeu lorsqu’on se cure le nez dans un zoo). Si Zola avait son « j’accuse », l’émeu a son « j’avale ». Quand j’étais petit un émeu avait avalé mon bras droit jusqu’à l’épaule alors que je lui tendais gaillardement un pop corn. La main dans son estomac, j’avais récupéré une montre, un parapluie (ouvert) et une selle de vélo presque neuve et une roue de secours pour mon tracteur. &lt;br /&gt;Et puis l’émeu est romantique (avec un nom pareil, forcément), et se livre au printemps à des parades amoureuses qui n’ont pas manqué d’inspirer les candidates du « bachelor ». Comme tu l’as compris, l’émeu a le siège du QI bien implanté dans la panse. Le reste suit. La parade de l’émeu consiste en une course effrénée dans la savane (ou dans ta cuisine, mais je ne conseille pas d’avoir un émeu en appartement), caractérisée par de brusques et aléatoires changements de direction (tu comprends le lien avec le bachelor). Sauf que la tête, nonchalamment perchée sur un cou de 148 vertèbres, n’est guère informée des décisions prises au niveau du cerveau stomacal de la bestiole. Donc elle suit comme elle peut, avec pas mal de retard… Mais comme ça l’amuse beaucoup (et ça t’amuserait aussi, d’être un peu  bousculé dans la savane par un émeu, avoue le, coquin), l’émeu affiche un air hilare, et d’enthousiasme, il bat des ailes frénétiquement, façon « i beleive i can fly », ce qui n’est pas vrai du tout. Comme dit un vieux proverbe russe bien connu des danseuses classiques : « entre avaler des pneus de tracteur et s’envoler avec légèreté, il faut parfois choisir ». L’émeu a choisi, il avale. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant je dois confesser un rapport assez malsain avec cet animal merveilleux qu’est le lapin. Pour preuves, ma fascination pour le film « house bunny » (« super blonde » en français), et mon tatouage playboy sur la fesse gauche. J’ai en général peu de pitié envers les animaux qui ont un potentiel de manteau intéressant. Un chinchilla, par exemple, j’ai du mal à l’approcher sans m’en faire un manchon… Mais les lapins non. Et me cause même pas de civet. Il faut dire que le chinchilla est une sorte de patate velue (du genre de celles qui ont passé 6 mois dans le fond de mon frigo) qui passe ses journée à dormir dans un bac à sable. Il a l’air tellement plus épanoui sur le dos d’une actrice glamour… Le lapin est mignon. Il sautille maladroitement sur le parquet ciré de mon salon, s’évertuant à parcourir 50 cm tellement ça glisse avec ses patounes poilues… Et moi ça m’attendrit pendant que je le filme dans sa galère. &lt;br /&gt;Je n’ai plus de lapin chez moi. C’est beaucoup trop dur émotionnellement d’envisager leur disparition. Et puis il faut engager des pleureuses (souvent syndiquées), organiser le cortège funèbre jusqu’au panthéon, payer le discours de Frédéric Mitterrand… Bref je ne peux plus. Mon premier lapin vivait en collocation avec un hamster qui le raquettait. La nuit il venait lui voler ses graines. Le lapin était tellement stressé qu’il en a perdu tous ses poils. Il ressemblait à une gambas. Et moi j’avais beau sermonner le hamster, rien n’y faisait. Mon deuxième lapin j’ai bien peur qu’il n’ait pas beaucoup aimé  quand j’ai vidé une bombe de baygon sur une mouche, en oubliant complètement qu’il était juste à côté… Bref le destin m’indique clairement que je ne suis pas fait pour avoir un lapin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite je dois dire que j’aime assez les ratons laveurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, ça c’est dit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis les blaireaux aussi je kiffe bien. Là j’ai une histoire à te raconter. Le blaireau, qui est un animal pataud, débonnaire et furibond (fallait vraiment que je fasse un article sur les blaireaux pour écrire tous ces adjectifs à la suite), et qui porte un maillot du PSG et fait de la randonnée à Jersey en portant un sac Quechua, a contre toute attente des mœurs nocturnes qui méritent qu’on les décrive. &lt;br /&gt;Donc le blaireau, la nuit, ne dort pas. Non, il ne ronfle pas non plus, même si je suis certain qu’il grogne beaucoup. La nuit, il parcourt sans relâches et à pleine vitesse un circuit dans la nature, dont le rayon atteint fréquemment plusieurs kilomètres. Il n’est pas un blaireau pour rien non plus. Tu comprends le côté randonneur de Jersey… Et en bon randonneur consciencieux, le blaireau ne s’écarte JAMAIS du sentier balisé démarqué par les marques bleues, ou le cas échéant, par ses traces d’urine (on fait pas trop ça à Jersey, ou alors seulement on sort d’un pub). Mais alors il ne s’en écarte pas de 50cm. Blaireau un jour, blaireau toujours. &lt;br /&gt;Et un beau jour, mes parents, qui vivent dans l’arrière pays sauvage de la bretagnie occidentale, ont constaté qu’un blaireau parcourait (et ravageait) chaque nuit leur verger. Ils ont promptement déduit que Dieu leur avait imposé le passage d’un circuit de blaireau (pourtant d’un rayon de plusieurs kilomètres) pile sur leur verger. Pas de chance… Que faire ? &lt;br /&gt;Mon père, qui est ingénieur, et qui connaît très bien les blaireaux, ce qui n’a rien à voir avec le fait qu’il est inscrit à l’association de quartier mais quand même un peu, a eu une idée lumineuse. Il a posé un grillage pile sur la trajectoire du blaireau, à l’entrée du jardin. Pas un grand grillage, non, à peine plus large que la largeur d’un blaireau moyen. Hé bien ça n’a pas raté. Le lendemain matin, pas de trace de blaireau dans le verger. En revanche le grillage était défoncé, avec une bosse en forme de crâne de blaireau. Le blaireau avait foncé droit dans le grillage, et l’idée de le contourner ne lui effleurant même pas l’esprit, il avait rebroussé chemin. Du coup il a pris sa carte IGN dans son sac Quechua, et il est allé randonner plus loin, dans le verger des voisins sans doute. Depuis, j’adore les blaireaux. J’aime les créatures obstinées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut aussi que je t’avoue un penchant pour les belettes. &lt;br /&gt;Quand j’étais petit, mes grands parents avaient un poulailler. Et ils n’arrêtaient pas de raconter des histoires de belettes, toutes plus terrifiantes les unes que les autres. « La belette a encore égorgé 3 poules », « La belette a tordu le cou a une oie », « la belette a décimé un troupeau de mouton », « la belette a dévoré ma plus belle vache et a déposé la carcasse dans mon lit »… Bref la belette c’était une créature mythique et terrifiante, qu’on ne voyait jamais, maligne comme le dernier fils d’un paysan, celui qui fait des coups en douce (celui qui n’est pas brave, mais qui est malin quand même). Et tellement transformable qu’elle pouvait passer dans tous les interstices de ta maison. Limite dans un trou d’épingle elle passait (ce qui terrifiait ma grand-mère qui se voulait couturière).&lt;br /&gt;Alors quand j’ai été plus grand - je crois que c’est en mars 2008 que j’ai grandi - , intrépide jeune homme que je devins, j’ai enquêté sur les belettes et je suis allé au parc des bois pour essayer d’en voir une. Hé bien je n’ai pas été déçu. Entre quelques carcasses d’enfants (c’était peut être des branches mortes), une énorme belette (ou peut être mesurait elle une vingtaine de centimètres), rodait menaçante en jetant des sorts aux passants (ou peut être jouait elle guillerettement avec ses petits). Et puis j’ai été déçu quand même, elle n’égorgeait pas vraiment des vaches mais mangeait plutôt des limaces en général. Ce qui en soi est admirable je vous l’accorde. &lt;br /&gt;Mais qu’importe, la valeur des êtres est dans les yeux des autres, et une créature mangeuse de limace qui parvient à terrifier un peuple (aussi jurassien et paysan soit-il), a toute mon estime et mon admiration. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aime beaucoup le rat musqué par principe, parce qu’il est arriviste. C’est quand même rien qu’un vulgaire rat, et il arrive à finir dans un joli manteau… Encore une belle preuve d’obstination. Pour un rat, c’est quand même plus glorieux de crever dans un manteau de fourrure que dans une poubelle… C’est vrai pour nous tous d’ailleurs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chouette des neiges a aussi mes faveurs. C’est un animal très fainéant qui a développé une extraordinaire souplesse du cou juste pour ne pas avoir à bouger le reste de son corps. Nous au zoo on lui lançait des trucs pour la faire bouger, mais rien n’y fit. On soupçonne même un peu que les gens du zoo l’avaient collé à une branche pour pas qu’elle s’en aille. C’est aussi un des seuls oiseaux qui porte des moonboots. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense qu’il serait assez juste que je mentionne également le Coati dans cette chronique. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une sorte de gros hamster au poil très rêche, avec un nez de cochon. Et cette splendide créature à la grâce de sylphide (bien bourrée la sylphide, mais ça arrive) est extrêmement friande de pop corn. Du coup gros potentiel d’interaction débile avec le Coati, qui entre en transe quand il flaire un pop corn à 200 m. Et alors là ils se jettent dans la boue, font des pyramides pour atteindre le pop corn qu’on leur tend, construisent de petits hélicoptères avec des feuilles mortes pour s’échapper de leur cage (rassurez vous, ça ne marche jamais, mais c’est cool de les voir essayer) et bloquent l’espace aérien en provoquant des éruptions de volcans islandais. Très divertissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, quelques mots sur les animaux que je n’aime pas mais alors pas du tout : les animaux aplaventrés, trop malins ou trop loyaux, comme les chiens dits « intelligents ». Bergers allemands en tête, surtout ceux avec des poils longs sur les cuisses, et qui trottinent toute la journée avec la langue qui pendouille. Yerk ! Je n’aime pas non plus les animaux soi disant dangereux, mais qui en fait ne font rien de la journée… Jamais un lion ne m’a piqué mon pop corn au zoo. Un émeu ou un coati, c’est très fréquent. La prochaine fois je demanderai une carcasse d’antilope à l’entrée du zoo à la place du pop corn. Et une brouette pour la trimballer. &lt;br /&gt;A moins que je ne loue une antilope vivante, et que je fende le vent des savanes sur son dos, cheveux au vent, chemise ouverte, Meryl Streep en croupe, poursuivi par un lion ou un émeu en émoi…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-3727343292986760760?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/3727343292986760760/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=3727343292986760760' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/3727343292986760760'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/3727343292986760760'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/04/zoophilie.html' title='Zoophilie'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-2390703310722745991</id><published>2010-04-16T15:47:00.000+02:00</published><updated>2010-04-16T15:49:20.102+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Safari'/><title type='text'>Fuck ze sentier côtier</title><content type='html'>Vous commencez à me connaître, je ne suis pas du genre à publier des articles incompréhensibles, futiles, ou encore faisant référence à des faits non véridiques… Loin de moi aussi l’idée de vous soumettre des écrits vaguement nébuleux au formalisme purement égocentrique et élitiste. Vous le savez, mon blog est un exemple d’accessibilité journalistique. Et comme tout blogueur qui se respecte, je ne traite que de sujets qui concernent mon lectorat au quotidien (loin de moi l’idée de vous faire perdre du temps), tels que l’épilation des kiwis, la castagne en roller et en mini jupe, ou la caleçon Star Wars. Je vais donc une fois de plus produire sous vos yeux ébahis -et sans augmentation abusive du prix des places- un nouveau chef d’œuvre de composition journalistique, qui va simplifier ton quotidien, ouvrir ton smoky eye sur le monde extérieur, et surtout, ce qui est remarquable, m’occuper pendant une portion non négligeable de ce long vendredi qui me sépare cruellement du week end. Voici donc un article intensément journalistique, dans la limite des neurones disponibles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, je m’en vais gaillardement te conter (quand on aime, on ne conte pas, et vous ne contez pas pour moi) mon escapade pas si bucolique à Jersey-sur-manche. Enfin Jersey c’est un peu trompeur, je devrais dire le ville de Saint Hélier à Jersey-sur-manche, voire la rue principale et l’hôtel de luxe de la ville de Saint Hélier à Jersey-sur manche. Je vais de ce pas vous expliquer pourquoi mon intégrité journalistique m’impose de pinailler à ce point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’imaginaire collectif (qui à mon avis n’est rien d’autre qu’un désert stérile où rôdent quelques chacals mal éduqués), l’île de Jersey est un éden préservé pour les amateurs de nature, de randonnée, de cotes sauvage, d’air pur, de jardinets fleuris et de terroir authentique. Je ne me l’explique toujours pas. Pourtant les faits sont là. Samedi matin, titubant à moitié éveillé avec ma chère sœur dans la salle d’embarquement de la gare de ferry de Saint Malo, à 7h du matin, force était de constater que la foule qui nous entourait n’était pas particulièrement parée pour arpenter les tapis rouges du palais des festivals. Pantacourts beiges ou marrons, vestes polaires aux couleurs intrigantes (parfois pastelles), chaussures de randonnée, sac à dos, tente, camping car portable et lave vaisselle à énergie solaire… Le tout scandaleusement tamponné d’insignes « Quechua »… J’en ai même vu un avec un bob. &lt;br /&gt;Qu’on aime les côtes bretonnes, je me l’explique, c’est mignonnet à souhait. Mais pourquoi que Jersey ce serait si exotique ? Après tout c’est à 20km à tout péter des côtes de normandie… Alors pourquoi les bretons payent une traversée et un changement de pays juste pour voir leur côte mais à l’envers, ça me dépasse un peu. Ou alors on leur a offert un équipement « Quechua » à Noël et ils savaient pas où le porter… &lt;br /&gt;Parceque quand même à Jersey, la partie la plus sauvage, c’est le zoo, et c’est tant mieux. Très joli zoo d’ailleurs, un peu dépourvu d’émeu mais ne manquant pas de gorilles, où les lémuriens s’ébattent en liberté. C’est une joie de chaque instant de les pourchasser au lance pierre pour s’en faire des chapeaux. Mais pour le reste, c’est assez densément construit de villas de luxe. Et pour le côté terroir, la chose la plus glamour sur Jersey, c’est la vache. La fameuse « jersey cow » qu’on a estampillée sur chaque produit contenant une trace le produit laitier. &lt;br /&gt;Toi qui connais mon amour du terroir et de la randonnée, tu as bien compris que je m’apprête à écrire un vaste éloge à cette île merveilleuse où, bien loin des étendues désertiques et des petits magasins authentiques, tout n’est que rue commerçante, centre commercial, débit de boisson et spa pour sirènes… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Afin que tu comprennes bien le vrai visage de cette île merveilleuse, il faut bien de mettre dans la tête que Jersey n’est pas un paradis sauvage et préservé, mais un paradis fiscal et urbanisé. Et c’est pour ça qu’on y va en fait. Parce que en ce qui me concerne la chasse au colibri et le recensement des différentes espèces d’artichaut sauvage, je l’ai fait une fois en classe verte en CE1 et ça m’a suffi. Donc comme c’est un paradis fiscal préservé des impôts nocifs qui détruisent l’habitat naturel des riches, et ben les riches vivent et se reproduisent (mais pas trop, c’est ça qu’est bien, petit taux de grumeau) en toute tranquillité. Donc ils construisent tous ces édifices remarquables dans lesquels leur société s’épanouit : banques top modernes en verre, centres commerciaux, bars branchés, hôtels de luxe. Et puis pour ne pas abîmer leurs chaussures de riches (ou parceque leurs os n’ont pas résisté au régime alimentaire très particulier de ce paradis terrestre –voir plus loin-), nombre d’entre eux se déplacent dans de petits véhicules motorisés, croisement entre la voiturette de golfe et la trottinette à réaction. Evidemment il y a des accidents, et c’est ça qui rend ces gens si attachants. &lt;br /&gt;L’autre conséquence de la fiscalité paradisiaque, c’est que dans le ferry qui flottille gentiment jusqu’à Jersey, il y a une boutique détaxée. Où tu trouves tous les trucs pas trop bons pour ta santé mais extrêmement splendoyant pour ton moral, que sont les clopes, les cigares, la niaule concentrée, les chocolats anglais, et les produits de beauté (qui eux sont bénéfiques pour tous les aspects du règne humain). Du coup avant même que la main de l’homme mette le pied sur Jersey, elle peut commencer à faire des affaires sérieusement. Et le commerce là bas ça rigole pas, puisqu’il y a presque autant de banques que de pubs, ce qui n’est pas peu dire. Le piège est de remplir son sac avant de débarquer, et de se trouver fort dépourvu lorsque Top Shop sera venu… En parlant de remplir son sac, je ne comprends toujours pas pourquoi sur les ferries on n’enferme pas tous les gens qui vomissent dans un parc étanche. Un peu comme on a fait avec les fumeurs à une certaine époque. D’autant que le vomi je trouve ça nettement plus incommodant que la fumée de clopes. Parceque là, comment dire, je veux bien être indulgent, mais il y avait à côté de nous une dame qui dormait. Et l’air de rien elle s’est réveillée exprès pour vomir. Elle est restée 10 minutes la tête dans son pochon à se vider de ses propres tripes, avant de se rendormir comme si rien n’était. Autant dire qu’avec ma sœur, nous on était drôlement offusqués. Mais au bout de 3 minutes on s’est habitués, et on a commencé à filmer la dame pour qu’elle se souvienne longtemps de son voyage à Jersey. Et ensuite, pour l’exemple, nous l’avons jetée par-dessus bord, dans les remous juste derrière les turbines. On sentait ben qu’elle avait besoin de prendre un peu l’air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref au bout d’un court moment de shopping détaxé, le sac empli de bouteilles de gin et de paquets de shortbread, on débarque sur l’île. Et là c’est beau il y a un port avec des yachts, et tout autour un mélange de belles banques en verre et de façades de pub typiques. Et au milieu il y a un magnifique bâtiment tout rutilant et outrageusement classieux : notre hôtel. Le « Royal yacht club » rien que ça madame. Et là on a encore beaucoup moins bien compris les gens qui vont faire du trecking avec leur sac quechua, parceque cet endroit est tellement parfait qu’on a presque hésité à en sortir pour aller faire les magasins… Le personnel est aplaventré à souhait, et on s’est bien amusés à faire venir 4 fois le groom dans la chambre pour qu’il change les piles de la télécommande du lecteur de DVDs. Comme on avait trouvé un DVD qui ne marchait vraiment pas, ils nous ont donné libre accès aux films à la demande ! Du coup on a tout téléchargé leur base de donnée de films de cul… Mais le mieux dans cet hôtel, c’est le spa « sirène ». Là c’est le délire total. Tout est parfumé, mis en musique, à température parfaite, et tu évolues en flottant comme dans du coton ouatifié… Même il y avait une super douche qui te faisait les pluies de toutes les mers du monde, avec iodisation bienfaiseuse, vents violents, cris de mouettes, jet d’algues et surfeurs sortant de l’eau. Et il y avait même un effet « xinthia », qui consistait un grand baquet d’eau froide pendu au dessus de ta tête que tu peux renverser en tirant sur une cordelette (comme un moine sonneur de cloche, mais en maillot de bain, et plus musclé bien sûr). Et puis il y avait tout ce qu’il faut niveau saunas, hammams, pour rendre ton corps musculeux luisant à souhait sous l’effet de ta virile transpiration (oula, phéromones…).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au bout d’un moment, quand on avait plus rien à transpirer, on s’est quand même décidés à sortir dans les rues pour échanger notre argent contre de la beauté. L’avantage à Jersey, c’est qu’il y a une rue, qu’elle fait 300m, il que dans cette rue il y a tous les magasins de Londres. Top Shop (où j’ai acheté un tshirt « i love ur mum » avec une femme à poil dessus), New Look (où j’ai acheté un jean parfait et un Tshirt Power Rangers qui va très bien avec mon caleçon et ma casquette Starwars), tout une tripotée de department stores (où j’ai acheté une eau de toilette Prada à un prix jouissif, re-phéromones), et puis il y a Boots… Qui est une sorte de supermarché de la beauté et de la drogue. Alors ma sœur et moi on y a rempli un semi remorque chacun, avec des après shampoings, des crèmes, des vitamines (le premier qui me trouve une carence je le bute), et des médicaments. Moins d’un centime le comprimé de paracétamol 500mg, moi ça me fait rêver. Du coup j’en mets partout, dans mes céréales, dans mon café… Et je plane. L’ibuprofène est à peu près au même prix (ce qui tombe bien puisque ça fait 6 mois que je danse sous anti-inflammatoires). Pas de réduction sur le DHEA en revanche. On reviendra pour les soldes. Autant dire qu’après 2 magasins il fallait retourner à l’hôtel pour déposer nos sacs, et que nous avons loué une caravane de chameaux pour les transporter jusqu’au port le dimanche soir. &lt;br /&gt;Et puis parmi les magasins, il y a Marks and Spencers, où on fait des stocks de chips au vinaigre et de boissons au gingembre pour tenir le coup tout au long de la journée. Voilà qui me permet de transitionner vers le chapitre « british way of life » de mon article ! C’est bien connu, l’Angleterre est le pays de la gastronomie raffinée. Donc le matin en arrivant à l’hôtel de rêve, on a commencé par avaler un english breakfast léger : breakfast tea qui décape ta cuillère, toasts et marmelade, Jersey butter, galettes de patates, bacon and eggs, beans, tomates cuites, et quelques tranches d’une sorte de gros boudin noir. Et pour décorer il y avait aussi des muffins je crois. Ensuite on carbure à la chips au vinaigre jusqu’au moment où, selon la loi des vases communicants, les magasins se vident et les pubs se remplissent. Alors ma panse à son tour se remplis de strongbow cider, qui n’est pas trop du cidre, mais plutôt une bière quasi solide à effets hallucinogènes prononcés. Du coup j’ai vu apparaître des escadrons de filles en mini jupe, collants résilles, et débardeur décolleté sous les nibards, alors qu’il faisait 2° à tout péter. Ensuite ma sœur a confirmé qu’elle avait bien vu les mêmes, alors on a passé la soirée assis sur un banc à regarder passer les escadrons de pétasses. Et c’était bien. Evidemment ça nous a donné faim. Alors nous nous sommes régalés de la fameuse spécialité gastronomique de l’île : les frites sauce curry couvertes de fromage fondu et de vinaigre. Notre bonheur atteignait des niveaux paroxystiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, avec beaucoup trop de détails, de lourdeurs stylistiques et de longueurs, le résumé de notre week end à Jersey… Evidemment nous ne pensons qu’à une chose : y retourner pour le début des soldes. Tu viens avec nous ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au niveau des actualités diverses et palpitantes qui ponctuent chaque instant de ma vie trépidante, sachez que notre super-production familiale sera sur scène le premier mai, qu’il y a de la danse, du théâtre, de la musique, des vidéos, du pop corn, un émeu qui jongle avec des faux, et une femme à barbe polyglotte (c’est la femme qui est polyglotte, pas la barbe). Tu me crois pas ? Ben ramène toi le premier mai. Si tu veux savoir où tu me laisses un message.&lt;br /&gt;Entre temps tu devrais aller voir « tout ce qui brille ». Et après tu parleras caillera pendant 1000 ans, tu feras une face de paon qui a trop mangé, et tu chanteras « chanson sur ma drôle de vie » dans le métro. Et puis tu peux aller voir Julien Doré (rapport à tout ce qui brille rolala que je suis drôle !), qui est fort charmant dans « ensemble nous allons vivre une très très grande histoire d’amour ». Surtout quand il joue du tambourin en costume traditionnel. &lt;br /&gt;Allez sur ces bonnes paroles, moi je vais aller à mon cours de hip hop. Jt’ai dit chui trop un bad boy maintenant. Ouais kes tu m’embrouilles là, c’est toi l’baratineur. Allez retourne tartiner chez ta mère.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-2390703310722745991?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/2390703310722745991/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=2390703310722745991' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2390703310722745991'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2390703310722745991'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/04/fuck-ze-sentier-cotier.html' title='Fuck ze sentier côtier'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-9138633208789295898</id><published>2010-04-09T15:46:00.000+02:00</published><updated>2010-04-09T15:48:36.968+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Auprès de quelques diables</title><content type='html'>Auprès de quelques diables j’ai pavé les enfers&lt;br /&gt;D’intentions délicieuses qui mouraient au matin.&lt;br /&gt;S’étranglant de désir sous le feu de mes mains,&lt;br /&gt;Elles échauffaient ma vie de braises éphémères.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auprès de quelques Saints j’ai pensé entrevoir&lt;br /&gt;Loin au-delà des nues les lueurs de l’espoir.&lt;br /&gt;Laissant sur le chemin mes émaux et mes ors,&lt;br /&gt;Je n’atteignis jamais ces tristes sémaphores.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auprès de vos fantômes, serpentaient à mes pieds&lt;br /&gt;Des chaînes torturées, de lourds amants blessés,&lt;br /&gt;Qui de leurs cris plaintifs écorchaient notre joie,&lt;br /&gt;Et faisaient un calvaire de chacun de mes pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auprès de mes chimères j’ai aimé m’enivrer.&lt;br /&gt;Mais mes joyeux compères se sont évaporés.&lt;br /&gt;Me laissant m’assécher au creux d’un caniveau,&lt;br /&gt;Mon crâne déserté me faisait un cachot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auprès de mon miroir j’ai repeint mon visage,&lt;br /&gt;Dessinant chaque jour les traits d’un personnage&lt;br /&gt;Qui s’effaçait au soir lorsque ma lourde main&lt;br /&gt;Massacrait au coton son œuvre du matin&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auprès d’un oiseau gris, qui portait sur ma vie&lt;br /&gt;Une ombre sans sursis, j’ai parcouru l’oubli.&lt;br /&gt;Ses yeux de charognard ne quittaient pas ma trace&lt;br /&gt;Alors que s’étiolait mon enveloppe lasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auprès de vous mon ange je me suis aperçu.&lt;br /&gt;Dans l’ombre de vos ailes j’aimais voyager nu.&lt;br /&gt;Mais pourquoi votre amour, à ma vie si précieux,&lt;br /&gt;Doit-il prendre l’exil, lorsque j’ouvre les yeux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Auprès de quelques diables, j’ai joué les amoureux,&lt;br /&gt;Et quelques mots exquis courraient sur mes errances. &lt;br /&gt;Mais les diables fiévreux dansaient de folles danses,&lt;br /&gt;Et jamais n’ont séché les larmes de mes yeux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-9138633208789295898?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/9138633208789295898/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=9138633208789295898' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/9138633208789295898'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/9138633208789295898'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/04/aupres-de-quelques-diables.html' title='Auprès de quelques diables'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-1724137022883341005</id><published>2010-03-13T01:32:00.001+01:00</published><updated>2010-03-13T01:32:49.118+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Même joueur, joue encore.</title><content type='html'>C’est une nuit comme les autres, c’est une nuit comme il y en a beaucoup dans chaque vie, une nuit plus ou moins longue, plus ou moins élastique. On y navigue aveugle, entre les longs déserts brumeux et les turbulences fiévreuses, entre la douce anesthésie de ces heures sans rêve, et les tumultes des chimères qui, nous tenant par le poignet, hurlent dans nos oreilles des histoires sans prétexte. Tant de langages étranges y restent incompris. Dans ces marasmes indistincts où nous flottons hagards, percent parfois au loin des lueurs suicidaires. Inconscientes et joyeuses elles vacillent sur leurs estrades, et leur joie crue transperce l’obscurité. Rires cristallins à la pureté fragile, elles surnagent en rampant dans les marais obscurs jusque sous nos paupières et emplissent nos crânes.&lt;br /&gt;Elles sont alors pour nous ce qu’on ne peut décrire, de ces beautés qui dépassent les mots et en cela elles deviennent espérance, l’espérance d’un possible nouveau qui surpasse le réel, qui surpasse ce qui fut jusqu’alors songé. Elles sont une ouverture dans le rideau lourd et épais de notre esprit, elles sont le phare qui promet dans l’éloquence de sa lumière un sol ferme à la portée du marin. Pour tous ces misérables que nous sommes tous un jour, perdus dans les flots sombres de la nuit délirante, il suffit de très peu pour que le cœur s’emballe. Pour une allumette on détourne son chemin, et chaque éclat est celui d’un joyau. D’allumette en allumette, de chimère en chimère, se fait la course d’une vie, d’une vie dans la nuit.&lt;br /&gt;Pour un instant, si près de la flamme, insectes éclairés nous dansons tous autour de bulbes phosphorescents. Dans un halo de douce chaleur, nous nous prélassons paresseux, envoûtés par des drogues menteuses. Et nous dansons comme dansent en été les ivrognes, ivres de moiteur et de chaleur, gorgés de rhum blanc, de lumières jaunes et de désillusions. Dans un bonheur visqueux comme une mélasse, nous oublions le pourquoi du voyage. Et nous confions aux nouvelles déesses le lourd fardeau de notre vie. Et cette flamme dans la nuit, cet espoir vacillant, consume nos bagages en un brasier troublant. Des murs de fumée noire surmontent les flambées claires, et ces nuages opaques de passé incinéré épaississent plus encore le noir de la nuit. Et nous dansons encore, heureux d’être aveuglés, heureux d’être éblouis, heureux d’être enfin ivres. L’errance part en fumée, et nous nous convainquons, nous nous promettons d’habiter désormais cette adresse chimérique.&lt;br /&gt;Mais la splendeur des nuits au gré d’un souffle triste s’éteint sans alarme. Son absence qui s’impose en silence est le sombre écho de sa grandeur passée, assourdissant. Les insectes perdus s’entrechoquent hagards, s’excusant, étouffés dans leurs sanglots, cherchant en eux un mot qui rapprocherait leur détresse d’un sentiment connu. Alors dans l’odeur âpre d’un souvenir de fête, reprend l’errance insignifiante. Et leur route est une chaîne, maillée de ces sombres sursauts, se balançant dans une jungle immense de lueur en lueur, de néon en néant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est le lot des yeux trop sensibles, leur chance et leur misère, d’être éblouis à la moindre lueur. Augmentant à chaque prise la dose nécessaire d’un héroïsme frelaté, ils collent leur front aux phares des voitures, cherchant incessamment des flashs plus foudroyants.&lt;br /&gt;Au gré des chimères, au gré des lumières alors que les années s’entassent comme des mouches dans un recoin de nuit, ces douces illusions se font plus vénéneuses. Se balançant sans cesse, entre les délices de l’addiction et les tortures du manque, le sucre de ces sémaphores prend un goût de poison. Les sirènes aux jeunesses innocentes se font perverses alors qu’elles enfilent en colliers désolants leurs crimes comme des perles. Le joueur sent dans son dos respirer la conscience de son addiction, et la vacuité de ses joies qui rit de son malheur. Ce ne sont que des images, des bonheurs projetés. La pulpe de ses doigts caresse une peau froide à texture de parpaing, et il embrasse des beautés plates, projetées sur des murs gris de béton brut. Et puis la lumière s’éteint à nouveau, la silhouette du bonheur s’est enfuie sans même laisser d’ombre. Pas un parfum dans l’air, pas d’empreinte sur sa peau. Et sur cet autre mur s’allume un nouveau film, plus lumineux, et il court à perdre haleine vers ces vertes prairies projetées sur la palissade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis un jour, un matin sans prévenir, arrive l’aube vierge, et l’on voit un chemin se tracer devant soi, avec la beauté calme des évidences honnêtes. On se dit dans un soupir de soulagement «c’est par là ». On aligne son regard, on aligne son visage et son corps tout entier vers ce chemin net, et on se met en route sans se poser de question. On ne sait jamais, la nuit pourrait tomber à nouveau. A nouveau la nuit tombera, à nouveau les chimères danseront devant nos yeux, à nouveau nous serons faibles et nous les suivront, et nous apprendrons de nous-mêmes mais à nos dépends. Cheminons promptement donc, tant que la route est claire, pensons à tous ces voyageurs aux buts ahurissants, mais à qui le destin à volé le chemin, et hâtons nous, enthousiastes, sur ces routes qui s’offrent à nous.&lt;br /&gt;L’agitation qui décante lentement se dépose sur le sol, comme se déposent le soir les vêtements au pied du lit. Et gracieusement, les pieds nus dans la lumière du matin, on prend la route. Un dernier soupir débarrasse nos poumons des vapeurs opiacées des chimères nocturnes. Dans notre dos, nous entendons à peine les murs qui s’effondrent et les chants des ivrognes. Nous cheminons sereins.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-1724137022883341005?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/1724137022883341005/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=1724137022883341005' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/1724137022883341005'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/1724137022883341005'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/03/meme-joueur-joue-encore.html' title='Même joueur, joue encore.'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-6810626368628234791</id><published>2010-03-13T01:29:00.002+01:00</published><updated>2010-03-13T01:31:59.656+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ca se gâte...'/><title type='text'>Be italian</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_mupIVJbjvuU/SxC4Y1dqJ9I/AAAAAAAAAPY/4ewRliqnxZA/s1600/Kate+Hudson+-+Cinema+Italiano+%28FanMade+Single+Cover%29+Made+b+kelpich25.png"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 538px; height: 534px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_mupIVJbjvuU/SxC4Y1dqJ9I/AAAAAAAAAPY/4ewRliqnxZA/s1600/Kate+Hudson+-+Cinema+Italiano+%28FanMade+Single+Cover%29+Made+b+kelpich25.png" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Comme décidément, je n’ai pas grand-chose de mieux à faire, comme décidément, je prends un certain plaisir à vous faire perdre votre temps et comme décidément, je n’arrive pas à faire quoique ce soit de plus intelligent avant d’avoir avalé un hectolitre de café serré, je viens vous coller une de mes chroniques débiles mais affectueuses, comme on collerait une petite tape au fessier d’une jolie demoiselle que vous êtes forcément en cette saison. Hé oui, la chronique débile que vous vous préparez inexplicablement à lire s’intitule « be italian ».&lt;br /&gt;Donc il va y avoir de la frime, de la mode, de la crème glacée, du clin d’œil, du sourire en coin, de la mozarella, de la dragouille vaguement grossière et du parmesan. Remarquez, cette définition pourrait s’appliquer à nombreuses de mes publications… Que voulez vous, j’ai ça dans le sang. Un quart de mon sang pour être précis. Donc je ne mettrai du parmesan que sur un quart de mes chroniques. Pour la frime et la dragouille vaguement grossière, j’en mets partout, parcequ’avant d’être italien, je suis quand même un couillon infréquentable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les plus fins observateurs de mon profil facebook, ou ceux qui subissent avec exaspération la diffusion automatique de mes publications sur leur mur, auront remarqué que l’habillage saisonnier de ma personne virtuelle (j’ai vendu mon avatar à la science, j’ai donc du en créer un nouveau sur facebook), est aux couleurs de l’Italie. Comme j’y suis allé 2 fois dans ma vie, que je ne parle pas Italien, j’ai construit cet habillage sur de grossiers clichés, ce qui est beaucoup plus parlant pour tout le monde, et nettement plus commode.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout a commencé lorsque sans mobile valable je me suis mis à écouter en alternance Toto Cutunio (« l’italiano ») et Claude Barzotti (« je suis rital et tout le reste ») à la salle de gym. J’ai commencé à me dire qu’il se passait quelque chose en moi d’assez malsain pour que ce soit intéressant et que je le partage avec des gens que je connais à peine. Du coup, comme les vitrines du Lafayette Haussman (ou du Tatie Barbès, selon l’inspiration du moment), j’ai saisi le premier frémissement d’une esquisse de tendance pour en faire un must sur ma page facebook. Note à la famiglia Bettinelli : noël 2010 sera italien. Ca, c’est fait. Ca nous laisse 9 mois pour goûter à toutes les sortes de Tiramisu existantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notons que cet habillage italien fait suite à un trop bref habillage de beachboy californien avec port du débardeur au dessus des pectoraux, qui s’est avéré légèrement en avance sur son temps. Non pas que le monde ne soit pas prêt esthétiquement pour cette tendance. C’est plutpôt la météo rennaise qui est à la traîne. Ne voulant pas risquer un rhume des têtons, dont chacun sait qu’il peut mener à des complications quelque peu embarrassantes, j’ai rangé ce look (temporairement) au placard, avec le caleçon Star Wars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous objecterez fort à propos que l’écoute même répétée de deux tubes poussiéreux ne suffit pas à lancer une mode. Mes amis calmez vous, j’ai le fondement bien plus solide que ça.&lt;br /&gt;Ca a pris deux tubes poussiéreux et un navet américain pour me convaincre du bien fondé de mon nouveau penchant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi dernier, sortant tout maigrichon d’un cours de danse et cherchant un prétexte pour m’enfiler sauvagement 400g de m&amp;amp;ms, j’ai décidé d’aller m’asseoir dans le noir devant « nine ». Les critiques étant particulièrement abyssales, je m’étais dit qu’aucune intrique potentiellement intéressante ne devrait venir troubler ma dégustation de m&amp;amp;ms.&lt;br /&gt;Pour l’intrigue, j’avais vu juste, rien ne laisse penser qu’il s’agisse effectivement d’un film au sens commun du terme, c'est-à-dire avec une histoire, des idées, etc.. En revanche quelques charmantes visions, comme des perruques dans le minestrone (version italienne et exubérante du cheveux sur la soupe) , ont quelque peu détourné mon attention de mes chères cacahuètes (non, je ne garde pas le paquet de m&amp;amp;ms entre mes jambes, le chocolat fondrait). Donc entre quelques lignes, heureusement rares, de dialogue pathétique, il y avait des clips musicaux impliquant des stars sensuelles, esthétiquement heureuses, et outrageusement vulgaires, et ça m’a drôlement plu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord il y a la chanson de Fergie, la teigne des Black Eyed Peas, qui est une source intarissable d’inspiration. Fergie, elle te dit « be Italian », et comme elle a pris 20 kg pour le film, tu lui obéis, et prompto tu es italian autant que tu peux, de peur qu’elle s’assoie sur toi. Parce que vu comme elle s’occupe de sa chaise dans le clip, tu as un peu peur qu’elle te fasse la même chose. Pour les amateurs de sports extrêmes en revanche (comme moi qui aime nourrir les émeus dans les zoos), c’est dangereusement excitant. Donc elle donne tout un tas de conseils pour être mieux italian. Par exemple « try to give my cheek a pad », et elle te montre bien sur quelle cheek elle veut sa caresse (on est content qu’il y ait un mode d’emploi), ou encore « when you pinch me try to pinch me where there is fat ». Et on comprend mieux pourquoi elle a pris 20 kg avant le film la coquine, parceque pour le coup la phrase peut être traduite par « pince moi absolument n’importe où, où tu veux, vraiment, dans le moindre recoin, et quand tu veux ». Et moi qui ne mange rien que du brownie depuis qu’il me faut finir les restes de ma soirée MJ, je deviens plutôt pinchable comme garçon. Fergie, j’avais oublié de le mentionnes, joue le rôle d’une prostituée qui travaille dans une cabane sur une plage. Et je trouve le concept commercial très intéressant, parceque les prostituées c’est chouette mais elles sont toujours dans les sordides quartiers de gare. Alors que là sur la plage c’est nettement plus commode, pour peu qu’on ait pas du sable partout. Pour rappeler qu’elle est italienne, elle se frappe les fesses avec un tambourin, et pour montrer qu’elle est à la plage, elle se jette du sable au visage de temps en temps. Le tout est grandement émoustillant, et j’aime l’image que cela renvoie de la femme italienne. Je sens que je vais glisser un tambourin dans mon sac de plage pour l’été prochain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre expérience bouleversante durant mon boulottage passionnel de cacahuètes chocolatées : le numéro de Kate Hudson. D’abord on aime comme elle est subtilement intégrée au film. C’est une journaliste américaine, de Vogue, qui vient interviewer le cinéaste. Du coup au lieu de poser des questions elle chante en roulant du cul. Ah ces américains, quel professionnalisme ! Et toute américaine qu’elle est, comme elle travaille pour Vogue, elle comprend parfaitement l’essence de l’Italie, qui n’est pas l’huile d’olive, mais au contraire la mode. Donc elle se déhanche sur un podium dans une mini robe argentée style sixtiesqui me ferait rpesque oublier les mini-jupes des filles de « whip it ». Il est vrai qu’à Rome, les sidewalks sont des catwalks, et si pour se déplacer dans Rio on empreinte une ligne de samba, c’est en défilé de mode qu’on traverse la capitale italienne. Pour aller aux forums ? Vous prenez le défilé Gucci jusqu’à plazza di Spagna, puis le Ferragamo jusqu’à Saint Pierre, et le Fendi t’amène aux forums. Oui j’ai fait un petit détour mais j’adore la ligne Gucci. En bonne journaliste de Vogue, miss Hudson ne manque pas de nous indiquer au passage quel sera l’accessoire indispensable de l’été : la cohorte de boys italiens. En effet, alors qu’elle va tranquillement au boulot, empreintant le défilé Prada jusqu’à la Plazza del Popolo, Kate est accompagnée d’une jolie palanquée de jeunes gens esthétiquement intelligents, judicieusement moulés dans des costumes aussi cintrés que noirs, agrémentés comme il se doit de lunettes noires, et qui roulent du fondement à sa suite en distribuant des sourires de play boys… En gros, elle est accompagnée par un numéro de « l’officiel hommes ». Je vais donc organiser prochainement un casting pour me constituer ma propre cohorte de boys italiens, en espérant qu’il y aura plus de candidats que lorsque je recherche des figurants pour les ballets classiques !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques images mémorables du reste du film : Pénélope Cruz qui attend les cuisses écartées, Marion Cotillard qui fait l’actrice, comme si elle était dans un vrai film, et Nicole Kidman, qui fait la pub Chanel et puis s’en va. C’est un très mauvais film que j’ai adoré, et depuis j’ai troqué à la salle de gym ma casquette starwars contre une paire de lunettes noires.&lt;br /&gt;Voilà pour la critique cinématographique du moment. La semaine prochaine, « les vacanciers », qui pourrait également avoir une influence intéressante sur mon style de vie. Certes, il m’arrivait déjà assez souvent de chanter « bananes ananas et noix de coco » (vidéo en lien sur mon profil FB) avec un boa rouge, mais il se pourrait à présent que je me mette à faire du vélo à poils. Si vous ne comprenez pas la référence, procurez vous au plus vite le DVD de cet autre chef d’œuvre cinématographique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les questions cinématographiques restent dans le fond assez futiles, et il est temps d’aborder des sujets autrement plus graves et qui vous concernent tous, à commencer par cette question qui vous torture depuis des semaines : quelle est la prochaine casquette que je vais porter à la salle de gym ?&lt;br /&gt;Hé bien après la casquette Ricard, que j’ai du vendre à un fan au bord du scuicide, et la casquette Starwars si remarquablement assortie à mon caleçon, la casquette de mars 2010 est une casquette… Mr Bricolage, rouge pétant. Merci Alain. Elle sera évidemment portée avec une jolie salopette bleue brodée de clous et d’écrous. Le premier qui m’appelle Mario Bros, je l’explose. Quoi que, Mario IS italian…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs, le voleur de mon iphone court toujours. Je vous invite cordialement à la délation, car je songe de plus en plus à infliger au monde une punition collective. Rien de tel qu’une bonne frappe au hasard pour se remonter le moral. J’élève en effet dans mon labo secret une équipe de filles transgéniques super-teignes dressées pour castagner en roller. Et je passe mes nuits à leur tricoter des mini jupes…&lt;br /&gt;Je lance d’ailleurs un appel à Miss Barrymore pour lui suggérer de réaliser la suite de « whip it », mais sur glace cette fois ci. Les rollers, c’est fun, mais les teignes sont nettement plus coriaces lorsqu’elles ont des lames de rasoir aux pieds. Par ailleurs quoi de plus rock’n’roll que l’univers du patinage synchronisé ? C’est le maquillage de l’équipe d’Islande qui aurait inspiré à Marylin Manson sa vocation.&lt;br /&gt;L’hectolitre de café commençant à faire effet, je sens l’autocensure monter en moi, je publie donc ce message avant que ma conscience me force à l’effacer complètement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-6810626368628234791?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/6810626368628234791/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=6810626368628234791' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6810626368628234791'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6810626368628234791'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/03/be-italian.html' title='Be italian'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_mupIVJbjvuU/SxC4Y1dqJ9I/AAAAAAAAAPY/4ewRliqnxZA/s72-c/Kate+Hudson+-+Cinema+Italiano+%28FanMade+Single+Cover%29+Made+b+kelpich25.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-9028951758783113987</id><published>2010-02-14T15:01:00.002+01:00</published><updated>2010-02-14T15:07:02.755+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ca se gâte...'/><title type='text'>Attends, je retrouve mes rollers, après je te castagne un peu.</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.kweb.be/images/stories/News/whip-it-rollergirl.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 299px; height: 450px;" src="http://www.kweb.be/images/stories/News/whip-it-rollergirl.jpg" alt="" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui je viens, comme Brigitte Bardot (vous comprendrez combien nous sommes proches dans la suite de l’article), pousser un cri. Mais avant de le pousser, je vais m’arrêter subrepticement pour me demander pourquoi, après tout, on ne peut pas tirer un cri. C’est peut être comme un canapé qu’on veut déplacer : selon l’endroit où il se trouve, l’endroit où on souhaite qu’il se trouve dans un futur proche, les phases de la lune et la maturation des poireaux dans le potager de ma grand tante, on peut choisir de le pousser ou de le tirer… Bon, puisque tel est l’usage, et que je réserve ma rébellion pour la suite de mon article, je vais pousser mon cri, et non le tirer ( « - Horreuuuuur !!! tu l’as trop poussé il n’est plus aligné avec le tapis du salon !!!! – Pousse le toute seule ton canapé, qu’est-ce que t’as besoin de déplacer les meubles tous les mois ? »).&lt;br /&gt;Je pousse donc un cri (mais pas trop loin pour qu’il soit pas collé au mur non plus) pour alerter le peuple de la grandissante inconscience des individus. Notamment d’un individu abjecte qui a certainement les cheveux gras mais ça n’a pas grand-chose à voir avec la choucroute, quoique si, quand même un peu, et qui a jugé raisonnable de me dérober mon téléphone portable dans les vestiaires de ma salle de gonflette. De toute évidence, cet homme :&lt;br /&gt;- n’avait pas lu mon dernier article (ce qui en soi est une première cause d’humiliation publique agrémentée de torture)&lt;br /&gt;- n’avait pas vu le film avec les filles qui se castagnent en rollers (« Whip it » en VO, « Bliss » en VF)&lt;br /&gt;- ne savait pas que j’ai des rollers et que je sais m’en servir&lt;br /&gt;- ne savait pas que je suis suffisamment féminin pour entrer dans une équipe de roller&lt;br /&gt;- ne savait pas que comme je suis danseur je m’épile les jambes et que conséquemment je suis habilité à concourir dans des courses de roller en mini jupe avec castagne intégrée.&lt;br /&gt;Du coup il a pensé qu’il pouvait me piquer mon portable (accessoire à la mode d’une marque en forme de pomme), sans qu’une horde de castagneuses en roller et en mini jupe s’abatte sur lui comme… Allez, finis toi-même cette phrase en commentaire, donne moi 10 euros, et gagne un mois d’abonnement à « Esthetic Center, Centre Commercial Intermarché Rennes Longchamps ». « Esthetic Center », la beauté pour elle et lui, la beauté à petit prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis donc à la recherche d’une équipe de filles EPILEES en possession de rollers, de mini jupes, du caractère de Margaret Tatcher ou de Tonya Harding, qui ont pour principal fantasme dans la vie de punir les hommes à coup de crosse de hockey. Ca doit pouvoir se trouver. Accessoirement, je suis aussi à la recherche d’une équipe de rugby. En effet l’affreux coupable du rapt de mon iphone n’ayant pas encore été identifié, il n’est pas improbable, étant donné qu’il fréquente ma salle de gonflette, qu’il s’agisse de 200 kg de muscles agglomérés en structure androforme à cou de taureau, avec des biceps comme mes cuisses. Le genre de vision qui serait de nature à réduire sensiblement l’agressivité d’une équipe de roller féminin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois le coupable capturé, j’organiserai ici un grand jeu concours où chaque participant pourra proposer une méthode de torture pour punir la triple buse. Les cinq méthodes les plus originales seront mises en pratique par des bourreaux professionnels et le tout sera filmé et diffusé sur Virgin 17.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non parce que le plus gênant dans cette histoire, c’est que dans mon iphone il y avait toute ma musique, et que je l’écoutais à fond avec un giga casque qui me faisait ressembler à Mickey pendant que je m’entraînais à la salle de sport. Soit au bas mot 4h d’utilisation quotidienne. Utilisation qui, en plus de m’apporter la joie intense d’écouter « la fée dragée » de Tchaïkovski au milieu des bodybuilders, me protégeait des interactions hasardeuses qui sont la plaie de ce genre d’endroits. Avec mes écouteurs géants, personne n’osait m’adresser la parole, et si par malheur un boulet trop enthousiaste et trop confiant se risquait malgré tout à m’adresser la parole, je pouvais faire mine de ne rien entendre, ce qui était la plupart du temps vrai (j’écoute toujours Casse Noisette très fort).&lt;br /&gt;Là sans mes écouteurs, les agressions sont bien plus nombreuses. Et ce malgré le regard de tueur sicilien, le bras d’honneur et le coup de genou dans les parties qui sont l’accueil habituel que je réserve aux inconnus trop bavards de la salle de gym. Evidemment, j’ai pensé à porter les écouteurs quand même, et coincer l’autre extrémité du câble dans mon caleçon… Mais ça fait trop « mes parties génitales ont quelque chose à me dire, et je les écoute en m’entraînant ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref passons sur mon courroux, et évoquons des choses plus réjouissantes, comme les 80% de réduction en fin de solde, les films où qu’on boit et qu’on fume avec des filles à poil, mon récent mariage, les JO d’hiver de nuit, et le fait que je sois devenu le week end dernier père d’une famille à faire pâlir de jalousie Brad Pitt et Angelina Jolie… C’est qu’ici, on est pas du genre à perdre du temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Commençons donc par la fin des soldes, ce qui est en soi une terrible misère, mais qui a ses bons côtés quand même. En effet la période de soldes, telle une splendide héroïne antique, ne meurt pas sans s’être une dernière fois sublimée, dans une glorieuse explosion de splendide bravoure. Si vous voulez vous représenter mieux ces notions abstraites, écoutez Dalida- Mourir sur scène. Donc la semaine dernière en trainant mon jogging de week end dans les rues de rennes, sweat à capuche, van’s et casquette à l’envers de circonstance (seule la casquette était à l’envers) , j’ai trouvé un blouson en cuir à 19 euros, une quinzaine de DVDs à un euro pièce (notons que je n’aurais pas déboursé un centime de plus pour chacun de ces films, mais bon, on peut faire des étagères en collant les boitiers en plastiques entre eux, et puis les DVDs je les mets dans mon champ de maïs pour faire fuir les vilains corbeaux).&lt;br /&gt;Et ensuite je suis allé chez Séphora pour voir s’il y avait par hasard un peu de beauté au rabais par là bas… Et j’y ai trouvé le fameux « water booster antioxydant » du Dr Brandt à 50%... Comme il se doit, j’ai commencé par danser une farandole d’amour avec les autres clients du magasin, histoire de purger ce trop plein de joie qui m’avait soudainement empli, puis j’ai poussé toutes les vieilles qui attendaient à la caisse pour dégainer mon porte feuille au nez d’une brave vendeuse, que mon orgasme laissa apparemment perplexe.&lt;br /&gt;Du coup depuis le week end dernier, chaque matin, je bois en un verre d’eau l’équivalent de 25 tasses de thé. C’est écrit sur l’étiquette, donc c’est vrai. Je peux te dire qu’il n’y a plus la moindre trace de rouille dans mon organisme, n’en déplaise à mes détracteurs. Seul bémol : je travaille sur une plate-forme militaire ultra sécurisée, sur laquelle il n’y a pas de toilettes, et où à chaque fois que tu rentres ils te font une IRM complète qui te fouille jusque sous tes ongles de pieds… Imagine après voir bu 25 tasses de thé, combien de fois il faut que je rentre et sorte de la plate-forme chaque matin…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pourquoi donc que t’avais besoin de t’anti-oxyder comme ça Thomas, me direz vous ? Mais si, vous me le direz, vous verrez…&lt;br /&gt;C’est simple, c’est parce que je suis allé voir « Gainsbourg, vie héroïque » au cinéma. Et que forcément je suis tombé en amour pour le personnage, et que comme il y a un peu de matière grise sous tout cet après-shampoing, j’ai bien compris le message du film qui est que le génie de l’écriture nait de l’alcool, du tabac, et des femmes nues. Du coup pour pas rouiller sous l’effet des femmes nues, je prends des antioxydants. Et tous les matins, quand un ruban de soleil s’enroule sur ta main et caresse mon épaule, je tourne langoureusement, nu dans mes draps blancs, pour émerger gracile, entre des pans désordonnés de ma chevelure parfumée, et je susurre sensuellement « est-ce qu’il y a des croissants » ? Ce à quoi France Info répond invariablement « il est 8h et vous écoutez France Info », ce qui globalement veut dire non. Moi pas démonté, j’enfile mes cuissardes, mon mini short en cuir, mon manteau en peau de panthère, mon lévrier Afghan, et je me réveille et non, je ne suis toujours pas Brigitte Bardot. Première désillusion du jour. Vie de merde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rapport au besoin de femme nue inhérent à mes géniales ambitions d’auteur, j’ai été contraint de commettre le week end dernier un mariage. Ben oui c’est déjà assez astreignant, ce devoir de femme nue, alors je me suis dit que tant qu’à faire j’allais en engager une à plein temps chez moi. Du coup j’ai convolé en justes noces sur facebook (parceque c’est plus raisonnable, dans un premier temps), avec Sonia la déesse du gloss et du mille feuille, qui est un être de lumière, et qui à de nombreux égards le vaut bien (son blog est en lien dans mes favoris). Sauf que là elle est en voyage en Zaghrebie, et qu’elle est en train de devenir communiste. Du coup je vais peut être épouser Gregory parce que vu la photo qu’il a mise sur son profil des « magiciens osent », il le vaut bien aussi… Mais il est juif… Entre une communiste et un juif, qu’est-ce que je vais devenir ???&lt;br /&gt;(PS, pour tous les gens ultra-sensibles de facebook, je plaisante. Je ne suis pas antisémite, ni cocophobe. Finkelstein rue des rosiers est ma pâtisserie préférée et j’ai passé mes dernières vacances en Zaghrebie… voilà, ça c’était histoire que mon compte soit pas supprimé tout de suite).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc le mariage, c’est fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Actu très chaude puisqu’il fait à Vancouver un climat tropical : cette nuit commencent les JOs d’hiver ! Sauf que comme c’est à Vancouver c’est aussi des JOs de nuit, ce qui me pose un grave problème. En effet, pour ceux qui suivent un peu, jusque récemment un de mes plaisirs (ou vices, selon le point de vue) favoris était de m’envoyer en l’air sur des lames de rasoir et de m’exploser violemment sur une surface dure et glacée. J’ai fait ça plusieurs heures par jour pendant des années, et puis j’ai réussi à arrêter. Mais ça me manque. Alors j’aime bien mater la télé la nuit pour regarder les autres le faire. Un peu comme un nympho materait du porno la nuit quand son psy lui a interdit de pratiquer sa déchéance. Même parfois je regarde en crypté sur Eurosport que j’ai pas sur ma freebox, ou sur des chaînes allemandes. Ralala le patinage allemand… Donc quelques nuits blanches en perspective, d’où besoin d’antioxydant, et besoin de « Esthetic Center ». « Esthetic Center », la beauté pour elle et lui, la beauté à bas prix !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour conclure, ma famille nombreuse, car après tout à quoi bon se marier si on n’a pas de carte de réduction SNCF ? Ma famille nombreuse, c’est tout un collectif d’artistes auquel j’ai donné naissance le week end dernier. Une portée d’artistes en quelque sorte. Que j’ai baptisée « les magicien osent » et qui me rend complètement gaga. En bon papa poule, je ne me lasse pas d’en faire la promotion en envoyant des faire-part débiles…&lt;br /&gt;La portée complète est visible sur la page facebook « les magiciens osent ». J’ai pour l’instant l’intention de les garder tous, donc ne me demandez pas si vous pouvez en adopter, c’est non. Mais vous pouvez devenir fan, ou même adhérer à notre collectif si vous souhaitez participer à nos projets!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-9028951758783113987?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/9028951758783113987/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=9028951758783113987' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/9028951758783113987'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/9028951758783113987'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/02/attends-je-retrouve-mes-rollers-apres.html' title='Attends, je retrouve mes rollers, après je te castagne un peu.'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-7032983887487866512</id><published>2010-01-28T14:57:00.001+01:00</published><updated>2010-01-28T14:57:44.921+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Ca se gâte...'/><title type='text'>Récits débiles de projets qui le sont plus ou moins</title><content type='html'>Alors qu’il me reste encore un acte de café du port à écrire (le café sera allongé, merci Gregory de me mettre des blagues si stupides dans la tête, maintenant je peux les publier en te blâmant), 20 bonnes minutes de chorégraphie Schubertienne à pondre, et quelques systèmes d’information militaire top secrets à valider, je choisis inexplicablement de vous concocter un habile pot pourri du pire de mon esprit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme je me suis déjà plaint en novembre, à cause du temps de merde, je vais essayer d’adopter un thon plus positif cette fois ci (la sortie de « Océan » m’a donné envie d’adopter un thon). Quoi en en effet de plus réjouissant qu’un poisson optimiste et souriant pour vous remonter le moral chaque soir lorsqu’on rentre d’une longue journée de travail simulé. Sauf que comme je n’ai toujours pas de baignoire, je garde mon thon Léverest sous ma douche toute la journée, ce qui n’est pas franchement écologique en termes de consommation de fluides potables sans alcool. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Revenons à nos mous thons. Grâce à Léverest, je garde la tête hors de l’eau, et ce bien que janvier soit parfois aussi vicieux que novembre. Ces mois moches sont de mèche (on se gèle les miches, on mange de la mâche, on se mouche dans ses manches). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord, janvier met impitoyablement fin à Noël. Sans aucune forme de pitié ou de compassion. C’est fini, fini. Pour que vous vous imaginiez les ravages que le son de ce glas peut causer dans mon cœur pur et pailleté, imaginez Blanche-Neige, chassée de Disneyland, déambulant dans une zone industrielle de Seine- Saint-Denis, donnant, hagarde, des coups de pieds dans des conserves et des seringues usagées, compromettant dans son abandon le velours de ses ballerines noires à neuneu rouge. Comme j’ai promis de rester globalement positif, disons qu’elle trouve bien vite un mac plutôt réglo qui lui fournit du taf à horaires sympas, et une piaule sans rats ni cafards. Et c’est drôlement mieux que de subir chaque soir l’assaut de 7 nains spéléologues. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  Par ailleurs, dans la série Janvier est un con mais il y met quand même du sien, janvier nous colle une épiphanie pour nous consoler de la fin de Noël. Certes, la consolation est maigre, puisque le sapin d’épiphanie n’existe pas. Mais on tire les rois, et dans la galette qu’une fille du modern jazz nous avait gracieusement apportée (en trottinant sur ses pointes en mini robe des années 60, c’est gracieux, non ?), j’ai trouvé la fève ! Du coup j’ai pu danser tout le cours suivant en mini short avec un diadème, et une écharpe « miss épiphanie 2010 flex-time ». Ensuite j’ai fait un discours comme quoi j’étais en BTS tourisme et que je voulais la paix dans toutes les coulisses du monde, mais comme tous les bons moments c’est passé bien trop vite, et je suis retombé dans ma routine de danseur en mini short avec un diadème. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par ailleurs il vous faut savoir que l’épiphanie dans une école de danse ce n’est rien d’autre qu’une vaste fumisterie. Comme chacun sait, la danseuse se nourrit d’une pomme en novembre pour passer l’hiver. Donc lorsque quelqu’un brandit une galette dans un rayon de 10 km, elle se bouche le nez pour ne pas grossir à cause des odeurs de calories, et commence à courir autour de la salle au cas où les nourritures sucrées dégagent des ondes grossissantes (a ce jour, personne n’a prouvé le contraire après tout). Ensuite, quand même, on coupe la galette, on joue comme tout le monde à « et-celle-ci-c’est-pour-quiiiii ? », puis chacun dépiaute sa part avec le petit doigt en l’air afin de déterminer s’il y a prétexte à couronnement. Et on jette toutes les parts dépiautées dans un grand incinérateur à nourriture pour être sûr que les filles ne viendront pas faire les poubelles de la salle de danse pendant la nuit. Et on danse la carmagnole autour de l’incinérateur, mais ça ça fait partie de tout cours de danse bien structuré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors moi j’ai le droit de manger. Mais vaut mieux que je m’abstienne, rapport au fait que je ne veux pas m’attirer les foudres d’un corps de ballet affamé, qui se serait abattu sur moi… comme la petite vérole sur le bas clergé, c’est une chose entendue. D’autant que cette année mes amies les filles doivent me porter en grand écart au dessus de leur tête. Et que même si je n’ai pas de procréation dans mes projets immédiats, cette position expose dangereusement les réservoirs de mon patrimoine génétique aux intentions belliqueuses de ces gracieuses amazones. Ayant déjà subi de mon plein gré une ablation totale du Viking, il s’agirait de ne pas compromettre totalement ma vie sexuelle, ça me rendrait grincheux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la série des vraies bonnes nouvelles, tellement bonnes qu’on saute partout dans le salon en hurlant jusqu’à ce qu’on se cogne le tibia dans le coin acéré de la table basse et qu’on laisse échapper son haine de l’humanité en un percutant chapelet d’injures, en  janvier, c’est les soldes ! Alors bien sûr, j’ai acheté la moitié des stocks du body shop, puis j’ai acheté 5 étagères Ikea pour ranger mes stocks de body shop. J’ai du masque au wasabi pour les 60 prochaines années, ce qui est drôlement rassurant, car en cas de guerre nucléaire, j’aurai une peau bien détoxifiée dans le bunker. J’en ai donné un peu à mes proches aussi, par souci de préserver l’esthétique de mon environnement visuel, bien sûr. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre truc qui a été sacrément bradé en janvier, c’est ma petite personne. Ainsi, le 8 janvier, pour 18 euros seulement, une foule nombreuse a pu me voir torse nu, transpirant et haletant, dans un collant blanc à la transparence polémique, bondissant sur une sublime musique de Gounod, entouré de sylphides aussi scintillantes que dévêtues. Tarif qui bien sûr a pris fin avec la disparition des bonus écologiques. Et je ne fais pas de prime à la casse. Non mais. &lt;br /&gt;Détail cocasse et délectable : lorsque les projecteurs se sont allumés et ont habillé de lumière mon anatomie torturée par les heures d’entraînement, révélant la subtile transparence de mon collant blanc, ma partenaire, par solidarité et sans doute par jalousie, a sauvagement arraché la bretelle de son justaucorps, dégainant fièrement un sein que les premiers rangs ont bien su voir. Prouvant ainsi dans une action terroriste de féminisme suicidaire qu’elle avait bien brûlé son soutien gorge avec les restes de sa part de galette. Bref globalement cette campagne de promotion a été un vif succès, et tout le monde m’a dit que j’étais bien joli quand je faisais 5h de sport par jours sans rien manger. &lt;br /&gt;A succédé à cette exposition temporaire un week end avec ma vénérable et vénérée car redoutable et redoutée sœur, qui évidemment était en détox post-foie-gras-des-fêtes. Donc à nouveau pas bu et pas mangé, à part du jus de carotte/navet. Je vous ai dit qu’elle était redoutable. Mais pour compenser, séance de mille-feuille, visionnage de Golden Girls, et spa pour compenser. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept du mille feuille (honte à vous et à votre famille), cela n’a rien à voir avec ce sale gâteau glacé qui fait des miettes partout. Il s’agit de superposer sur sa peau autant de produits de beauté que possible, jusqu’à ce que la dite peau soit saturée de beauté. Ca fait drôlement du bien. Je vous conseille d’aller consulter le blog de Sonia pour plus d’informations, pintades-gourdasses que vous êtes au fond de vous, sans le savoir ou sans l’assumer…&lt;br /&gt;Et puisqu’on parle de jolies filles qui ne sont rien que des teignes, je vous conseille vivement d’aller jubiler devant « Bliss », le film de et avec Drew Barrymore. En substance, il s’agit de l’histoire d’une fille (celle qui était en cloque dans « Juno » mais qui va mieux apparemment), que sa mère pousse à devenir little miss sunshine. Elle, toute en cloque dans Juno qu’elle fut, elle obtempère, jusqu’au jour où elle réalise qu’elle préfère mettre des mini-jupes, et aller se castagner sur des roulettes avec d’autres filles en mini-jupe. Et nous on est d’accord. Alors on va  voir sa mère, et on lui dit gentiment « Ouais, m’dame, soyez pas cécoin là, vas-y laisse la s’castagner à roulette quand même, elle a pondu son grumeau, c’est réglo maintenant, elle peut castagner à roulette tant qu’elle veut ». Donc elle roule, vite, elle castagne, en mini-jupe, avec de la musique qui déchire. Et nous on jubile et rien que pour rire on se castagnerait bien un peu quand même parceque ça fait du bien et parce que la guichetière du Gaumont n’a pas volé un p’tit coup de castagne dans les dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir la série « ma sœur est une teigne et du coup je dis que c’est une fleur délicate pour ne pas me faire démettre l’épaule », sachez qu’est actuellement en gestation une grande entreprise familiale de divertissement ! Pour s’échauffer, on va vous pondre un café du port qui va réveiller ta grand tante, où je vais écrire et danser, où Sandrine va jouer du piano et être joli, et où Philippe va faire des vidéos et préparer des ThomThom royaux. Mais Alain en sera privé avant la représentation, rapport au fait que la dernière fois qu’il en a bu un, on a eu besoin d’un échafaudage pour qu’il tienne debout en dirigeant le concert de Noël. Donc pour Alain, jus de carotte/navet. Et une autre qui va être vite fait baptisée au ThomThom royal, c’est Maia, qui va danser et chorégraphier avec moi pour ces fabuleuses soirées de divertissement. Mais là aussi, on va peut être attendre que le spectacle soit passé… S’agirait qu’elle ne brandisse pas à son tour un sein rageur …&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;  Rassurez-vous, je polluerai prochainement vos facebooks de bien trop d’informations pratiques concernant les représentations de ce spectacle. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et promis, dès que j’ai fait l’acquisition d’un vélodrome, on ajoute au « café du port » un acte entier de castagne sur roulettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ah oui, et comme c’est encore Janvier…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bonne année !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-7032983887487866512?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/7032983887487866512/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=7032983887487866512' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7032983887487866512'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7032983887487866512'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/01/recits-debiles-de-projets-qui-le-sont.html' title='Récits débiles de projets qui le sont plus ou moins'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-3538856541790768913</id><published>2010-01-25T16:26:00.002+01:00</published><updated>2010-01-25T16:30:15.726+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Tous en scène'/><title type='text'>Café du port: la nouvelle vague</title><content type='html'>&lt;meta equiv="Content-Type" content="text/html; 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 &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Etape 1 : Réception par erreur d’un recueil de chansons appelé «Le café du port », mais qui parlaient en fait de rencontres sur internet… Va savoir, va comprendre…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Etape 2 : Alain me demande d’écrire du théâtre entre les chansons pour rendre le tout plus… théâtral. Je ponds donc quelques scènes en choisissant de donner la parole à deux personnages commentant la rencontre virtuelle depuis le dit café du port. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Etape 3 : On joue le tout plusieurs fois dans cette forme. Constat : comme les gens ont bien du mal à écouter les paroles des chansons, ils ne comprennent pas les subtils parallèles entre les deux univers.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Etape 4 : On décide de réécrire les chansons pour qu’elles collent aux scènes de théâtre écrites.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Etape 5 (à venir) : Alain met en musique mes kilomètres de rime alimentaire&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Etape 6 : Je réécris le théâtre pour qu’il colle aux chansons que j’ai écrites sans penser au théâtre&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Etape 7 (A venir) : On ajoute un acte flashback sur l’enfance des deux personnages. &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Intermède peroxydant : vous saviez u’ils vont faire un remake des « oiseaux » mais qui se passe un an avant ? Ca va s’appeler « les œufs ». Merci Dorothy Doll.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Etape 8 : on joue le tout les 30 avril et 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai 2010, en votre présence bien entendu. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;En attendant, bonne lecture !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;(Les personnages: la serveuse (S) et le marin (M), à lire avec les voix de Arletty et Jean Gabin par exemple, qui ont gracieusement accepté de remonter sur les planches pour notre création).&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 18pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Scène 1 : Hors saison&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 18pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 18pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;La serveuse est de dos à la porte du café, nettoyant des verres, rangeant son bar. La porte s’ouvre et le marin entre.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S (ironique, sans le regarder):&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Bien le bonjour, Amiral, mes hommages du matin !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M (s’arrête, étonné) :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Moi qui pensais pouvoir rentrer incognito…&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;tu me reconnais au bruit ou à l’odeur ? Je suis pourtant presque certain d’avoir pris une douche cette semaine… C’est ma manière virile de fermer la porte qui m’a trahi ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S  (se retournant vers M):&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Rassure toi, ici ça sent le poisson même quand tu n’es pas là… Mon pari n’était pas trop risqué ! Tu penses que je vois défiler beaucoup de monde en cette saison et à cette heure ci ? C’est la routine qui t’a trahi, Amiral, et rien d’autre!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M (expliquant lentement, avec des gestes):&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Que veux-tu, j’habite à l’ouest du café. Les vents dominants me poussent vers le bistrot dès que je mets le nez dehors !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Alors tu as une excuse. Et avec l’ampleur de ta voilure, tu es une sacrée proie pour les bourrasques !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M (arrive au comptoir) :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Te fous pas de moi veux tu ! Un peu de respect pour les clients fidèles. En plein mois de mars, c’est pas les touristes qui vont te faire la conversation. Ou faire remplir ta caisse d’ailleurs… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Rassure-toi, je ne vais pas risquer de perdre la moitié de mon chiffre ! Je vous présente mes plus plates excuses mon amiral, il est indiscutable que vous êtes fuselé comme une goélette ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Bien, bien, continue ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Les compliments c’est comme l’alcool, il vaut mieux te les donner au compte goutte. Sinon ça te monte à la tête … Et puis pour qu’une flatterie fasse de l’effet, il faut qu’elle soit crédible… au moins un peu. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Vas y, ouvre le compte goutte, je prends pas le volant. Sers-moi mes éloges du matin ! Et puis il n’y a personne aujourd’hui pour nous entendre, tu peux flatter sans crainte. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; C’est le moi de mars ! On est hors saison…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; J’ai du mal à me rappeler la dernière fois qu’on a été en saison. Ce serait donc vrai ce que disent les gens dans les bars, il n’y a plus de saison ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Il y a des basses saisons qui durent longtemps, ça doit être lié au cours de la bourse la durée des saisons! Et puis les gens ne suivent pas la lune, comme la mer ! Ils ne sont pas réglés comme la marée.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Ici y’a plus grand-chose de réglé je crois. Le village est trop vieux… &lt;b style=""&gt;(pour lui, presque en réflexion intérieure)&lt;/b&gt;On doit être dans un village ménopausé…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Voilà, un demi-compliment, et tu divagues. Ca m’apprendra à t’appeler la goélette… Les gens vont revenir. Je sais pas quand. Tu sais quand ils partent, mais tu sais pas où. Tu sais qu’ils vont revenir,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;tu sais jamais quand. &lt;b style=""&gt;(regardant au fond d’une tasse qu’elle nettoie)&lt;/b&gt; Je vais me mettre à lire dans le marc de café…Ici, ces temps ci, le niveau est bas, dans les rues, et dans les caisses aussi ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; C’est ça de vivre dans un port, tu vois partir les bateaux, et puis tu attends. Comme les vaches qui voient passer les trains, nous on voit passer les jours. Ca use tout ça !… Le sel, le vent, l’attente !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Mais t’attends quoi au juste ? Ca sert à rien d’attendre pour attendre !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; J’en sais rien… C’est trop tôt pour réfléchir… Tu m’as même pas encore servi mon café d’ailleurs. Je peux pas philosopher non caféiné moi. Qu’est-ce que j’attends… Bonne question ! J’attends le retour de ceux qui sont partis, de ce qui est parti…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Méfie toi, les gens ne sont jamais les mêmes quand ils reviennent… &lt;b style=""&gt;(Rigolant)&lt;/b&gt; T’attends que ça revienne comme avant ? Avec la foule en terrasse, les chansons, les filles en jupettes et en tongs ? Tu penses que ton passé va franchir le pas de cette porte ? C’est bien d’y croire ! T’aurais fait une bonne femme de marin tu sais ! Moi j’espère aussi, t’es pas le seul croyant ici. Ils sont là les gens, on les croise, on les voit chez eux. Mais pas chez nous. Ils sortent moins, ils ont peur du vent… Le bout du monde ça fait peur ! On a pas du leur dire que la terre était ronde…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Voilà, on vient des grandes villes, et on fond au premier crachin. De mon temps, on était plus imperméable il me semble.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Elevé au beurre salé… Ia pas de secret…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;Citoyens du bout du monde&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt; text-align: justify; line-height: 115%;"&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; line-height: 115%; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 1&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dressés contre le vent, parmi d’autres rochers,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des marins sans gréement &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;dialoguent avec les vagues.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils vivent à la frontière d’un grand miroir bleuté&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Qui un jour de gros temps a volé leur image.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ici les confidences éclatent sur les rocs&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les secrets orphelins se cachent sur les docks.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des souvenirs boiteux s’éloignent sur les flots,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Passagers clandestins sur de maigres radeaux.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain : Voguent sur l’océan les souvenirs fanés&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et volent dans le vent les peines abandonnées.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;De grands oiseaux d’argent emportent la mémoire&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et achèvent en riant nos amours illusoires.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Regardez les, ces citoyens du bout du monde&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Emplis de vagues bleues, leurs grands yeux fixent l’onde&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Saluant un passé qui largue les amarres&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et qu’ils viennent noyer dans la chaleur d’un bar.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 2&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des citoyens amers peuplent le bout du monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des âmes suppliciées sous le fouet des tempêtes&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Attendent en silence que le destin réponde&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Aux mélodies qui chantent leurs rêves de conquête.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des citoyens étanches peuplent le bout du monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les êtres trop fragiles, au gré d’une bourrasque&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ont déserté ces terres où le gris vagabonde,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Quand l’horizon brumeux a fait tomber leur masque.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 3&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ceux qui se posent ici viennent pour s’envoler&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et attendent le vent comme on attend le train.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils tiennent par la main des peines et des chagrins&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et des mots griffonnés sur les pages du passé.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et puis le vent se lève et on dit au revoir&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;A ces traits familiers qui s’estompent déjà&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dans l’ombre de l’oubli et la pâleur d’un soir,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et l’on sent que son cœur s’allège à chaque pas.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Scène 2 : La digue, les vagues (le brise larmes)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;La serveuse prépare le café du marin, le regard dans le vide, désolée par le calme du village.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Regarde un peu cette mer… C’est désolant. De l’huile ! On se croirait dans le midi. Ca n’a pas une gueule de port breton… Des bouts du monde comme ça j’en souhaite à personne.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M (ironique):&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Tu as raison, avec cette foule, ces palmiers, ces yachts, on se croirait plutôt à Saint-Tropez… Sans parler du climat tropical.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Je n’aime pas ce calme, ça me fatigue. Tout ce silence ça m’effraie. Je m’entends même penser…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Doux jésus ! Ça doit faire peur en effet. Voilà les plaies causées par le réchauffement climatique !!! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Hé oui si les gens triaient leurs déchets je m’entendrais moins penser. Ce que j’aime ici d’habitude, c’est le bruit. Le bruit des vagues, le bruit du vent, même quand il y a pas un chat, il y a du mouvement. Il y a de l’air frais !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Ce n’est pas l’air qui manque, et la fraîcheur y’en a en stock. Mais une petite accalmie de temps en temps ça repose aussi. Ca permet d’enlever le sel qu’on a sur les joues, ça permet de se recoiffer !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; J’aime bien quand il y a du sel ! Quand les embruns fouettent le visage ! Avant les vagues éclaboussaient jusqu’à nos fenêtres tu te souviens ! Qu’est-ce que j’aimais ça ! Mais depuis ils ont mis une digue. On voit les tempêtes de loin… Dommage ! J’adorais rester à mon bar, avec un chocolat, à regarder les vagues s’exploser sur les rochers… J’étais comme un capitaine à la barre !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Tu crois vraiment que les capitaines au long cours boivent du chocolat chaud pendant les tempêtes ? Crois moi si tu avais été à la barre par gros temps, tu serais bien heureuse qu’on ait cette digue maintenant.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Je sais pas. C’est comme ça que j’aime vivre je crois, par gros temps ! Dans les extrêmes, les vagues, les creux, j’aime avoir le cœur secoué. Je suis une fille de l’extrême en fait. Le calme me donne la nausée. J’ai l’impression d’étouffer quand le vent tombe.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; J’ai connu le gros temps, l’ivresse du grand large, l’ivresse du grand amour! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; L’ivresse du whisky…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Ne sois pas triviale… Ces moments où tout est démonté, où tu ne sais plus où est la mer et où est le ciel. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Ni où est ta maison…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Tu persistes dans la trivialité, c’est de très mauvais goût ! Je me sentais vivant c’est vrai, mais je me demandais surtout combien de temps j’allais le rester ! Je ne suis pas mécontent d’avoir le sol sous mes pieds aujourd’hui. Même si j’ai le temps de voir pousser les menhirs ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Ils vont bientôt fleurir ! Mais tu avais choisi de partir aussi un jour. Tu as cédé à la tentation de l’aventure. Les excès, les peurs, tu les as cherchés aussi. Tu as eu besoin un jour de te jeter dans le vide. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Je crois m’en souvenir… Oui, oui bien sûr j’ai été jeune ! Comme tout le monde.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Moi jamais.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Ou pas encore, ou pas assez. Tu vois ce bar ? C’est un peu comme une digue pour moi. Je suis endiguée, voilà mon drame !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; J’ai des contacts au Mont St-Michel, si tu veux je peux te faire désensabler…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Toujours tes âneries pour éviter les discussions sérieuses… Je commence à te connaître. Je comprends que tu aies jeté l’ancre. Ce n’est pas facile de se jeter à l’eau perpétuellement. Surtout quand on a essuyé quelques grains. C’est plus facile de rester au sec avec son café. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; J’avais des rêves de conquête, de grande aventure, et les vagues m’ont jeté sur le sable comme un vieux bout de bois… Depuis j’y réfléchis à deux fois avant d’y retourner. Tu apprécierais ta digue si tu avais vécu ça !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Tu sais j’ai connu l’ivresse du large aussi, une fois. Et j’ai fait un sacré naufrage, j’y ai laissé des plumes. J’en parle pas trop, ça se fait pas. Et puis je préfère écouter les gens. Mais c’est depuis cette tempête, je pense plus qu’à une chose, y retourner. J’ai eu très peur, j’avais tout parié et j’ai tout perdu ! Mais jamais je ne me suis senti si vivante. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Alors c’est encore plus grave que je pensais ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Je ne pensais pas être capable de te surprendre encore !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Non, en fait, je t’admire. Parfois j’aimerais avoir gardé cette énergie, cette folie, cette capacité tellement féminine de faire totalement abstraction du sens commun… J’aurais aimé que le sel ne rouille pas certains mécanismes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Moi je suis inoxydable. Et j’attends toujours derrière mon bar, derrière ma digue ! J’attends que les vagues qui secouent la salle de mon café m’éclaboussent un peu ! Et alors je suis heureuse. Je suis jeune ! J’ai seize ans ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Une grande exploratrice, alors ! Hé bien larguez les amarres, naviguez moussaillon ! A l’abordage !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Du calme amiral. Je suis ouverte à l’aventure, pas à la piraterie. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Entre les pirates et les aventuriers, il n’y a pas beaucoup de différence. Ce sont des conquérants, des solitaires ! Après, ce n’est qu’une affaire de style !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;Prendre l’air, prendre le large &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 1 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Quand le noir de la nuit laisse des jours trop gris,&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Quand la brume sévit en plein cœur de nos vies&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Quand les hommes ont laissé derrière eux un désert,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;J’abaisse lentement sur mes yeux mes paupières.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Alors sur ce rideau s’animent mes pinceaux&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et dans l’obscurité naissent des chants d’oiseaux.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Je peins des univers, je peins des aventures,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des sylphides d’ébène cueillant des fleurs d’azur.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Lorsque les yeux se ferment sur nos vies glacées&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S’ouvrent les portes d’or d’un monde à inventer.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sur des vaisseaux d’argent nous traversons les nues&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et pénétrons tremblants des rades inconnues.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Nous récoltons alors dans ces contrées lointaines&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les couleurs délicieuses de terres incertaines.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Loin du gris de nos murs, les âmes autour du monde &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S’ébattent dans les eaux des lagunes profondes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 2 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les pieds nus sur les dunes, allongé sur le dos,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mes mains frôlant le sable dessinent des anges.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et j’envoie mon esprit trouver ces cieux étranges&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Où courent des images tirées par des chevaux.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dans mon rêve nacré, je sculpte des chimères&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et sous mes doigts renaissent des courbes familières.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Parmi les oiseaux bleus des amis disparus&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dorment dans la tiédeur de mes visions émues.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 3 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Je sens en moi pousser des ailes bariolées&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et je regarde en bas, si loin de mes pensées&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S’évanouir la trace, sublime et misérable&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Du monde que j’avais dessiné sur le sable&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Quand j’accoste hagard les rives du réel&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Il me semble qu’enfin le monde se révèle&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Je reviens éclairé d’un fabuleux voyage,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des beautés exotiques emplissant mes bagages.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;span style="font-size: 11pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Scène 3 : Les grands explorateurs&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Monologue du marin&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Le marin est à sa table avec son café, la serveuse est occupée à autre chose. Il regarde la mer par la fenêtre. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; C’est toujours tentant de se prendre pour un grand explorateur… Moi aussi j’explore, depuis ma fenêtre ! « Explorateur Windows » ! C’est moi ! Enfin je suis pas le premier à avoir posé mon cul ici pour regarder l’horizon. Même si doit y avoir mon empreinte sur la chaise maintenant &lt;b style=""&gt;(il regarde)… &lt;/b&gt;Non ça va, je peux rester encore quelques jours.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Toujours on rêve d’ailleurs, on rêve de nouveau… Mais pourquoi du nouveau. Par principe ? Balivernes ! Ca sert à rien ! « La nouveauté c’est vieux comme le monde » disait Prévert ! Ils sont pas bien ici, tous ces explorateurs ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;(pause)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Pourquoi ce serait mieux là bas ? Toujours partir, découvrir plus, découvrir mieux, juste « autre chose »… qui se trouve forcément derrière la barrière de l’horizon. Billevesées ! C’est le principe des barrières ! Inciter les hommes à les sauter pour savoir ce qu’il y a de l’autre côté. C’est pire que le chant des sirènes. Rien de tel qu’une barrière pour faire avancer un âne !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils ne savent même pas ce qui les attend là bas… Peu leur importe, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;ils embarquent ! C’est ça qui leur&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;plait, l’inconnu ! Aussi bien ils seront accueillis pas une femme-pieuvre avec des ventouses au fesse, ils ne savent pas…&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Au moins quand ils rêvent d’ailleurs, tout reste possible. Ces terres sont vierges ! Vierges de désillusions en tous cas. Alors on prend l’air, on prend le large…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;(Pause)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et puis un jour on se retourne et on pense à ceux qu’on a laissés sur le quai. Ceux qu’on a laissé partir dans une bourrasque. Alors ça vous coupe les ailes. Qu’ils se méfient ces Icares ! On se sent un peu con après, et je modère mon langage. Tout seul au café du port sans bateau et sans ailes !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Il y a tellement à découvrir sur le pas de sa porte ! On vivrait sur une mine d’or, sans même s’en rendre compte ! On préfère aller piquer dans la poubelle du voisin plutôt que de creuser sous ses pieds.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Faut creuser un peu pour voir la mine d’or, c’est sûr, y a un investissement d’huile de coude ! Et comme c’est ingrat de creuser, on préfère s’envoler, avec panache, et aller butiner sous les tropiques! Ca vire Cigale et fourmi mon délire… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;(pause) &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et puis dans le fond, &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;cherchent-ils vraiment quelque chose tous ces explorateurs ? &lt;b style=""&gt;(En confidence au public)&lt;/b&gt; Je crois bien qu’ils s’enfuient… Ils n’ont pas vraiment envie d’arriver. Juste de partir. Seuls en mer, toujours en partance, vers on ne sait où, c’est là qu’ils sont heureux ! Qu’ils se sentent moins seuls en tous cas, nuance ! On est jamais plus seul que dans une foule, jamais. Sur le bateau, ils sont seuls, mais il n’y a personne pour leur faire remarquer ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et puis on ne sait jamais, peut être que la fille sur la plage d’en face aura forme humaine ! Peut être qu’elle sera vraiment vierge de désillusions… cette île !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;Le silence des sirènes (concerto pour une voix)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 1 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sur un bout d’île nue au cœur de l’océan&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Scintille doucement une femme d’argent&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Le temps semble glisser le long de ses écailles&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et des colliers nacrés dansent autour de sa taille&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Elle a pour seul habit sa blondeur ingénue&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et les perles qui coulent sur sa poitrine nue.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Autour d’elle dans l’eau glissent des rubans roses&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils montent des épaves où ses amours reposent.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;La sirène porte en son cœur&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des équipages naufragés&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des amoureux ensorcelés &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Qui dorment dans les profondeurs.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Elle protège ses prétendants&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;En étouffant son chant d’amour&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mais sur les flots assourdissants&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Qui entendra ses sanglots lourds ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Silencieuse sur son rocher &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Elle abandonne ses préludes,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et regarde la solitude&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Se déposer sur sa beauté.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 2 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;La triste naufragée garde ses lèvres closes,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et cache sa beauté dans des heures muettes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Songeant à tous les pleurs dont elle fut la cause&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Elle ne chantera plus pour calmer les tempêtes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Son beau reflet se perd dans les déserts marins,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et son regard pensif semble chercher en vain&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;L’amour à la dérive sur un radeau de bois,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Celui qui l’aimera sans entendre sa voix.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Tressant ses cheveux blonds et ses chagrins immenses,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;La sirène se noie dans un profond silence. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Elle compte les navires submergés par ses larmes,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les marins engloutis par de vagues vacarmes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mais un jour elle aussi, elle entendra des voix,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Un homme chantera des refrains enjôleurs.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Contre vents et marées, nageant vers le bonheur,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Elle oubliera ses peurs et le retrouvera.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;span style="font-size: 11pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Scène 4 : La spectatrice&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Monologue de la serveuse&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Le marin s’est assis plus loin et boit son café. La serveuse réagit à la chanson qu’elle a écoutée. Elle confie ses impressions au public&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Moi aussi je préfère me taire… mais pas pour les mêmes raisons. L’office du tourisme m’a interdit de chanter. Rapport à l’ensoleillement annuel parait-il… &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Alors je garde ma musique dans ma tête, où il fait plutôt beau, en général !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ici c’est un pays à mélodie de toute façon. On dit que c’est minéral, que c’est froid, et même que c’est mort parfois. Moi je ne trouve pas. Bien sûr, le granit n’est pas très bavard, mais ça fait chanter le vent, un peu comme un violon. Et puis quand les vagues se brisent dessus on a les cymbales aussi ! Et les mâts des bateaux sonnent comme des clochettes. Finalement tout est doux ici, tout se mêle ! On a du sel dans l’air, des bulles dans l’eau, des algues dans les prairies…&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Le matin, quand j’arrive, la brume diffuse les lumières du port, elle les mélange à la nuit comme le lait au café. C’est tout nacré comme dans un coquillage. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;C’est jamais très vivant ici. C’est pas la ville, c’est pas Harlem ! Mais c’est jamais complètement mort non plus. Un port ça respire toujours. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mais moi je reste au chaud. J’aurais bien aimé prendre part à tout ça, être artiste par exemple ! Peindre le monde ou raconter ce que j’entends ici… &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Etre au cœur de l’action, être actrice ! Mais je suis seulement spectatrice.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Les gens entrent, les gens sortent, ça fait comme des petits écrans qui s’allument et qui s’éteignent des rideaux qui se lèvent ! Et ils me jouent une petite scène que je fais semblant de pas entendre… Pas besoin de zapper je vois de tout ! Alors je voyage comme ça, au chaud dans mon café en écoutant les marins (ou les moins marins, parcequ’il y en a qui ont soif sans avoir navigué). Ils parlent d’îles merveilleuses qu’ils ont visitées au gré d’un voyage ou d’une soirée arrosée… C’est toujours des jolis noms mais je les retiens pas… J’aime mieux les inventer, ça fait encore plus exotique ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Remarquez la plupart du temps ils parlent de leur expédition au café d’en face. Pour sûr c’est exotique, vous verriez le troquet, tout blanc, tout lisse, avec des lumières bleues, et ça clignote… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;En plus c’est bien connu les marins ne résistent pas au chant des sirènes ! Et pour les sirènes, c’est plutôt en face !… Moi quand je chantais, j’accrochais mon copain pour qu’il se sauve pas! Ca n’a pas vraiment marché… j’ai pas trouvé de liens assez solides…&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Ca m’apprendra à acheter des cordes au rabais. Je me mettrai à la colle la prochaine fois !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Alors je prends ce que la marée m’offre ! Ou ce qu’elle rejette, c’est selon le point de vue… On ne sait jamais ce qui va arriver à la prochaine marée ! Vous verriez ce que je ramasse des fois ! Tiens, encore un amiral &lt;b style=""&gt;(regardant le marin qui boit son café)&lt;/b&gt;, mais demain ce sera peut être un baril de lessive et une paire d’espadrille ! Ou un équipage ukrainien en permission ! &lt;b style=""&gt;(rêveuse)&lt;/b&gt; Ahhh j’ai eu ça les ukrainiens, ils ont des beaux pompons les ukrainiens! Et ils les portent bien…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;C’est toujours rassurant de se dire que tout peut arriver demain. Qu’il suffit de laisser passer le temps pour qu’une grande aventure arrive… De se laisser porter par les vagues pour faire de grands voyages. Alors je fais la planche ! Je flotte ! J’essaie de ne pas trop boire la tasse… Ca il y en a qui s’en chargent pour moi (pointant vers l’amiral). &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Je vais peut être faire un peu semblant de me noyer pour attirer les sauveteurs en shorts rouges… Et en attendant, je barbote dans l’écume des jours !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;L’écume des jours&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 1 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les jours sont parfois lisses, mornes et sans éclat, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et sur ces jours trop plats, nos bateaux sont figés.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les jours de mortes eaux, la vie est pétrifiée&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et sur ces lourds marais, nous flottons sans émoi.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Avec pour seul moteur nos vieilles habitudes,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;On traverse le temps comme un désert aride.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Nos prières réclament quelques journées plus rudes&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Qui sont autant d’excuses à nos premières rides.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des jours lisses et bleutés, des jours gris et ridés, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Déferlent sur la plage avant d’y expirer&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et le temps écumant érode sans faiblir&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les rivages fragiles de nos souvenirs.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Une lame de fond vient faucher les jeunesses&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Volant dans son reflux des plages d’allégresse.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mais l’écume des jours est le trésor des sages&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Son éternel retour fait la beauté de l’âge.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 2 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les jours sont parfois noirs, fougueux et menaçants, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et la vie démontée s’élève en vagues sombres,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des montagnes opaques de soucis rugissants&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S’écroulent en fracas et répandent leurs ombres.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des figures inquiétantes naissent dans les eaux fortes, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et leur regard troublant transperce la mer d’encre&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;On fait dans la tempête serment de jeter l’ancre&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;De quitter à jamais l’océan qui avorte.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 3 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les jours sont parfois bleus, translucides et joyeux,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Alors le temps s’emplit de rires et de jeux.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les grandes vagues blanches en caressant le ciel&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Apportent le soleil jusqu’entre nos orteils.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Alors que les embruns et les oiseaux rieurs&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Jouent avec les rayons doux et ambrés du soir,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Nous écoutons les chants qui nous invitent à boire&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dans l’écume des jours les bulles du bonheur&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;span style="font-size: 11pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Scène 5 : Une bouteille à la mer …&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Fin d’après-midi au café, lumière chaude, ambiance cosy&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : On en aura vu passer des jours ! Et des vagues aussi… Et qu’est-ce qu’il en reste de toutes ces vagues ? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S (à la fenêtre) : C’est vrai, regarde la plage à cette heure-ci. Quand le soleil est assez bas, elle se met à scintiller. D’ici c’est vraiment merveilleux. Mais quand on s’approche, on se rend compte que c’est surtout le verre cassé qui scintille… C’est moins poétique.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : C’est ta découverte du jour ? J’essayais d’être un peu sérieux pour une fois, raté !…. Et c’est quoi le lien avec les vagues, avec le temps qui passe ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Laisse-moi finir ! Parfois quand je longe la plage je me demande d’où viennent toutes ces bouteilles cassées. Peut être que dans certaines il y avait un message, voilà ce qu’il reste des vagues ! Voilà comment une vague peut changer une vie!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : En tous cas je peux te dire qu’il y avait un message sur l’étiquette, et selon la bouteille je peux même te dire à peu près lequel !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Merci, mais j’en ai une belle collection derrière moi. Je lirai quand j’aurai un moment. Non je veux dire il y avait peut être quelque chose d’important dans ces bouteilles !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Oui du Rhum par exemple…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : T’es pas très coopérant ce soir !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Ahhh non ! Je suis résistant par nature !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Je t’ai demandé de coopérer, pas de collaborer. Bref je trouve amusant de penser que ces morceaux de verre cassés portaient un message du bout du monde. Mais les gens se posent pas la question… Dès que ça brille un peu, ils se soucient pas du contenu…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Ah non c’est pas vr…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S  &lt;b style=""&gt;(l’interrompant): &lt;/b&gt;Je ne parlais pas pour toi, je sais que tu t’en occupes sérieusement du contenu… &lt;b style=""&gt;(regarde son verre vide)&lt;/b&gt; d’ailleurs tu lui as déjà réglé son compte à ce contenu là… Faut suivre avec toi ! &lt;b style=""&gt;(remplit à nouveau le verre de M)&lt;/b&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Tu es hautement complice dans l’altération de ma lucidité…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Je plaide coupable en effet !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Enfin… malgré tes méfaits j’ai bien compris ton histoire de bouteilles. Tu sais les gens sont comme les mouettes…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S &lt;b style=""&gt;(l’interrompant à nouveau):&lt;/b&gt; Ca commence bien ! Lucidité bien altérée on dirait.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Chuuut ! Dès qu’ils voient un truc qui brille, un truc qui clignote, un bel emballage, ils s’abattent dessus sans se demander ce qu’il y a dedans, comme la petite vérole sur le bas clergé. Je pense que quand on jette une bouteille à la mer, faut surtout bien choisir la bouteille… Une qui brille. Et qui flotte aussi c’est mieux. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S  &lt;b style=""&gt;(se moquant):&lt;/b&gt; Quelle fin stratège ! On n’est pas amiral pour rien je vois ! Bon je vais aller trouver une belle bouteille, bien la fermer pour qu’elle flotte, et hop, à coup sûr je vais être contactée par une mouette ou par un goéland !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M  &lt;b style=""&gt;(la regardant dubitatif, un peu désabusé):&lt;/b&gt; On est peut être pas serveuse pour rien non plus… C’est une METAPHORE ! &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;Fais un effort ! Bien sûr il faut un beau message dans la bouteille si tu veux qu’on te réponde! Mais t’as intérêt à pas choisir n’importe laquelle si tu veux que Brad Pitt la ramasse en marchant sur la plage ! (Ironique) Et faut écrire gros sur le message, parceque les goélands voient pas très clair je crois. Et puis vu comme tu es bavarde, choisis un magnum…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Message reçu mon amiral ! Il parait que ça marche parfois ces trucs. C’est pas juste bon à faire rêver les serveuses. Des fois on lance au hasard, et on tombe juste !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : T’as bien raison d’y croire ma jolie. A chaque pot son couvercle ! Santé !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;Naufragés&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;" lang="EN-GB"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 1:&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Vêtus de vieux haillons usés par les voyages&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les mains et pieds palmés par tant de longues nages,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils sont tombés à l’eau, en pêchant la naïade.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et assis sur leur poutre, ils partent en ballade.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Leurs yeux cherchent la terre dont ils ont tant rêvé,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sentir enfin l’extase d’un sol sous leurs pieds.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mais faute de palmier ils rêvent de croiser&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Au détour d’un typhon un radeau allié.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Flottant sur un destin précaire,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Lançant dans le vent leurs prières&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils n’ont que des oiseaux moqueurs&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Pour partager ces longues heures.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sur leur poutre, bien accrochés&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils espèrent rencontrer&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sur la poutre d’à côté&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Un camarade aux pieds palmés &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Un partenaire pour danser&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;La valse des naufragés.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 2 :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Soudain surgit des brumes&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;l’esquisse d’un gréement. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;D’un filet déchiré on se fait un lasso, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;On passe à l’abordage puis au débarquement&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Avec pour étendard un t-shirt en lambeaux.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Beauté en perdition, que vos chagrins s’épanchent ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M’accordez-vous l’honneur de monter sur vos planches ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ensemble sur la scène de ce théâtre en vogue&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Nous nous dirons tremblants de fervents dialogues.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 3 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Rêvant main dans la main de promenades au phare, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils parcourent sereins le chemin du hasard&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Je suis le mât, tu es la voile, où est le mal ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Auprès de toi cette dérive est un régal.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Deux poutres amarrées font un catamaran,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ainsi nos naufragés, deviennent conquérants. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Deux poutres amarrées voguent à l’unisson&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Se moquant des requins, du vent et des typhons.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Scène 6 : Aux frontières du réel&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Le marin taquine la serveuse, la trouvant un peu mièvre, loin des réalités. Peu à peu, la serveuse le convainc de la rationalité de son raisonnement.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Mais dis moi, si on y répondait vraiment, à ta bouteille, qu’est-ce que tu ferais? &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Faudrait voir la réponse… Quand j’envoie des SOS, je veux pas être sauvée par n’importe qui non plus ! Mieux vaut barboter seule des fois…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Pas folle, la guêpe ! Mais comment tu pourrais savoir si c’est le bon sauveteur ? S’il t’a griffonné trois mots sur un bout de papier … Tu serais bien avancée !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : J’imagine que si mon sauveteur est un peu sensé (et c’est une condition nécessaire, l’esprit. Et les pectoraux d’acier aussi mais ça, ça va avec le short rouge), il aura laissé une adresse sur le bout de papier. Alors nous pourrons nous écrire vois-tu! Enfin j’espère, parce que les bouteilles c’est sympa un moment, mais je me vois pas aller jeter ma bouteille à la mer tous les matin, et &lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;le soir arpenter la plage pour trouver la réponse !&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;C’est pas écolo. Et pas très discret non plus, n’importe qui pourrait lire nos lettres enflammées…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Bien, soit, admettons, le chevalier a un cerveau, et il a laissé une adresse. Et vous correspondez. Tu crois vraiment qu’on peut connaître quelqu’un juste avec des lettres ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : J’imagine. Au moins un peu… C’est mieux que rien non ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M :T’es même pas sûre que c’est lui qui a écrit, il est peut être analphabète, cleptomane ou ingénieur… SI ça se trouve il n’a même pas de short rouge. Et il peut écrire tout ce que tu as envie de lire sans en penser un mot !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Oui peut être… mais au moins ça montrera qu’il a envie de me rencontrer ! Si je tombe sur un homme qui me dit ce que je veux entendre j’aurai déjà beaucoup plus de chance que par le passé!&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Oui mais les hommes qui citent Julio Iglesias à longueur de journée, ça se fait rare. Et puis la convention de Genève ne le permet pas.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Tu as toujours ton poster dédicacé de Mireille Mathieu au fait ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Quel coup bas ! Revenons à nos moutons veux tu ? Qui te dit qu’il n’est pas un sombre stratège, un manipulateur manichéen, un vicieux Vicomte, un Valmont volage ? Et alors là, alerte à Malibu !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Et qui te dit que ça me plait pas les liaisons dangereuses ? La bibliothèque rose tu sais, j’ai passé l’âge ! Et puis la collection Arlequin j’en suis revenue aussi. C’est pas parcequ’on rêve qu’on est née de la dernière pluie !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Si tu le dis ! Mais je pense que tu l’as trop rêvé ton sauveteur. Tu ne pourras jamais vraiment le voir comme il est. Tes liaisons dangereuses, c’est un grand bal masqué, c’est tout. C’est la grande Illusion ! Conséquemment…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S &lt;b style=""&gt;(l’interrompant)&lt;/b&gt;: C’est une belle…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M  (l’interrompant à son tour, s’emportant) : Ne m’interromps JAMAIS quand je commence une phrase par « conséquemment »… &lt;b style=""&gt;(menaçant)&lt;/b&gt; ou méfie toi des conséquences&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Je tâcherai de m’en souvenir. Je disais donc, au péril de mes jours, que c’est une belle énergie, l’illusion. Et puis quand on rencontre quelqu’un, même à fleur de peau, du bout des doigts ça reste enrichissant. Si ça colle pas, je mettrai mes rêves à jour, c’est tout ! En outre…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M (l’interrompant) : Arrête un peu…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S (l’interrompant) : Hé, ho ! Ne m’interromps jamais quand je commence une phrase par « en outre »… Ou alors gare aux… aux outrages, voilà !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Heureusement, c’est un cas de figure qui reste exceptionnel… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; color: red;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;Vers &lt;st1:personname productid="LA SURFACE" st="on"&gt;la surface&lt;/st1:personname&gt; (&lt;span style="color: red;"&gt;les magiciens osent&lt;/span&gt;)&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 1 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Comme de lourds chevaux dans les champs infertiles&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Tirant dans le sol froid des machines rouillées,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils tirent vers la surface des rêves inutiles&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Venus des profondeurs de leurs nuits éclairées.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils portent au fond d’eux d’infaillibles œillères&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Cachant à leur regard la folie de leur quête.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Privés de la vision de nos tristes frontières,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils tirent obstinés sans relever la tête.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils étaient des enfants &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Aux rêves envahissants,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils sont des musiciens&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils sont des magiciens&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Danseurs surréalistes,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Peintres récidivistes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Frappés par la conscience&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Que la vie est une chance&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Que peut être demain&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Cette vie prendra fin.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils se sont inventé&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Leur propre liberté,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils ont choisi pour cible&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des défis impossibles.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Quand les magiciens osent,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils voient la vie en rose.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 2 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des cerfs-volants sauvages accrochés au poignet,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils font sur le chemin des marches triomphales&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;A leurs champs de batailles, on ignore la trêve,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Nuit et jour ils chevauchent leurs indomptables rêves.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Bien sûr à leurs mollets, au ras des pâquerettes, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Des ronces acérées s’agrippent à leurs chaussettes, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Qu’importent les attaques de ces basses armées,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Leur esprit flotte loin au dessus de leurs pieds.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 3 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils ont pour seul donjon une bulle fragile,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Un monde suspendu aux reflets irisés&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Qui change les couleurs de la réalité&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et qui danse sous les lumières de la ville. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ingénus innocents, pendus à leurs baudruches, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils se font besogneux pour bâtir une ruche,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;On les croit vaporeux, hagards et dispersés,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mais jamais sur la barre leur main n’aura tremblé.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;Scène 7 : D’un monde à l’autre&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S (songeuse) :&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt; Mais dis moi, tu crois que ce serait très différent, si je le croisais ici mon Apollon ? Qu’est-ce qu’on sait vraiment des gens quand on les rencontre ? Ils nous racontent ce qu’ils veulent dans la vraie vie aussi ! D’accord on voit s’ils ont des beaux yeux… mais tu sais, même après 20 ans de mariage, on peut avoir des surprises, tu vivras jamais dans la tête d’un autre mon bonhomme ! &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Non c’est vrai. Pourquoi tu vas prendre des risques en plus alors, si c’est déjà tellement compliqué comme ça.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Justement, ça ne peut pas vraiment être plus compliqué. Une rencontre c’est toujours l’inconnu. La seule chose qu’il faut savoir finalement, c’est qu’on ne sait pas grand chose ! Alors je préfère être joueuse !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Tu marques un point… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Oui, il y a toujours un risque, il a toujours un doute. Mais il y a aussi toujours une chance. C’est ça qu’est beau !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Toutes ces discussions pour conclure qu’on est jamais sûr de rien… encore une journée productive !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Voilà comment on passe l’hiver au café du port.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Demain promis on change le monde. &lt;b style=""&gt;(Après réflexion) &lt;/b&gt;Tu sais pourtant, des fois je sens qu’il y a des certitudes, des vérités, des choses comme ça qu’on explique pas mais dont on est certain.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Comme le fait que cette bouteille soit déjà vide par exemple ? C’est aussi certain qu’inexplicable !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : &lt;b style=""&gt;(solennel)&lt;/b&gt; Un jour je t’expliquerai… &lt;b style=""&gt;(normal) &lt;/b&gt;Non mais tu sais, des fois tu rencontres quelqu’un que tu as l’impression de connaître depuis longtemps, quelqu’un avec qui tout est simple, quelqu’un en qui tu as instinctivement confiance…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Comme les fins de soirée au café !! Tu n’as que des meilleurs amis après deux bouteilles !&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : Non ça c’est parce que je le vaux bien. Tu n’oserais pas dire le contraire. Je veux parler des gens qui parlent ton langage, des gens qui ne portent pas de masque, des gens qu’on reconnaît à travers les âges, à travers les années…Ces gens qui dégagent un parfum de vérité&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : Ou un parfum d’ébriété…&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;M : &lt;b style=""&gt;(Vérifie son haleine)&lt;/b&gt; Au fait Marylou, tu sais que j’ai un short rouge ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S : &lt;b style=""&gt;(Choquée)&lt;/b&gt; Je ne veux pas le savoir ! &lt;b style=""&gt;(attendrie)&lt;/b&gt; Tu es vraiment incorrigible… &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; color: red;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps; color: red;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;  &lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/i&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-align: center;" align="center"&gt;&lt;b style=""&gt;&lt;i style=""&gt;&lt;span style="font-size: 16pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;Les inconnus&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-size: 12pt; font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; font-variant: small-caps;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 1 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;S’agitant sur les rives où s’échouent nos destins,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Voici les inconnus, ces sauvages troublants,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ces indigènes nus qui sur notre chemin&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sont des pierres vivantes, des pavés insolents.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ces êtres fascinants, nous les nommons les autres,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et au premier verdict, ils sont mauvais apôtres. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Leurs voix viennent à nous emplies de mots étranges&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et c’est à peine si quelques regards s’échangent.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Refrain&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Derrière les visages, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sous le maquillage, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Il est des images,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Comme des rivages&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Qui ne changent pas,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Qu’on ne quitte pas.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Pas besoin de preuve,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm; text-indent: 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils sont évidence,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Ils sont à l’épreuve&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;De nos renaissances.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Les enfants cachés&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sous les traits ridés&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dorment dans nos yeux&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Trop secs et trop vieux.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 2 :&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Chacun a dans sa tête un grenier poussiéreux,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Où sont entreposées de vieilles vérités.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Un butin familier de souvenirs douteux&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dort au chaud dans l’alcôve des esprits mansardés.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;On parcourt les années, ce grenier dans la tête, &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et perçoit le monde à travers ses fenêtres.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Sur les carreaux souillés, les traces du passé&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Déforment les images de la réalité. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Strophe 3 : &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Et l’enfant que j’étais, moi le Narcisse vain,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dirait-il que je l’ai laissé sur le chemin ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mon miroir éborgné par tant d’années coupables&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Verra-t-il sous mes traits mon passé adorable ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;De ses audaces, de ses peurs, de ses chimères&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Dans le miroir brumeux je ne distingue rien.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Mais parfois je déchire mes masques anodins,&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 0.0001pt 18pt;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;Alors j’entends chanter l’enfant que j’ai fait taire.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; Voilà, et après il y a une fée qui descend d'une grosse bulle magique, et tout le monde retourne en enfance et va cueillir des arc-en-ciel chez les télétubbies. Mais ça c'est l'acte 2. Patience.&lt;br /&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 0cm;"&gt;&lt;span style="font-family: &amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-3538856541790768913?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/3538856541790768913/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=3538856541790768913' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/3538856541790768913'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/3538856541790768913'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2010/01/cafe-du-port-la-nouvelle-vague.html' title='Café du port: la nouvelle vague'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-8695294340409032224</id><published>2009-11-05T16:24:00.001+01:00</published><updated>2009-11-05T16:26:05.665+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>-C’est quoi ce temps de merde ?</title><content type='html'>-C’est quoi ce temps de merde ? &lt;br /&gt;-Ben, c’est novembre…&lt;br /&gt;-A ouais, coool !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hé oui c’est novembre, c’est la crise, et me voilà réduit à écrire des articles de blogueur normal que les lecteurs voudront bien lire. C’est dire si la dépression de novembre ™ est puissante cette année, bien plus que la grippe A, qui n’est rien qu’une invention pour médiatiser mahame Bachelot qu’on aime bien quand même, surtout parce qu’elle est idiote mais qu’elle rigole. &lt;br /&gt;Après avoir passé les 5 premiers jours de novembre caché entre les coussins du canapé à mordiller un Doudou (question à 100 balles : comment s’appelle mon doudou, ou plutôt le doudou de Karine qui traîne chez moi ? répondez à cette question et rendez-vous sur le blog de Sonia pour savoir comment gagner une visite gratuite des instituts Ménard), j’ai décidé de reprendre ma vie sociale en main et je sollicite pour ce faire le rassemblement de vos lumineuses énergies d’amour virtuel, qui vont se déchaîner sur ce blog, matérialisées sous forme de commentaires élogieux, voire dithyrambiques si j’arrive à l’orthographier (le correcteur orthographique n’a pas bronché, vous pouvez dithyramber votre race).  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour être honnête (ce qui est un signe de plus de la dépression de novembre ™) ma première idée pour lutter contre la dépression de novembre ™  fut l’invention d’un merveilleux cocktail qui j’ai baptisé fort modestement (car fort à propos) le « Thomthom royal » (remarquez l’extrême modestie, puisque j’ai résisté à la tentation de le baptiser le Thomthom impérial, ou le « orgasmic sublime Thomthom », qui reconnaissons le sont les locutions qui viennent le plus naturellement à l’esprit lorsqu’on cherche à baptiser un cocktail d’après ma personne). &lt;br /&gt;Bref le Thomthom royal, c’est 1/5 Gin, 1/5 Vodka et 4/5 Champagne. Oui je sais ça déborde, c’est fait exprès pour pouvoir lécher le champagne sur la table basse… Bref  autant dire que le Thomthom royal ™ ça te fait tituber la Maïté en moins de deux. C’est rien de cochon t’emballe pas, c’est juste pour dire que ça saoulerait un troupeau de caribous assez facilement. Et pauvre caribou tout seul que je suis, ça m’a torché vite fait et assez profondément pour être honnête. &lt;br /&gt;Problème : après deux bouteilles de gin (et donc 8 de champagne), et un coma éthylique, je me suis rendu compte que le verni des tables basses Ikea était soluble dans le champagne. Or il n’était pas question de laisser la dépression de novembre ™ s’acharner sur mon mobilier à 15 euros. J’ai donc du laisser très temporairement tomber le Thomthom royal ™, au moins jusqu’à ce que je trouve une table basse résistante aux alcools pétillants et aux actions répétées d’une langue habile. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà pourquoi la réunion Tupperware d’aujourd’hui sera exceptionnellement consacrée à la dépression de novembre ™ et aura exceptionnellement lieu. Je vous propose donc de tous nous asseoir en rond autour de nos écrans en nous tenant la main (oui tout seul, c’est moins bien, mais faut être autonome des fois un peu). Ayant formé cet émouvant cercle d’amour hypocrite, je vous invite à cracher tous ensemble sur l’abjecte dépression de novembre ™ en partageant toutes les crasses que cette garce nous fait subir et qui, tel un ivrogne couché sur une fille de joie thaïlandaise, nous empêche de quitter le lit. &lt;br /&gt;Comme c’est mon article, c’est moi qui commence. Na. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Commençons par une anecdote particulièrement personnelle : en novembre il fait un temps de merde. Ca c’est vraiment très personnel comme confession. Il tombe des pluies horizontales chargées de feuilles mortes et de sacs plastiques qui viennent se coller sur nos visages… Je viens d’ailleurs de lancer mes mercenaires les plus vaillants aux trousses de Véronique Sanson, qui a eu le malheur d’affirmer que « les jours de pluie ça n’existe pas ». Typique des gens qui passent tous leurs mois de novembre à Bahia. Avec mes mercenaires à ses trousses, l’ignoble sorcière blasphématrice sera avant longtemps dans mon donjon condamnée à me chanter des chansons de Michel Berger pour l’éternité. Sous la pluie. &lt;br /&gt;Bref du coup pour résister aux attaques répétées des rhumes et autres bronchites dont les bourrasques sont gorgées,  je suis obligé de boire un litre de jus d’orange pressé par jour. Je ne vous parlerai pas des dégâts sur mon système digestif… a ben si, c’est fait. C’est ça aussi la dépression de novembre ™ !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autre révélation choc concernant la partie la plus inavouablement intime de ma vie privée : en novembre, il n’y a pas noël. Hé non, Noël n’arrive en général qu’en décembre, et encore, presque à la fin. Parfois même c’est au mois d’avril. En général l’instinct de survie nous pousse tout de même à manger des clémentines et du pain d’épice en novembre, histoire d’oublier les citrouilles en plastique qu’on a vu dans les vitrines avant Halloween. Mais voilà, moi pas très futé, dès le 20 octobre j’avais fini d’écrire un recueil de chansons de Noël. Donc maintenant blasé je suis. Et je fais quoi maintenant, des chansons de pâques ? D’épiphanie ? Annick Goutal a déjà très bien traité le thème… d’ailleurs grâce à elle j’ai pris un bain d’encens samedi… J’étais en odeur de sainteté. C’est pour pallier à la pénurie de dithyrambes, je m’encense moi-même… &lt;br /&gt;En attendant j’écoute la compagnie créole… C’est un peu comme si Amy Winehouse avait fini sa bouteille de whisky avant l’entracte et qu’elle buvait de la tisane pendant la deuxième partie… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour couronner le tout, certains êtres de petite taille parlant des langages exotiques semblent ligués contre moi pour me faire perdre mon temps. Et s’il y a quelque chose que je n’aime pas perdre, c’est mon temps (après mes cheveux et mes dents bien sûr). Je ne parle pas de l’armée de Farfadays polyglottes qui avaient pourri mon novembre 2003, ou encore des gnomes tchétchènes  qui m’avaient harcelé (quoi qu’amusé aussi) l’an dernier. Il s’agit plutôt d’une sorte de vieux jedi qui se contente en général de me faire perdre mon poids… Et comme nous répétons Faust et que je suis Méphisto, je sens les cornes me pousser… c’est lequel déjà le Guignol avec la face peinte en rouge et noir qui joue les Jeanne Mas dans la guerre des étoiles ?  Celui-là qu’a la tige qui brille dans les deux sens… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà pour les doléances du mois de moi. Je vous épargne les lamentations éternellement valables sur le fait que je ne suis toujours pas Maharaja, que mon poney qui vole est cloué au sol par une colique (jus d’orange…) et que l’accordeur d’arc-en-ciel qui chante est perpétuellement indisponible…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous pouvez maintenant vous plaindre allègrement en  commentaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ma part je vais tâcher d’échapper au suicide en énumérant quelques points positifs qui fleurissent tels de jolies pervenches dans les gravas infectes de ce mois putride. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d’abord je n’ai regardé que trois saisons des « golden girls » sur environ 40 disponibles. Et ça, c’est tout de même rassurant. Ca signifie que je vais avoir une raison de vivre au moins pour les 15 prochains jours. En suite je pourrai finir « Allo allo » et « murder she wrote ». Moi qui émettais des réserves au mois de mai sur l’achat d’un écran plat… Je suis en train d’essayer de me faire rembourser cet achat par la sécu. Ca et mes eaux de toilette Annick Goutal. Ce n’est pas beaucoup plus cher que le prozac…&lt;br /&gt;Revenons à GG, qui pour moi ne veut plus dire Gossip Girl mais Golden Girls. Finalement c’est un peu pareil. Des histoires de sexe (blanche), de drogue (cheesecake), de manipulation (Sofia) et surtout de mode (ralala les blouses des années 80…). Et pour ceux qui ne connaissent vraiment pas, c’est l’histoire de trois vieilles qui sont colocataires, qui parlent de ménopause (ce qui est nettement plus subversif à mon goût que de parler de chirurgie esthétique), des perruques de leurs ex, et qui cherchent avant tout de l’argent et des partenaires sexuels. C’est dire si Gossip Girl n’a rien inventé. Par ailleurs elles vivent avec la mère d’une des vieilles, qui est mais alors vraiment super vieille pour le coup, d’autant plus qu’elle est sicilienne, ce qui n’a pas grand-chose à voir mais si quand même étant donnée la recette de sa sauce à tortellinis (et voilà, l’académie française vient encore de me fermer la porte au nez). J’ajouterai finalement que je me surprends souvent fouillant dans le frigo en pleine nuit à relever dans GG des situations qui ont été reprises dans Friends (ex : le gâteau en forme de bite…) comme quoi GG est bien la grand-mère de toutes les séries à succès. &lt;br /&gt;Bref je suis complètement devenu un Golden Boy (sans aucun fétiche uro, c’est promis). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/fCIhJvOM7rc&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/fCIhJvOM7rc&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’écoute non stop dans mon baladeur des chansons de peste, et je déambule nonchalamment dans les rues, casquette à l’envers, mon jogging kappa rentré dans mes socks blanches. A commencer par la merveilleuse BO de « St trinians », film culte s’il en est, qui prouve qu’on peut être méchant, glamour et populaire (comme quoi Blair n’a vraiment rien inventé). J’alterne avec « Beat it » et « they don’t really care about us ». C’est un peu le mode “fatal bazooka” cher à Concile. Ainsi en novembre mon principal moyen de sociabilisation est le street fighting. Et c’est drôlement fun. Tout le monde me déteste, et c’est quand même vachement mieux que de passer inaperçu (ce qui est quand même souvent le cas en novembre, on y voit pas à 2m sous cette putain de pluie). Et puis comme ça je peux rentrer plus vite chez moi le soir pour regarder les Golden Girls. Avec deux ou trois poignards dans le dos et un doberman accroché à mon mollet, mais on va pas faire le douillet non plus. C’est bien plus simple à enlever qu’une tique, au moins on ne se fatigue pas les yeux. L’autre jour encore j’avais une étoile de ninja dans le front, ben figurez vous que ça enlève super bien les comédons. &lt;br /&gt;Pour résumer, et comme le disent si bien ces adolescentes maquillées comme des …, « i do as i darn well please ». Et ça c’est comme les massages des pieds, les soins de peau en institut et la photo moche d’un ami d’enfance sur facebook : ca fait du bien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/B08L0iXVP2c&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/B08L0iXVP2c&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin en novembre, même si c’est pas du tout Noël, ni Copa Cabana d’ailleurs, on commence quand même à lister du cadal assez sérieusement. Et c’est toujours assez satisfaisant d’imaginer comment on pourrait utiliser l’argent des autres pour se faire plaisir. En ce qui me concerne, je vous signale qu’il reste quelques articles de la collection Paul Smith que je ne possède pas encore. Je vous rappelle également que je n’ai toujours pas de bébé panda. Celui qu’on m’a offert l’an dernier n’était plus si mignon en grandissant. En revanche je n’ai plus besoin d’une écharpe en peau de bébé panda, merci. Mon désir d’émeu reste malheureusement insatisfait. Je crois que c’est là une des sources principales de mon agressivité. Je vous rappelle que pour emballer proprement un émeu, il faut faire un nœud et une boucle avec les pattes au dessus du dos, et coincer le cou dedans. Et n’oubliez pas de remplir le paquet de pop corn pour que l’émeu survive jusqu’au soir de noël. Les émeus affamés, ça m’émeut (ça vous pendait au nez ça). Voilà pour les considérations cadalistiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dernier point de réjouissance (zone érotique si vous voulez), Noël chez les Bettinelli sera russe cette année. Voilà, c’est comme ça, on avait tous envie de fourrure, de vodka, de caviar, de balalaïka, de saumon fumé, de blinis, de patates, de chocolat de chez Pouchkine, du tombeau de Lénine, c’était loin tout ça. La place rouge était vide, devant moi marchait Nathalie, il avait des cheveux blonds mon guide, mais là je m’égare (c’est ce qui arrive avec une guide blonde). Message à destination des érudits qui brûlent d’envie de nous rappeler qu’en Russie Noël se fête plus tard : BOTHER OFF this is none of ur business. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour conclure je vous rappelle que toute offrande de fonds ou de matière première pouvant servir à l’élaboration du ThomThom Royal est le bienvenu. Votre générosité sera récompensée par une participation à la consommation de ce succulent breuvage. Mes amis proches savent que toute participation à ma déchéance est toujours largement récompensée. Rapport à ceux qui m’ont pris en photo à poil dans une cabine téléphonique avenue de l’opéra…&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-8695294340409032224?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/8695294340409032224/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=8695294340409032224' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8695294340409032224'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8695294340409032224'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/11/cest-quoi-ce-temps-de-merde.html' title='-C’est quoi ce temps de merde ?'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-6566753278382164804</id><published>2009-10-19T10:21:00.002+02:00</published><updated>2009-10-19T10:24:40.470+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Tous en scène'/><title type='text'>24.12 suite et fin</title><content type='html'>Il m'en restait 2 à vous soumettre... les voici!&lt;br /&gt;Et tout ça sera joué le 20 décembre place de la mairie à Saint-Aubin du Cormier. A bon entendeur...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;22h : Au cœur de l’attente&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les dames et les vins aux robes éblouissantes&lt;br /&gt;Scintillent jusqu’à l’aube dans la lumière tremblante.&lt;br /&gt;On éclate de rire dans un monde argenté, &lt;br /&gt;La vie pour un repas semble transfigurée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les enfants survoltés courent autour de la table&lt;br /&gt;Ils créent à chaque instant des jeux invraisemblables&lt;br /&gt;Un sucre d’orge en main, de la joie plein les yeux&lt;br /&gt;Ils sont les rois d’un soir qui n’appartient qu’à eux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;Enfants de tous âges,&lt;br /&gt;Des anges de passage&lt;br /&gt;Emplissent le vent &lt;br /&gt;De rires et de chants.&lt;br /&gt;La magie d’un soir&lt;br /&gt;Gravée dans les mémoires&lt;br /&gt;Traverse le temps&lt;br /&gt;Dans les cœurs innocents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un calme religieux se répand sur le soir,&lt;br /&gt;Quand le compte à rebours démarre dans le silence.&lt;br /&gt;Les enfants silencieux suffoquant d’impatience&lt;br /&gt;Guettent le père noël en espérant le voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le salon éteint le miracle est en cours.&lt;br /&gt;Le temps d’une prière des paquets prodigieux &lt;br /&gt;Ornés de papier d’or, de rubans de velours&lt;br /&gt;Ont été déposés sous le sapin précieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;Enfants de tous âges,&lt;br /&gt;Des anges de passage&lt;br /&gt;Emplissent le vent &lt;br /&gt;De rires et de chants.&lt;br /&gt;La magie d’un soir&lt;br /&gt;Gravée dans les mémoires&lt;br /&gt;Traverse le temps&lt;br /&gt;Dans les cœurs innocents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les petits et les grands découvrent leur trésor&lt;br /&gt;Les rêves d’une année se réalisent alors.&lt;br /&gt;Des paquets rutilants mille jouets surgissent&lt;br /&gt;Et de larges sourires sur les lèvres fleurissent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le sapin frétille au son des rires purs&lt;br /&gt;Il a pour ornement des visages joyeux.&lt;br /&gt;Il s’illumine alors de cierges merveilleux&lt;br /&gt;Et des ombres magiques s’animent sur les murs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;Enfants de tous âges,&lt;br /&gt;Des anges de passage&lt;br /&gt;Emplissent le vent &lt;br /&gt;De rires et de chants.&lt;br /&gt;La magie d’un soir&lt;br /&gt;Gravée dans les mémoires&lt;br /&gt;Traverse le temps&lt;br /&gt;Dans les cœurs innocents.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt; &lt;br /&gt;02h : rêve de nuit&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maison&lt;br /&gt;Dans la maison calme flotte une brume claire&lt;br /&gt;Le parfum des bougies embaume encore l’air &lt;br /&gt;Dans la cheminée ronfle une buche placide&lt;br /&gt;Vautrée dans la rougeur de quelques braises timides&lt;br /&gt;L’horloge fatiguée soupire de temps en temps&lt;br /&gt;Le sapin endormi scintille doucement&lt;br /&gt;Une boite à musique égraine quelques notes&lt;br /&gt;Les poupées, les peluches discrètement chuchotent.&lt;br /&gt;Des papiers sur le sol frémissent dans le noir&lt;br /&gt;Un livre encore ouvert nous raconte une histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain instrumental&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les chambres bleutées, de tendres édredons&lt;br /&gt;Se soulèvent au gré de nos respirations.&lt;br /&gt;Des bulles colorées s’élèvent de nos lits&lt;br /&gt;Des planètes rêvées qui flottent dans la nuit.&lt;br /&gt;Des lucioles fragiles naissent dans les recoins&lt;br /&gt;Une constellation de songes vogue jusqu’au matin.&lt;br /&gt;Des mélodies s’échappent de ces astres énormes&lt;br /&gt;Balancées par le souffle des enfants qui dorment&lt;br /&gt;Un carillon gracieux berce les angelots&lt;br /&gt;Et calme les ardeurs de l’hiver aux carreaux&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain instrumental&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La terre dans le noir reprend sa valse lente&lt;br /&gt;Mais aujourd’hui sa course semble plus dansante.&lt;br /&gt;Son sillage brillant est chargé de joyaux&lt;br /&gt;D’innombrables diamants lui forment des anneaux.&lt;br /&gt;Dans l’univers profond et recouvert de neige&lt;br /&gt;Des chants joyeux résonnent en harmonieux arpèges.&lt;br /&gt;Et dans la solitude d’un hiver éternel&lt;br /&gt;La lune s’est coiffée d’un bonnet de noël&lt;br /&gt;Des anges amoureux dansent autour du monde&lt;br /&gt;Et la planète bleue rit dans la nuit profonde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-6566753278382164804?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/6566753278382164804/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=6566753278382164804' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6566753278382164804'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6566753278382164804'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/10/2412-suite-et-fin.html' title='24.12 suite et fin'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-5617230177910070661</id><published>2009-10-15T14:43:00.002+02:00</published><updated>2009-10-15T14:49:01.796+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Tous en scène'/><title type='text'>24.12</title><content type='html'>Allez je vous en colle tout une fournée cette fois ci!&lt;br /&gt;24.12 c'est notre projet de conte de Naël avec Alain, et même que ça sera joué le 20 décembre à 16h à St Aubin. Évènement planétaire s'il en est, puis qu'on en parle sur facebook.&lt;br /&gt;Donc comme vous ne pouvez plus attendre, je vous colle les paroles des chansons que je suis en train d'écrire. Le principe: faire des cartes postales (ou des pola, comme vous le sentez) de différents moments de la journée du 24.12. Il me reste deux photos à prendre, vous les aurez bientôt!&lt;br /&gt;Joyeux Naël!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous apprécierez par ailleurs l'absence totale de mise en page...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;24.12-06h:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La planète bleue est blanche,&lt;br /&gt;Un monde doux couleur d’ivoire,&lt;br /&gt;Le monde froid dans le silence.&lt;br /&gt;Vogue sans bruit dans la nuit noire,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous un épais manteau d’hermine&lt;br /&gt;La vie au chaud, s’est repliée.&lt;br /&gt;On sent la ville respirer,&lt;br /&gt;Blottie dans la nuit cristalline.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En son cœur dorment des enfants&lt;br /&gt;De petits anges impatients.&lt;br /&gt;Sur leurs lèvres sont dessinés&lt;br /&gt;Des sourires émerveillés&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des cheminées montent des rêves&lt;br /&gt;Encore tout chauds sortis du lit.&lt;br /&gt;La fumée bleue monte sans trêve&lt;br /&gt;De la nuit noire au paradis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La haut les tièdes fumerolles&lt;br /&gt;Serpentent autour d’astres d’argent.&lt;br /&gt;Et les rêves forment l’étole&lt;br /&gt;Qui couvre l’hiver élégant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du ciel glacé tombent des perles,&lt;br /&gt;Des étoiles blanches et nacrées&lt;br /&gt;Des larmes d’or, des étincelles&lt;br /&gt;Qui valsent dans l’immensité&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Durant la nuit l’hiver se pare&lt;br /&gt;De doux murmures et de lueurs&lt;br /&gt;Le silence de la nuit noire&lt;br /&gt;S’emplit d’espoir et de candeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On voit déjà sur l’horizon&lt;br /&gt;L’aube timide qui s’éveille&lt;br /&gt;Et sur la neige le doux rayon&lt;br /&gt;Rose et doré du soleil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le long traineau du jour s’avance&lt;br /&gt;Et un doux parfum de cannelle,&lt;br /&gt;De délicieuses odeurs d’enfance&lt;br /&gt;Au matin tendre et frais se mêlent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lumière orangée caresse&lt;br /&gt;Les angelots dans leur sommeil&lt;br /&gt;Et les enfants d’un bond se dressent :&lt;br /&gt;Ce jour qui vient s’appelle Noël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;24.12-10h&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La valse des intentions&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme de légers flocons, dans l’air ils virevoltent,&lt;br /&gt;Ils nous semblent fébriles, ballotés par le vent&lt;br /&gt;Quelle douce tempête souffle sur les passants&lt;br /&gt;Et fait valser dans l’air ces curieux qui grelottent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ville est une ruche et les badauds butinent&lt;br /&gt;Le ciel tout blanc, dissout dans l’air, sent bon le miel&lt;br /&gt;Des bulles d’or s’illuminent dans les vitrines&lt;br /&gt;Les abeilles aux joues roses s’affairent vers noël!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain1&lt;br /&gt;C’est l’intention qui compte !&lt;br /&gt;Mais quand on aime on ne compte pas,&lt;br /&gt;On ne compte pas ses pas&lt;br /&gt;Et on arpente pas à pas&lt;br /&gt;Les longs boulevards d’apparat&lt;br /&gt;Au parfum délicat&lt;br /&gt;De praline et de nougat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On reluque des breloques&lt;br /&gt;Peu importe si c’est du toc,&lt;br /&gt;On fourre en vrac&lt;br /&gt;Un bric à brac&lt;br /&gt;Dans son sac&lt;br /&gt;On est fauché mais on s’en moque&lt;br /&gt;Peu nous importe en cette époque !&lt;br /&gt;On est pressé, on a le trac&lt;br /&gt;Alors on plonge dans les bacs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nos rêves prennent vie derrière les devantures&lt;br /&gt;Une poupée me fixe de ses yeux d’azur&lt;br /&gt;Elle veut danser, regardez-la, elle vient vers moi !&lt;br /&gt;Je voudrais l’adopter, elle me tend les bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun traine avec lui un cortège d’amis&lt;br /&gt;Et cherche pour chacun ce qui n’a pas de prix&lt;br /&gt;On emballe on enrubanne, on empaquette et l’on trimballe&lt;br /&gt;Un peu de joie, un peu de soi, un peu de bonheur amical&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain 2&lt;br /&gt;C’est l’intention qui compte !&lt;br /&gt;Mais quand on aime on ne compte pas,&lt;br /&gt;On ne compte pas ses pas&lt;br /&gt;Et on arpente pas à pas&lt;br /&gt;Les longs boulevards d’apparat&lt;br /&gt;Au parfum délicat&lt;br /&gt;De praline et de nougat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On reluque des breloques&lt;br /&gt;Peu importe si c’est du toc,&lt;br /&gt;On fourre en vrac&lt;br /&gt;Un bric à brac&lt;br /&gt;Dans son sac&lt;br /&gt;On est fauché mais on s’en moque&lt;br /&gt;Peu nous importe en cette époque !&lt;br /&gt;On est pressé, on a le trac&lt;br /&gt;Alors on plonge dans les bacs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ville est un palais aux galeries glacées&lt;br /&gt;Où l’on valse joyeux, brillants comme des rois&lt;br /&gt;Dentelles et dorures font oublier le froid&lt;br /&gt;Les glaçons font office de lustres argentés&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et les enfants piétinent ils ont les pieds gelés,&lt;br /&gt;Blottis dans leur fourrure, ils sont ivres de joie&lt;br /&gt;Ils tirent par la main leurs mères épuisées&lt;br /&gt;Qui affrontent le froid, des présents plein les bras&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain 3&lt;br /&gt;C’est l’intention qui compte !&lt;br /&gt;Mais quand on aime on ne compte pas,&lt;br /&gt;On ne compte pas ses pas&lt;br /&gt;Et on arpente pas à pas&lt;br /&gt;Les longs boulevards d’apparat&lt;br /&gt;Au parfum délicat&lt;br /&gt;De praline et de nougat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On reluque des breloques&lt;br /&gt;Peu importe si c’est du toc,&lt;br /&gt;On fourre en vrac&lt;br /&gt;Un bric à brac&lt;br /&gt;Dans son sac&lt;br /&gt;On est fauché mais on s’en moque&lt;br /&gt;Peu nous importe en cette époque !&lt;br /&gt;On est pressé, on a le trac&lt;br /&gt;Alors on plonge dans les bacs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;15h : Au coin du feu&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans l’âtre crépitant de longues flammes rêvent&lt;br /&gt;De danses orientales aux parfums épicés&lt;br /&gt;Le long serpent doré qui lentement s’élève&lt;br /&gt;Captive le regard d’enfants hypnotisés&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oranges et pralines empilées en trésor&lt;br /&gt;S’allument dans les braises et leur jus s’évapore&lt;br /&gt;Laissant des joies sucrées sur les doigts des gourmands&lt;br /&gt;Elles offrent  les délices d’un parfum enivrant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;Au cœur de l’hiver&lt;br /&gt;Un parfum dans l’air&lt;br /&gt;Fait naitre des heures de douce chaleur&lt;br /&gt;L’attente pieuse&lt;br /&gt;D’une nuit joyeuse&lt;br /&gt;Rêvant au manège des flocons de neige&lt;br /&gt;Dans la cheminée&lt;br /&gt;Les flammes dorées&lt;br /&gt;Éclairent les visages des enfants sages&lt;br /&gt;Un chocolat chaud&lt;br /&gt;Un temps de repos&lt;br /&gt;Prélude aux merveilles du soir de Noël&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le tapis moelleux, près du feu fascinant,&lt;br /&gt;Les enfants s’évertuent à faire passer les heures&lt;br /&gt;Un conte qu’on relit et qu’on connait par cœur&lt;br /&gt;Des jouets familiers et usés par le temps&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grande horloge en bois les regarde tranquille&lt;br /&gt;Elle est indifférente à leurs supplications&lt;br /&gt;Et égraine le temps d’une lenteur fragile&lt;br /&gt;Qui semble avoir figé l’hiver à l’horizon&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;Au cœur de l’hiver&lt;br /&gt;Un parfum dans l’air&lt;br /&gt;Fait naitre des heures de douce chaleur&lt;br /&gt;L’attente pieuse&lt;br /&gt;D’une nuit joyeuse&lt;br /&gt;Rêvant au manège des flocons de neige&lt;br /&gt;Dans la cheminée&lt;br /&gt;Les flammes dorées&lt;br /&gt;Éclairent les visages des enfants sages&lt;br /&gt;Un chocolat chaud&lt;br /&gt;Un temps de repos&lt;br /&gt;Prélude aux merveilles du soir de Noël&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alléché par l’odeur d’orange et de cannelle&lt;br /&gt;L’hiver à nos carreaux s’étire et nous appelle&lt;br /&gt;Il change les fenêtres en vitraux translucides&lt;br /&gt;Et fait danser dans l’air une neige limpide&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le miroir bleuté d’un étang pétrifié&lt;br /&gt;Des patineurs habiles tracent des cœurs givrés&lt;br /&gt;Leurs écharpes s’envolent parmi les sapins blancs&lt;br /&gt;Leurs longues arabesques se perdent dans le vent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;Au cœur de l’hiver&lt;br /&gt;Un parfum dans l’air&lt;br /&gt;Fait naitre des heures de douce chaleur&lt;br /&gt;L’attente pieuse&lt;br /&gt;D’une nuit joyeuse&lt;br /&gt;Rêvant au manège des flocons de neige&lt;br /&gt;Dans la cheminée&lt;br /&gt;Les flammes dorées&lt;br /&gt;Éclairent les visages des enfants sages&lt;br /&gt;Un chocolat chaud&lt;br /&gt;Un temps de repos&lt;br /&gt;Prélude aux merveilles du soir de Noël&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;18h &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Coulisses des délices&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des fumets gracieux dansent dans l’air du soir&lt;br /&gt;Les lourds fourneaux de fonte sont en éruption&lt;br /&gt;Les volailles dodues farcies de pruneaux noirs&lt;br /&gt;Les homards rougeauds sont en ébullition&lt;br /&gt;Le foie gras qui se poêle ajoute à l’allégresse&lt;br /&gt;Et les babas au rhum baignent dans leur ivresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On émince et on effeuille,&lt;br /&gt;On décongèle le chevreuil.&lt;br /&gt;On épluche et on tartine,&lt;br /&gt;Et on se lèche les babines.&lt;br /&gt;On crépite et on saisit,&lt;br /&gt;On fait brûler et on rôtit.&lt;br /&gt;Mais surtout on boue d’impatience,&lt;br /&gt;De satisfaire tous ses sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la tempête avant le calme&lt;br /&gt;Qui souffle en un joyeux vacarme.&lt;br /&gt;Quel chaos, quelle indécence&lt;br /&gt;Que cette folle effervescence !&lt;br /&gt;Le grand orchestre de Noël&lt;br /&gt;Reprend en chœur sa ritournelle&lt;br /&gt;Et ses interprètes candides&lt;br /&gt;Sont en chemin vers le splendide&lt;br /&gt;Dans les coulisses&lt;br /&gt;Du délice&lt;br /&gt;Dans l’antichambre&lt;br /&gt;Du vingt-quatre décembre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une armée de couverts rutile sur la table&lt;br /&gt;Parée à affronter les convives insatiables&lt;br /&gt;Des rangées de bougies s’allument dans le noir&lt;br /&gt;Des halos  vacillants fleurissent dans le soir&lt;br /&gt;Et la lumière joue dans les flutes à champagne&lt;br /&gt;Des mélodies venues d’un pays de cocagne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On astique on époussette&lt;br /&gt;On manie la balayette&lt;br /&gt;On arrange des napperons&lt;br /&gt;On laisse échapper des jurons&lt;br /&gt;Quand on doit ramasser par terre&lt;br /&gt;Le service de la grand-mère&lt;br /&gt;On décore, on met en scène&lt;br /&gt;Comme si on recevait la reine&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la tempête avant le calme&lt;br /&gt;Qui souffle en un joyeux vacarme.&lt;br /&gt;Quel chaos, quelle indécence&lt;br /&gt;Que cette folle effervescence !&lt;br /&gt;Le grand orchestre de Noël&lt;br /&gt;Reprend en chœur sa ritournelle&lt;br /&gt;Et ses interprètes candides&lt;br /&gt;Sont en chemin vers le splendide&lt;br /&gt;Dans les coulisses&lt;br /&gt;Du délice&lt;br /&gt;Dans l’antichambre&lt;br /&gt;Du vingt-quatre décembre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Collées à un miroir, cernées de projecteurs&lt;br /&gt;Des divas de tous âges retouchent leur candeur&lt;br /&gt;Maniant avec art les crayons et pinceaux&lt;br /&gt;Elles rivalisent de grâce dans leurs oripeaux&lt;br /&gt;Des demoiselles roses se prennent pour des dames&lt;br /&gt;Chevauchent leurs talons, et alors c’est le drame&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s’enrubanne, on s’embaume&lt;br /&gt;Des crèmes plein les paumes&lt;br /&gt;On se frise les anglaises&lt;br /&gt;On se crêpe le chignon&lt;br /&gt;On fait bouffer le taffetas&lt;br /&gt;On s’enveloppe dans la soie&lt;br /&gt;Et puis enfin on se poudre&lt;br /&gt;On viendrait presqu’à en découdre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Refrain&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est la tempête avant le calme&lt;br /&gt;Qui souffle en un joyeux vacarme.&lt;br /&gt;Quel chaos, quelle indécence&lt;br /&gt;Que cette folle effervescence !&lt;br /&gt;Le grand orchestre de Noël&lt;br /&gt;Reprend en chœur sa ritournelle&lt;br /&gt;Et ses interprètes candides&lt;br /&gt;Sont en chemin vers le splendide&lt;br /&gt;Dans les coulisses&lt;br /&gt;Du délice&lt;br /&gt;Dans l’antichambre&lt;br /&gt;Du vingt-quatre décembre&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-5617230177910070661?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/5617230177910070661/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=5617230177910070661' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5617230177910070661'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5617230177910070661'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/10/2412.html' title='24.12'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-3292899291966503044</id><published>2009-09-25T15:07:00.001+02:00</published><updated>2009-09-25T15:12:44.398+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Les âmes blanches</title><content type='html'>Les voici alanguies dans leur traîneau d’argent,&lt;br /&gt;Elles arrivent en glissant et remontent le temps.&lt;br /&gt;Un parfum de passé embaumant leur sillage,&lt;br /&gt;Les longues âmes blanches poursuivent leur voyage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De fiers chevaux sauvages tirent ces souvenirs.&lt;br /&gt;Indomptables, fougueux, ils mènent ce cortège,&lt;br /&gt;Vers les steppes brumeuses où meurent les soupirs,&lt;br /&gt;Le chant des âmes blanches étouffé par la neige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes les compagnons de ces maigres chimères,&lt;br /&gt;Qui inlassablement volent vers la lumière.&lt;br /&gt;Placides et patientes, elles flottent dans le vent&lt;br /&gt;Vapeurs immaculées qui baignent leurs enfants. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les tristes âmes blanches nous tournent le dos&lt;br /&gt;Nous donnerions nos vies pour croiser leur regard,&lt;br /&gt;Encore un jour, une heure, revenir au berceau&lt;br /&gt;Repousser d’un instant le temps de l’au revoir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles se tiennent droites dans le soleil d’été&lt;br /&gt;Debout face à la mer, les âmes blanches prient.&lt;br /&gt;Alors souffle le vent dans leur bras déployés,&lt;br /&gt;Et gorgé de lumière il traverse la nuit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles courent sur les vagues, déjà elles sont au large,&lt;br /&gt;Les âmes blanches volent, et nous pleurons en vain.&lt;br /&gt;Regardez les voguer, ces écumes sans âge,&lt;br /&gt;Caressant nos visages où coulent les embruns.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regardons la pousser, la forêt translucide,&lt;br /&gt;Où se perdent trop tôt des journées embuées.&lt;br /&gt;Le bois des âmes blanches, sous sa canopée,&lt;br /&gt;Abrite l’arbre des anges, aux pâles fruits candides.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les âmes qui voyagent, ces impressions troublantes,&lt;br /&gt;Savent courir le monde sans nous lâcher la main.&lt;br /&gt;Nous sommes leurs vaisseaux, flottant sur le chagrin,&lt;br /&gt;Guidés dans le silence, dans les lumières changeantes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le calme matin, lueurs insaisissables,&lt;br /&gt;Elles montent en vapeur et fondent dans le jour. &lt;br /&gt;Alors les grands déserts, les noirs enfers de sable,&lt;br /&gt;Voient fleurir sous les pierres des roses de velours.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-3292899291966503044?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/3292899291966503044/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=3292899291966503044' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/3292899291966503044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/3292899291966503044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/09/les-ames-blanches.html' title='Les âmes blanches'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-6299381827485802964</id><published>2009-09-15T18:02:00.001+02:00</published><updated>2009-09-15T18:02:50.068+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Le réveilleur</title><content type='html'>Le réveilleur parcourt les rues de pierres en chantant l’air de la misère. Un grand chapeau marron lui cache la lumière. Ses yeux –sait-on s’il en a-  se sont noyés dans l’ombre et il marche la tête basse, fixant le sol qui défile sous ses pieds, entre moi et l’enfer. Ses pas sont prompts et secs, il sent ses pieds brûler, il n’apprécie rien de ce parcourt, de cette triste tâche qu’il reproduit machinalement. Le réveilleur allume sur son chemin de froides flammes, des lumières aveuglantes. Il glace les couleurs de son pas inhumain, le sillage du brise-rêves se relève en boitant, la nuit fanée repoussera-t-elle ?&lt;br /&gt;Je suis cloué au lit, songeur paralytique, les yeux grands ouverts sur mon destin. Par les persiennes déjà pénètrent de froides lames. Ma fuite semble vaine, pourtant je me débats. Les couperets de lumière me tranchent, implacables, et je me terre dans un recoin de nuit pour ne pas avoir à ouvrir les yeux sur mes blessures à venir. Un repli de rêve me donne un court sursis. Désespéré je me saoule d’illusions, je sombre dans la folie d’un ultime délire, je sombre dans le déni. Je bâtis le long de mes paupières des murs opaques et denses, mais la lumière creuse mes yeux inexorablement. La mer monte. Le sable coule, les dunes sont rongées.&lt;br /&gt;Le réveilleur est désormais dans ma rue. L’écho de ses pas rampe le long des immeubles. Ils arrivent à mon oreille, de moins en moins mourants, et leurs assauts incessants cognent à la paroi de mon cœur. Je sais qu’il vient pour moi, qu’il ne me ratera pas, qu’il ne m’oubliera pas cette fois. &lt;br /&gt;Je tente de protéger ce qui compte encore. En laissant fuir ceux que j’aime, en leur épargnant un combat perdu d’avance, c’est une partie de moi que j’évapore, que j’ennuage, que je dissimule ou que j’enterre. Je m’allège de tout ce que j’aimais pour partir au combat vierge de craintes. J’y partirai seul et j’y partirai nu. Je me répète obstinément les noms, les lieux où j’ai laissé mes trésors, pour ne pas les oublier lorsque la fièvre montera, lorsqu’en vagues furieuses déferlera la folie. Dans ma prochaine peau, ces rêves auront-ils encore cours ? Les cicatrices qui fermeront mes blessures fermeront-elles mes yeux à ces mondes que je quitte ? &lt;br /&gt;Le réveilleur à présent est au bas de l’immeuble. Il entre sans frapper, comme un brouillard brûlant, sans rien se demander, et sans rien ressentir. Il ne se déplace pas, il se répand, comme une armée d’innombrables flammes, d’innombrables lames. La marée d’armes blanches grignote une à une les marches de l’escalier. Je sens, encore très loin sous moi-même, monter ce flot acide. Le réveilleur est ponctuel, l’obstacle lui semble étranger. A chaque étage, dans chaque chambre, j’entends le son des batailles, j’entends la musique militaire, j’entends le glas résigné. &lt;br /&gt;J’enveloppe dans un coin de drap blanc tout le temps qu’il me reste. Je le serre, je l’enlace, j’entasse dans ce tout petit temps ce qu’il me reste à faire. L’accélération des choses, leur chute libre, leur sacrifice, déforme tous les axes. Les valeurs fluctuent, des instants insignifiants sont étirés à l’infini, comme une note unique et obstinée capturée dans une musique. Des éternités sont guillotinées froidement, si simplement. Des poussières nous écrasent, poussant soudain comme des gratte-ciels. &lt;br /&gt;Le réveilleur est sur le pallier de ma porte. Pour la première fois il semble marquer une pause. En moi l’horloge danse, les aiguilles du temps tricotent et s’entrechoquent. Je vois la lumière du réveilleur ramper sous ma porte, un long reptile qui flaire sa proie endormie. Je sens sa main peser sur la poignée de la porte. Elle pèse en même temps sur ma poitrine. &lt;br /&gt;L’appui se relâche et la lumière faiblit. &lt;br /&gt;Le réveilleur soupire et tourne les talons.  &lt;br /&gt;Je reste sur mon lit, le thorax affolé, et je sens sur mon cœur l’empreinte du réveilleur. Dans de sa main quelques lignes, tatouées sur ma peau. J’ai pu lire quelques mots. Le réveilleur m’a épargné. Le sang glacé, mes pieds bleus de peur machinalement suivent sa trace, et je parcours en somnambule le monde réveillé.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-6299381827485802964?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/6299381827485802964/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=6299381827485802964' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6299381827485802964'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/6299381827485802964'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/09/le-reveilleur.html' title='Le réveilleur'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-7522477688069718009</id><published>2009-09-06T01:44:00.001+02:00</published><updated>2009-09-06T01:45:34.020+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>Ma nuit bleue</title><content type='html'>Par une nuit trop bleue où j'attendais l'aurore,&lt;br /&gt;Alors que ma bougie approchait de sa mort,&lt;br /&gt;Un plaisir étranger surprit mon insomnie&lt;br /&gt;La triste lune au ciel enfin m'avait sourit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ses grands yeux trop pâles pleuraient des flots d'argents,&lt;br /&gt;Je brillais sous le feu d'un regard bienveillant&lt;br /&gt;Cette rondeur enfin s'écoulait sur mes plaies,&lt;br /&gt;Suffoquant de tendresse, la lune souriait!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le silence pieux de cette nuit d'opale,&lt;br /&gt;la lune prit ma main et apaisa d'un mot,&lt;br /&gt;Le trouble de mes jours, la fièvre de mes maux&lt;br /&gt;un mot qui dans la nuit luisait comme l'émail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Crois  tu mon cher enfant, que le beau est lumière?&lt;br /&gt;Et qu'il faut pour aimer garder les yeux ouverts?&lt;br /&gt;Tu te morfonds toujours en attendant le jour&lt;br /&gt;Maudissant le sommeil qui te prive d'amour...&lt;br /&gt;Si au moins tu voyais, dans la nuit de velours,&lt;br /&gt;Que quelqu'un dans le noir espère ton retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais mon bel enfant, comme les lunes savent,&lt;br /&gt;que loin de ton regard, un chant divin te berce.&lt;br /&gt;Et je pleure en volant la cantate suave&lt;br /&gt;Que ton ange gardien sur le monde déverse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sens sur mon dos rond couler, ce flot d'amour &lt;br /&gt;chacune de ses goutte fait croitre mon sourire&lt;br /&gt;Et toi tu restes sourd, et tu n'es que soupirs&lt;br /&gt;Mes larmes t'indiffèrent et tu attends le jour.&lt;br /&gt;Pourtant un ange t'aime, je voulais te le dire,&lt;br /&gt;Il fallait que tu saches que le bonheur t'attend,&lt;br /&gt;qu'il murmure déjà, qu'il va bientôt fleurir&lt;br /&gt;Si tu ne le vois pas, j'espère que tu le sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu peux fermer les yeux, et rêver qu'il est là,&lt;br /&gt;Tu peux crier au ciel, ce que tu veux lui dire,&lt;br /&gt;Tu peux lancer là haut tes grands yeux pleins d'éclat,&lt;br /&gt;Et en écoutant bien, tu peux l'entendre rire"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au cœur de ma nuit bleue je valse sur les dunes.&lt;br /&gt;Je suis le roi d'un soir sur son bateau de joies,&lt;br /&gt;Voguant vers le pays que m'a promis la lune,&lt;br /&gt;Et je pense en chemin, qu'aussi tu penses à moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans la nuit d'azur, j'entends rimer les anges,&lt;br /&gt;je reconnais au loin l'écho de mes louanges,&lt;br /&gt;se pourrait il qu'enfin ces perles me reviennent,&lt;br /&gt;Et qu'une nuit prochaine ces paroles soient tiennes?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-7522477688069718009?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/7522477688069718009/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=7522477688069718009' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7522477688069718009'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7522477688069718009'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/09/ma-nuit-bleue.html' title='Ma nuit bleue'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-5244196578465961085</id><published>2009-09-02T22:50:00.001+02:00</published><updated>2009-09-02T22:52:36.542+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Tous en scène'/><title type='text'>L'éternel retour</title><content type='html'>Et c'est reparti pour les correspondanses! vive la rentrée!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’éternel retour&lt;br /&gt;Musique:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width="425" height="344"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/p9HUooEV26c&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/p9HUooEV26c&amp;hl=fr&amp;fs=1&amp;" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Amour d’hier,&lt;br /&gt;Je revis chaque soir nos nuits de velours&lt;br /&gt;Rose d’hiver,&lt;br /&gt;Mon corps toujours attendra ton retour&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vaines prières,&lt;br /&gt;Mes mots perdus, au ciel, te cherchent toujours&lt;br /&gt;Et moi à terre, pauvre fou,&lt;br /&gt;J’attends en vain ton éternel retour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme un spectre dans la nuit,&lt;br /&gt;Comme un rêve qui s’enfuit,&lt;br /&gt;Tu m’embrasses chaque soir,&lt;br /&gt;Tu disparais dans le noir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma longue peine, mon sursis,&lt;br /&gt;Je suis ta trace, comme un loup dans la nuit&lt;br /&gt;Et mon regard, dans le miroir,&lt;br /&gt;Fixe en silence ton absence.&lt;br /&gt;Mon œil hagard garde l’espoir&lt;br /&gt;Naïf et insouciant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon obsession&lt;br /&gt;Fait naître en moi des flots de passion&lt;br /&gt;Pauvre garçon &lt;br /&gt;Qui répète ton nom&lt;br /&gt;Ne vit que pour ton retour&lt;br /&gt;Accroché à l’horizon&lt;br /&gt;Il écume les jours&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il danse seul sur un lit de poussière&lt;br /&gt;Il danse seul sur un lit de poussière&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme un spectre dans la nuit,&lt;br /&gt;Comme un rêve qui s’enfuit,&lt;br /&gt;Tu m’embrasses chaque soir,&lt;br /&gt;Tu disparais dans le noir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le pire de mes remords,&lt;br /&gt;Comme un précieux anneau d’or,&lt;br /&gt;Tes yeux m’ont jeté un sort,&lt;br /&gt;Ton souvenir me dévore&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme l’aube chaque matin,&lt;br /&gt;Nous promet un lendemain,&lt;br /&gt;Je sais que viendra le jour&lt;br /&gt;De ton éternel retour.&lt;br /&gt;Les yeux fermés&lt;br /&gt;J’entends tes pas franchir les mondes qui nous séparent&lt;br /&gt;Et tu avances dans le noir&lt;br /&gt;Lentement tu passes la porte du soir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ouvre les yeux,&lt;br /&gt;Au loin déjà s’envole un ange amoureux&lt;br /&gt;Un ange sourd&lt;br /&gt;Qui n’entend pas mes chansons d’amour.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-5244196578465961085?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/5244196578465961085/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=5244196578465961085' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5244196578465961085'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/5244196578465961085'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/09/leternel-retour.html' title='L&apos;éternel retour'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-8663972097380854495</id><published>2009-08-17T16:31:00.000+02:00</published><updated>2009-08-17T16:32:08.486+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Moonlight Son</title><content type='html'>Le soleil avait roulé tout le long du chemin de la boite aux lettres. Il roulait à présent derrière la dernière colline. Il ne restait de lui, sur sa route, que quelques flaques orangées au pied des hortensias, qui se reflétaient dans un ciel gris et rouge. &lt;br /&gt;Nous roulions à sa suite sur la pente du jour déclinant, ou peut être n’était-ce que la terre qui roulait sous nos pieds. Les rouages activés par nos pas montaient le décor de la nuit en arche au-dessus nos têtes. Animaux aveugles, nous pouvions voir la beauté partout. Les fleurs du talus nous envoutaient, petites étoiles blanches plantées dans la rocaille. Le soir breton embaumait un parfum timide et pudique, de vacances bien rangées et de pays endormi. Sous le verni bleu foncé de la nuit estivale, s’éveillaient pourtant les créatures musicales. &lt;br /&gt;La porte du jardin fut franchie. L’obscurité perdit en étrangeté, loin des lumières domestiques, et la nuit en liberté semblait moins sauvage. &lt;br /&gt;La route de campagne qui longe la maison semblait onduler sous l’effet des vertiges du soir. Elle était la trace longue d’un doigt blanc parcourant les collines. Sous nos pieds elle était une caresse souple, la nuit l’avait fondue et on pensait vraiment pouvoir se laisser tomber sur ce ruban gris clair. &lt;br /&gt;Nous respirions du bleu marine tout le long du chemin sombre. La nuit dans nos poumons était fraîche et fleurie, une corne d’abondance versée au coin de notre été. &lt;br /&gt;Nous nous appliquions à marcher sans raison, afin d’éviter que l’utilité nous prive du plaisir. Ainsi nous choisîmes quelques champs ordinaires pour nous perdre. Dans un décor à la beauté trop évidente, nous eûmes été écrasés par le souvenir des images du jour. La connaissance parfois aveugle.&lt;br /&gt;Dans le noir, les endroits ordinaires sont les plus fertiles. Des roses de douleur fleurissent dans les gravas du jour, au pourpre sans piquant et au parfum suave. Les chauves-souris miraculeuses veillent sur ce jardin du passé. Brassant l’air vicié, elles allègent les années et brassent le temps. Libérés des axes et des équerres, nous chevauchons des impressions revenantes, et saluons des visages que la lumière dissimule. &lt;br /&gt;Nous piétinons à présent un champ de blé pâle. La lune plaque d’argent la rivière douce des blés ondulants. On aimerait y boire, on aimerait s’y baigner. Mais il est des flots impénétrables, des illusions de fleuves. Nous nous contentons donc de suivre, comme toujours, le chemin tracé par le soleil qui roule. Aspirés par un doux vertige, nous progressons hypnotisés au cœur des blés d’argent. &lt;br /&gt;Ma mère me suit, je me retourne, elle est elle aussi plaquée d’argent, debout dans les blés. Elle est évaporée et semble avoir seize ans, en route sur le chemin. Elle est enfant, dans le jardin de son grand père, et mange des prunelles. &lt;br /&gt;Je suis apaisé, protégé par l’obscurité, je choisis enfin ce que je veux voir. Les barreaux ont disparu, la domestication était impossible en captivité. Dans la lune toujours, à contre temps peut être, je m’étonne sans cesse qu’ils me croient l’un des leurs. &lt;br /&gt;J’aimerais les prévenir, afficher dans mon dos la liste accusatrice de mes vices mal cachés. Ils essaient de gommer, infatigables, ils essaient de lisser. Mais ils effaceront mon visage bien avant de venir à bout du premier de mes défauts. Ils étaient pourtant prévenus, mais ils m’ont nourri, ils m’ont caressé, ils ont tapé sur la vitre pour me réveiller. &lt;br /&gt;Alors le jour je dors, je m’éteins, je me tais. Je les vois défiler, le long de la cage, ils veulent interagir. Parfois je baille, ils tremblent et me plaignent. Ils s’indignent de la profondeur de mon sommeil. C’est juste que je rechigne à devenir comme eux un somnambule aux doigts crasseux, dont le passage est systématiquement précédé d’empreintes grossières. Sur les revers de leurs paupières sont peints des clichés amusants, plus datés qu’un calendrier. &lt;br /&gt;Je suis un des personnages de ce roman-photo, grossièrement caricaturé. Leurs yeux prennent des photos que leur morale censure, que leurs fantasmes retouchent. &lt;br /&gt;La terre dans la nuit continue de rouler sous mes pieds, nous sommes deux rondes sphères roulant l’une contre l’autre en ronronnant. Je suis blotti à flanc de colline contre une lune légère et je flotte jusqu’au matin accroché à ma baudruche. &lt;br /&gt;Les archers cloués au sol me visent en vain et les flèches perdues achèvent de les aveugler.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-8663972097380854495?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/8663972097380854495/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=8663972097380854495' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8663972097380854495'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/8663972097380854495'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/08/moonlight-son.html' title='Moonlight Son'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-2455479078069716763</id><published>2009-07-15T17:03:00.001+02:00</published><updated>2009-07-15T17:05:40.473+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='A la recherche du temps perdu'/><title type='text'>Ici commença l'errance</title><content type='html'>Foulant le pavé de la place de la gare, ses souliers trop durs faisaient claquer le roc. Les bruits secs s’échappaient de ses pas et se heurtaient aux fenêtres opaques des hôtels. Ils tranchaient un brouhaha coulant qui se dissolvait avec absurdité dans l’atmosphère étouffante. Etouffante d’indéfinition, d’indétermination, d’énergie perdue, d’harmonie sacrifiée. Tant de vie pourtant, effervescente en apparence, affolée en réalité, inexploitable, incompréhensible, assaillait ses oreilles et empêchait par quelques violentes bourrasques sa progression.&lt;br /&gt;La pluie tombait effectivement, mais la moiteur dont il souffrait était plutôt étrangère aux intempéries. Chaque inspiration embuait son thorax. Sur sa peau perlait en gouttes translucides un monde saturé. Parfois la buée épuisée s’écoulait et traçait sous sa chemise une ligne glaciale. Son dos aussi était strié, inlassablement parcouru par le monde en chute libre. &lt;br /&gt;Perdu dans sa fièvre il resta un moment debout sur la place. Les avenues tournaient joyeusement et secouaient les passants. La ville formait un labyrinthe en réinvention permanente. Il profita d’une immobilisation temporaire des axes pour regagner le bord de la fontaine, sur lequel il s’assit. L’eau bavarde médisait derrière lui, la buée sur ses vertèbres se glaça. Il mourrait de ne pouvoir répondre. Il eut pour cela fallu comprendre. Mais les éclaboussures arrivaient indistinctes à ses oreilles enflammées. Un casque bourdonnant gardait l’eau tranchante à distance, et derrière lui elle jacassait toujours. La machinerie de la fontaine attisait sans cesse l’agressivité des eaux bleues. Elle brassait, elle battait, elle entretenait les confrontations. Laissant le chaos bouillonnant dans son dos, il se ferma un instant et se rendit sourd. Se concentrant il tenta de sentir dans ses veines quelque chose de fluide, enfin, de doux. &lt;br /&gt;Le marbre froid de la fontaine sous ses cuisses, le monde coulant entre ses omoplates,  il se pencha en avant, les mains sur les genoux. Sa cravate touchait presque le sol et au gré du vent montrait diverses insignifiances du sol. C’est par les pieds que la solution le pénétra.&lt;br /&gt;La fièvre rendit d’un coup les souliers insupportables. Ouvrant enfin les yeux sur les nœuds serrés de ses lacets, il se concentra à nouveau et dénoua les liens. Les chaussures glissèrent le long de ses pieds essoufflés, et frappèrent une dernière fois les pavés humides. Caressant ses chevilles, saisissant son talon dans sa paume, il laissa tomber au sol ses chaussettes. Le monde déjà avait un peu ralenti. Il déposa la pulpe de ses pieds sur la place de la gare, le sol répondait d’une égale pression. Satisfait il se retourna et fit face à la fontaine. Le monde enfin n’était qu’un bouquet d’orteil. Seul le pied importait dans sa conscience. Les orteils ne mentaient pas, il le sentait. Il remonta son pantalon en le roulant le long de ses mollets. Quelques gouttes déjà se perdaient entre les poils de ses jambes. Etirant leur fraîcheur en pistes translucides, elles tentaient de calmer les veines colériques qui sillonnaient cette chaire libérée. &lt;br /&gt;Alors il plongea entièrement le pied dans la fontaine. La planète venait de changer. Il y avait dans ce bain toute la lisibilité qu’il recherchait dans le monde. Tout était clair, le sens des remous, le bruit de l’eau, ces murmures calomnieux étaient enfin traduits. Epris d’une extase étonnante, il se garda un moment de bouger, conscient qu’il était dans la fontaine un invité sauvage. Puis se sentant apprivoisé par les éléments, il commença à tracer dans l’eau des cercles irréguliers. Il lui semblait respirer par le pied. La clarté, la simplicité, la vérité, l’oxygène, entraient en lui par cet espace entre les orteils et la moitié du mollet. Son corps et son âme puisaient la fraîcheur avec avidité, avec l’enthousiasme vert et excessif des adolescents sanguins. &lt;br /&gt;Chaque passage dans ce mollet immergé semblait purifier un peu plus son sang. Les fièvres traversaient sa peau, il se sentait comme un pèlerin, fourbu en route, à qui l’hôtesse providentielle lave les pieds. Une forme d’humanité réapparut progressivement en lui. Le rideau grisâtre qui le protégeait des extrémités du monde se fit lambeau. Les éclaboussures de la fontaine perçaient le triste tissu comme l’acide. Par les balafres s’engouffraient des glaives blancs et froids. Ils attaquaient l’armure noire, la veste et la chemise, et ces brumes imbéciles qui paressaient dans sa tête. &lt;br /&gt;Il avait vécu effondré dans son costume depuis des décennies. Ses vêtements le portaient et le déplaçaient, et seul le nœud de cravate suffisamment serré soutenait sa tête là haut, comme une baudruche. Le reste du corps pendait dans le trois pièces. &lt;br /&gt;Il sortit les pieds de l’eau et les posa au sol. Il ressentit la fertilité du monde. L’air tournoyait autour de ses mollets humides, et l’eau qui se répandait à ses pieds fit germer en lui un squelette. Très vite il sentit pousser dans ses jambes les os qui lui manquaient. La trame croissait allégrement, et il respirait à peine lorsque la longue armature transperça son dos, puis sa nuque, pour enfin fleurir en un crâne fier. &lt;br /&gt;Il se sentit enfin la force d’imposer au costume un mouvement, une direction, une destination. Ce col arrogant qui lui tenait la gorge, comme une main castratrice qui tournait son regard vers les horizons convenables, semblait faiblir sous les coups répétés de la jugulaire renaissante. La conscience alluma son regard  et il balaya le monde éclairé. &lt;br /&gt;Il se mit alors en route, mu par un hasard méthodique qu’il avait élu unique méthode efficace pour explorer le monde. &lt;br /&gt;Enfin il portait ses vêtements. Il les sentait faibles sur sa peau, vulnérables attachés à son corps. Il les emmenait avec lui, hors de leur univers, là où le sens des conventions s’évapore. Il décida de ne pas infliger à sa prison l’affront de l’exil. &lt;br /&gt;On trouva sur son chemin un pantalon, une veste, une chemise, une cravate, épuisés, assoiffés, abandonnés. Ce fut leur seul procès. Il ne se retourna pas. Hypnotisé par son essence nouvelle, enivré par la simplicité du monde, il flottait sur des marais sociaux. Il n’avait pas faim, il se nourrissait du contact du monde sur sa peau nue…&lt;br /&gt;Ainsi commença l’errance.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-2455479078069716763?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/2455479078069716763/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=2455479078069716763' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2455479078069716763'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/2455479078069716763'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/07/ici-commenca-lerrance.html' title='Ici commença l&apos;errance'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-4693323001634316603</id><published>2009-07-11T22:53:00.001+02:00</published><updated>2009-07-11T22:53:37.479+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='C&apos;est l&apos;heure de la rime'/><title type='text'>City lights</title><content type='html'>City Lights&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien avant mon réveil j'empreinte chaque jour&lt;br /&gt;les trottoirs argentés qui drainent mes espoirs&lt;br /&gt;et j'entends résonner les pavés de velours&lt;br /&gt;Que mon regard éteint couvre d'une ombre noire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je croise ma silouhette mille fois répliquée&lt;br /&gt;sur les vitraux laiteux d'églises grillagées&lt;br /&gt;Mes réflections et moi envahissons la ville&lt;br /&gt;Et je sens dans mon dos les clones en longue file.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai quelques fois rêvé que je me retournais&lt;br /&gt;que je m'arrêtais net sur le sentier de guerre&lt;br /&gt;Eteint sur le trottoir je redoute l'arrêt&lt;br /&gt;Et le regard de ceux que j'ai laissé derrière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le vois derrière moi, ce doigt accusateur&lt;br /&gt;cette image figée, ce slogan incendiaire&lt;br /&gt;Qui condamne ma fuite mais ne voit pas mes pleurs&lt;br /&gt;Je sais bien qu'il se meurt celui que j'étais hier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant chaque folie en moi est légitime&lt;br /&gt;j'ai acquis l'évidence de mon obstination&lt;br /&gt;Et je commets sans cesse l'interminable crime&lt;br /&gt;De n'être qu'une fuite, une destination.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà dans mes empreintes fleurissent des statues&lt;br /&gt;Les mémoires figées de mes instants déchus&lt;br /&gt;Des rendez-vous ratés s'abattent en nuées&lt;br /&gt;Sur ces photos de moi que j'ai désincarnées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s'attache à mes mues et je tombe en lambeaux&lt;br /&gt;Alors que je serpente entre ces étrangers&lt;br /&gt;Qui tiennent des miroirs menteurs fourbes et faux&lt;br /&gt;Sur lesquels leurs visages sont à jamais gravés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je reste sur mon île apaisé dans la nuit&lt;br /&gt;Ici tout est serein et ma vérité luit&lt;br /&gt;Et je sens les trottoirs s'écouler sur ma vie.&lt;br /&gt;Les boulevards agards me contournent et m'oublient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les remous que je laisse dans le flot d'une foule&lt;br /&gt;Seront mes biographes les plus pertinents.&lt;br /&gt;L'écume des regards blanchit sur cette houle&lt;br /&gt;Et la ville s'éclaire sous ces rayons tremblants.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-4693323001634316603?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/4693323001634316603/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=4693323001634316603' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/4693323001634316603'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/4693323001634316603'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/07/city-lights.html' title='City lights'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-3456674763982331932</id><published>2009-05-24T21:21:00.001+02:00</published><updated>2009-05-24T21:21:59.727+02:00</updated><title type='text'>I don’t get older, i just get Worse.</title><content type='html'>&lt;p&gt;Much worse…&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Photos à l’appui! &lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Un week end à MickeyPark…&lt;/p&gt;  &lt;div class="wlWriterEditableSmartContent" id="scid:66721397-FF69-4ca6-AEC4-17E6B3208830:1edaa428-437a-451d-b988-d473d18cd60a" style="padding-right: 0px; display: inline; padding-left: 0px; float: none; padding-bottom: 0px; margin: 0px; padding-top: 0px"&gt;&lt;a style="border:0px" href="http://cid-ded8544c9b7bb737.skydrive.live.com/redir.aspx?page=browse&amp;amp;resid=DED8544C9B7BB737!477&amp;amp;ct=photos"&gt;&lt;img style="border:0px" alt="Afficher Voyage &amp;agrave; MickeyLand" src="http://lh4.ggpht.com/_ztHuC7r7O7Y/ShmeUqOArBI/AAAAAAAAA1w/LcS0z5ZxT9w/InlineRepresentation6a98ec79-a2b8-4486-b4f8-b03bd5bf0c61.jpg?imgmax=800" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="width:400px;text-align:right;" &gt;&lt;a href="http://cid-ded8544c9b7bb737.skydrive.live.com/redir.aspx?page=browse&amp;amp;resid=DED8544C9B7BB737!477&amp;amp;ct=photos"&gt;Afficher l'album en entier&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;  &lt;p&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;Et le gâteau qui va avec…&lt;/p&gt;  &lt;div class="wlWriterEditableSmartContent" id="scid:66721397-FF69-4ca6-AEC4-17E6B3208830:347e3981-122c-4dc9-ba34-8e042ab16448" style="padding-right: 0px; display: inline; padding-left: 0px; float: none; padding-bottom: 0px; margin: 0px; padding-top: 0px"&gt;&lt;a style="border:0px" href="http://cid-ded8544c9b7bb737.skydrive.live.com/redir.aspx?page=browse&amp;amp;resid=DED8544C9B7BB737!493&amp;amp;ct=photos"&gt;&lt;img style="border:0px" alt="Afficher Cartoon Cake" src="http://lh3.ggpht.com/_ztHuC7r7O7Y/ShmeU2NuTtI/AAAAAAAAA10/H5CaXfr5RbA/InlineRepresentation3f2f77ee-3447-4940-957d-c923955f4078.jpg?imgmax=800" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="width:400px;text-align:right;" &gt;&lt;a href="http://cid-ded8544c9b7bb737.skydrive.live.com/redir.aspx?page=browse&amp;amp;resid=DED8544C9B7BB737!493&amp;amp;ct=photos"&gt;Afficher l'album en entier&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;  &lt;p&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;and my amazing dream times with my Viking, making the world look like a singing rainbow!!&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;In Jersey…&lt;/p&gt;  &lt;div class="wlWriterEditableSmartContent" id="scid:66721397-FF69-4ca6-AEC4-17E6B3208830:fcbfebee-b4f8-4f5b-b8fb-898adb9b0c66" style="padding-right: 0px; display: inline; padding-left: 0px; float: none; padding-bottom: 0px; margin: 0px; padding-top: 0px"&gt;&lt;a style="border:0px" href="http://cid-ded8544c9b7bb737.skydrive.live.com/redir.aspx?page=browse&amp;amp;resid=DED8544C9B7BB737!504&amp;amp;ct=photos"&gt;&lt;img style="border:0px" alt="Afficher Our Wonderful Jersey Birthday" src="http://lh6.ggpht.com/_ztHuC7r7O7Y/ShmeVAy4FuI/AAAAAAAAA14/mrBA7yaVvKY/InlineRepresentation80b5facb-c532-4fcb-9ea9-1f21569f8184.jpg?imgmax=800" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="width:400px;text-align:right;" &gt;&lt;a href="http://cid-ded8544c9b7bb737.skydrive.live.com/redir.aspx?page=browse&amp;amp;resid=DED8544C9B7BB737!504&amp;amp;ct=photos"&gt;Afficher l'album en entier&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;  &lt;p&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;In Quimper…&lt;/p&gt;  &lt;div class="wlWriterEditableSmartContent" id="scid:66721397-FF69-4ca6-AEC4-17E6B3208830:0245fcad-93c5-46c7-bd4b-4201a472471e" style="padding-right: 0px; display: inline; padding-left: 0px; float: none; padding-bottom: 0px; margin: 0px; padding-top: 0px"&gt;&lt;a style="border:0px" href="http://cid-ded8544c9b7bb737.skydrive.live.com/redir.aspx?page=browse&amp;amp;resid=DED8544C9B7BB737!535&amp;amp;ct=photos"&gt;&lt;img style="border:0px" alt="Afficher Sunbathes and calories" src="http://lh5.ggpht.com/_ztHuC7r7O7Y/ShmeVgUl7XI/AAAAAAAAA18/nnQdKCbZBw8/InlineRepresentationb680100a-bf3d-48ad-b22d-1323ee8df10f.jpg?imgmax=800" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="width:400px;text-align:right;" &gt;&lt;a href="http://cid-ded8544c9b7bb737.skydrive.live.com/redir.aspx?page=browse&amp;amp;resid=DED8544C9B7BB737!535&amp;amp;ct=photos"&gt;Afficher l'album en entier&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;  &lt;p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;  &lt;p&gt;“There is more to life than hair, but it’s a good point to start”… That’s how wise i am on my 28th birthday. Sun has never been brighter, i just wish i could hold time and Vikings in my arms for just a bit longer… &lt;/p&gt;  &lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-3456674763982331932?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/3456674763982331932/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=3456674763982331932' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/3456674763982331932'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/3456674763982331932'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/05/i-dont-get-older-i-just-get-worse.html' title='I don’t get older, i just get Worse.'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://lh4.ggpht.com/_ztHuC7r7O7Y/ShmeUqOArBI/AAAAAAAAA1w/LcS0z5ZxT9w/s72-c/InlineRepresentation6a98ec79-a2b8-4486-b4f8-b03bd5bf0c61.jpg?imgmax=800' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-7175627701803013674</id><published>2009-05-15T15:55:00.001+02:00</published><updated>2009-05-15T16:05:16.754+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chroniques de mes délires ordinaires'/><title type='text'>Fenêtre sur noir</title><content type='html'>Il restait encore bien trop à faire pour tolérer de fermer les yeux. Trop à transformer pour accepter de perdre la main sur le monde. Quel cruel constat d’échec de se savoir obligé de marquer ces pauses honteuses alors qu’on n’a parcouru qu’une portion ridicule du chemin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors on reste capricieux au fond d’un lit insupportable, dans un fauteuil solitaire où à une table, candélabre à la main pourfendant d’obscurité et le temps qui l’accompagne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un pauvre bonhomme aux muscles tremblants et moites retient vainement d’énormes paupières au poids croissant. Il lutte pour laisser encore un peu entrer la lumière, pour garder le lien avec le monde. Mais en vain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les portes de la nuit se ferment lourdement, les couleurs s’évadent par les derniers interstices alors que déjà des formes étranges investissent l’espace sombre. La prison est étanche et ses gardiens incorruptibles. Le parallélisme des mondes est à présent complet. La raison a beau frapper aux paupières, le rêve est une autocratie totalitaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’anarchie sourde ne veut rien savoir. Elle est réfractaire au possible et se joue du vraisemblable. On est ici prisonnier des libertés extrêmes, en apesanteur, dans le vide, la course n’a aucun effet de déplacement. L’agitation est vaine, l’indignation inexorable est pure futilité. C’est tout noir dehors. On se tourne vers l’intérieur et là c’est infini. Ce n’est pas noir, c’est indéfini, c’est insoumis. Des fuyantes ondulantes sont des autoroutes par où les conforts s’enfuient. Tout est glissant, tout est mouvant, tout est infiniment stratifié, découpé, entremêlé. Rien n’est saisissable, tout s’impose avec insolence, dans une forme d’évidence étrangère à tout. Rien ne se justifie jamais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout est masqué, tout est apparemment familier et profondément étranger. La reconnaissance est un jeu de dupes. L’identité est un pari dans ce monde ci. &lt;br /&gt;Suis-je une peur, suis-je une envie, un souvenir, une trace du futur, un plaisir, une blessure ? Mes coordonnées sont brouillées. Un grand vent de choses et de faits mêlés mélange les époques. La visibilité fluctue au gré des bourrasques et la boussole se dilue. L’aiguille divisée indique un chaos certain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Derrière les bosquets un passé indompté guette et gronde. Je sens son souffle si réel, aucune grille, aucune barrière ici ne le retient, ne l’empêche de saisir ma gorge exposée. D’un bond il me rattrape, et nous roulons ensemble le long d’une pente qui accélère notre fusion. Son souffle dans la gorge je parle son langage. Il attend des comptes, je lui dois quelque chose. Sur cette feuille qu’il plaque presque à mes yeux, des dettes sont gravées, indélébiles. Le fauve accroche à mon pied ces heures pétries en un boulet pesant, qui fait lorsque je marche le même bruit que mes peurs enterrées. Enterrées vivantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces cadavres côtoient les sylphides volages que sont mes chères utopies. Elles dansent aussi ici, où je peux les saisir, m’enivrant de leurs capiteuses réalités. Ainsi vont les marées, d’un extrême à l’autre, usant des rivages en fusion. Les instants valsent et s’échangent, le puzzle du temps forme un dessin abstrait, plein de sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les choses, les faits, les personnes, sont imbriqués en une spirale qui lentement se serre. Tout s’essore et il en suinte un jus mystérieusement chargé de discours. C’est un flot de parole qui sort de la centrifugeuse, tous les non dits s’échappent, les tâches s’expriment enfin en trépassant. Chaque recoin de vérité s’éclaire sous la lumière crue de néons blessés qui donnent à mon histoire leurs dernières étincelles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ces flashs soulèvent la poudre blanche du sommeil. Chaque parcelle de mon corps voyage indépendamment, au gré de flots déstructurés. Je croise parfois mon pied au bras d’un souvenir. C’était un repas de famille je crois. J’étais assis un peu partout, à différents âges, toujours affamé certainement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me baigne dans la boule de cristal, un tout petit endroit sans horizon où tout vous vient en fièvre, où tout s’impose, rien ne s’explique. On y apprend la modestie de ne rien comprendre. Celle qui nous attaque, si acide, quand on se perd sur les bancs du cours supérieur. On se dit qu’on n’arrivera pas, y est déjà. On n’arrive nulle part, tout arrive à nous, tout nous vient, tout s’exhibe très vite. Mais pour l’inimaginable une existence d’un instant est déjà interminable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais un rayon de lumière vient se glisser dans les rouages insensés de cette machinerie. Les ressorts sautent un à un, les visages du passé fondent en un cri, ceux du futur comme des bulles éclatent. Le jour abat son poignard à travers l’oreiller. Le monde redevient médiocrement sensé, il redevient envisageable d’en prendre le contrôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le réveil déroule la pelote du rêve en tissant cette masse brute en un long fil de temps. Tout reprend sa place, ce qui devait rester à l’écart ne se touche plus. Il reste quelques tâches de ce mélange violent. La bande magnétique qui se lit calmement grésille de temps à autre. Dans des bruits parasites on croit alors entendre, puis on le nie bien sûr, les voix hantées des songes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6658098918060473085-7175627701803013674?l=thomas-bettinelli.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/feeds/7175627701803013674/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=6658098918060473085&amp;postID=7175627701803013674' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7175627701803013674'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6658098918060473085/posts/default/7175627701803013674'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://thomas-bettinelli.blogspot.com/2009/05/fenetre-sur-noir.html' title='Fenêtre sur noir'/><author><name>Thomas</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13852790198059021677</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6658098918060473085.post-8682333538757105585</id><published>2009-05-07T16:49:00.001+02:00</published><updated>2009-05-07T16:53:06.658+02:00</updated><category scheme='http://w
