mardi 3 mars 2009

Moment musical et espiègle

Hop, non inhibé par les messages d'insultes qui se sont abattus sur ma première tentative, je récidive!

Musique:



Découvrez Arthur Rubinstein!



Et les paroles:

Savez-vous ma tendre Maman,
Ce qu’ont dit les autres enfants ?
Ils m’ont accusé d’avoir noyé
Le chat du curé dans un étang.

Ecoutez aussi les horreurs
Dont sont convaincues les bonnes sœurs !
Elles sont persuadées que j’ai glissé
Un serpent dans le dos du facteur

Maman, ce sont des menteuses
Mais les apparences sont trompeuses
N’ai-je pas bien fait de leur démontrer
Que notre famille a une fierté ?
Enfants, curés et facteurs
Ont déjà tant fait couler mes pleurs !
Mon Dieu, mon Dieu, soyez indulgent,
Rendez-moi aux bras de ma Maman.

C’est vrai, j’ai poussé le chat dans l’étang,
Oui, le facteur a peur des serpents,
Mais je l’ai vu jeter la lettre que je lui ai confiée…
C’est vrai, je fais souvent peur aux bonnes sœurs,
Oui, j’ai mordu la mère supérieure,
Mais, je l’ai vue chiper mon goûter dans mon petit panier

Demain j’irai voir le curé,
Pour lui dire qu’un chat peut nager.
Et j’irai rassurer le facteur,
Ici les serpents n’ont pas de dents.

Mais si cette lettre est perdue,
Le facteur aura mal au… pied
Et si mon goûté est mangé
Le curé, les bonnes sœurs, la mère supérieure, auront les mollets mordillés

N’êtes-vous pas heureuse Maman,
D’avoir un enfant si vivant ? (x2)

lundi 2 mars 2009

Amour ailé

Un défi que je m'étais lancé il y a un moment déjà... Ma première chanson!

La musique c'est ça:



Et le texte:

Un matin à l’aube nacrée

Une fille m’a donné ses ailes

Prisonnière des alizées

Elle pleurait sa liberté alors,


Pour toi, je me suis envolé

Loin de toi, le vent m’a exilé,

Et sans joie, j’imaginais ton regard me porter

Vers le mystère

Car sans toi, les ailes en colère

Refusaient, de me rendre à la terre

Et le vent, jaloux du cadeau de ta liberté

Nous séparait, et m’enlevait, aux joies de ton sourire


L’atmosphère est un froid désert

Quand la brise joue les geôlières

Mon errance a perdu son sens

Quand les ailes blessées ont renoncé


Alors ma chute a commencé,

Dans tes bras je me suis abîmé

Et les ailes laissaient dans l’air en combattant le vent

Un duvet blanc


Je revois ces flocons d’argent

Fondre sous nos baisers ardents

Et au loin j’entendais le vent

Qui pleurait l’amour ailé que j’ai volé…


Évidemment c'est pour toi!

mardi 17 février 2009

Le café du port

Après tout ce temps sans mise à jour, je vous colle l'article le plus long du monde! En effet, outre mes 3 semaines passées à Paris à danser et accessoirement à gagner un peu d'argent d'inavouables manières, j'ai écrit ces temps-ci des textes pour un petit spectacle qui sera donné en seconde partie des "petites confidences d'un coffre à jouet" - que chacun connaît désormais par cœur après notre tournée intercantonnale-.
Il s'agit d'écrire des scènes de théâtre pour lier un recueil de chansons qui s'appelle "le café du port". En fait les chansons racontent la rencontre de deux jeunes gens sur Internet -oui je sais, ils sont vicieux!-, et le café du port est l'endroit où ils se rencontrent à la fin.
Donc moi j'ai écrit les discussions dans le café, entre une serveuse et un pochtron, à propos des thèmes abordés dans les chansons. Les chansons sont arrangées par mon ami Alain, avec qui j'ai déjà travaillé sur les confidences...
Sans la musique, sans les décors, sans les intonations, je ne sais pas vraiment quel intérêt ça peut avoir. Mais je me lance. Faites parler Jean-Gabin et Arletty en lisant, ça passera mieux!
Bon courage, et pour ceux que ça intéresse, ça sera joué le 28 mars.


Scène 1 : Hors saison

La serveuse est de dos à la porte du café, nettoyant des verres, rangeant son bar. La porte s’ouvre et le marin entre.

S (ironique, sans le regarder): Bien le bonjour, Amiral, mes hommages du matin !

M (s’arrête, étonné) : Moi qui pensais pouvoir rentrer incognito… tu me reconnais au bruit ou à l’odeur ? Je suis pourtant presque certain d’avoir pris une douche cette semaine… C’est ma manière virile de fermer la porte qui m’a trahi ?

S (se retournant vers M): Rassure toi, ici ça sent le poisson même quand tu n’es pas là… Mon pari n’était pas trop risqué ! Tu penses que je vois défiler beaucoup de monde en cette saison et à cette heure ci ? C’est la routine qui t’a trahi, Amiral, et rien d’autre!

M (expliquant lentement, avec des gestes): Que veux-tu, j’habite à l’ouest du café. Les vents dominants me poussent vers le bistrot dès que je mets le nez dehors !

S : Alors tu as une excuse. Et avec l’ampleur de ta voilure, tu es une sacrée proie pour les bourrasques !

M (arrive au comptoir) : Te fous pas de moi veux tu ! Un peu de respect pour les clients fidèles. En plein mois de mars, c’est pas les touristes qui vont te faire la conversation. Ou faire monter ton chiffre d’ailleurs…

S : Rassure-toi, je ne vais pas risquer de perdre la moitié de mon chiffre ! Je vous présente mes plus plates excuses mon amiral, il est indiscutable que vous êtes fuselé comme une goélette !

M : Bien, bien, continue !

S : Les compliments c’est comme l’alcool, il vaut mieux te les donner au compte goutte. Sinon ça te monte à la tête … Et puis pour qu’une flatterie fasse de l’effet, il faut qu’elle soit crédible… au moins un peu.

M : Vas y, ouvre le compte goutte, je prends pas le volant. Sers-moi mes éloges du matin ! Et puis il n’y a personne aujourd’hui pour nous entendre, tu peux flatter sans crainte.

S : C’est le moi de mars ! On est hors saison…

M : J’ai du mal à me rappeler la dernière fois qu’on a été en saison. Ce serait donc vrai ce que disent les gens dans les bars, il n’y a plus de saison ?

S : Il y a des basses saisons qui durent longtemps ! Les gens ne suivent pas la lune, comme la mer ! Ils ne sont pas réglés comme la marée.

M : Ici y’a plus grand-chose de réglé je crois. Le village est trop vieux… (pour lui, presque en réflexion intérieure)On doit être dans un village ménopausé…

S : Voilà, un demi-compliment, et tu divagues… Les gens vont revenir. Je sais pas quand. Tu sais quand ils partent, mais jamais quand ils reviennent. (regardant au fond d’une tasse qu’elle nettoie) Je vais me mettre à lire dans le marc de café…Ici, ces temps ci, le niveau est bas, dans les rues, et dans les caisses aussi !

M : C’est ça de vivre dans un port, tu vois partir les bateaux, et puis tu attends. Comme les vaches qui voient passer les trains, nous on voit passer les jours. Ca use tout ça !… Le sel, le vent, l’attente !

S : Mais t’attends quoi au juste ? Ca sert à rien d’attendre pour attendre !

M : J’en sais rien… C’est pas une heure pour réfléchir… Tu m’as même pas encore servi mon café d’ailleurs. Je peux pas philosopher non caféiné moi. J’attends le retour de ceux qui sont partis…

S : Méfie toi, les gens ne sont jamais les mêmes quand ils reviennent… (Rigolant) T’attends que ça revienne comme avant ? Avec la foule en terrasse, les chansons, les filles en jupettes et en tongs ? C’est bien d’y croire ! T’aurais fait une bonne femme de marin tu sais ! Mais j’espère aussi. Ils sont là les gens, on les croise, on les voit chez eux. Mais ils sortent moins, ils ont peur du vent… Ils communiquent autrement, faut croire!

M : Voilà, on vient des grandes villes, et on fond au premier crachin. De mon temps, on était plus imperméable il me semble.

S : Elevé au beurre salé… Ia pas de secret…


Là il y a une chanson qui parle du village...


Scène 2 : La digue, les vagues (le brise larmes)

La serveuse prépare le café du marin, le regard dans le vide, désolée par le calme du village.

S : Regarde un peu cette mer… C’est désolant. De l’huile ! On se croirait dans le midi. Ca n’a pas une gueule de port breton…

M (ironique): Tu as raison, avec cette foule, ces palmiers, ces yachts, on se croirait plutôt à Saint-Tropez…

S : Je n’aime pas ce calme, ça me fatigue. Tout ce silence ça m’effraie. En plus je m’entends trop penser.

M : Oui ! Ça doit faire peur en effet.

S : C’est ça que j’aime ici d’habitude. Le bruit des vagues, le bruit du vent, même quand il y a pas un chat, il y a du mouvement. Il y a de l’air frais !

M : Ce n’est pas l’air qui manque, ni la fraîcheur d’ailleurs. Mais une petite accalmie de temps en temps ça repose aussi. Ca permet d’enlever le sel qu’on a sur les joues, ça permet de se recoiffer !

S : J’aime bien quand il y a du sel ! Quand les embruns fouettent le visage ! Avant les vagues éclaboussaient jusqu’à nos fenêtres tu te souviens ! Qu’est-ce que j’aimais ça ! Mais depuis ils ont mis une digue. On voit les tempêtes de loin… Dommage ! J’adorais rester à mon bar, avec un chocolat, à regarder les vagues s’exploser sur les rochers… J’étais comme un capitaine à la barre !

M : Crois moi si tu avais été à la barre un jour de tempête, tu serais bien heureuse qu’on ait cette digue maintenant.

S : Je sais pas. C’est comme ça que j’aime vivre je crois, par gros temps ! Dans les extrêmes, les vagues, les creux, j’aime avoir le cœur secoué. Quand c’est trop calme je me sens mal. J’ai l’impression d’étouffer quand le vent tombe.

M : J’ai connu le gros temps, l’ivresse du grand large comme celle du grand amour ! Ces moments où tout est démonté, où tu ne sais plus où est la mer et où est le ciel. Je me sentais vivant c’est vrai, mais je me demandais surtout combien de temps j’allais le rester ! Je ne suis pas mécontent d’avoir le sol sous mes pieds aujourd’hui. Même si j’ai le temps de voir pousser les menhirs !

S : Mais tu avais choisi de partir aussi un jour. Les excès, les peurs, tu les as cherchés aussi. Tu as eu besoin un jour de te jeter dans le vide.

M : Je crois m’en souvenir… Oui, oui bien sûr j’ai été jeune ! Comme tout le monde.

S : Moi jamais. Ou pas encore, ou pas assez. Tu vois ce bar ? C’est ma digue. Je suis endiguée, si c’est pas triste.

M : J’ai des contacts au Mont St-Michel, si tu veux je peux te faire désensabler…

S : Toujours tes âneries pour éviter les discussions sérieuses… Je commence à te connaître. Je comprends que tu aies jeté l’ancre. Ce n’est pas facile de se jeter à l’eau perpétuellement. Surtout quand on a essuyé quelques grains. C’est plus facile de rester au sec avec son café.

M : J’avais des rêves de conquête, de grande aventure, et les vagues m’ont jeté sur le sable comme un vieux bout de bois… Depuis j’y réfléchis à deux fois avant d’y retourner. Tu apprécierais ta digue si tu avais vécu ça !

S : Tu sais j’ai connu l’ivresse du large aussi, une fois. Et j’ai fait un sacré naufrage, j’y ai laissé des plumes. J’en parle pas trop, ça se fait pas. Et puis je préfère écouter les gens. Mais c’est depuis cette tempête, je pense plus qu’à une chose, y retourner. J’ai eu très peur, j’avais tout abandonné ! Mais jamais je ne me suis senti si vivante.

M : Alors c’est encore plus grave que je pensais ! Non, je t’admire. Parfois j’aimerais avoir gardé cette énergie, cette folie. J’aurais aimé que le sel ne rouille pas certains mécanismes.

S : Moi j’attends toujours derrière mon bar, derrière ma digue ! J’attends que les vagues de vie qui secouent la salle de mon café m’éclaboussent un peu ! Et alors je suis heureuse. Je suis jeune !

M : Une grande exploratrice, je vois ! Hé bien larguez les amarres, naviguez moussaillon ! A l’abordage !

S : Du calme amiral. Je suis ouverte à l’aventure, pas à la piraterie.

M : Entre les pirates et les aventuriers, il n’y a pas beaucoup de différence. Ce sont des conquérants, des solitaires ! Après, ce n’est qu’une affaire de style !


Là c'est une chanson qu'elle parle du personnage masculin, qui s'appelle Icare et que c'est un solitaire...

Scène 3 : Les grands explorateurs

Monologue du marin

Le marin est à sa table avec son café, la serveuse est occupée à autre chose. Il regarde la mer par la fenêtre.

M : Encore un qui se prend pour un grand explorateur… Moi aussi j’explore, depuis ma fenêtre ! « Explorateur Windows » ! C’est moi ! Enfin je suis pas le premier à avoir posé mon cul ici pour regarder l’horizon. Même si doit y avoir mon empreinte sur la chaise maintenant (il regarde)…

Toujours on rêve d’ailleurs, on rêve de nouveau… Mais pourquoi du nouveau. Par principe ça sert à rien. « La nouveauté c’est vieux comme le monde » disait Prévert ! Ils sont pas bien ici, tous ces explorateurs ?

(pause)

Pourquoi ce serait mieux là bas ? Toujours partir, découvrir plus, découvrir mieux, juste « autre chose »… qui se trouve forcément derrière la barrière de l’horizon. C’est le principe des barrières ! Inciter les hommes à les sauter pour savoir ce qu’il y a de l’autre côté.

Ils ne savent même pas ce qui les attend là bas… Mais c’est pas grave, ils embarquent ! C’est ça qui leur plait, l’inconnu ! Aussi bien ils seront accueillis pas une femme pieuvre avec des ventouses au fesse, ils en savent rien… Au moins en regardant l’écran, ils ont une page vierge pour rêver. Tout reste possible, ces terres sont vierges de désillusions ! Alors on part.

(Pause)

Et puis un jour on se retourne et on pense à ceux qu’on a laissés sur le quai. Alors ça vous coupe les ailes. Qu’ils se méfient ces Icares ! On se sent un peu con après, c’est peu de le dire. Tout seul au café du port sans bateau et sans ailes !

Il y a tellement de trucs à découvrir sur le pas de sa porte ! Des fois on vit sur une mine d’or, mais on s’en rend pas compte ! On préfère aller piquer dans la poubelle d’à côté que de creuser sous ses pieds.

Faut creuser un peu pour voir la mine d’or, j’ai pas dit que c’était immédiat ! Mais c’est ingrat de creuser, on préfère s’envoler, avec panache, et aller butiner sous les tropiques! Ca vire Cigale et fourmi mon délire…

(pause)

Est-ce qu’ils cherchent vraiment quelque chose ces explorateurs ? Ou est-ce qu’ils s’enfuient… Ils n’ont pas vraiment envie d’arriver je pense. Juste de partir. C’est seuls en mer, en partance vers on ne sait où, qu’ils sont heureux. Ou qu’ils sont moins seuls en tous cas. On est jamais plus seul que dans une foule. Sur le bateau, ils sont seuls, mais il n’y a personne pour leur faire remarquer !

Et puis on ne sait jamais, peut être que la fille sur la plage d’en face n’aura pas de ventouses sur les fesses… Juste des tentacules…


Là c'est une chanson qu'elle parle de la fille, ça dit comment elle s'appelle Coraline, et comment on a l'impression qu'elle joue du piano quand elle est à l'ordinateur.

Scène 4 : La spectatrice

Monologue de la serveuse

Le marin s’est assis plus loin et boit son café. La serveuse réagit à la chanson qu’elle a écoutée. Elle confie ses impressions au public

S : Tu me mets devant un ordinateur, ça donne pas du Chopin je peux te dire ! « Au clair de la lune » peut être, si je me concentre.

Comme quoi la musique sort de partout, même des ordinateurs…

Enfin ici c’est un pays à mélodie de toute façon. On dit que c’est minéral, que c’est froid, mais je ne trouve pas. Bien sûr, le granit n’est pas très bavard, mais ça fait chanter le vent, un peu comme un violon. Et puis les vagues se brisent dessus, alors on a les cymbales aussi ! Et les mâts des bateaux sonnent comme des clochettes. Finalement tout est doux ici, tout se mêle ! On a du sel dans l’air, des bulles dans l’eau, des algues dans les prairies… Le matin, quand j’arrive, la brume diffuse les lumières du port, elle les mélange à la nuit comme le lait au café. C’est tout nacré comme dans un coquillage.

C’est jamais très vivant ici, c’est pas la ville, mais c’est jamais complètement mort non plus. Un port ça respire toujours.

Mais moi je reste au chaud. J’aurais bien aimé être artiste aussi, peindre le ou raconter ce que j’entends ici… Etre au cœur de l’action, être actrice ! Mais je suis seulement spectatrice.

Les gens entrent, les gens sortent, ça fait comme des petits écrans qui s’allument et qui s’éteignent, et ils me jouent une petite scène que je fais semblant de pas entendre… Pas besoin de zapper je vois de tout ! Alors je voyage comme ça, au chaud dans mon café en écoutant les marins (ou les moins marins, parcequ’il y en a qui ont soif sans avoir navigué) parler des îles, de je ne sais où ! C’est toujours des jolis noms mais je les retiens pas… J’aime mieux les inventer, ça fait encore plus exotique !

Remarquez la plupart du temps ils parlent de leur expédition au café d’en face. Pour sûr c’est exotique, vous verriez le troquet, tout blanc, tout lisse, avec des lumières bleues, et ça clignote…

En plus c’est bien connu les marins ne résistent pas au chant des sirènes ! Et pour les sirènes, c’est plutôt en face !… Moi quand je chantais, j’accrochais mon mari, mais pour qu’il se sauve pas! Mais j’ai pas trouvé de liens assez solides… Ca m’apprendra à acheter des cordes au rabais.

Alors je prends ce que la marée m’offre ! Ou ce qu’elle rejette, c’est selon le point de vue… On ne sait jamais ce qui va arriver à la prochaine marée ! Tiens, encore un amiral (regardant le marin qui boit son café), mais demain ce sera peut être un baril de lessive et une paire d’espadrille ! Ou un équipage ukrainien en permission ! (rêveuse) Ahhh j’ai eu ça les ukrainiens, ils ont des beaux pompons les ukrainiens !

C’est toujours rassurant de se dire que tout peut arriver demain. Mais ne croyez pas que je reste plantée à attendre, moi j’envoie des trucs aussi en échange. Je glisse des mots dans l’addition des fois… Des petits messages, dans le vent souvent, dans le brouhaha du café. Mais le hasard est un excellent messager vous savez, et un très bon entremetteur. Je lui fais confiance, on s’écrit, on échange, on discute !



Là c'est une chanson qu'elle raconte comment les deux d'avant ils s'échangent tout plein de mails...

Scène 5 : Une bouteille à la mer …


Fin d’après-midi au café, lumière chaude, ambiance cosy

M : Il en passe des messages ! Ceux qu’on écrit, ceux qu’on dit, ceux qu’on ose pas dire… Et pour quel résultat ?

S (à la fenêtre) : C’est vrai, regarde la plage à cette heure-ci. Quand le soleil est assez bas, elle se met à scintiller. D’ici c’est vraiment merveilleux. Mais quand on s’en approche, on se rend compte que c’est surtout le verre cassé qui scintille… C’est moins poétique.

M : C’est ta découverte du jour ? J’essayais d’être un peu sérieux pour une fois, raté !…. Et c’est quoi le lien avec les messages ?

S : Laisse-moi finir ! Parfois quand je longe la plage je me demande d’où viennent toutes ces bouteilles cassées. Peut être que dans certaines il y avait un message, justement!

M : En tous cas je peux te dire qu’il y avait un message sur l’étiquette, et selon la bouteille je peux même te dire à peu près lequel !

S : Merci, mais j’en ai une belle collection derrière moi. Je lirai quand j’aurai un moment. Non je veux dire il y avait peut être quelque chose d’important dans ces bouteilles !

M : Oui du Rhum par exemple…

S : T’es pas très coopératif ce soir !

M : Coopérant !

S : C’est pareil, le résultat est le même. Bref je trouve amusant de penser que ces morceaux de verre cassés portaient un message du bout du monde. Mais les gens se posent pas la question… Ils se soucient pas du contenu…

M : Ah non c’est pas vr…

S (l’interrompant): Je ne parlais pas pour toi, je sais que tu t’en occupes du contenu… (regarde son verre vide) d’ailleurs tu lui as déjà réglé son compte à ce contenu là… Faut suivre avec toi ! (remplit à nouveau le verre de M)

M : Tu es hautement complice dans l’altération de ma lucidité…

S : Je plaide coupable en effet !

M : Enfin bon malgré tes méfaits j’ai bien compris ton histoire de paillettes. Tu sais les gens sont comme les mouettes…

S (l’interrompant à nouveau): Ca commence bien

M : Dès qu’ils voient un truc qui brille, un truc qui clignote, ils s’abattent dessus sans se demander ce qu’il y a dedans. Je pense que quand on jette une bouteille à la mer, faut surtout bien choisir la bouteille… Une qui brille. Et qui flotte aussi c’est mieux.

S (se moquant): Quelle fin stratège ! On n’est pas amiral pour rien je vois ! Bon je vais aller trouver une belle bouteille, bien la fermer pour qu’elle flotte, et hop, à coup sûr je vais être contactée par une mouette ou par un goéland !

M (la regardant dubitatif, un peu désabusé): On est peut être pas serveuse pour rien non plus… C’est une METAPHORE ! Fais un effort ! Bien sûr il faut un beau message dans la bouteille si tu veux qu’on te réponde! Mais t’as intérêt à pas choisir n’importe laquelle si tu veux que Brad Pitt la ramasse en marchant sur la plage ! (Ironique) Et faut écrire gros sur le message, parceque les goélands voient pas très clair je crois.

S : Message reçu mon amiral ! Il parait que ça marche parfois ces trucs. C’est pas juste bon à faire rêver les serveuses. Des fois on lance au hasard, et on tombe juste !

M : T’as bien raison d’y croire ma jolie. A chaque pot son couvercle ! Santé !


Après c'est une chanson qu'elle raconte comment ils décident de peut être un jour se rencontrer...

Scène 6 : Aux frontières du réel

Le marin taquine la serveuse, la trouvant un peu mièvre, loin des réalités. Peu à peu, la serveuse le convainc de la rationalité de son raisonnement.

M : Mais dis moi, si on y répondait vraiment, à ta bouteille, qu’est-ce que tu ferais?

S : Faudrait voir la réponse… Quand j’envoie des SOS, je veux pas être sauvée par n’importe qui non plus !

M : Pas folle, la guêpe ! Mais comment tu pourrais savoir si c’est le bon sauveur ? S’il t’a griffonné trois mots sur un bout de papier … Tu serais bien avancée !

S : J’imagine que si mon sauveur est un peu sensé (et c’est une condition nécessaire, l’esprit. Et les pectoraux d’acier aussi), il aura laissé une adresse sur le bout de papier. Alors nous pourrons nous écrire vois-tu! Enfin j’espère, parceque les bouteilles c’est sympa un moment, mais je me vois pas aller jeter ma bouteille à la mer tous les matins… Et puis le soir arpenter la plage pour trouver la réponse ! Non c’est pas écolo. Et pas très discret non plus, n’importe qui pourrait lire nos lettres enflammées…

M : Bien, soit, admettons, le chevalier a un cerveau, et il a laissé une adresse. Et vous correspondez. Tu crois vraiment qu’on peut connaître quelqu’un juste avec des lettres ?

S : J’imagine. C’est mieux que rien quand même!

M : T’es même pas sûre que c’est lui qui a écrit, il est peut être analphabète, cleptomane ou ingénieur… Et il peut écrire tout ce que tu as envie de lire sans en penser un mot !

S : Oui peut être… mais au moins ça montrera qu’il a envie de me rencontrer ! Si je tombe sur un homme qui me dit ce que je veux entendre j’aurai de la chance ! Plus de chance que par le passé !

M : Mais qui te dit qu’il n’est pas un sombre stratège, un manipulateur manichéen, un vicieux Vicomte, un Valmont volage ?

S : Et qui te dit que ça me plait pas les liaisons dangereuses ? La bibliothèque rose tu sais, j’ai passé l’âge ! Et puis la collection Arlequin j’en suis revenue aussi. C’est pas parcequ’on rêve qu’on est née de la dernière pluie !

M : Si tu le dis ! Mais je pense que tu l’as trop rêvé ton sauveur. Tu ne pourras jamais vraiment le voir comme il est. Tes liaisons dangereuses, c’est un grand bal masqué, c’est tout. C’est la grande Illusion !

S : C’est une belle énergie, l’illusion. Et puis quand on rencontre quelqu’un, même à fleur de peau, du bout des doigts ça reste enrichissant. Si ça colle pas, je mettrai mes rêves à jour, c’est tout !


Après c'est une chanson qu'elle se demande si quand même c'est bien sérieux ces amours virtuelles. Non mais.

Scène 7 : D’un monde à l’autre

S (songeuse): Mais dis moi, tu crois que ce serait très différent, si je le croisais ici mon Apollon ? Qu’est-ce qu’on sait vraiment des gens quand on les rencontre ? Ils nous racontent ce qu’ils veulent dans la vraie vie aussi! D’accord on voit s’ils ont des beaux yeux… mais tu sais, même après 20 ans de mariage, on peut avoir des surprises, tu vivras jamais dans la tête d’un autre mon bonhomme !

M : Non c’est vrai. Pourquoi tu vas prendre des risques en plus alors, si c’est déjà tellement compliqué comme ça.

S : Justement, ça ne peut pas vraiment être plus compliqué. Une rencontre c’est toujours l’inconnu. La seule chose qu’il faut savoir finalement, c’est qu’on ne sait pas grand chose ! Alors je préfère être joueuse !

M : Tu marques un point…

S : Oui, il y a toujours un risque, il a toujours un doute. Mais il y a aussi toujours une chance. C’est ça qu’est beau !

M : Explique ça au jeune homme là dehors ! Ca fait 10 minutes qu’il attend en en guettant dans la vitrine...

S : Il a l’air bien perturbé ce grand garçon en effet ! Ca sent le premier rencard ça ! Le pauvre il tremble comme une feuille. Je sais pas si c’est le froid ou le trac… Il ferait mieux d’entrer !

M : Je parie qu’il vient pour la gamine là bas. Elle a pas levé le nez de son clavier, il peut pas la voir…

S : Il y a des chances effectivement… Je pense pas qu’il vient pour moi ! Bon on parie quoi, ton café de demain ?

M : Ca roule !


Et pour finir c'est une chanson qu'elle raconte comment ils se voient en vrai pour la première fois...

Fin : La Rencontre Coraline/Icare

Coraline est assise à une table avec son PC portable, le marin et la serveuse accoudés au bar, s’ennuyant.

Icare entre, cherche un peu du regard dans le café. La serveuse lui montre la table de Coraline.

S : Je crois qu’on vous attend monsieur !

Icare, pressé et gêné, se dirige vers la table

I : Coraline ?

C : Icare ?

Ils commencent à parler, on ne les entend pas.

M : Bon je vais te laisser, t’as du monde. Goodbye Marylou !


Et après tu t'en doutes, c'est fini. Pour ceux qui ont du mal, S c'est pour serveuse, pas pour Serena. Et M c'est pour marin...

mercredi 7 janvier 2009

Il semblerait que je doive résoudre…

Connaissez-vous « Holiday Inn » ? C’est une comédie musicale de Noël mais pas seulement, Dans laquelle Fred Astaire et Bing Crosby tiennent un hôtel où une fête spéciale est organisée à chaque jour férié que le calendrier USA compte. Avec à chaque fois une nouvelle chorégraphie, une nouvelle chanson, un nouveau décor… Il y a même un Negro Day, juste comme dans « Hair Spray ». Pour les incultes, c’est là qu’on chante « AAAAm’ dwiiiimin oveuh ouaillte, kwistmeusse…. »


Tenir un blog, pour le rédacteur moyen, c’est un peu comme tenir un Holiday Inn. Il faut l’article de Noël, celui de l’épiphanie, la saint Valentin… mais surtout, il faut faire des vœux pour la nouvelle année, pour que ceux qui ont atterri par hasard sur ton blog en 2008 sachent que tu leur veux du bien, et qu’ils reviennent moins par hasard en 2009, et qu’ils ramènent leurs amis, même si c’est pour les faire rigoler un peu.

Et comme si ce n’était pas suffisant, on est aussi censé résoudre tout un tas de truc. Tous les problèmes insolubles de 2008, on va trouver la solution pour 2009.
Alors comme j’ai tout plein d’amis, ou pire de sœurs, qui font des articles de résolutions et de vœux à tour de bras sur leurs blogs de fifilles, je me sens mal, et je sens la malédiction des bloggeurs anarchiste s’abattre sur moi (Concile, si tu lis cet article, prouve le en complétant cette phrase en commentaire).
Il y en a même une qui parle des Vikings à ma place non mais quand même… Tiens elle a bien mérité qu’on la dénonce publiquement pour lui faire de la pub cachée :
http://casse-noisettes.hautetfort.com/
Tiens l’écureuil, débrouille toi avec mon lectorat maintenant ! T’as intérêt à pondre un poème obscur par mois au moins.

Bref tout le monde rédige son glamour et fout tout un tas de gloss sur son blog, et moi je passe ma vie à vous pondre des poèmes pour les enfants. C’est comme si je tenais une librairie religieuse en face de chez Colette…

Alors comme aujourd’hui c’est le premier jour des soldes, je me colle « suddenly i see » dans les oreilles, des escarpins Louboutin tout partout en fond d’écran, du gloss sur mon gros collègue en face, et je pintadise la devanture de ma librairie religieuse.

Commençons par les résolutions…

En voilà un problème, car pour être politiquement correct sur un blog, il faut faire sentir à ton lectorat que ton blog c’est que de l’huile pailletée et que dans la vie réelle t’es un looser fini, et que l’amour qui jaillit en arc-en ciels chantants des commentaires de ton blog est la seule chose positive sur la planète (avec « un bois vanille » de Lutens).

Moi ça m’embête un peu. J’aurais bien écrit pour seule et sincère résolution pour 2009 : « En 2009 je vais continuer à être my amazingly fabulous self et à vivre my amazingly fabulous life comme depuis l’amazingly fabulous year 1981».

Mais ça vend pas.

Alors je vais tâcher de trouver un tas de merdes, et de les résolutionner devant tes yeux comme une vizirette.

D’abord, pour planter le décor, et quelques cocotiers, voici comment a commencé 2009 pour moi :



Version HQ Stéréo Karaoké.

D’où première merde évidente : en 2008, je ne suis pas allé du tout en Créolie! Et mon perroquet bleu ne boit pas de lait de coco. Du tout. Et je n’ai pas de perroquet bleu.
D’où première résolution : devenir ami sur facebook avec Clémence-de-la-compagnie-créole (ou avec un perroquet bleu) pour utiliser de temps en temps son hamac en Créolie.

Mais 2009 a aussi commencé comme ça :



En Italien c'est encore plus beau...

D’où deuxième merde évidente : je n’ai pas de robe à crinoline et ma biche est partie de son enclos. De plus ça fait une éternité que je n’ai pas chassé le Coq de Bruyère (aussi appelé grand Tetra, mais rien à voir avec les briques de lait).
D’où deuxième résolution : devenir empereur d’Autriche, pour piquer en cachette les robes de l’impératrice (et les revendre à mes copines, bien sûr), organiser une entente chaleureuse avec le comte Andrassi, et bouffer autre chose que du Voopee lors de mon prochain Noël autrichien. Pour ceux qui ne connaissent pas le Voopee, regardez l’excellente et méconnue série « let them eat cake ».



Donc pour résumer, Créolie et empire d’Autriche sont mes principales résolutions pour 2009. Après il y a les projets, qui ne résolvent rien, au contraire.

Par exemple, après le 18 janvier, il y a une chance non négligeable que je n’écrive plus jamais le moindre mot (préparez une fête, vous qui lisez mon blog uniquement sous ma menace). En effet à cette date, mes poèmes seront pour la première fois lus en public. La probabilité que je n’ose plus jamais rien est donc élevée. Il se pourrait aussi que j’aille vivre dans une caverne de Slovénie (avec ma collection Paul Smith et mon Viking).

D’autre part, il s’agirait d’être enfin quelque peu rémunéré pour ma croupe de danseur et mon déhanché endiablé. Il y a donc un risque sérieux que je passe plus de temps en collants en 2009 (pour vendre de la croupe, faut bien la mettre en avant. Pas en arrière, nin, la rétroversion du bassin est une vilaine habitude, sachez le, Fanny Frotte Fessier !).
Et comme l’impose le marché de la croupe et du déhanché, je vais devoir déployer tout un tas de stratagèmes ingénieux pour arriver à mes fins (qui dépassent les ambitions les plus machiavéliques). Oui j’écris des poèmes pour enfant, mais je suis avant tout un sombre manipulateur, de si tu as lu mon ancien blog avec attention, tu sais bien que j’ai une adoration pour Raspoutine (et Ma Baker aussi, mais moins).

Par ailleurs j’ai pour ambition de commencer à mettre certaines de mes élucubrations (sponsorisées par deux des trois plus grands producteurs de paracétamol) en musique, afin d’obtenir le soutien de quelques marques de somnifères. Genre deux boites achetées, un CD offert…

Sinon, le same old travail, famille, patrie, vous me connaissez. Et comme chaque année Minus, tenter de conquérir le monde. Pour l’instant mes efforts se concentrent sur l’Ukraine. Vikingland c’est fait, et par alliance PaulSmithLand aussi. (J’en profite pour envoyer un arc-en-ciel chantant à Viking, qui se protège du froid dans un hôpital surchauffé de Neuilly…).

Quant aux vœux, je ne me sens pas encore assez tout-puissant pour savoir quoi vous souhaiter… Mais c’est l’intention qui compte, et elle est aussi ardente que pure!

Un excellent 2009 à nous tous !



Ce que les vikings ont fait de meilleur...

mardi 6 janvier 2009

Révérence

Allez courage, c'est le dernier, après je vous laisse avec mes gamineries.

Voici la conclusion des "confidences d'un coffre à jouet":

Debout sur le quai

Quand debout sur le quai nous nous tenons bien droits
Sur le fin piédestal que l'on nomme présent,
Témoins émus du temps, de ces instants qui filent,

Et s'embarquent trop tôt vers de lointaines îles,
Nous demandons nous ce qu'il va advenir
De ces images mortes qui partent en voyage?

Et ces notes vibrantes, où vont-elles s'échouer?
Arpèges naufragés sur un îlot perdu,
Soumis aux durs assauts du temps et de l'oubli?

Et la lumière vive que renvoient les paillettes,
Ces étincelles bleues, ces couleurs éphémères,
Vont-elles s'estomper dans un sombre passé?

N'abandonnons jamais ces heures merveilleuses,
Elles n'embarqueront pas sur d'effrayants rafiots
Mais c'est à vos gréements que nous les confions.

Elles vogueront sereines, nos douces impressions,
La lumière dans vos yeux, les arpèges dans vos cœurs
Traverseront le temps à bord de vos mémoires.

Ainsi la révérence n'est qu'un nouveau départ,
Et chaque souvenir ajoute à la voilure,
Fait le voilier plus fort, le sillage plus vif,
la proue un peu plus fière, et un peu plus joyeuse.
Quand l'escale présente sera un port pluvieux,
Ouvrez la lourde trappe, et sortez en le coffre,
d'où jailliront toujours en nuées parfumées,
les cerfs-volants joyeux,
les sorcières rusées,
Le soleil et la lune,
peut être une comète,
un fantôme ou deux,
mais toujours familier,
Qui vous ont salué au hasard d'une soirée
Où ils ont essayé de vous apprivoiser.