Allez je vous en colle tout une fournée cette fois ci!
24.12 c'est notre projet de conte de Naël avec Alain, et même que ça sera joué le 20 décembre à 16h à St Aubin. Évènement planétaire s'il en est, puis qu'on en parle sur facebook.
Donc comme vous ne pouvez plus attendre, je vous colle les paroles des chansons que je suis en train d'écrire. Le principe: faire des cartes postales (ou des pola, comme vous le sentez) de différents moments de la journée du 24.12. Il me reste deux photos à prendre, vous les aurez bientôt!
Joyeux Naël!
Vous apprécierez par ailleurs l'absence totale de mise en page...
24.12-06h:
La planète bleue est blanche,
Un monde doux couleur d’ivoire,
Le monde froid dans le silence.
Vogue sans bruit dans la nuit noire,
Sous un épais manteau d’hermine
La vie au chaud, s’est repliée.
On sent la ville respirer,
Blottie dans la nuit cristalline.
En son cœur dorment des enfants
De petits anges impatients.
Sur leurs lèvres sont dessinés
Des sourires émerveillés
Des cheminées montent des rêves
Encore tout chauds sortis du lit.
La fumée bleue monte sans trêve
De la nuit noire au paradis.
La haut les tièdes fumerolles
Serpentent autour d’astres d’argent.
Et les rêves forment l’étole
Qui couvre l’hiver élégant.
Du ciel glacé tombent des perles,
Des étoiles blanches et nacrées
Des larmes d’or, des étincelles
Qui valsent dans l’immensité
Durant la nuit l’hiver se pare
De doux murmures et de lueurs
Le silence de la nuit noire
S’emplit d’espoir et de candeur.
On voit déjà sur l’horizon
L’aube timide qui s’éveille
Et sur la neige le doux rayon
Rose et doré du soleil.
Le long traineau du jour s’avance
Et un doux parfum de cannelle,
De délicieuses odeurs d’enfance
Au matin tendre et frais se mêlent.
La lumière orangée caresse
Les angelots dans leur sommeil
Et les enfants d’un bond se dressent :
Ce jour qui vient s’appelle Noël.
24.12-10h
La valse des intentions
Comme de légers flocons, dans l’air ils virevoltent,
Ils nous semblent fébriles, ballotés par le vent
Quelle douce tempête souffle sur les passants
Et fait valser dans l’air ces curieux qui grelottent
La ville est une ruche et les badauds butinent
Le ciel tout blanc, dissout dans l’air, sent bon le miel
Des bulles d’or s’illuminent dans les vitrines
Les abeilles aux joues roses s’affairent vers noël!
Refrain1
C’est l’intention qui compte !
Mais quand on aime on ne compte pas,
On ne compte pas ses pas
Et on arpente pas à pas
Les longs boulevards d’apparat
Au parfum délicat
De praline et de nougat.
On reluque des breloques
Peu importe si c’est du toc,
On fourre en vrac
Un bric à brac
Dans son sac
On est fauché mais on s’en moque
Peu nous importe en cette époque !
On est pressé, on a le trac
Alors on plonge dans les bacs.
Nos rêves prennent vie derrière les devantures
Une poupée me fixe de ses yeux d’azur
Elle veut danser, regardez-la, elle vient vers moi !
Je voudrais l’adopter, elle me tend les bras.
Chacun traine avec lui un cortège d’amis
Et cherche pour chacun ce qui n’a pas de prix
On emballe on enrubanne, on empaquette et l’on trimballe
Un peu de joie, un peu de soi, un peu de bonheur amical
Refrain 2
C’est l’intention qui compte !
Mais quand on aime on ne compte pas,
On ne compte pas ses pas
Et on arpente pas à pas
Les longs boulevards d’apparat
Au parfum délicat
De praline et de nougat.
On reluque des breloques
Peu importe si c’est du toc,
On fourre en vrac
Un bric à brac
Dans son sac
On est fauché mais on s’en moque
Peu nous importe en cette époque !
On est pressé, on a le trac
Alors on plonge dans les bacs.
La ville est un palais aux galeries glacées
Où l’on valse joyeux, brillants comme des rois
Dentelles et dorures font oublier le froid
Les glaçons font office de lustres argentés
Et les enfants piétinent ils ont les pieds gelés,
Blottis dans leur fourrure, ils sont ivres de joie
Ils tirent par la main leurs mères épuisées
Qui affrontent le froid, des présents plein les bras
Refrain 3
C’est l’intention qui compte !
Mais quand on aime on ne compte pas,
On ne compte pas ses pas
Et on arpente pas à pas
Les longs boulevards d’apparat
Au parfum délicat
De praline et de nougat.
On reluque des breloques
Peu importe si c’est du toc,
On fourre en vrac
Un bric à brac
Dans son sac
On est fauché mais on s’en moque
Peu nous importe en cette époque !
On est pressé, on a le trac
Alors on plonge dans les bacs.
15h : Au coin du feu
Dans l’âtre crépitant de longues flammes rêvent
De danses orientales aux parfums épicés
Le long serpent doré qui lentement s’élève
Captive le regard d’enfants hypnotisés
Oranges et pralines empilées en trésor
S’allument dans les braises et leur jus s’évapore
Laissant des joies sucrées sur les doigts des gourmands
Elles offrent les délices d’un parfum enivrant
Refrain
Au cœur de l’hiver
Un parfum dans l’air
Fait naitre des heures de douce chaleur
L’attente pieuse
D’une nuit joyeuse
Rêvant au manège des flocons de neige
Dans la cheminée
Les flammes dorées
Éclairent les visages des enfants sages
Un chocolat chaud
Un temps de repos
Prélude aux merveilles du soir de Noël
Sur le tapis moelleux, près du feu fascinant,
Les enfants s’évertuent à faire passer les heures
Un conte qu’on relit et qu’on connait par cœur
Des jouets familiers et usés par le temps
La grande horloge en bois les regarde tranquille
Elle est indifférente à leurs supplications
Et égraine le temps d’une lenteur fragile
Qui semble avoir figé l’hiver à l’horizon
Refrain
Au cœur de l’hiver
Un parfum dans l’air
Fait naitre des heures de douce chaleur
L’attente pieuse
D’une nuit joyeuse
Rêvant au manège des flocons de neige
Dans la cheminée
Les flammes dorées
Éclairent les visages des enfants sages
Un chocolat chaud
Un temps de repos
Prélude aux merveilles du soir de Noël
Alléché par l’odeur d’orange et de cannelle
L’hiver à nos carreaux s’étire et nous appelle
Il change les fenêtres en vitraux translucides
Et fait danser dans l’air une neige limpide
Sur le miroir bleuté d’un étang pétrifié
Des patineurs habiles tracent des cœurs givrés
Leurs écharpes s’envolent parmi les sapins blancs
Leurs longues arabesques se perdent dans le vent
Refrain
Au cœur de l’hiver
Un parfum dans l’air
Fait naitre des heures de douce chaleur
L’attente pieuse
D’une nuit joyeuse
Rêvant au manège des flocons de neige
Dans la cheminée
Les flammes dorées
Éclairent les visages des enfants sages
Un chocolat chaud
Un temps de repos
Prélude aux merveilles du soir de Noël
18h
Coulisses des délices
Des fumets gracieux dansent dans l’air du soir
Les lourds fourneaux de fonte sont en éruption
Les volailles dodues farcies de pruneaux noirs
Les homards rougeauds sont en ébullition
Le foie gras qui se poêle ajoute à l’allégresse
Et les babas au rhum baignent dans leur ivresse.
On émince et on effeuille,
On décongèle le chevreuil.
On épluche et on tartine,
Et on se lèche les babines.
On crépite et on saisit,
On fait brûler et on rôtit.
Mais surtout on boue d’impatience,
De satisfaire tous ses sens.
Refrain
C’est la tempête avant le calme
Qui souffle en un joyeux vacarme.
Quel chaos, quelle indécence
Que cette folle effervescence !
Le grand orchestre de Noël
Reprend en chœur sa ritournelle
Et ses interprètes candides
Sont en chemin vers le splendide
Dans les coulisses
Du délice
Dans l’antichambre
Du vingt-quatre décembre
Une armée de couverts rutile sur la table
Parée à affronter les convives insatiables
Des rangées de bougies s’allument dans le noir
Des halos vacillants fleurissent dans le soir
Et la lumière joue dans les flutes à champagne
Des mélodies venues d’un pays de cocagne.
On astique on époussette
On manie la balayette
On arrange des napperons
On laisse échapper des jurons
Quand on doit ramasser par terre
Le service de la grand-mère
On décore, on met en scène
Comme si on recevait la reine
Refrain
C’est la tempête avant le calme
Qui souffle en un joyeux vacarme.
Quel chaos, quelle indécence
Que cette folle effervescence !
Le grand orchestre de Noël
Reprend en chœur sa ritournelle
Et ses interprètes candides
Sont en chemin vers le splendide
Dans les coulisses
Du délice
Dans l’antichambre
Du vingt-quatre décembre
Collées à un miroir, cernées de projecteurs
Des divas de tous âges retouchent leur candeur
Maniant avec art les crayons et pinceaux
Elles rivalisent de grâce dans leurs oripeaux
Des demoiselles roses se prennent pour des dames
Chevauchent leurs talons, et alors c’est le drame
On s’enrubanne, on s’embaume
Des crèmes plein les paumes
On se frise les anglaises
On se crêpe le chignon
On fait bouffer le taffetas
On s’enveloppe dans la soie
Et puis enfin on se poudre
On viendrait presqu’à en découdre
Refrain
C’est la tempête avant le calme
Qui souffle en un joyeux vacarme.
Quel chaos, quelle indécence
Que cette folle effervescence !
Le grand orchestre de Noël
Reprend en chœur sa ritournelle
Et ses interprètes candides
Sont en chemin vers le splendide
Dans les coulisses
Du délice
Dans l’antichambre
Du vingt-quatre décembre
jeudi 15 octobre 2009
vendredi 25 septembre 2009
Les âmes blanches
Les voici alanguies dans leur traîneau d’argent,
Elles arrivent en glissant et remontent le temps.
Un parfum de passé embaumant leur sillage,
Les longues âmes blanches poursuivent leur voyage.
De fiers chevaux sauvages tirent ces souvenirs.
Indomptables, fougueux, ils mènent ce cortège,
Vers les steppes brumeuses où meurent les soupirs,
Le chant des âmes blanches étouffé par la neige.
Nous sommes les compagnons de ces maigres chimères,
Qui inlassablement volent vers la lumière.
Placides et patientes, elles flottent dans le vent
Vapeurs immaculées qui baignent leurs enfants.
Les tristes âmes blanches nous tournent le dos
Nous donnerions nos vies pour croiser leur regard,
Encore un jour, une heure, revenir au berceau
Repousser d’un instant le temps de l’au revoir.
Elles se tiennent droites dans le soleil d’été
Debout face à la mer, les âmes blanches prient.
Alors souffle le vent dans leur bras déployés,
Et gorgé de lumière il traverse la nuit.
Elles courent sur les vagues, déjà elles sont au large,
Les âmes blanches volent, et nous pleurons en vain.
Regardez les voguer, ces écumes sans âge,
Caressant nos visages où coulent les embruns.
Regardons la pousser, la forêt translucide,
Où se perdent trop tôt des journées embuées.
Le bois des âmes blanches, sous sa canopée,
Abrite l’arbre des anges, aux pâles fruits candides.
Les âmes qui voyagent, ces impressions troublantes,
Savent courir le monde sans nous lâcher la main.
Nous sommes leurs vaisseaux, flottant sur le chagrin,
Guidés dans le silence, dans les lumières changeantes.
Dans le calme matin, lueurs insaisissables,
Elles montent en vapeur et fondent dans le jour.
Alors les grands déserts, les noirs enfers de sable,
Voient fleurir sous les pierres des roses de velours.
Elles arrivent en glissant et remontent le temps.
Un parfum de passé embaumant leur sillage,
Les longues âmes blanches poursuivent leur voyage.
De fiers chevaux sauvages tirent ces souvenirs.
Indomptables, fougueux, ils mènent ce cortège,
Vers les steppes brumeuses où meurent les soupirs,
Le chant des âmes blanches étouffé par la neige.
Nous sommes les compagnons de ces maigres chimères,
Qui inlassablement volent vers la lumière.
Placides et patientes, elles flottent dans le vent
Vapeurs immaculées qui baignent leurs enfants.
Les tristes âmes blanches nous tournent le dos
Nous donnerions nos vies pour croiser leur regard,
Encore un jour, une heure, revenir au berceau
Repousser d’un instant le temps de l’au revoir.
Elles se tiennent droites dans le soleil d’été
Debout face à la mer, les âmes blanches prient.
Alors souffle le vent dans leur bras déployés,
Et gorgé de lumière il traverse la nuit.
Elles courent sur les vagues, déjà elles sont au large,
Les âmes blanches volent, et nous pleurons en vain.
Regardez les voguer, ces écumes sans âge,
Caressant nos visages où coulent les embruns.
Regardons la pousser, la forêt translucide,
Où se perdent trop tôt des journées embuées.
Le bois des âmes blanches, sous sa canopée,
Abrite l’arbre des anges, aux pâles fruits candides.
Les âmes qui voyagent, ces impressions troublantes,
Savent courir le monde sans nous lâcher la main.
Nous sommes leurs vaisseaux, flottant sur le chagrin,
Guidés dans le silence, dans les lumières changeantes.
Dans le calme matin, lueurs insaisissables,
Elles montent en vapeur et fondent dans le jour.
Alors les grands déserts, les noirs enfers de sable,
Voient fleurir sous les pierres des roses de velours.
mardi 15 septembre 2009
Le réveilleur
Le réveilleur parcourt les rues de pierres en chantant l’air de la misère. Un grand chapeau marron lui cache la lumière. Ses yeux –sait-on s’il en a- se sont noyés dans l’ombre et il marche la tête basse, fixant le sol qui défile sous ses pieds, entre moi et l’enfer. Ses pas sont prompts et secs, il sent ses pieds brûler, il n’apprécie rien de ce parcourt, de cette triste tâche qu’il reproduit machinalement. Le réveilleur allume sur son chemin de froides flammes, des lumières aveuglantes. Il glace les couleurs de son pas inhumain, le sillage du brise-rêves se relève en boitant, la nuit fanée repoussera-t-elle ?
Je suis cloué au lit, songeur paralytique, les yeux grands ouverts sur mon destin. Par les persiennes déjà pénètrent de froides lames. Ma fuite semble vaine, pourtant je me débats. Les couperets de lumière me tranchent, implacables, et je me terre dans un recoin de nuit pour ne pas avoir à ouvrir les yeux sur mes blessures à venir. Un repli de rêve me donne un court sursis. Désespéré je me saoule d’illusions, je sombre dans la folie d’un ultime délire, je sombre dans le déni. Je bâtis le long de mes paupières des murs opaques et denses, mais la lumière creuse mes yeux inexorablement. La mer monte. Le sable coule, les dunes sont rongées.
Le réveilleur est désormais dans ma rue. L’écho de ses pas rampe le long des immeubles. Ils arrivent à mon oreille, de moins en moins mourants, et leurs assauts incessants cognent à la paroi de mon cœur. Je sais qu’il vient pour moi, qu’il ne me ratera pas, qu’il ne m’oubliera pas cette fois.
Je tente de protéger ce qui compte encore. En laissant fuir ceux que j’aime, en leur épargnant un combat perdu d’avance, c’est une partie de moi que j’évapore, que j’ennuage, que je dissimule ou que j’enterre. Je m’allège de tout ce que j’aimais pour partir au combat vierge de craintes. J’y partirai seul et j’y partirai nu. Je me répète obstinément les noms, les lieux où j’ai laissé mes trésors, pour ne pas les oublier lorsque la fièvre montera, lorsqu’en vagues furieuses déferlera la folie. Dans ma prochaine peau, ces rêves auront-ils encore cours ? Les cicatrices qui fermeront mes blessures fermeront-elles mes yeux à ces mondes que je quitte ?
Le réveilleur à présent est au bas de l’immeuble. Il entre sans frapper, comme un brouillard brûlant, sans rien se demander, et sans rien ressentir. Il ne se déplace pas, il se répand, comme une armée d’innombrables flammes, d’innombrables lames. La marée d’armes blanches grignote une à une les marches de l’escalier. Je sens, encore très loin sous moi-même, monter ce flot acide. Le réveilleur est ponctuel, l’obstacle lui semble étranger. A chaque étage, dans chaque chambre, j’entends le son des batailles, j’entends la musique militaire, j’entends le glas résigné.
J’enveloppe dans un coin de drap blanc tout le temps qu’il me reste. Je le serre, je l’enlace, j’entasse dans ce tout petit temps ce qu’il me reste à faire. L’accélération des choses, leur chute libre, leur sacrifice, déforme tous les axes. Les valeurs fluctuent, des instants insignifiants sont étirés à l’infini, comme une note unique et obstinée capturée dans une musique. Des éternités sont guillotinées froidement, si simplement. Des poussières nous écrasent, poussant soudain comme des gratte-ciels.
Le réveilleur est sur le pallier de ma porte. Pour la première fois il semble marquer une pause. En moi l’horloge danse, les aiguilles du temps tricotent et s’entrechoquent. Je vois la lumière du réveilleur ramper sous ma porte, un long reptile qui flaire sa proie endormie. Je sens sa main peser sur la poignée de la porte. Elle pèse en même temps sur ma poitrine.
L’appui se relâche et la lumière faiblit.
Le réveilleur soupire et tourne les talons.
Je reste sur mon lit, le thorax affolé, et je sens sur mon cœur l’empreinte du réveilleur. Dans de sa main quelques lignes, tatouées sur ma peau. J’ai pu lire quelques mots. Le réveilleur m’a épargné. Le sang glacé, mes pieds bleus de peur machinalement suivent sa trace, et je parcours en somnambule le monde réveillé.
Je suis cloué au lit, songeur paralytique, les yeux grands ouverts sur mon destin. Par les persiennes déjà pénètrent de froides lames. Ma fuite semble vaine, pourtant je me débats. Les couperets de lumière me tranchent, implacables, et je me terre dans un recoin de nuit pour ne pas avoir à ouvrir les yeux sur mes blessures à venir. Un repli de rêve me donne un court sursis. Désespéré je me saoule d’illusions, je sombre dans la folie d’un ultime délire, je sombre dans le déni. Je bâtis le long de mes paupières des murs opaques et denses, mais la lumière creuse mes yeux inexorablement. La mer monte. Le sable coule, les dunes sont rongées.
Le réveilleur est désormais dans ma rue. L’écho de ses pas rampe le long des immeubles. Ils arrivent à mon oreille, de moins en moins mourants, et leurs assauts incessants cognent à la paroi de mon cœur. Je sais qu’il vient pour moi, qu’il ne me ratera pas, qu’il ne m’oubliera pas cette fois.
Je tente de protéger ce qui compte encore. En laissant fuir ceux que j’aime, en leur épargnant un combat perdu d’avance, c’est une partie de moi que j’évapore, que j’ennuage, que je dissimule ou que j’enterre. Je m’allège de tout ce que j’aimais pour partir au combat vierge de craintes. J’y partirai seul et j’y partirai nu. Je me répète obstinément les noms, les lieux où j’ai laissé mes trésors, pour ne pas les oublier lorsque la fièvre montera, lorsqu’en vagues furieuses déferlera la folie. Dans ma prochaine peau, ces rêves auront-ils encore cours ? Les cicatrices qui fermeront mes blessures fermeront-elles mes yeux à ces mondes que je quitte ?
Le réveilleur à présent est au bas de l’immeuble. Il entre sans frapper, comme un brouillard brûlant, sans rien se demander, et sans rien ressentir. Il ne se déplace pas, il se répand, comme une armée d’innombrables flammes, d’innombrables lames. La marée d’armes blanches grignote une à une les marches de l’escalier. Je sens, encore très loin sous moi-même, monter ce flot acide. Le réveilleur est ponctuel, l’obstacle lui semble étranger. A chaque étage, dans chaque chambre, j’entends le son des batailles, j’entends la musique militaire, j’entends le glas résigné.
J’enveloppe dans un coin de drap blanc tout le temps qu’il me reste. Je le serre, je l’enlace, j’entasse dans ce tout petit temps ce qu’il me reste à faire. L’accélération des choses, leur chute libre, leur sacrifice, déforme tous les axes. Les valeurs fluctuent, des instants insignifiants sont étirés à l’infini, comme une note unique et obstinée capturée dans une musique. Des éternités sont guillotinées froidement, si simplement. Des poussières nous écrasent, poussant soudain comme des gratte-ciels.
Le réveilleur est sur le pallier de ma porte. Pour la première fois il semble marquer une pause. En moi l’horloge danse, les aiguilles du temps tricotent et s’entrechoquent. Je vois la lumière du réveilleur ramper sous ma porte, un long reptile qui flaire sa proie endormie. Je sens sa main peser sur la poignée de la porte. Elle pèse en même temps sur ma poitrine.
L’appui se relâche et la lumière faiblit.
Le réveilleur soupire et tourne les talons.
Je reste sur mon lit, le thorax affolé, et je sens sur mon cœur l’empreinte du réveilleur. Dans de sa main quelques lignes, tatouées sur ma peau. J’ai pu lire quelques mots. Le réveilleur m’a épargné. Le sang glacé, mes pieds bleus de peur machinalement suivent sa trace, et je parcours en somnambule le monde réveillé.
dimanche 6 septembre 2009
Ma nuit bleue
Par une nuit trop bleue où j'attendais l'aurore,
Alors que ma bougie approchait de sa mort,
Un plaisir étranger surprit mon insomnie
La triste lune au ciel enfin m'avait sourit.
Ses grands yeux trop pâles pleuraient des flots d'argents,
Je brillais sous le feu d'un regard bienveillant
Cette rondeur enfin s'écoulait sur mes plaies,
Suffoquant de tendresse, la lune souriait!
Dans le silence pieux de cette nuit d'opale,
la lune prit ma main et apaisa d'un mot,
Le trouble de mes jours, la fièvre de mes maux
un mot qui dans la nuit luisait comme l'émail.
"Crois tu mon cher enfant, que le beau est lumière?
Et qu'il faut pour aimer garder les yeux ouverts?
Tu te morfonds toujours en attendant le jour
Maudissant le sommeil qui te prive d'amour...
Si au moins tu voyais, dans la nuit de velours,
Que quelqu'un dans le noir espère ton retour.
Je sais mon bel enfant, comme les lunes savent,
que loin de ton regard, un chant divin te berce.
Et je pleure en volant la cantate suave
Que ton ange gardien sur le monde déverse.
Je sens sur mon dos rond couler, ce flot d'amour
chacune de ses goutte fait croitre mon sourire
Et toi tu restes sourd, et tu n'es que soupirs
Mes larmes t'indiffèrent et tu attends le jour.
Pourtant un ange t'aime, je voulais te le dire,
Il fallait que tu saches que le bonheur t'attend,
qu'il murmure déjà, qu'il va bientôt fleurir
Si tu ne le vois pas, j'espère que tu le sens.
Tu peux fermer les yeux, et rêver qu'il est là,
Tu peux crier au ciel, ce que tu veux lui dire,
Tu peux lancer là haut tes grands yeux pleins d'éclat,
Et en écoutant bien, tu peux l'entendre rire"
Au cœur de ma nuit bleue je valse sur les dunes.
Je suis le roi d'un soir sur son bateau de joies,
Voguant vers le pays que m'a promis la lune,
Et je pense en chemin, qu'aussi tu penses à moi.
Et dans la nuit d'azur, j'entends rimer les anges,
je reconnais au loin l'écho de mes louanges,
se pourrait il qu'enfin ces perles me reviennent,
Et qu'une nuit prochaine ces paroles soient tiennes?
Alors que ma bougie approchait de sa mort,
Un plaisir étranger surprit mon insomnie
La triste lune au ciel enfin m'avait sourit.
Ses grands yeux trop pâles pleuraient des flots d'argents,
Je brillais sous le feu d'un regard bienveillant
Cette rondeur enfin s'écoulait sur mes plaies,
Suffoquant de tendresse, la lune souriait!
Dans le silence pieux de cette nuit d'opale,
la lune prit ma main et apaisa d'un mot,
Le trouble de mes jours, la fièvre de mes maux
un mot qui dans la nuit luisait comme l'émail.
"Crois tu mon cher enfant, que le beau est lumière?
Et qu'il faut pour aimer garder les yeux ouverts?
Tu te morfonds toujours en attendant le jour
Maudissant le sommeil qui te prive d'amour...
Si au moins tu voyais, dans la nuit de velours,
Que quelqu'un dans le noir espère ton retour.
Je sais mon bel enfant, comme les lunes savent,
que loin de ton regard, un chant divin te berce.
Et je pleure en volant la cantate suave
Que ton ange gardien sur le monde déverse.
Je sens sur mon dos rond couler, ce flot d'amour
chacune de ses goutte fait croitre mon sourire
Et toi tu restes sourd, et tu n'es que soupirs
Mes larmes t'indiffèrent et tu attends le jour.
Pourtant un ange t'aime, je voulais te le dire,
Il fallait que tu saches que le bonheur t'attend,
qu'il murmure déjà, qu'il va bientôt fleurir
Si tu ne le vois pas, j'espère que tu le sens.
Tu peux fermer les yeux, et rêver qu'il est là,
Tu peux crier au ciel, ce que tu veux lui dire,
Tu peux lancer là haut tes grands yeux pleins d'éclat,
Et en écoutant bien, tu peux l'entendre rire"
Au cœur de ma nuit bleue je valse sur les dunes.
Je suis le roi d'un soir sur son bateau de joies,
Voguant vers le pays que m'a promis la lune,
Et je pense en chemin, qu'aussi tu penses à moi.
Et dans la nuit d'azur, j'entends rimer les anges,
je reconnais au loin l'écho de mes louanges,
se pourrait il qu'enfin ces perles me reviennent,
Et qu'une nuit prochaine ces paroles soient tiennes?
mercredi 2 septembre 2009
L'éternel retour
Et c'est reparti pour les correspondanses! vive la rentrée!
L’éternel retour
Musique:
Amour d’hier,
Je revis chaque soir nos nuits de velours
Rose d’hiver,
Mon corps toujours attendra ton retour
Vaines prières,
Mes mots perdus, au ciel, te cherchent toujours
Et moi à terre, pauvre fou,
J’attends en vain ton éternel retour.
Comme un spectre dans la nuit,
Comme un rêve qui s’enfuit,
Tu m’embrasses chaque soir,
Tu disparais dans le noir
Ma longue peine, mon sursis,
Je suis ta trace, comme un loup dans la nuit
Et mon regard, dans le miroir,
Fixe en silence ton absence.
Mon œil hagard garde l’espoir
Naïf et insouciant
Mon obsession
Fait naître en moi des flots de passion
Pauvre garçon
Qui répète ton nom
Ne vit que pour ton retour
Accroché à l’horizon
Il écume les jours
Il danse seul sur un lit de poussière
Il danse seul sur un lit de poussière
Comme un spectre dans la nuit,
Comme un rêve qui s’enfuit,
Tu m’embrasses chaque soir,
Tu disparais dans le noir
Comme le pire de mes remords,
Comme un précieux anneau d’or,
Tes yeux m’ont jeté un sort,
Ton souvenir me dévore
Comme l’aube chaque matin,
Nous promet un lendemain,
Je sais que viendra le jour
De ton éternel retour.
Les yeux fermés
J’entends tes pas franchir les mondes qui nous séparent
Et tu avances dans le noir
Lentement tu passes la porte du soir.
J’ouvre les yeux,
Au loin déjà s’envole un ange amoureux
Un ange sourd
Qui n’entend pas mes chansons d’amour.
L’éternel retour
Musique:
Amour d’hier,
Je revis chaque soir nos nuits de velours
Rose d’hiver,
Mon corps toujours attendra ton retour
Vaines prières,
Mes mots perdus, au ciel, te cherchent toujours
Et moi à terre, pauvre fou,
J’attends en vain ton éternel retour.
Comme un spectre dans la nuit,
Comme un rêve qui s’enfuit,
Tu m’embrasses chaque soir,
Tu disparais dans le noir
Ma longue peine, mon sursis,
Je suis ta trace, comme un loup dans la nuit
Et mon regard, dans le miroir,
Fixe en silence ton absence.
Mon œil hagard garde l’espoir
Naïf et insouciant
Mon obsession
Fait naître en moi des flots de passion
Pauvre garçon
Qui répète ton nom
Ne vit que pour ton retour
Accroché à l’horizon
Il écume les jours
Il danse seul sur un lit de poussière
Il danse seul sur un lit de poussière
Comme un spectre dans la nuit,
Comme un rêve qui s’enfuit,
Tu m’embrasses chaque soir,
Tu disparais dans le noir
Comme le pire de mes remords,
Comme un précieux anneau d’or,
Tes yeux m’ont jeté un sort,
Ton souvenir me dévore
Comme l’aube chaque matin,
Nous promet un lendemain,
Je sais que viendra le jour
De ton éternel retour.
Les yeux fermés
J’entends tes pas franchir les mondes qui nous séparent
Et tu avances dans le noir
Lentement tu passes la porte du soir.
J’ouvre les yeux,
Au loin déjà s’envole un ange amoureux
Un ange sourd
Qui n’entend pas mes chansons d’amour.
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