dimanche 27 mai 2018

Bolérotique

Bolérotique 

A chanter sur cette mélodie:

 


Noir,
Ton souvenir disparaît
Dans le soir,
Tu cours après la mémoire
Décapité par le hasard,
Les mensonges que l'amour te fait croire
Que l'opium te fait voir...

Nuit,
Entre deux jours, entre deux vies,
Les abysses tu remplis
Dans ton lit,
Prières, poésies
Tu relis,
Testaments et dénis
Tu écris...
Et tu pries,
A un Dieu qui renie
Tes envies.
Son silence te punit
A l'infini.

Feu,
Il a consumé tes yeux
Orgueilleux,
De ses serments amoureux,
Et dans le noir vous êtes deux,
A pile ou face : un jeu dangereux...
La mort t'aimerait mieux.

Sang,
L'amour qui noie les innocents
Qui déjà tache tes gants,
Ton lit blanc,
A écrasé le temps
Et l'enfant,
Et pourtant tu attends,
Arrogant,
Un printemps...
Un coup de foudre lent,
Indécent...
Mais au cœur des amants :
Rien que du sang.

Nu,
Ta propre peau t'est inconnue
Imprévue.
Inattendu,
Le regard tue.
Les yeux crus,
Qui dévorent les ingénus
Trop imbus,
Enivrés par l'ivresse aperçue.

Crois,
Ce que tu vois,
Les sirènes échauffent leurs voix,
Bois
Les liqueurs douces tant qu' elles pleuvent et monte sur la croix
Crois
Les émois,
Les autres « moi »,
Pleure des jours et des mois.

Pleure,
Laisse s'écouler les heures,
Les erreurs,
Vont évaporer les peurs
Contre les corps et leur chaleur,
Oublie l'amour et ses fausses pudeurs,
Quand le diable t'effleure.

Rien
Ne t’enchaîne, ne te retient,
Fais de ce monde le tien,
Et reviens
Écarteler tes liens
Et deviens
Un autre que le sien.
Tu 'es rien
Qu'un besoin,
Qu'un corps entre ses mains
Un pantin.
Hier est déjà loin...
Mais n'oublie rien !

Pars
Déjà le souvenir s'égare
Sous le fard
De ta mémoire,
Ou du hasard,
Il est tard,
Tu veux rattraper ton retard
Sur un monde nouveau s'ouvrent tes yeux hagards

Marre,
De ces regards,
Qui rendent ton visage blafard.
Rare,
Le bonheur qu'on te narre, les perles dont tu te pares.

Prie,
Paye le prix,
Et fuis !
Voyageur du bout de la nuit
Traverse ces nocturnes infinies,
Le feu en toi brûle et nous éblouit,
Brûle la nuit,
Brûle l'ennui,
Brûle d'envie,
Brûle la vie,
Et tout finit.



Vis de plaisir:
Désirer et
Mourir!

Vie de douleur,
Vie de douceur,
Ne vis que que si tu meurs.

Vis de désir:
Caresser et
Mourir!

Vis de passion,
De trahison,
Dans un amour trop long.

Et la mort...
Ne prendra que ton corps.

samedi 28 octobre 2017

Tourner la plage...

 

Tourner la plage.


Tu marches en longeant la mer,
Tournant le dos au temps qui passe ;
Sur cette ligne éphémère,
Regarde les pas qui s'effacent :
Ne vois tu pas les métaphores,
Abandonnées par chaque vague ?
Cherchons en vain un sémaphore,
Une boussole, une bague...

Tu vis dans un grand sablier,
Un soleil sec, ta poudre d'or,
Verse un désert assoiffé,
Qui ne fleurit que quand tu dors.
Les mots courent, insouciants,
Tu les saisis, ils se font vagues,
Les phrases dansent dans le vent,
Et puis se meurent dans les vagues.

Blanche la plage au matin vierge,
Blanche la page qui t'héberge,
Blanche la vague qui s'enfuit,
Blanche l'encre de notre vie.
 

On écrit les mots sagement,
Pour une empreinte, une trace,
Revenir éternellement,
Vers hier à la même place.
Et puis la vague ou le vent,
Ou un amour ou un oubli,
Recouvrent de l'inconnu blanc
Chaque page que tu écris.



Tu craignais de fermer les yeux,
Et puis la nuit tournait la page,
Tu te réveilles un jour plus vieux,
Et marches sur une autre plage.
Tu crains les matins embrumés,
Implores les rêves perdus,
Mais vois les mots se dessiner,
Sur cette longue plage nue. 

Blanche la plage au matin vierge,
Blanche la page qui t'héberge,
Blanche la vague qui s'enfuit,
Blanche l'encre de notre vie.


Tu es un oiseau déguisé,
Perdu dans ta prison de peau,
Mais les embruns, les vents salés,
En feront rouiller les barreaux.
Chaque jours plus fins et fragiles,
Et puis un jour le corps s'effondre,
L'oiseau s'échappe, mal agile,
Regarde les ténèbres fondre.

Sur cette page désertée,
L'infinie possibilité,
Avec les oiseaux, les marées,
Joue dans l'écume des années !
Et les rêves insaisissables,
Tant de promesses sur le sable...
Des visages reconnaissables,
Écrivent la fin de la fable.

Blanche la plage au matin vierge,
Blanche la page qui t'héberge,
Blanche la vague qui s'enfuit,
Blanche l'encre de notre vie.
 


mardi 17 octobre 2017

Au lit soit qui mâle y panse

Au lit soit qui mâle y panse.


On veut se cultiver sur les champs de bataille.
Y poussent des soldats, un herbier uniforme,
Et tout ce qui fleurit au creux de ces entrailles,
Doit pour s'épanouir attendre qu'on s'endorme.

Il faut au sexe fort cent masques et armures,
Pour cacher sa blessure, taire l'humanité,
Les sentiments muets, les guerres qu'on endure,
Le camouflage froid de la virilité.

Au lit soit qui mâle y panse,
Soldats blessés, démaquillés,
Au lit froid de nos offenses,
Hommes tombés, abandonnés,
Au lit de soie finit l'errance,
Les draps, les bras entremêlés,
Au lieu de toi, une souffrance,
Évaporée sous les baisers.
Au lit soit qui mâle y panse,
Les pierres précieux balafrés.

Les peaux non embrassées souffrent mille coupures,
Et les corps mal aimés se recouvrent de glace.
De cette mascarade naît notre torture,
Mais vous nous rassurez : un jour la vie se passe. 

Les capricieux exigent de fondre au printemps,
Et de ne plus trembler quand on parle d'amour,
De voir couler les corps en torrides torrents,
De pouvoir vivre nu sans aimer à rebours.


Au lit soit qui mâle y panse,
Soldats blessés, démaquillés,
Au lit froid de nos offenses,
Hommes tombés, abandonnés,
Au lit de soie finit l'errance,
Les draps, les bras entremêlés,
Au lieu de toi, une souffrance,
Évaporée sous les baisers.
Au lit soit qui mâle y panse,
Les pierres précieux balafrés.

Dans un endroit secret, inventer l'univers,
Baptiser une vie qu'on a dû avorter,
Survivre retranché, soignant un cœur de verre,
Mais derrière le mur, toujours émerveillé.

En perles délicates, le soleil inonde,
Des deux côtés du mur, il pleut les mêmes larmes,
Les jardins secrets partent conquérir le monde,
Le soleil entre enfin, et cesse le vacarme.

Au lit soit qui mâle y panse,
Soldats blessés, démaquillés,
Au lit froid de nos offenses,
Hommes tombés, abandonnés,
Au lit de soie finit l'errance,
Les draps, les bras entremêlés,
Au lieu de toi, une souffrance,
Évaporée sous les baisers.
Au lit soit qui mâle y panse,
Les pierres précieux balafrés.

dimanche 17 septembre 2017

Pierre précieux



Pierre précieux


Un vif éclat d'argent caresse sa peau pâle,
Son visage caché sous l'ombre de velours,
Des perles irisées baignent ses yeux d'opale,
Au fond d'un écrin bleu que révèle le jour.

Sur ses joues se répand ce liquide saphir,
Sur l'enfance perdue que la nuit a frappée,
Les joyaux mal gardés attirent les satires,
Qui laissent derrière eux des souvenirs bleutés.

Pierre précieux, allait danser,
Sous des cieux bleus étoilés,
Garçon brillant, garçon nuage,
Saphir trop sage, prit de l'âge
Pierre trop pieux, Pierre précieux,
Avait rêvé l'âge joyeux,
D'un coup de poing, Pierre précieux,
Perdit au jeu et se fit vieux.
Scintillements et rires,
Diamants, rubis, saphirs,
Tout ce qui brille n'est pas joyeux,
Vois les joyaux de Pierre précieux.

Le vif éclat d'argent a traversé sa peau,
Et décoré ses joues d'incandescents rubis.
L'orphelin de la nuit suait un sang si chaud,
Que les rubis brûlants étouffèrent ses cris.

Colliers et bracelets, anneaux de rubicond,
La peau nacrée couverte de rubis sanglants,
Le poète mourant enivrait le garçon,
Qui rêvant dans la nuit saignait en souriant.

Pierre précieux, allait dansant,
Sous des cieux rouges couchants,
Garçon brillant, garçon pastel,
Rubis trop rose, perdit ses ailes.
Pierre trop pieux, Pierre précieux,
Avait rêvé l'âge joyeux,
Coup de couteau, Pierre précieux,
Perdit son sang, mourut un peu.
Scintillent dans la nuit,
Diamants, saphirs, rubis,
Tout ce qui brille n'est pas joyeux,
Vois les joyaux de Pierre précieux.

Le monde transparent des garçons délavés
Peuplé des oubliés des nuits de cauchemars,
S'éclaire par moments de sourires esquissés,
Le vide est un joyau qui se connaît trop tard.

Tous les feux de la nuit font scintiller le noir,
Mais le garçon diamant trop loin de la lumière,
Fondant en larmes blanches s'évapore ce soir,
Et les yeux fugitifs oublient l'âme de Pierre.

Pierre précieux, allait gracile,
Sous des cieux verre fragile,
Garçon brillant, garçon s'endort,
Diamant de nuit perdit son corps
Pierre trop pieux, Pierre précieux,
Avait rêvé l'âge joyeux,
Évaporé, Pierre précieux,
Perdit son temps, pour nos beaux yeux.
Trompeurs et aveuglants,
Saphirs, rubis, Diamants,
Tout ce qui brille n'est pas joyeux,
Vois les joyaux de Pierre précieux.

dimanche 18 juin 2017

L'effeuille morte

L'effeuille morte.


A l'automne du jour, au moment où s'étale,
L'ocre d'un ciel mourant dilué dans la Seine,
Une fille fleurie vient perdre ses pétales,
Ses talons aiguilles poignardent une scène.

Prophétesse d'une heure, marchant sur les os,
De spectateurs mourants au pied du piédestal,
Pêcheurs tombés si bas quand elle perdit le haut,
La dentelle s'écoule et les hommes s'étalent.

Les applaudissements caressent sa peau nue,
Et les sifflets serpentent, se nouant à son cou,
Ce soir elle confesse des foules convaincues,
Qui ignorent encore qu'elle rendra coup pour coup.

L'automne au jardin d'éden est terminé,
Sur la Seine qui coule flottent les feuilles mortes,
Sur la scène qui flotte coule l'effeuille morte.
Les filles nues,
Cueillent les pommes,
Cueillent les hommes.
Loin des serpents de soie par le diable tressés,
Sur la Seine qui coule flottent les feuilles mortes,
Sur la scène qui flotte coule l'effeuille morte.


Femme nue dans des flots de satin magenta,
Opaline, nacrée, froide comme son sang,
Après l'ébat des bas de soie au bas de soi,
Un corset trop serré étrangle son amant.

Les saisons et les nuits passent et se ressemblent,
Après l'effeuillage, les hivers solitaires...
Des arbres nus dans la nuit noire, se rassemblent,
Les corps se recouvrent de givre, dur comme fer.

Au matin bleu pourtant, la solitude fuit,
Les amants amnésiques se remplissent de sève.
C'est encore le printemps, qui jamais ne tarit,
L'effeuilleuse fleurit, chassant la nouvelle Eve.


L'automne au jardin d'éden est terminé,
Sur la Seine qui coule flottent les feuilles mortes,
Sur la scène qui flotte coule l'effeuille morte.
Les filles nues,
Cueillent les pommes,
Cueillent les hommes.
Loin des serpents de soie par le diable tressés,
Sur la Seine qui coule flottent les feuilles mortes,
Sur la scène qui flotte coule l'effeuille morte.

Au soir qui naît, au jour qui meurt,
Les feuilles prennent des couleurs,
Un moment que le vent emporte,
Ne restent que les feuilles mortes. 
 
Femme qui naît, Eve qui meurt,
Les filles prennent des couleurs,
Un moment que l'amant emporte,
Ne reste que l'effeuille morte. 
 
Corset serré près de son cœur,
Corps s'est serré près de son corps,
Dentelle fleurie au pied du lit,
Dante, elle fane au pied du lit.


L'automne au jardin d'éden est terminé,
Sur la Seine qui coule flottent les feuilles mortes,
Sur la scène qui flotte coule l'effeuille morte.
Les filles nues,
Cueillent les pommes,
Cueillent les hommes.